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Rue Lhomond

rue de Paris, France
(Redirigé depuis Rue des Postes)

5e arrt
Rue Lhomond
Image illustrative de l’article Rue Lhomond
Vue de la partie basse de la rue
Situation
Arrondissement 5e
Quartier Val-de-Grâce
Début 1, place de l'Estrapade et 26, rue des Fossés-Saint-Jacques
Fin 8, rue de l'Arbalète
Morphologie
Longueur 578 m
Largeur 15 m
Historique
Création XVe siècle
Dénomination
Ancien nom Rue des Poteries
rue des Pots
rue des Postes
Géocodification
Ville de Paris 5584
DGI 5648

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Lhomond
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue Lhomond est une voie du 5e arrondissement de Paris située dans le quartier du Val-de-Grâce, anciennement appelée « rue des Postes ».

Sommaire

Situation et accèsModifier

La rue Lhomond est desservie par la ligne    à la station Place Monge qui est la plus proche, ainsi que par la ligne de bus RATP 47.

Origine du nomModifier

Elle porte son nom actuel, depuis 1867, en hommage à Charles François Lhomond (1727-1794), prêtre, grammairien et érudit français.

HistoriqueModifier

 
Inscription de l'ancien nom rue des Postes gravée dans la pierre au-dessus de la plaque réglementaire portant le nom rue Lhomond, photographie prise en 2018
 
La rue Lhomond en 1913.

L'origine de la rue est gallo-romaine. Son tracé de la place de l'Estrapade à la place Lucien Herr correspond au parcours de la voie de Lutèce à Lugdunum et à l'Italie. Le point de départ de cette voie était situé à l'angle sud-est du forum, actuellement au croisement de la rue Saint-Jacques et de la rue Soufflot. Cette voie traversait la Bièvre par un gué à proximité de l'actuelle église Saint-Médard et se prolongeait à l'emplacement des actuelles avenues des Gobelins et de Choisy[1].

Elle porte au XVe siècle le nom de « rue des Poteries » en raison d'anciennes poteries gallo-romaines, découvertes notamment attestées au XVIIIe siècle. Jusqu'au début du XVIe siècle cette voie qui relie la porte Saint-Jacques de l'enceinte de Philippe-Auguste au pont sur la Bièvre près de l'église Saint-Médard en passant par un tronçon de la rue de l'Arbalète, traverse un espace de cultures et de vignes peu construit, le clos des Poteries et le clos Sainte-Geneviève dont les terrains sont partiellement lotis au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle[2]. Vers 1540, le facteur d'orgue Pasquier Baullery (v.1490-v.1549), père du futur peintre Jérôme Baullery (v.1532-1598) se fait livrer des « moellons pour son jardin, rue des Poteries »[3].

Le nom de "rue des Poteries" se serait altéré vers 1600 en « rue des Pots », devenu ensuite « rue des Postes[4] ».

Depuis cette époque, la rue a été marquée par la présence de différentes communautés catholiques qui y possèdent des séminaires ou des couvents. Ainsi se trouvait au no 22 le séminaire anglais, autorisé à s'y installer en 1684 par le roi Louis XIV, où il est en activité jusqu'en 1790[5].

Au XVIIIe siècle se trouve au no 20 la communauté des Eudistes (dites également de Jésus et de Marie), fondée par Jean Eudes et formant des missionnaires, qui acquiert une maison en 1727 et fonde également la Maison des Filles de Saint-Michel aux nos 38-40 en 1724, accueillant les femmes repentantes de leurs libertinages[5]. Ces deux établissements seront eux aussi confisqués à la Révolution et vendus. En 1731, la Congrégation du Saint-Esprit, présente dans des bâtiments de la Rue Neuve-Sainte-Geneviève, acquiert de nouveaux bâtiments dans la rue des Postes aux nos 24-26[5] ; ils y sont toujours présents malgré une temporaire expulsion lors de la Révolution. À partir de 1800, le couvent est repris par la mère-prieure Françoise de Bèze de la Belouze et la vie religieuse reprend son cours. En 1825, il abrite la communauté des dames Bénédictines du Saint-Sacrement et celle des sœurs de l'Immaculée Conception.

En 1764 a été imprimé dans la rue des Postes le Manuel typographique de Pierre-Simon Fournier[6].

Elle reçoit son nom actuel en 1867.

En 1914, Émile Chautemps, sénateur et médecin qui œuvra à doter la capitale d'une organisation sanitaire efficace, y crée au numéro 18 l'hôpital du Panthéon, dans une partie des locaux abandonnés à l'été 1913 par les jésuites de l’école Sainte-Geneviève[7]. Après la guerre, entre 1927 et 1937, l'hôpital est désaffecté.

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Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

 
Chevet de l'église Notre-Dame du Liban, vue de la rue Lhomond, en 2009

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Évocations dans la littératureModifier

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RéférencesModifier

  1. Didier Buisson, Paris ville antique, éditions du patrimoine, , 161 p. (ISBN 2-85822-368-8), p. 43.
  2. Marcel Brongniart, La Paroisse Saint-Médard, A. et J. Picard, , 80 p., p. 33.
  3. Vladimir Nestorov : Nicolas Baullery (vers 1560-1630), enquête sur un peintre parisien à l'aube du Grand Siècle, Art et histoire de l'art, 2014, dumas-01542952, p. 23 (voir en ligne)
  4. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), p. 42-44.
  5. a b et c Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, facsimilé de l'édition de 1844, p. 570-571.
  6. Fac-similé du Manuel typographique de Pierre-Simon Fournier, 1764 et 1766.
  7. « Rue Lhomond », sur http://www.lhomond.fr (consulté le 7 mars 2015).
  8. Un peu d'histoire sur le site de l'actuelle école Sainte-Geneviève à Versailles
  9. Notice no PA00088436, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. Notice no PA00088409, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. Notice no PA00088455, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. Alain Fabre, « Manèges parisiens aux XIXe siècle », ling.fi, 26 octobre 2013.
  13. Léon Daudet, Paris vécu, Rive gauche, Gallimard, 1930, p. 48.
  14. « Du 51 au 70 », lhomond.fr.
  15. J M Renard, « Paris, balade autour de la rue Mouffetard », sur Le Renard Parisien, (consulté le 3 février 2018)
  16. Michel Marie et André Habib, L'Avenir de la mémoire. Patrimoine, restauration et réemploi cinématographiques, Presses universitaires du Septentrion, 2013, 195 p. (ISBN 9782757404393), p. 68.