Roger Williams (théologien)

Fondateur de la colonie réformée de Providence
Roger Williams
Image dans Infobox.
Statue de Roger Williams par Franklin Simmons (Capitole de Washington, 1880).
Fonctions
Gouverneur colonial de Rhode Island
-
Nicholas Easton (en)
Benedict Arnold (en)
Capitaine
-
Biographie
Naissance
Décès
Formation
Activités
Enfants
Mary Williams (d)
Daniel Williams (d)
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signature de Roger Williams (théologien)
Signature

Roger Williams, né vers 1603 à Londres, en Angleterre, et mort entre janvier et à Providence, États-Unis, est un théologien et pasteur baptiste américain. Il est une figure atypique de la théologie nord-américaine.

Dans les années 1640, il développe une théologie politique tolérante dont les intuitions novatrices se révéleront décisives dans l’évolution ultérieure des colonies de la Nouvelle-Angleterre, puis des États-Unis d'Amérique. Williams fonde Providence, aujourd'hui capitale de l'Etat de Rhode Island. Il est sans doute le premier à utiliser la formule « Mur de séparation » entre la religion et l’État[1].

BiographieModifier

Né à Londres au début du XVIIe siècle, Williams reçoit une formation théologique à l’Université de Cambridge et est ordonné prêtre anglican[2]. Peu de temps après son ordination, il devient puritain.

MinistèreModifier

En 1629, Williams devient aumônier privé dans la famille de Sir William Masham, un politicien puritain[3]. En décembre de cette même année, il se marie avec Mary Bernard[4]. En 1630, en raison de ses déceptions envers l’église anglicane, il s’embarque pour la colonie du Massachusetts et arrivera à Boston. Il espère y exercer un ministère pastoral, mais ses positions radicales en faveur de la neutralité de l’État dans les affaires religieuses l’entraînent dans de virulents conflits avec les pasteurs et les magistrats de la colonie[5]. Banni du Massachusetts, il trouve refuge auprès d’une communauté amérindienne, dont il découvre avec respect les traditions culturelles et religieuses. Estimant que les terres américaines sont la propriété des peuples qui les habitent, il leur achète un territoire. Baptisé « Providence », l’endroit deviendra la première plantation de la future colonie de Rhode Island pour laquelle il obtient en 1644 une charte du Parlement anglais.

 
The Landing of Roger Williams in 1636, 1857, par Alonzo Chappel, avec Roger Williams traversant la rivière Seekonk

En 1638, il fonda la Première église baptiste d'Amérique à Providence (Rhode Island)[6],[7].

Williams s’engage alors dans une controverse avec ceux qu’il tient pour responsables de son bannissement. Son principal adversaire est un pasteur de Boston nommé John Cotton (1584-1652), qui cherche à réformer l’Église d’Angleterre dans un sens congrégationaliste. Pour Cotton, en effet, l’État et l’Église ont des droits et devoirs distincts, mais ils doivent coopérer pour créer une communauté qui œuvre au service de la morale et de la foi chrétienne. Cotton demande donc que le droit de voter ou de briguer un mandat politique soit réservé aux membres de l’Église et il s’oppose à ce que la dissidence religieuse soit tolérée.

En 1643, Roger Williams signe également le premier « dictionnaire » anglo/narragansett : A Key Into the Language of America. Il aura pour vocation d'ouvrir une porte vers une meilleure compréhension entre colons et natifs.

Dans un pamphlet publié en 1644, The Bloudy Tenent of Persecution, Williams reproche à Cotton de vouloir monopoliser la force de l’État au service de ses propres convictions religieuses. La volonté d’établir l’unité religieuse par la force est à l’origine, selon Williams, d’innombrables crimes. C’est elle qui engendre la persécution des dissidents qui résistent au nom de leur conscience. Williams est ainsi conduit à plaider pour une séparation radicale de l’Église et de l’État, qui seule peut garantir une véritable liberté de culte. Cette liberté de culte est pour lui plus qu’une simple tolérance. À la même époque, en Grande-Bretagne, les défenseurs de la tolérance limitent généralement cette dernière aux protestants. La liberté de culte réclamée par Williams va plus loin : il plaide pour que les juifs, les musulmans et les catholiques bénéficient d’une entière liberté religieuse.

Influence postérieureModifier

Des expériences comme celle de Rhode Island resteront marginales jusqu’au moment de la Révolution américaine. Les puritains d’Amérique se sont montrés peu tendres avec ceux qui ne partageaient pas leurs convictions, qu’ils soient anglicans, quakers ou baptistes[8]. Dans la controverse qui oppose Cotton et Williams, Cotton se contente en définitive de faire valoir des arguments largement répandus parmi ses coreligionnaires. L’idéal politique de Williams finira pourtant par emporter la victoire. Il sera d’abord renforcé par la création de la Pennsylvanie, une colonie que les quakers feront reposer sur des principes semblables à ceux de Rhode Island. Il sera ensuite partiellement confirmé au moment de la Glorieuse Révolution.

Il sera enfin pour ainsi dire ratifié avec la création des États-Unis d'Amérique. Le principe de la liberté de culte et de la séparation des Églises et de l’État entrera alors dans la constitution américaine. Mais, la reconnaissance d’une séparation entre l’Église et l’État n’a pas empêché (et peut-être même a-t-elle favorisé) l’émergence, dans la nation américaine, d’un patriotisme teinté de valeurs et de symboles religieux.

Notes et référencesModifier

  1. (en) David Peddle, The Religious Origins of American Freedom and Equality, Lexington Books,
  2. James Leo Garrett, Baptist Theology: A Four-century Study, Mercer University Press, USA, 2009, p. 109
  3. Jonathan Wright, Shapers of the Great Debate on the Freedom of Religion: A Biographical Dictionary, Greenwood Publishing Group, USA, 2005, p. 25
  4. Jonathan Wright, Shapers of the Great Debate on the Freedom of Religion: A Biographical Dictionary, Greenwood Publishing Group, USA, 2005, p. 26
  5. Bernard Roussel, WILLIAMS ROGER, Encyclopédie universalis.fr, France, consulté le 31 décembre 2018
  6. Earle E. Cairns, Christianity Through the Centuries: A History of the Christian Church, Zondervan, USA, 2009, p. 362
  7. William Cathcart, The Baptist Encyclopedia - Volume 3, The Baptist Standard Bearer, USA, 2001, p. 977
  8. Évelyne Navarre, « Le puritanisme fondateur », La Nouvelle Revue d'histoire, septembre-octobre 2016, p. 40-41

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • The Complete Writings of Roger Williams, Paris (Arkansas), The Baptist Standard Bearer, 2005 (réimpression de 1963), 7 vol.
  • Marc BOSS (éd.), Genèse religieuse de l'état laïque : textes choisis de Roger Williams, préface de Jean Baubérot, Paris / Genève, Labor et Fides, 2014, 204p.

Liens externesModifier