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Rurutu

île française

Rurutu
Image satellite de la NASA
Image satellite de la NASA
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles Australes
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 22° 27′ 10″ S, 151° 20′ 25″ O
Superficie 32,75 km2
Côtes 30,1 km
Point culminant Manureva (385 m)
Géologie Makatea
Administration
Statut Commune

Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population 2 574 hab. (2017[1])
Densité 78,6 hab./km2
Plus grande ville Moerai
Autres informations
Découverte 1769
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Rurutu
Rurutu

Géolocalisation sur la carte : Îles Australes

(Voir situation sur carte : Îles Australes)
Rurutu
Rurutu
Îles en France

Rurutu est une île située dans l'archipel des Australes en Polynésie française. Elle est administrativement rattachée à la commune de Rurutu.

ToponymieModifier

Auparavant Rurutu a été appelée ’Eteroa[2]. Rurutu viendrait de "Rurutu tu noa, i te ono a'e". Rurutu tu noa était le nom de la lance de guerre de "Iro i te pu manatu", guerrier Oropa'a débarqué vers le milieu du XIIIe siècle. De "ruru", se rassembler. "tu", sur le même pied d'égalité, la répétition permet d'accentuer l'action. "noa", spontanément, toujours et encore. "i te ono a'e", ono, le barracuda. "a'e" furieux. La lance de guerre de Iro était aussi mortelle que le barracuda quand il chasse dans l'océan.

GéographieModifier

TopographieModifier

 
Localisation de Rurutu dans les îles Australes.

L'île volcanique de Rurutu est située à 150 km à l'est de Rimatara, l'île la plus proche, et à 572 km au sud de Tahiti. Mesurant environ 10 km de longueur et 3 km en largeur maximales, elle présente une surface de 32,3 km2 entouré d'un récif frangeant (mais est dépourvue de lagon) et un point culminant, le Manureva, s'élevant à 385 mètres[3].

GéologieModifier

La géologie de Rurutu est originale. L'île est le produit, il y a 12 millions d'années, du point chaud du Mc Donald. Pendant plus de 10 millions d'années, l'érosion l'a presque transformée en atoll. Mais il y a un peu plus d'un million d'années, elle est passée sur un second point chaud, le mont Arago (Te Tuana'i), qui l'a exhaussée de 150 mètres supplémentaires. L'île est aujourd'hui cernée de manière discontinue par des falaises de corail soulevé, faisant d'elle un makatea[4], qui sont criblées de grottes tapissées de concrétions.

Trois sommets sont issus de ces mouvements géologiques : le Taatio'e, le Manureva (385 m) et l'Erai.

HistoireModifier

Peuplement polynésienModifier

Entre le 10° et le 13°, des gens venus de l'ouest, les "Ati Aairi", des Tonga selon la tradition orale, débarquent à Rurutu, dans le district de Peva. Ces indigènes occuperont ensuite toute l'île. Voir "fouilles archéologiques du marae Uramoa". Au milieu du XIIIe siècle, une première incursion des Oropa'a, peuple venus de "Avai" (Samoa), "Mairerua" (Maupiti), Aunui (peut-être Huahine), puis Raivavae, débarque à Rurutu. Iro i te pu manatu est à leur tête. Vaincu, il s'en retourne à Raivavae mais laisse certains de ses compagnons sur l'île, ils se nommeront "Ati Pa'a". Au milieu du XVe siècle, "Tupa'ea" et ses "Te manu ura", des Oropa'a de Raivavae aussi, par Tubuai, débarquent à Rurutu. Vaincus une fois de plus, ils continuent leur chemin sur Rimatara, d'autres retournent sur Tubuai, certains restent à Rurutu. Enfin, au tout début du XVIe siècle, depuis Tubuai, Toamiriura s'installe à Rurutu et prend une femme indigène comme compagne. Il se fâche avec son beau-père pour une histoire de pêche, appelle à son secours ses familles de Tubuai. Roopuipuina, son père, chef des Tanete'e, des Oropa'a, Taneuapoto, chef des Ura, débarquent et massacrent les Aairi, indigènes de l'île. Les Aairi racontent : vaincus, nous avons voulus retourner sur les terres de nos ancêtres à Tongatapu, mais les vents et les courants nous ont portés en Nouvelle-Zélande!!! À Rurutu, c'est le début de guerres tribales qui s'achèveront vers le milieu du XVIIIe siècle, quand les Ura de Vitaria vaincront les Tanete'e d'Avera dans la grotte Aupoiri, sur la terre Ana a'eo. (voir fouilles archéologiques de Pierre Vérin)

Découverte par les EuropéensModifier

La première mention de l'île est due à l'explorateur britannique James Cook, qui en fait mention en 1769, sans y débarquer[3]. En 1821, des missionnaires de la Société missionnaire de Londres, déjà bien installés à Tahiti, s'implantent dans l'archipel des Australes et notamment à Rurutu. De 1852 à 1889, il existe un royaume de Rurutu[5].

 
Famille royale et chefs de Rurutu, vers 1889
 
Procès-verbal de Prise de Possession de l'Île Rurutu et des ses dépendances, par la France, le 25 août 1900

Tandis que la France établit son protectorat sur le royaume de Tahiti (1842) après avoir pris le contrôle des îles Marquises, Rurutu reste indépendante jusqu'en 1889 qui marque l'entrée des Australes sous le protectorat français avant l'annexion officielle en 1900[3]. "Les lois françaises sont trop compliquées pour vous, vous ne pourriez les comprendre, gardez vos lois et restez les chefs de vos îles", dit le gouverneur Gallet lors de l'annexion de 1900.Il faudra attendre 1946 et le changement de statut de colonie à Territoire d'Outre-Mer, pour que les lois françaises soient appliquées à Rurutu et Rimatara.

Période contemporaineModifier

Entre 1951 et 1956, Rurutu est le lieu de résidence du navigateur Éric de Bisschop, chargé d'en établir le cadastre. Après sa mort dans les îles Cook lors de l'expédition des Tahiti Nui (1956-1958), il est rapatrié sur l'île et inhumé au cimetière de Moerai. À la création des communes de Polynésie Française, en 1972, Toromona à Teuruarii, chef coutumier de l'île, descendant des familles royales, devient le premier maire de Rurutu. C'est à cette époque que l'île voit un développement avec la construction d'une route de ceinture et de deux voies traversières reliant les trois villages sous l'effet de l'augmentation de sa population notamment avec l'arrivée de flux migratoires en provenance de Makatea dans les Tuamotu, Papeete, mais aussi Nouméa en Nouvelle-Calédonie[3]. L'héritier direct des rois de l'île, le prince de Rurutu, ancien élève de Saint-Cyr, colonel (CR) dans l'armée française, a préféré garder l'anonymat plutôt que de retourner dans une île qu'il a quittée enfant.

Le président François Mitterrand fait une visite sur l'île en 1990, ce qui a eu un certain impact sur le développement du tourisme local.

DémographieModifier

En 2007, l'ensemble de la commune compte 2 089 habitants résidant principalement dans les trois villages que sont Moerai (au nord-est ; 978 habitants), Avera (à l'ouest ; 740 habitants), et Hauti (à l'est ; 371 habitants) ainsi que dans les deux plus petits que sont Narui et Naairoa (tous deux situés à la pointe sud)[3].

LangueModifier

La langue qui y est parlée est une variante des langues australes, le reo rurutu, assez différent du tahitien. Le français y est la langue officielle, comme dans l'ensemble de la Polynésie française.

ÉconomieModifier

 
La baie du village d'Avera depuis le mont Manureva

Rurutu est réputée en Polynésie française pour son artisanat, la vannerie et notamment le travail de la fibre du pandanus qui assure à de nombreuses familles de l'île des revenus non négligeables. Si l'agriculture et la pêche restent d'autosuffisance (notamment avec la culture du taro en plantations collectives[3]), le tourisme commence à se développer. Rurutu est en effet devenue en quelques années l'île aux baleines. De juillet à octobre, elles viennent se reproduire à quelques encablures du rivage, attirant une clientèle internationale. L'authenticité de l'île, sa culture préservée, ses plages de sable blanc, sa flore tropicale et ses grottes attirent aujourd'hui une clientèle à l'année.

L'île possède un aérodrome avec une piste longue de 1 400 mètres et participant aux échanges avec le reste de la Polynésie et à l'essor de l'activité touristique. Il accueille, en moyenne, environ 600 vols et 18 000 à 22 000 passagers par an, dont un quart en transit[6].

EnvironnementModifier

De juillet à octobre, des baleines viennent se reproduire au large de l'île, sanctuaire propice à une observation privilégiée des cétacés[7].

Parce qu'elle ne possède pas de lagon, Rurutu peut s'approcher facilement depuis le large. Des dizaines de baleines à bosse y font donc escale chaque année, pour s'accoupler et donner naissance aux baleineaux.

Les monts Manureva (398 m), Taatioa (389 m) et Teapei (369m) offrent des panoramas uniques, notamment sur le plateau Tetuanui, qui est un verger sur lequel on trouve encore des plantations d’avocatiers, d’orangers, de vanille, de caféiers et de taro cultivés « à l’ancienne »[8].

On trouve peu de plage à Rurutu du fait de l’absence de lagon. Cependant les quelques plages de sable blanc comme celles de Naairoa, Avera et Arei sont exceptionnelles, grâce à l'isolement qui les a préservées.

CultureModifier

Chaque année, en janvier, à lieu le Tere: une sorte de pélerinage pendant lequel la population effectue un tour de l’île à pied ou à cheval et évoque les légendes ancestrales.

Notes et référencesModifier

  1. Répartition de la population de la Polynésie française par île en 2017, Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  2. Le capitaine James Cook se dirigeant vers la Nouvelle-Zélande (Te Ao Tea Roa) croisa sur sa route l'île de Rurutu, qui n'apparaissait pas sur sa carte ; Cook interrogea son guide Maohi qui lui répondit « Tei te iti roa », ce qui voulait dire : l'île du grand bord du soleil levant" et a été retranscrit en anglais « Ete roa », prononcé « Itiroa » (selon la prononciation Maohi. Notez que sur la carte, de Tupaia, l'ile est nommée Rurutu. Tupaia devait donc vouloir dire : auparavant l'île se nommait "Itiroa", maintenant Rurutu. Il estima à vue d'œil la population visible sur le flanc de l'île où il tenta de débarquer à 25 000 habitants. Il emprunta la passe de Opupu à Avera et fut contraint de faire demi-tour à cause de l'accueil armé des indigènes et des bruits de tambours qui rassemblaient les Rurutu.[réf. nécessaire]
  3. a b c d e et f [PDF] Données de la commune de Rurutu sur le site du gouvernement de la Polynésie française.
  4. « Islands of French Polynesia (France) » (consulté le 22 juin 2017)
  5. Pourvu d'un drapeau. Cf. Worldstatesmen, French Polynesia.
  6. Statistiques de l'aérodrome de Rurutu, Union des aéroports français, consulté le 28 février 2019.
  7. https://www.airfrance.fr/FR/fr/common/travel-guide/rurutu-et-le-ballet-des-baleines.htm
  8. https://www.letahititraveler.com/guide-des-iles/australes/rurutu/

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Lien externeModifier

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