Sébastien Demar

Sébastien Demar
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Sébastien Demar, d'après Jean Fouquet. 1795

Naissance
Près de Bad Kissingen (région de Wurtzbourg, Allemagne)
Décès (à 69 ans)
Orléans
Activité principale pianiste, compositeur, chef d'orchestre, professeur et organiste

Jakob-Ignaz-Sebastian Demar (souvent appelé à tort Jean-Sébastien Demar[1], ou beaucoup plus récemment Jacques-Sébastien[2]), est un pianiste, compositeur, chef d'orchestre, professeur de musique et organiste.

Né à proximité de Gauaschach, près de Bad Kissingen, au Nord de Wurtzbourg, en Basse-Franconie (Allemagne), le 29 juin 1763, il mourut à Orléans, le 25 juillet 1832[3].

BiographieModifier

Il était le fils de « Sebastien Demar, professeur de musique, et [de] Dorothée Zugis, son épouse »[4].

Né dans une famille de musiciens, il fut d'abord formé à la cathédrale de Strasbourg par le maître de chapelle et compositeur Franz Xaver Richter, représentatif (au même titre que Johann Stamitz) de l’« École de Mannheim ». Puis il devint organiste à Wissembourg, en Alsace. Il voyagea aussi à Vienne (Autriche) pour se perfectionner dans le domaine de la composition, auprès de Joseph Haydn. Arrivé à Paris en 1788, il se fixa à Orléans en 1789, peu avant la Révolution. Demar fit beaucoup pour la musique dans la ville, où il dirigea d’abord la musique du 88e régiment (il était en place au 23 décembre 1791)[5], puis de la Garde nationale. En 1799, il fut désigné par la municipalité pour toucher l’orgue en amateur, aux fêtes républicaines, dans les divers « temples » (les anciennes églises) où elles avaient lieu : le plain-chant y cédait la place au « chant guerrier ».

Au début du XIXe siècle (1802 ?), Demar devint « maître de piano-forte » dans la Maison d'éducation de Mme Robillard, à Orléans. En 1806, il créa la Société des Concerts par Abonnement. Suivant le cours de l'histoire, il sera aussi organiste de l'église Saint-Paterne à partir de 1815… Dans ce cadre il put former au moins « le premier des enfants de chœur » à la technique du pianoforte et de l’orgue. Ce garçon, qui avait « des dispositions pour la musique » se nommait Pascal Lage (autorisation donnée par le conseil de fabrique au 14 janvier 1821)[6]. Jusqu'à la Révolution de 1789, des garçons chantaient avec et dans le chœur professionnel de nombreuses églises et étaient longuement formés aux techniques du chant liturgique, et plus généralement aux différentes techniques de la musique vocale et même instrumentale. La science de l'écriture polyphonique, ainsi que la composition, était également enseignées. Ici, faute d'argent pour entretenir un ensemble de chantres sinon un chœur suffisants, il semblerait que le clavier commençait à prendre le pas sur le chant d'église.

Demar appartenait à la loge maçonnique Saint-Jean, mais il ne fut qu'un voisin très proche de la Société des Belles-Lettres (l’Académie, créée en 1809). À cette époque l’Académie ne comptait pas de musiciens parmi ses membres.

En 1819, en compagnie d'un ancien maîtrisien de Saint-Aignan nommé Vaillant, devenu libraire, et d'un certain Boissard, il créa une école de musique située au 40 rue de la Bretonnerie. Ses Trois chœurs d'Esther (vers 1819-1821) témoignent de sa production musicale pour cette école[7]. On y enseignait une méthode inspirée de celle de Frédéric Massimino, professeur de chant et de piano, d'origine italienne et installé à Paris, .

Demar laissa de nombreuses œuvres, très intéressantes, souvent instrumentales. Il est l'auteur, entre autres, de plusieurs concertos pour forte-piano, dont un "concerto-chasse", un concerto cosaque, un concerto dédié à l'impératrice Marie-Louise.

Il transcrivit pour harpe un de ses concertos pour violon afin qu'il puisse être exécuté par sa fille Theresia en concert public à Paris.

FamilleModifier

Sa fille, Thérésia-Elisabeth-Françoise Demar (Theresia Demar) épousa Jean-Nicolas Gannal, pharmacien, chimiste et inventeur de l'embaumement moderne. Elle-même était pianiste, harpiste, compositeur et professeur de musique. On sait aussi qu'elle chantait[8]. Elle vécut plusieurs années à Paris et finalement termina sa vie à Orléans (son mari était mort en 1852, à Paris). Elle-même mourut à Orléans le 18 janvier 1858, à 71 ans[9]. Elle a laissé plus d'une trentaine de compositions musicales, qui furent publiées à l'époque. Elles sont conservées à la BnF[10] essentiellement. Sa cantate Sainte-Cécile (éd. Orléans, Gatineau, 1851) avait été écrite sur des paroles de l'historien et bibliophile orléanais Constant Leber.

Theresia Demar était née à Gernsbach (Duché de Bade) le 30 octobre 1786. Son acte de décès indique qu'elle était la fille de « Jacob-Ignace-Sébastien Demar, professeur de musique, et de Dame Elisabeth Riesam »[11]. D'autres sources, erronées, la font naître à Paris en 1788.

La saint-simonienne et militante féministe Claire Demar (1799-1833) était[12] peut-être, elle aussi, une fille du couple Demar. L'état civil orléanais de l'année 1799 (An VII-An VIII), de même que la table décennale correspondant à cette période, ne font cependant apparaître aucune naissance qui pourrait être considérée comme la sienne.

BibliographieModifier

  • Hervé Audéon, Demar (Johann-Sebastian), in : Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle (éd. Joël-Marie Fauquet, Paris, Fayard, 2003).
  • Id., Catalogue des concertos pour pianos édités pour la première fois à Paris entre 1795 et 1815, juin 1999. Catalogue publié sur la base de données Philidor du Centre de Musique Baroque de Versailles, novembre 2003, 54 p. (p. 15-17 : Démar [Jacques-Ignace-]Sébastien, 3 concertos).
  • François Turellier, Les orgues et les organistes de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. Leur place à l’église et dans la ville, des origines jusqu’aux travaux d’Aristide Cavaillé-Coll, in : "L’Orgue", Revue trimestrielle publiée par l’Association des Amis de l’Orgue en coédition avec Symétrie, no 291, Versailles, Lyon, 2010-III, p. 3–33 (p. 23–24).

Notes et référencesModifier

  1. Par ressemblance approximative avec les initiales et le prénom de Jean-Sébastien Bach.
  2. Il est prénommé ainsi dans l'article en ligne Rosalie Tognini, corniste ou sur le Portail de la bibliothèque municipale de Gaeta
  3. État civil d'Orléans, qui le fait naître à « Altbenisgesang » (ancien nom d'Altbessingen (de), près de Gauaschach).
  4. Cf. son acte de décès, à l'état civil d'Orléans (25 juillet 1832, acte no 1294).
  5. Journal général du département du Loiret. Annonces, Affiches, et Avis divers de la Ville d’Orléans, 23 décembre 1791, p. 1173.
  6. Archives départementales du Loiret. 52 J 67. Saint-Paterne. Administration temporelle de la paroisse. Fabrique, bureau : procès-verbaux de délibération (1817-1830).
  7. Paris, BnF ; Carcassonne, médiathèque
  8. Cf. Orléans. Médiathèque. Rés. E-18175.32. Élégie sur le tombeau de Selma.
  9. État civil d'Orléans. 19 janvier 1858. no 92.
  10. Partitions de Theresia Demar. Catalogue « Opale plus » de la BnF (32 notices).
  11. Elle est explicitement mentionnée, ainsi que son frère Joseph-Pierre, sur le site généalogique (familysearch.org) de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormonisme) qui recense et baptise selon ses rites tous les êtres humains consignés dans les registres d'état-civil anciens. Cf. : Site généalogique des mormons
  12. Selon l'article « Demar (Thérèse) », sur le site du Sophie Drinker Institut, qui présente cela comme un fait établi

Liens externesModifier

  • [1] Site de l’Orfeo Barockorchester Linz (Autriche) : (Programmes at-a-glance / From the Early Classical to the Romantics).

Articles connexesModifier