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Robert Wogensky
Wogenskyrobert.png
Robert Wogensky en 1997.
Naissance
Décès
(à 99 ans)
Paris
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Mouvement
Distinction

Robert Wogensky est un peintre et graveur (lithographe et aquafortiste) français né le à Paris et mort le dans la même ville[1].

Sommaire

BiographieModifier

D'origine polonaise, Robert Wogensky est né au 158 bis, avenue de Suffren dans le 15e arrondissement de Paris. Sa famille vit en France depuis plusieurs générations. Frère de l'architecte André Wogenscky[2], élève de 1925 à 1937 du lycée Buffon tout en fréquentant assidûment les musées[3], Robert Wogensky décide de devenir peintre à la vue de « Guernica » de Picasso à l'Exposition de 1937. Ses études artistiques à l'atelier René Jaudon (où il a pour condisciple Jean-Claude Guignebert dit Vincent, avec qui il se lie d'amitié[3]) puis à l'École des beaux-arts de Paris sont très vite interrompues par la guerre.

Après la Libération, il séjourne chez Jean Lurçat à Lanzac et travaille avec lui sur quelques-uns de ses cartons. En 1945 également, Robert Wogensky rencontre Denise Majorel, éditrice de son premier carton de tapisserie (Les oiseaux, 1945)[4] et future directrice de la galerie La Demeure où il exposera par la suite. D'octobre 1950 à 1956, il exerce comme professeur à l'École des beaux-arts de Nancy, tout en continuant d'habiter Paris (il vient de s'installer dans la rue Boissonade où son voisin, qui devient son ami, est Antoni Clavé)[3]. Il conçoit les décors et les costumes pour le Centre dramatique de l'Est, et exécute plusieurs peintures murales (paquebot La Bourdonnais, hôpital Saint-Antoine de Paris), cartons et mosaïques.

En 1956, il est nommé professeur d'art mural à l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art de Paris où il enseignera jusqu'en 1985.

En 1962, il rencontre Pierre et Jacqueline Domec, directeurs de la galerie Pierre Domec à Paris, qui exposeront ses toiles au cours des années suivantes, sur les thèmes de L'Eau, du Feu et des Natures vives. Jean Paulhan écrira la préface d'un catalogue et lui demandera, l'année suivante, de dessiner son épée d'Académicien.

Au cours de ces mêmes années, exécute plusieurs cartons pour le Mobilier national (Chant des Étoiles), pour le Centre touristique français de New York (Les Quatre Éléments), pour le ministère de l'Agriculture (Univers végétal), pour l'université de Strasbourg (Cosmos).

En 1966 et 1969, deux grandes peintures murales sont réalisées pour la Faculté de médecine de Paris.

En 1985, une tapisserie intitulée Un oiseau, des Étoiles est réalisée par la Manufacture de Beauvais pour les collections du Mobilier national.

En 1988, exécution d'une peinture murale pour l'hôtel de ville de Fontenay-sous-Bois.

En 1990, la ville d'Angers lui commande deux tapisseries destinées à l'hôtel de Ville.

Parallèlement aux réalisations murales, Robert Wogensky n'a cessé de pratiquer la peinture sous toutes ses formes et techniques, aquarelle, encre, acrylique, peinture à l'huile. Se sont succédé les séries des Jardins, des Ombres et silhouettes, des Contemplateurs (exposés à Paris puis à New York), des Paysages imaginaires, des Montagnes et des Murs. Plus récemment ses recherches se sont orientées vers un imaginaire plus abstrait. Pour Lydia Harambourg, « Robert Wogensky suit une trajectoire dont les phases successives ont construit une œuvre qui n'a d'égale que son éloquence picturale. Le champ de la toile est l'enjeu d'une introspection ouverte sur l'infini, comme un miroir ou une fenêtre »[5].

Il a vécu au 45, rue Boissonnade dans le 14e arrondissement de Paris, s'y partageant avec des séjours fréquents à La Cadière-d'Azur où il résidait depuis 2000.

ŒuvresModifier

Contributions bibliophiliquesModifier

  • Georges Coanet, Forêt d'hommes - Poèmes 1958-1960, eaux-fortes originales de Robert Wogensky, Imprimerie de l'Édition artistique, 1962.
  • Dominique Daguet, D'un autre temps, texte enrichi d'une gravure originale de Robert Wogensky, in Paroles peintes II, Éditions Lazar-Vernet, Paris, 1965.
  • Robert Wogensky, Dessins pour une épée, 140 exemplaires numérotés dont 20 enrichis d'une gravure originale, dessins préparatoires pour l'épée d'académicien de Jean Paulhan reproduits en sérigraphies, Cahiers bleus, Troyes, 1988.
  • Jean Paulhan, Les Reboussiers ou le parti du contraire, illustrations de Robert Wogensky, collection « Métempsycoses LIX », Babel Éditions, 1996.

Décors de théâtreModifier

AutresModifier

PublicationsModifier

Expositions personnellesModifier

  • Robert Wogensky - Miroirs, lanternes, Cages, librairie Arc-en-ciel, Paris, 1949.
  • Galerie moderne, Stockholm, 1950.
  • Olsen's Konstsalong, Goteborg, 1950.
  • Robert Wogensky - Tapisseries, galerie La Demeure, Paris, 1950, 1962, 1964, mars 1965, mai-juin 1970[7], octobre-novembre 1973, 1977.
  • Robert Wogensky - Paysages de Bretagne, galerie Visconti, Paris, 1955.
  • Galerie Herbinet, Paris, 1959.
  • Galerie Pierre Domec, Paris, 1962 (Robert Wogensky - La mer, eau mystérieuse, eau grise), 1964 (L'eau et le feu), 1967[8].
  • Galerie des Arts, Nancy, 1963.
  • École polytechnique, Paris, 1967.
  • Faculté de lettres, Nanterre, 1967.
  • Galerie Grégoire, Marseille, 1969.
  • Galerie Formes et muraux, Lyon, 1971.
  • Carlsan Gallery, Chicago, 1972.
  • Tapestry Associates, New York, 1972.
  • Maison de la culture d'Amiens, 1972, novembre-décembre 1975.
  • Musée des beaux-arts de Lyon, 1974.
  • Centre international de la jeunesse, Annecy, 1974.
  • Galerie Maniglier, Lille, 1975.
  • Château de Sainte-Feyre, juillet-septembre 1975.
  • Écuries de Saint-Hugues, Cluny, 1976.
  • Centre culturel Thibaud de Champagne, Maison du boulanger, Troyes, décembre 1976.
  • Saline royale d'Arc-et-Senans, 1977.
  • Ateliers Legoueix, Aubusson, 1978.
  • Galerie Chantepierre, Aubonne (Vaud), 1978.
  • Galerie C.A.T.M.A., Bordeaux, 1979.
  • Galerie Inard, Paris, 1985.
  • Robert Wogensky - Tapisseries, dessins et esquisses pour une épée, chapelle des Jésuites, Nîmes, avril-mai 1988.
  • Musée des tapisseries d'Aix-en-Provence, 1988.
  • Galerie Suisse, Paris, 1988.
  • Robert Wogensky, l'œuvre tissé, musée départemental de la tapisserie, Aubusson, juillet-septembre 1989.
  • Galerie Le Ver vert, Vichy, 1989, 1992, 1993.
  • Galerie Galarte, Paris, 1990, 1993.
  • Wogensky, musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, Angers, novembre 1989 - décembre 1990.
  • Nahan Galleries, New York, 1990.
  • Galerie Marouska, Lyon, 1991.
  • Musée des beaux-arts de Niort, 1992.
  • Galerie Arlette Gimaray, Paris, 1995.
  • Robert Wogensky - Peintures 1990-1996, Salle Chemellier, Angers, 1996.
  • Galerie Nicolas Deman, Paris, février-mars 2005[9].
  • Galerie Chevalier, Paris, mai 2010.
  • Robert Wogensky - Retour chez Jean Lurçat, atelier Jean-Lurçat, Saint-Laurent-les-Tours, Saint-Céré, juillet-septembre 2013[10],[11],[12].
  • Rétrospective Robert Wogensky, La Cadière d'Azur, juin-juillet 2015.

Expositions collectivesModifier

  • École de Paris et Jeune Peinture, Galerie 50, La Cadière-d'Azur, 14 juillet - 27 août 2017.

Réception critiqueModifier

  • « Wogensky a brillamment réussi cette acclimatation de la peinture à la tapisserie. C'est grâce à des panneaux éclairés plus ou moins brutalement, à des graduations subtiles dans les morceaux tissés qu'il creuse le fond du panneau et nous donne l'illusion de s'enfoncer dans un élément fluide. » - Pierre Mazars[16]
  • « Que ce soient les harmonies en rouge et bleu, ou beige et brun, Wogensky traite toujours cette surface de laine comme un moelleux poème ou même comme une sonate bien fermée. » - Frédéric Mégret[7]
  • « Robert Wogensky fait ses tapisseries à coups de sabre, ou avec des virgules monumentales, de grandes accolades comme des ailes d'oiseaux géants... Les rythmes se déploient, s'affrontent, s'épousent ou se cassent dans l'espace en d'amples mouvements dynamiques... L'eau, le ciel, le feu, l'oiseau, la terre, l'espace sont les composantes de sa thématique. » - Pierre Cabanne[17] 
  • « Ses compositions en tapisserie chantent la nature dans ses différents éléments : le ciel, les constellations, l'eau et en particulier les oiseaux. Ces derniers sont d'abord traités dans une manière figurative, puis traduits uniquement par le mouvement, en signes graphiques très synthétiques, à la limite du symbole abstrait, en fusion avec les forces de l'air et du ciel. » - Jacques Busse[4]
  • « Depuis les précédentes peintures de Robert Wogensky, le champ pictural s'est libéré des lignes de force qui le structuraient pour laisser monter une effusion qui sourd en vibrations lumineuses. Une surface qui s'ouvre et repousse toujours plus loin la ligne d'horizon abaissée. Elle ne peut qu'être l'espace chromatique sur lequel les bleus, les verts, les terres, ocres brunes et claires, célèbrent les épousailles de la terre et du ciel, de l'eau glauque et du rivage, du crépuscule et de la clarté du sable roux, de la lagune et de son rivage indéfiniment repris. La présence impalpable, mais dense, de la réalité prise dans les rets de la matière suggère une tactilité charnelle. La surface est une peau vibrante, un réceptacle aux éblouissements colorés de la matière. » - Lydia Harambourg[9]

Prix et distinctionsModifier

Œuvres dans les collections publiquesModifier

AllemagneModifier

  • Düsseldorf, Maison de France ; La Musique et la Danse, tapisserie d'Aubusson.

BelgiqueModifier

États-UnisModifier

  • New York, Centre touristique français : Les quatre éléments, tapisserie d'Aubusson.

FranceModifier

Fresques en FranceModifier

JaponModifier

Collections privées référencéesModifier

Notes et référencesModifier

  1. [1], sur varmatin.com, 22 mars 2019
  2. Le nom de famille des deux frères est orthographié différemment. Voir les catalogues de bibliothèques (ABES, British Library…).
  3. a b et c Les Muses, encyclopédie des arts, Grange Batelière, 1974, tome 15, pages 5044-5048.
  4. a et b Jacques Busse, Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 14, pages 682-683.
  5. Lydia Harambourg, « Robert Wogensky », citée par La Cadière d'Azur - bulletin municipal d'information, janvier 2016.
  6. Dominique Daguet, « Souvenirs à propos de Robert Wogensky », Le Parvis des Alliances (Cahiers bleus), juillet 2015
  7. a et b Frédéric Mégret, « Sur les cimaises : Wogensky », Le Figaro littéraire, n°1254, 1er juin 1970, page 30.
  8. Robert Wogensky, « interview à propos de son exposition à la galerie Pierre Domec », émission Arts d'aujourd'hui, France Culture, 22 avril 1967.
  9. a et b Lydia Harambourg, « Robert Wogensky entre ciel et mer », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°8, 25 février 2005, page 154.
  10. Isabelle Rooryck, conservateur en chef des musées du département du Lot, Robert Wogensky, retour chez Jean Lurçat, 2013
  11. Lydia Harambourg, « Robert Wogensky, retour chez Jean Lurçat », La Gazette de l'Hôtel Drouot, septembre 2013.
  12. « Saint Laurent-les-Tours : Robert Wogensky renoue les fils du passé », La Dépêche du Midi, 18 juillet 2013
  13. Musée de la marine, Exposition Paquebot France, 2011
  14. Musée d'art moderne André-Malraux, Exposition Paquebot France, 2012
  15. Marie Godfrin-Guidicelli, « Tapisseries contemporaines », Zibeline, n°107, 19 décembre 2016
  16. a et b Pierre Mazars, Les œuvres d'art du paquebot France, Éditions Livror, Genève, 1969, page 141-143.
  17. Pierre Cabanne, « Les coups de sabre de Wogensky », Combat, 12 novembre 1973.
  18. Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, Robert Wogensky dans les collections
  19. Cité internationale de la tapisserie, Robert Wogensky
  20. Université de Limoges, artisstes représentés dans les collections

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean Cassou, Max Damain et Renée Moutard-Uldry, La tapisserie française et les peintres cartonniers, Éditions Tel, 1957.
  • Jean Paulhan, Robert Wogensky, peintre et tapissier, Éditions de la galerie Pierre Domec, Paris, 1962.
  • Ouvrage collectif, Dictionnaire de la peinture contemporaine, Éditions universitaires, 1965.
  • Renée Moutard-Ouldry, « Robert Wogensky », Les Cahiers d'art - documents, n°241, 1er janvier 1967.
  • Pierre Mazars (préface de Georges de Caunes), Les œuvres d'art du paquebot France, Éditions Livror, Genève, 1969.
  • René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970.
  • Guy Weelen, Oiseaux solaires, oiseaux marins - Tapisseries de Robert Wogensky, Éditions de la galerie La Demeure, 1970.
  • Grande encyclopédie Larousse, voir le mot « Tapisserie » en page 13.307, Larousse, 1971.
  • Les muses, encyclopédie des arts, tome 15, Grange Batelière, Paris, 1974.
  • Collectif, Marta Pan : sculpture ; André Wogenscky : architecture ; Robert Wogensky : tapisseries : Musée des beaux-arts, Lyon, 1974 (exposition), musée des beaux-arts, Lyon, 1974.
  • Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, 1975.
  • Robert Wogensky, l'œuvre tissé, Éditions du Musée départemental de la tapisserie/ACL Crocus, 1989.
  • ouvrage collectif, Wogensky, Éditions du musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1989.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Pierre Cabanne, Robert Wogensjy, Éditions de la galerie Arlette Gimaray, Paris, 1995.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Virginie Alliot-Duchêne et Agnès Mirambet (préface de Philippe Starck), Paquebot France, Éditions du Musée national de la marine, 2011.
  • Galerie de France, Tapisseries : Jean Lurçat, Vincent Guignebert, Robert Henry, Jacques LaGrange, Jean Picart Le Doux, Marc Saint-Saens, Robert Vogensky, Éditions Montrouge, Association des peintres cartonniers de tapisseries, 1947.

Article connexeModifier

  • La sculptrice Marta Pan, belle-sœur de Robert Wogensky.

Liens externesModifier