Robert de Nantes

Robert de Nantes (m. ) est le patriarche latin de Jérusalem entre 1240 et 1254.

Robert de Nantes
Jean-Marie Oscar Gué - Louis IX reçoit le patriarche de Jérusalem.jpg
Saint Louis reçoit à Damiette le patriarche de Jérusalem - Jean-Marie Oscar Gué (1847)
Fonctions
Patriarche latin de Jérusalem
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Gèrold de Lausanne (d)
Évêque
Diocèse de Nantes
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Biographie
Naissance
Décès
Activité
Autres informations
Religion

Robert est originaire de la Saintonge en France[1]. Il est évêque quelque part dans les Pouilles, d'où il a été expulsé par l'empereur du Saint-Empire Frédéric II à un certain moment avant 1236. Cette année-là il est nommé évêque de Nantes par le pape Grégoire IX. Une fois installé Robert entre en conflit avec le duc de Bretagne Pierre de Dreux et le fils de celui-ci, Jean le Roux, tous les deux accusés de s'être approprié les biens de l'église bretonne. Robert se plaint à Grégoire à plusieurs reprises et se présente en personne à Rome en 1238[2].

Entre-temps l'empereur Frédéric prétend agir à titre de régent du royaume de Jérusalem au nom de son fils mineur Conrad dont la mère, Isabelle, morte en couches en 1228, a été reine de Jérusalem. Frédéric est excommunié par le pape Grégoire et ensuite rejeté par une partie des barons de Jérusalem. Le patriarche Gérold de Lausanne étant mort en 1239 pendant la croisade des barons, les canons de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem élisent Jacques de Vitry, ancien évêque de Saint-Jean d’Acre pour le remplacer. Jacques étant également récemment mort, le pape Grégoire transfère Robert à ce siège en . Grégoire nomme Robert selon toute vraisemblablement à cause de l’expérience de ce dernier face à Frédéric dans les Pouilles quelques années auparavant[3].

Grégoire IX, quant à lui, meurt en 1241 et Innocent IV lui succède finalement en 1243. Robert reste en Europe pendant ce temps et n'arrive à Jérusalem qu’en 1244. À peine arrivé en Terre sainte, les Khwarezmiens s'emparent de Jérusalem en août et, au mois d'octobre de la même année, les Khwarezmiens et leurs alliés les Ayyoubides d'Égypte vainquent une coalition composée de l'armée du royaume des croisés et celle du sultan de Damas à la bataille de Forbie. Robert prend part à la bataille et échappe de peu à la mort. Ensuite il se donne pour tâche de convaincre les rois européens de rejoindre la prochaine croisade en envoyant, par exemple, une relique du sang du Christ au roi Henri III d’Angleterre en 1247. Cette tentative n'a pas réussi et la croisade, la septième, est menée par Louis IX de France contre l'Égypte en 1250. Louis est vaincu et est fait prisonnier lors de la bataille de Mansourah et Robert compte parmi ceux qui sont emprisonnés avec le roi[4].

Robert meurt le [5]. Il a peut-être plus de quatre-vingt ans ; selon Jean de Joinville il était « homme vieux et ancien » en 1250[6]. Les canons du Saint-Sépulcre élisent Opizo dei Fieschi, patriarche latin d'Antioche et neveu du pape Innocent IV comme successeur, mais Innocent meurt avant de confirmer l'élection et le nouveau pape, Alexandre IV, nomme à sa place l'évêque de Verdun Jacques Pantaléon[7].

RéférencesModifier

  1. « Catalogue historique des évêques et abbés de Bretagne », p. xvii, dans Charles Taillandier, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, t. II (Paris, 1756).
  2. Louis de Mas Latrie, « Les patriarches latins de Jérusalem », dans Revue de l'Orient latin, vol. 1 (1893), p. 22-23.
  3. Bernard Hamilton, The Latin Church in the Crusader States: The Secular Church (Londres : Variorum, 1980), p. 262.
  4. Hamilton, p. 263-265.
  5. Hamilton, p. 267.
  6. Jean de Joinville, Vie de Saint Louis, trad. Jacques Monfrin (Paris : Dunod, 1995), para. 364.
  7. Hamilton, p. 233.

SourcesModifier