SIL International

ONG chrétienne américaine

SIL International
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Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaines d'activité
Siège
Organisation
Fondateur
William Cameron Townsend (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Président
Kenneth L. Pike (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Direction
Michel Kenmogne
Récompense
Site web
(en) sil.orgVoir et modifier les données sur Wikidata

SIL International, anciennement Summer Institute of Linguistics, en français : Société internationale de linguistique, abrégé couramment en SIL, est une organisation non gouvernementale chrétienne évangélique, dont le but principal est l'évangélisation à travers l'étude, le développement, la documentation des langues dites « minoritaires » et la traduction de la Bible. Son siège est à Dallas, aux États-Unis. C'est l'autorité d'enregistrement de la norme ISO 639-3 gérant les noms et codes de langue.

HistoriqueModifier

La SIL a été fondé en 1934 aux États-Unis par William Townsend (en)[1]. Elle a été implantée en 1935 au Mexique[2],[3].

En 1951, elle a publié l'ouvrage Ethnologue recensant l'ensemble des langues du monde, classées géographiquement[4]. L'édition de 1984 a établi le « code SIL » pour identifier chaque langue décrite.

En 2020, l'organisation disait compter 1 350 projets linguistiques dans 104 pays et 4 300 collaborateurs de 89 pays [5].

ProgrammesModifier

L'organisation offre des programmes en développement linguistique, recherche universitaire, traduction de la Bible et des plaidoyers pour la protection des langues [6].

RessourcesModifier

La SIL met à disposition du public[7]:

  • des ressources informatiques sur le développement linguistique ;
  • des polices de caractères, par exemple la fonte « Gentium » ou « Doulos SIL », toutes deux compatibles Unicode.

AffiliationsModifier

L'organisation est membre du Forum des agences bibliques internationales et du Micah Network [8], qui est membre de l’Alliance évangélique mondiale[9].

Elle est membre du Conseil évangélique pour la responsabilité financière [10].

SIL est partenaire de l'UNESCO et de Wycliffe Global Alliance[8].

CritiquesModifier

En 1974, José Joaquim Matallana, directeur de la sécurité colombienne, a accusé la SIL de trafic d’émeraudes et d’exploitation de ressources naturelles[11].

Points de vue des associations indigènesModifier

Lors de leur deuxième Congrès national, en , les organisations indiennes de Colombie dénoncent « les pratiques ethnocidaires des « Églises catholique et protestante » » et le Congrès « répudie la présence du Summer Institute of Linguistics et demande la révocation complète de son contrat avec l'État. »[12].

Analyses et prises de positions des scientifiques (linguistes, ethnologues)Modifier

En 1975, le Manifeste de Pátzcuaro (Denuncia de Pátzcuaro), signé par des anthropologues, sociologues, étudiants qui « travaillent dans les régions indigènes et dans les centres d'enseignement, de recherche et de développement » a accusé la SIL d'impérialisme culturel en raison de ses membres majoritairement américains [13].

Notes et référencesModifier

  1. Calvet 1987, p. 205
  2. Calvet 1984, p. 117
  3. George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, USA, 2016, p. 255
  4. Keith Brown, Sarah Ogilvie, Concise Encyclopedia of Languages of the World, Elsevier, Netherlands, 2010, p. 385
  5. SIL, About SIL, sil.org, USA, consulté le 8 juin 2021
  6. SIL, Discover SIL, sil.org, USA, consulté le 8 juin 2021
  7. SIL, Resources, sil.org, USA, consulté le 8 juin 2021
  8. a et b (en) « SIL Partnerships », sur sil.org (consulté le ).
  9. WEA, Affiliate Members, worldea.org, USA, consulté le 8 juin 2021.
  10. Evangelical Council for Financial Accountability, Members, ecfa.org, USA, consulté le 8 juin 2021
  11. Louis-Jean Calvet, « Évangélisation et impérialisme culturel », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  12. François Queixalos, « Colombie », Journal de la Société des Américanistes, vol. 72, no 1,‎ , p. 241-242 (ISSN 0037-9174, DOI 10.3406/jsa.1986.1017, lire en ligne).
  13. (es) « Denuncia de Pátzcuaro », dans Andrés Medina, et Carlos García Mora (ed.), La Quiebra política de la antropología social en México : La polarización (1971-1976), Université nationale autonome du Mexique, , 639 p. (ISBN 9688377260 et 9789688377260, présentation en ligne, lire en ligne), p. 551-553.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Peter Aaby (dir.) et Søren Hvalkof, Is God an American? : An Anthropological Perspective on the Missionary Work of the Summer Institute of Linguistics, Copenhage/Londres, IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs) & Survival International, , 192 p. (ISBN 87-980717-2-6, lire en ligne)
  • (es) Carmen Herrera, « Resistencia o imposición lingüística : Nota sobre el Instituto Lingüístico de Verano », Comunicación y Cultura en América Latina,‎ , p. 189-194 (lire en ligne)
  • Dossier dans le numéro 27 de Langage et société :
  • Louis-Jean Calvet, chap. 14 « Politique linguistique et impérialisme : l'institut linguistique d'été », dans La Guerre des langues, Payot, (ISBN 978-2-228-14200-7, lire en ligne), p. 204-217.
  • (en) Norman Lewis, The missionaries, Londres, Arena (Arrow Books), , 221 p. (ISBN 0-09-959960-0)
  • (en) Gerard Colby et Charlotte Dennett, Thy will be done : Nelson Rockefeller and Evangelism in the age of oil, New York, Harper Collins, , 960 p. (ISBN 978-0-06-016764-6)
  • Marion Aubrée, « La pénétration du « protestantisme évangélisateur » en Amérique latine », Tiers-Monde, nos 32/126,‎ , p. 439-449 (lire en ligne), DOI 10.3406/tiers.1991.4615
  • (de) Eni Pucinelli Orlandi, Sprache, Glaube, Macht : Ethik und Sprachenpolitik (Language, Faith, Power: Ethics and Language Policy), Université de Siegen / J.B. Metzler, coll. « Zeitschrift für Literaturwissenschaft und Linguistik », , « 29/116 », p. 116-142
  • (en) Edward L. Cleary et Timothy J. Steigenga, Resurgent Voice in Latin America : Indigenous Peoples, Political Mobilization, and Religious Change, Rutgers University Press, , 268 p. (ISBN 0-8135-3461-5, lire en ligne)

Liens externesModifier