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Rue des Nonnains-d'Hyères

rue de Paris, France

4e arrt
Rue des Nonnains-d'Hyères
Image illustrative de l’article Rue des Nonnains-d'Hyères
La rue des Nonnains-d'Hyères vue de la rue de Jouy.
Situation
Arrondissement 4e
Quartier Saint-Gervais
Début Quai de l'Hôtel-de-Ville et
quai des Célestins
Fin Rue de Jouy et
rue Charlemagne
Morphologie
Longueur 139 m
Largeur 18 m
Historique
Ancien nom Rue des Nonnaindières
Rue à Nonnains D'Iere
Géocodification
Ville de Paris 6754
DGI 6811

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Nonnains-d'Hyères
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La rue des Nonnains-d'Hyères est une voie, ancienne, du 4e arrondissement de Paris, dans le quartier Saint-Gervais qui est lui-même dans le Marais.

Situation et accèsModifier

La rue des Nonnains-d'Hyères d'une longueur de 139 mètres est située dans le 4e arrondissement, quartier Saint-Gervais, et commence au 31, quai de l'Hôtel-de-Ville et au 46, quai des Célestins et finit au 1, rue de Jouy et au 25, rue Charlemagne.

Les stations de métro les plus proches sont celles d'Hôtel de Ville (lignes   ) et de Pont Marie (ligne  ).

La station Vélib' la plus proche est la no 4016.

Origine du nomModifier

Elle est ainsi nommée parce que les religieuses (une « nonnain » désigne une nonne) de l'abbaye Notre-Dame d'Yerres avaient acheté dans cette rue une maison dite « maison de la Pie ».

HistoriqueModifier

En 1182, Ève, abbesse de l'abbaye Notre-Dame d'Yerres, acheta en cet endroit une maison dite « maison de la Pie », à Richard Villain moyennant 25 livres et 50 sous de cens annuel, pour servir de résidence aux religieuses, en remplacement d'une autre qui était située près du Châtelet et qui avait été vendue au roi de France. Cette propriété aurait été au numéro 14 de la rue.

Cette rue prit alors le nom de ces religieuses : « rue des Nonnaindières ».

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous le nom de « rue à Nonnains D'Iere ».

Étant originellement un chemin n’accédant depuis les quais qu’à la rue de Jouy sans la dépasser, elle fut prolongée par le prévôt des marchands, Henri de Fourcy, en vertu d'un arrêt du conseil en date du 16 décembre 1684. Il prolongea le cul de sac « Sans-Chief » (partant de la rue Saint-Antoine), jusqu’à la rue des Nonnains-d’Hyères, pour relier la grande artère de la rive droite, la rue Saint-Antoine, à l’île Saint-Louis, en passant par le pont Marie. La rue des Nonnains-d’Hyères se retrouva donc ouverte, et son prolongement vers la rue Saint-Antoine fut nommé la rue de Fourcy.

Le , un officier de police conduisit au poste un enfant de la rue des Nonnains-d'Hyères qui s’était rendu coupable de quelques incartades sans importance. La mère, éplorée, ameuta tout le quartier et rapidement la rumeur courut que Louis XV faisait enlever les enfants âgés de 5 à 10 ans afin qu’ils soient sacrifiés, et que leur sang était utilisé pour les bains du roi et de ses courtisans, si bien que l’émeute prit de l’ampleur, en particulier dans le faubourg Saint-Antoine où des agents de police furent pris à partie.

Les 22 et 23 mai, l’agitation se propage dans les quartiers de la porte Saint-Denis, butte Saint-Roch, carrefour de la Croix-Rouge… Environ 2 000 personnes se portent sur la route de Versailles pour attendre le retour du lieutenant général de police Nicolas Berryer, allé prendre des ordres. Ils se heurtent à la troupe et au guet royal qui les dispersent.

Ayant pris connaissance de cette émeute et de sa dégénération, Louis XV décide, en représailles, de priver les Parisiens de sa présence. Il fait construire, pour se rendre de Versailles à Saint-Denis et Compiègne, une route évitant Paris, connue sous le nom de « route de la Révolte ».

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Au XIXe siècle, cette rue, alors orthographiée « rue des Nonnaindières », d'une longueur de 139 mètres, qui était située dans l'ancien 9e arrondissement, commençait aux 24-26, quai des Ormes et finissait au 1, rue de Jouy et au 23, rue des Prêtres-Saint-Paul. Les numéros impairs étaient dans le quartier de l'Hôtel-de-Ville[1] et les numéros pairs étaient dans le quartier de l'Arsenal[2].

Les numéros de la rue étaient noirs[3]. Le dernier numéro impair était le no 37 et le dernier numéro pair était le no 36.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

  • No 14 : emplacement de la « maison de la Pie », appartenant aux religieuses bénédictines de l'abbaye Notre-Dame d’Yerres depuis 1182.
  • Le tribunal administratif de Paris (angle nord-ouest de la rue) et son jardin (côté ouest de la rue) : en 1650, sous la commande de Michel-Antoine Scaron, prévôt d’Henri IV, l’entrepreneur M. Villedo achève, avec l’aide des architectes M. Mansart et M. Le Vau, l’hôtel d’Aumont. Cet hôtel est racheté par le tribunal administratif de Paris en 1956. Quatre étages de bureaux qui donnent sur la rue des Nonnains-d’Hyères sont alors construits. L’entrée est aujourd’hui au 7, rue de Jouy. Un grand jardin s’étend du tribunal administratif jusqu’à la Seine, dont une partie est accessible au public.
  • L’hôtel de Sens (angle sud-est de la rue) : construit par l’archevêque Tristan de Salazar entre 1475 et 1519, l’hôtel des archevêques de Sens est classé monument historique depuis 1862. À partir de 1961, il abrite la bibliothèque Forney, consacrée aux beaux-arts et aux arts décoratifs. Son jardin typiquement français donne sur la rue des Nonnains-d’Hyères, il est ouvert au public.
  • L'enseigne du rémouleur : maintenant remontée à l’angle des rues de Fourcy et de Jouy, l’enseigne du rémouleur ou du « Gagne-Petit » décorait au début du XVIIIe siècle une maison au coin de la rue des Nonnains-d’Hyères et de la rue de l’Hôtel-de-ville. L’enseigne originale est conservée au musée Carnavalet. Elle représente un rémouleur à l’ouvrage, en train d’aiguiser un couteau, un verre de vin à la main.

Notes, sources et référencesModifier

  1. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 34e quartier « Hôtel de Ville », îlot no 2, F/31/89/19, îlots nos 3 à 6, F/31/89/20.
  2. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 36e quartier « Arsenal », îlot no 8, F/31/89/09, îlots nos 9 et 10, F/31/89/10.
  3. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.

BibliographieModifier

AnnexesModifier