Roberto Michel

sculpteur français (1720-1786)

Roberto Michel, nommé en français Robert Michel, est un sculpteur français du XVIIIe siècle qui s'est installé et travaillé en Espagne dès 1740, a participé à la fondation de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando avant d'en devenir directeur, né au Puy-en-Velay le , et non en 1720 comme indiqué dans la plupart des dictionnaires[1], et mort à Madrid le .

Roberto Michel
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Naissance
Décès
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Activité
Lieu de travail

BiographieModifier

OrigineModifier

Les Michel sont des parsonniers originaires de la viguerie de Chapteuil qui se sont établis au Puy-en-Velay[2]. Robert Michel est le fils de Joseph Michel, vitrier, et de Françoise Reymond, mariés dans la paroisse de Saint-Pierre-le-Monastier au Puy-en-Velay[3],[4]. Les fonts baptismaux de l'église Saint-Jean du Puy-en-Velay donnent les prénoms des enfants de Joseph Parier qui y ont été baptisés, deux filles et sept garçons, dont :

  • Claude Parier, né le ,
  • Robert Parier, né le ,
  • Pierre Antoine Simon Parier, né le , qui a lui aussi été sculpteur, a rejoint son frère à Madrid en 1748 et a été directeur de la sculpture l'Académie des beaux-arts Saint-Ferdinand, en 1804. Il est mort à Madrid le [5].

FormationModifier

À dix ans, vers 1731, Robert Parier a été mis en apprentissage par son père chez un voisin, Mathieu Bonfils, tailleur d'images en bois. Il a travaillé pendant six ans dans l'atelier de ce maître. Il a quitté ce maître pour aller travailler à Lyon dans l'atelier du sculpteur Michel Perrache, le père de l'architecte Antoine Michel Perrache. Au bout de six mois, il est attiré à Montpellier par un sculpteur local, M. Dupont. Six mois plus tard, il va travailler à Toulouse dans l'atelier de l'artiste flamand M. Luquet. Il a commencé par travailler pendant neuf mois pour un membre du parlement de Toulouse pour orner son jardin. Il a entrevu la possibilité d'aller à Rome. Le sculpteur Luquet l'a détourné de ce projet, lui a fait étudier quelques sculptures antiques puis lui a proposé de venir avec lui à Madrid.

Sculpteur en EspagneModifier

Ils sont arrivés à Madrid le . À peine arrivé, il s'est présenté à l'architecte Joseph Pérez chargé de modifier le Palais-Neuf dont la construction s'était arrêtée à la suite du décès de l'architecte Filippo Juvarra, en 1736. Il alors participé à la décoration sculpturale du nouveau palais royal de Madrid. Depuis lors et jusqu'à sa mort, mis à part quelques séjours en Alava d'où provenait son épouse Rosa Ballerna, il vécut à Madrid, ville où se trouvent la plupart de ses travaux documentés.

Il a fait venir à Madrid son frère Pierre qui y est arrivé le . Ils onty participé tous les deux au Conseil préparatoire de la future Académie royale de San Fernando.

L'année de son inauguration, en 1752, il fut nommé professeur à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, à laquelle il a été intimement impliqué. À partir de 1763 il fut directeur de la sculpture et en 1785 il fut nommé Directeur Président de l'Académie. En 1775 il servit comme Premier sculpteur de la cour d'Espagne.

Michel participa à la décoration sculpturale du Palais Royal de Madrid, parmi un groupe d'artistes dirigés par Juan Domingo Olivieri et Felipe de Castro. Il effectua les statues des rois Theudis, Teodomiro, Alfonse IX, Bermude III, Sancho I le Gros et Ferdinand II. Il est l'auteur de deux médaillons pour le corridor, et d'un lion pour l'escalier.

À Madrid, il a également sculpté les lions de la Fontaine de Cibeles, les trophées militaires, têtes de lions, cornes d'abondance et anges de la Porte d'Alcalá, la Virgen del Carmen dans une niche sur la façade de l'Église de San José, les figures en marbre blanc de la Charité romaine, la Forteresse de la façade de la Basilique de San Miguel, les anges et chérubins de l'église de San Marcos et les tritons des fontaines du Paseo del Prado.

Il a sculpté une image de l'Immaculée Conception pour la chapelle Palafox de la Cathédrale de l'Assomption à El Burgo de Osma (Soria). En 1767, sur commande du Roi Charles III, il sculpta le mausolée du Comte de Gages en marbre et jaspe, actuellement situé dans le cloître de la Cathédrale de Pampelune. En 1769 il effectue cinq figures pour San Gregorio Ostiense (Navarre). En 1783, il réalise le tombeau de marbre, aujourd'hui disparu, d'Antonio Ponce de León, XI Duc d'Arcos, dans l'église de San Salvador de Madrid. Il a également travaillé sur les décors en stuc des Palais Royaux d'Aranjuez, La Granja et El Pardo. Il se distingua aussi comme restaurateur de sculptures classiques.

Il fut enterré dans la l'église de Santa Maria de la Almudena, démolie en 1869. On ne sait pas ce qui est arrivé aux restes de Roberto Michel.

Notes et référencesModifier

  1. Le Blanc, 1885, p. 78
  2. Boudon-Lashermes, 1933, p. 205
  3. Wikisource : « Variétés historiques et biographiques », Mémoires et procès-verbaux de la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire, 3, 1885, p. 77-86
  4. Le prieuré de Saint-Pierre-le-Monastier a été fondé en 993 au Puy-en-Velay par Guigues Ier, abbé du Monastier Saint-Chaffre. L'église, tombée en vétusté au cours de la Révolution, n'a pas été relevée (Pierre Cubizolles, Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours, p. 118 (lire en ligne)).
  5. Real Academia de la Historia : Pedro Michel

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • [Le Blanc 1873] Paul Le Blanc, « Les artistes oubliés : Robert Michel, sculpteur », L'Artiste. Histoire de l'art contemporain, vol. 43e année,‎ , p. 283-288 (lire en ligne)
  • [Le Blanc 1885] Paul Le Blanc, « Variétés historiques et biographiques : Robert Michel, sculpteur 1720-1786 », Mémoires et procès-verbaux de la Société scientifique et agricole de la Haute-Loire. 1881-1882, t. 3,‎ , p. 77-86 (lire en ligne)
  • Cl. Perroud, « 1- Michel & Luquet », Revue des Pyrénées,‎ , p. 108-109 (lire en ligne)
  • [Boudon-Lashermes 1933] Albert Boudon-Lashermes, « Les parsonniers vellaves, dynasties d'artistes et de lettrés », dans Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1715) du Comité des travaux historiques et scientifiques. Années 1930 et 1931, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 205
  • [Caveda 1867] (es) José Caveda y Nava, Memorias para la historia de la real Academia de San Fernando y de las Bellas Artes en España, t. 1, Madrid, Imprenta de Manuel Tello, (lire en ligne), p. 72-77
  • [Bermúdez 1800] (es) Juan Agustín Ceán Bermúdez, Diccionario historico de los mas ilustres profesores de las Bellas Artes en España, t. 3, Madrid, (lire en ligne), p. 147-152

Liens externesModifier

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