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Royaume du Baguirmi

XVIe siècle – 1900

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Baguirmi et ses voisins (1885) au sud-est du lac Tchad
Informations générales
Capitale Massenya
Langue barma
Religion Islam
Histoire et événements
1513 fondation de Massenya par Bernim-Bessé ou Dokkengué
1741 tutelle du Bornou
1806 tutelle du Ouaddaï
Abderrhamân-Gaourang II accepte le protectorat français

Entités suivantes :

Cavalier baguirmi dans une gravure de 1901

Le royaume du Baguirmi est un ancien État sahélien localisé au sud-est du lac Tchad, sur le territoire du Tchad actuel. Sa capitale était Massenya. Fondé en 1522, il devient un protectorat français en 1897.

S'il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, le sultanat demeure une chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes[1].

HistoireModifier

Le royaume du Baguirmi est fondé à l'est du Bornou en 1522 par le mbang Berni Besse après qu'un certain Abd el Mahmoud Begli, fondateur du palais de Massenya, a conduit de 1493 à 1503 la région à faire sécession de l'empire du Kanem en pleine déliquescence[2].

Tout en conservant des traditions animistes, le royaume adopte rapidement l'islam et devient un sultanat.

Annexé par un Kanem-Bornou reconstitué, il retrouve son indépendance au cours du xviie siècle, pour être à nouveau absorbé au milieu du XVIIIe siècle.

Il tombe en déclin au cours des années 1800 et se trouve sous la menace militaire du royaume du Ouaddaï. Il résiste, mais accepte la tutelle de son voisin dans l'espoir de mettre fin à des dissensions internes.

Bourgomanda, le mbang de Baguirmi au début du XIXe siècle, avait deux fils, Abdel-Kader et Djougoultoum. Quand l'aîné, Abdel-Kader, devint sultan en 1826, Djougoultoum doit s'exiler dans le Ouaddaï, puis part au pays Rounga (Dar Rounga), région frontalière entre les fleuves Azoum et Aouk, où il épouse la fille du sultan. Il créera ensuite une zone frontalière de raid d'esclaves encore plus méridionale, au sud de l'Aouk, appelée Dar el-Kouti.

Vaincu par Rabah en 1893, le mbang du Baguirmi, Gaourang, demande et obtient le statut de protectorat auprès des autorités françaises le [3].

Baguirmi subsiste comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Organisation politique et administrativeModifier

Le mbangModifier

 
Le Mbang Gaourang (à gauche) et le Kolak Doudmourrah

Le roi du Baguirmi porte le titre de mbang (le soleil). Du fait de l'islamisation, on parle également de sultan.

La mère du mbang est la Magira (reine-mère)[4].

En mars 2010, le sultan du Baguirmi, Mbang Hadji Woli Mahamat est réhabilité dans ses fonctions par le ministre tchadien de l'intérieur et de la sécurité publique[5].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Annie M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad (Nord du 10e parallèle), L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 2296004474)

RéférencesModifier

  1. Tchadinfos, Tchad : la première dame intronisée mère du sultanat du Baguirmi, 8 mars 2017
  2. S. Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, p. 30, ABC-CLIO, Santa Barbara (Californie), 2017 (ISBN 9781610695800).
  3. France Diplomatie, Base des Traités, Accord 18970025, Traité d'assistance (protectorat) et de commerce avec le sultan de Baghirmi
  4. (en) Augustin Holl, Ethnoarchaeology of Shuwa-Arab Settlements, Lexington Books, , p. 20
  5. Alwhida Info, Le sultan du Baguirmi réhabilité dans ses fonctions par le ministre de l'intérieur, 3 mars 2010