Rue Nollet

rue de Paris, France

17e arrt
Rue Nollet
Image illustrative de l’article Rue Nollet
Situation
Arrondissement 17e
Quartier Batignolles
Épinettes
Début 20, rue des Dames
Fin 164, rue Cardinet
Morphologie
Longueur 800 m
Largeur 12 m
Historique
Création Avant 1825 et
Dénomination
Ancien nom Rue Saint-Louis
Géocodification
Ville de Paris 6747
DGI 6803
Géolocalisation sur la carte : 17e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 17e arrondissement de Paris)
Rue Nollet
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Nollet
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La rue Nollet est une voie située dans le quartier des Batignolles du 17e arrondissement de Paris.

Situation et accèsModifier

La rue Nollet est desservie par la ligne    aux stations Brochant et La Fourche, ainsi que par les lignes de bus RATP 31 53.

Origine du nomModifier

Elle porte le nom de l'abbé et physicien Jean Antoine Nollet (1700-1770), comme de nombreuses rues dénommées d'après des scientifiques dans ce secteur[1].

HistoriqueModifier

 
Carrefour avec la rue Legendre vers 1905.

Cette voie de l'ancienne commune des Batignolles est déjà présente sur les plans cadastraux datant de 1825, elle porte alors le nom de « rue Saint-Louis ».

En 1845, elle est l'objet d’une prolongation entre la rue Legendre et la rue Cardinet puis est classée dans la voirie parisienne par décret du avant de recevoir par décret du , le nom de « rue Nollet ».

Pendant la Commune de Paris en 1871, les barricades de la rue Nollet et des rues avoisinantes tombent rapidement devant les troupes des Versaillais. Ses derniers défenseurs sont fusillés et enterrés [2], dans une fosse commune située à l'emplacement de l'actuel kiosque à musique dans le square des Batignolles [3].

Le 8 mars 1918, durant la première Guerre mondiale, une bombe explose au no 30 rue Nollet lors d’un raid de bombardiers allemands de type Gotha G[4],[5].

Personnalités et bâtiments remarquablesModifier

Bâtiments remarquablesModifier

  • no 53 : Hôtel particulier construit en 1920, dont l’architecte est Jean-Alexandre Navarre avec le concours du céramiste Alexandre Bigot. Le décor de la façade est constitué de briques polychromes. Les cabochons sont en céramique. La Porte est coiffée d'un arc en plein cintre en briques polychromes tenue par une colonne. Il est noté des influences du rationnalisme de la fin du XIXe siècle et art nouveau dont Jean-Alexandre Navarre est un des représentants à cette époque[6].
  • Dans les années 2010, l’artiste Invader met en place une œuvre en carreaux de mosaïque sur le pignon de l’immeuble au no 69[7].


PersonnalitésModifier

  • La chanteuse Barbara est née le au 6 rue Brochant au domicile de ses parents. Puis elle passe son enfance rue Nollet avec sa grand-mère[8].
  • Hervé Vilard, élevé orphelin de père et de mère, tente dans de sceller des retrouvailles avec sa mère alcoolique, qui ne s'intéresse pas à son fils, et n'écoute pas ses chansons[9].
  • no 4 : Henri Bachelin y habita de 1902 à 1912.
  • no 5 : Amédée de Noé (alias Cham) y vécut jusqu’à sa mort le . Sa femme, déprimée par le décès de son époux, se suicide en 1880 en se défenestrant[10].
  • no 10 rue Saint-Louis — ancien nom de la rue Nollet : Paul Verlaine y passa son enfance et une partie de sa jeunesse[11],[12]. En 1863 la famille Verlaine quitte la rue Nollet mais reste dans le quartier des Batignolles pour s’installer au 45, rue Lemercier[13].
  • no 41 : Alfred Sisley y habita avec sa compagne Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec. Leur fils Jacques y est né en [14].
  • no 45 : L’anarchiste Eugène Dieudonné habita dans une pension avec sa famille. Il y est arrêté le . Accusé, à tort, d’être l'un membre de la bande à Bonnot, il est envoyé au bagne[15].
  • no 54 :
    • Pierre Chareau y habita avant la guerre, jusqu'en 1940, un hôtel particulier qu'il aménagea[16]
    • Nicolas de Staël y habita lui aussi entre et , puis de à [17].
  • no 55 : Max Jacob y habita[18],[19], dans un hôtel qualifié de miteux par la journaliste Yseult Williams. Il y côtoie d’autres artistes dont le jeune Antonin Artaud et le compositeur Henri Sauguet [20].
  • no 56 : Suzanne Brun, mère de Catulle Mendès y habita[21].
  • no 70 : Lucien Feuillade, anarchiste et poète y résida[22].
  • no 83 : la médecin Madeleine Brès y fonde, en 1885, une des premières crèches[23].
  • no 92 : André Léo la compagne de Benoît Malon (élu au Conseil de la Commune), y réside à partir du début de l'année 1867 puis pendant la Commune de Paris jusqu'au quand les Versaillais prennent le quartier des Batignolles [24],[25].
  • no 93 Théodore Courtaux vers 1896.
  • no 103 bis : Eva Tichauer, survivante d'Auschwitz et ses parents, Théodore Tichauer et Erna Tichauer, morts à Auschwitz, y habitaient. La mère et la fille sont victimes de la rafle du Vel'd'Hiv.
  • no 106 : Le cinéaste Jean Eustache y a vécu depuis le début des années 1960 et s'y est suicidé en [26].
  • no 122 : L'Institut Vatel, école supérieure de commerce et gestion de l'hôtellerie et du tourisme, y est installé[27].

Notes et référencesModifier

  1. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, p. 184.
  2. Le dernier combat de Montmartre
  3. Petit bout du monde
  4. Excelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute sur Gallica
  5. Raid des Gothas le 8 mars, rue Nollet
  6. Protection patrimoniale.
  7. Space Invaders - 17eme.
  8. Chronologie dans Barbara, l'intégrale
  9. Hervé Vilard, Le bal des papillons, Paris, Fayard, , 324 p. (ISBN 2213630712)
  10. Paris révolutionnaire
  11. Le Mercure de France, 1969, vol. 41, p. 516.
  12. Paul Verlaine sur le site de la mairie du 17e arrondissement, www.mairie17.paris.fr.
  13. Des écrivains dans le 17e arrondissement de Paris
  14. Accounts and Papers of the House of Commons, vol. 71, Great Britain, Parliament, House of Commons, p. 302.
  15. La bande à Bonnot: l'anarchie ou l'argent.
  16. Laurent Greilsamer, Le Prince foudroyé, la vie de Nicolas de Staël, Éditions Fayard (ISBN 2-213-59552-6).
  17. Laurent Greilsamer, Le Prince foudroyé. La vie de Nicolas de Staël, Éditions Fayard, 2003, 335 p. (ISBN 2-213-59552-6).
  18. Sylvie Bonin, Je me souviens du 17e arrondissement, Éditions Parigramme (ISBN 2-84096-232-2), p. 80.
  19. Lettre de Max Jacob à Marcel Jouhandeau.
  20. Yseult Williams La splendeur des Brunhoff.
  21. Acte de décès no 1991, 30 juin 1885.
  22. FEUILLADE Lucien, Henri (Dictionnaire des anarchistes) Le Maitron.
  23. Chronologie scientifique, technologique et économique de la France.
  24. Paris révolutionnaire : Quartier Batignolles.
  25. La photographie d'André Léo par Joseph Tourtin.
  26. Evane Hanska, Mes années Eustache, Flammarion, , 1re éd..
  27. « Vatel Paris », sur Vatel.fe (consulté le 20 octobre 2020).