Robert Thomas

auteur dramatique et cinéaste

Robert Thomas est un auteur dramatique, comédien, metteur en scène et réalisateur français, né le à Gap et mort le à Paris.

Robert Thomas
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Fiction de détective (en), comédie, drame (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

BiographieModifier

À quatorze ans, Robert Thomas se découvre une passion pour le théâtre contemporain et moderne mais également la philosophie des Lumières. En trois ans, il lira toutes les pièces de théâtre publiées depuis 1900. En 1947, juste avant de passer son bac, il quitte sa famille avec une idée bien arrêtée : écrire et jouer la comédie à Paris. Il paye ses cours de comédie avec son salaire de télégraphiste et joue comme figurant dans plus de cinquante films. Il écrit la nuit sept pièces d’affilée qui seront toutes refusées.

En 1950, il fait son service militaire, puis court le « cacheton » sur Paris. Toutefois, il vient régulièrement à Rouen dans les années 1952 à 1955 assurer des revues au Nouveau-Théâtre (le Théâtre-Français a été complètement détruit par les bombes le ) pendant plusieurs saisons sous la direction de Louis Stréliski et Lestély, joue quelques pièces — dont Il faut marier maman, Le Train pour Venise — avec Vudal G., directeur de troupe, auquel il proposera ses pièces. Robert Thomas côtoiera ainsi Noëlle Adam, Ginette Garcin, Mona Monick. Il ne quittera pas vraiment Paris. Il se présente à Pierre Dux qui l’engage dans Il faut marier maman, avec Denise Grey. Il débute ainsi une carrière dans le théâtre, jouant notamment dans La Main de César et Les Belles Bacchantes. Ses deux premières pièces, Huit Femmes et Madame Trait d'Union, sont enfin créées à Nice, en 1958 et 1959, mais sans véritable succès.

La ténacité de Robert Thomas sera récompensée avec sa huitième pièce. Retenue par un théâtre parisien, les Bouffes-Parisiens, Piège pour un homme seul, fait un triomphe le , soir de la générale, et son auteur devient célèbre du jour au lendemain. L’histoire est celle d’un jeune homme en voyage de noces qui attend le retour de son épouse disparue depuis dix jours, à la suite d'une dispute. L’enquête de police piétine jusqu’à ce qu’une femme, qui se dit l’épouse recherchée, réintègre le domicile conjugal. Le mari a beau crier à l’imposture, les événements et plusieurs témoins confirment que la jeune femme est bien son épouse. Est-il fou ou une bande de malfaiteurs s’acharne-t-elle sur lui ?

Alfred Hitchcock, souhaitant acheter les droits d’adaptation de la pièce au cinéma, rencontre même son auteur[1]. Ce succès théâtral conforte Robert Thomas dans sa voie d’auteur dramatique. Dès lors, il se trouvera une spécialité en mariant l’intrigue policière au théâtre de boulevard.

L’année suivante, il reprend, en la réécrivant, sa première pièce, Huit femmes qui sera récompensée en 1961 par le prix du Quai des Orfèvres. Dans une maison isolée par la neige, les membres féminins d’une famille mènent leur propre enquête pour découvrir l’assassin du maître de maison, vraisemblablement l’une d’elles. Malgré les convenances et les courtoisies apparentes, elles se livrent, en huis clos, à un jeu de la vérité aussi implacable que pitoyable, révélant les faiblesses, les mensonges, les rancœurs cachées, n’épargnant aucune d’elles. La pièce sera adaptée au cinéma par François Ozon en 2002.

Robert Thomas a, en 1966, l’idée de réunir dans La Perruche et le Poulet le célèbre couple de l’émission radiophonique Sur le banc : Jane Sourza et Raymond Souplex. La standardiste d’un notaire s’apprête à fermer l’étude lorsqu’elle découvre son patron poignardé. Le temps que la police arrive sur les lieux, le cadavre disparaît. Y a-t-il eu crime ? Une cascade de surprises et un dénouement tout à fait imprévu prouveront au policier (« le poulet ») que la secrétaire bavarde (« la perruche ») avait raison. Ensemble, ils arrêteront le coupable…

Hasard des rencontres, Robert Thomas retrouvera quelques amis de Rouen, dont Monique Couturier alias Mona Monick devenue professeure d'art dramatique, en , toujours accompagnée de son même ami, au festival de Ramatuelle aux côtés de Jean-Claude Brialy et parlera de sa mort prochaine après avoir résumé sa vie en une phrase :

« J'ai réussi, j'ai gagné beaucoup d'argent et j'ai su le garder ! — si un camion me roule dessus maintenant à 60 ans, j'aurai le temps de me dire que j'ai bien vécu ! »

Il promet de lui écrire des saynètes pour ses cours mais n'en aura pas le temps : il meurt quelques mois plus tard d’une crise cardiaque.

De 1970 jusqu’à sa mort en 1989, Robert Thomas fut le directeur du Théâtre Édouard VII. Il réalisa au cinéma pour Darryl Zanuck La Bonne Soupe (1963), Patate (1964), adapta ses pièces Les Bâtards, Freddy (1978), Princesse Baraka (1981). Il produisit et interpréta à la télévision la série télévisée Un curé de choc (1974), signa deux épisodes de l’inspecteur Leclerc : Ma femme est folle et Les Jumelles (1962). On lui doit également, en tant que réalisateur, Mon curé chez les nudistes (1982), Mon curé chez les Thaïlandaises (1983) et Les Brésiliennes du bois de Boulogne (1984).

Si certains critiques ont déploré chez Robert Thomas son manque de renouvellement, le fait d’avoir cherché son inspiration dans des adaptations, celui-ci a su introduire un ton original : l’esprit français, dans le domaine si particulier de la comédie policière qui semblait réservé aux seuls auteurs anglo-saxons. Avec des comédies à suspense d’un style gai et rapide, aux nombreux coups de théâtre et renversements de situation, il a renouvelé le genre, sans faire preuve d’aucune prétention sinon celle de divertir ses spectateurs.

Il est inhumé au cimetière de Montmartre (division 9).

ThéâtrographieModifier

En qualité d'adaptateurModifier

En qualité d'auteurModifier

En qualité de comédienModifier

En qualité de metteur en scèneModifier

BibliographieModifier

NB : date de première publication.

RomanModifier

  • Piège pour un homme seul (Eurédif « Suspense poche » no 23, 1977, novélisation par l’auteur de sa pièce).

ThéâtreModifier

  • Piège pour un homme seul (in Paris-Théâtre no 164, 1960)et("L'avant-Scène Théâtre" no.231, 15/11/1960)
  • Huit Femmes (in L’Avant-Scène Théâtre no 268, 01/07/1962, prix du Quai des Orfèvres 1961)
  • Le Deuxième Coup de feu (in L’Avant-Scène Théâtre no 327, 01/02/1965 / éd. rev. Librairie Théâtrale, 1976. D’après le roman de Ladislav Fodor)
  • Assassins associés suivi de Deux chats et… une souris (in "L’Avant-Scène Théâtre" no 346, 01/12/1965)
  • La Perruche et le Poulet (in À la page no 32, 02/1967, d’après Jack Poppelwell) et ("L'avant-Scène Théâtre" no..375, 01/03/1967)
  • Freddy (in L’Avant-Scène Théâtre no 423, 01/04/1969)
  • Un Ami… imprévu (in L’Avant-Scène Théâtre no 430, 15/07/1969, adaptation de Unexpected Guest, pièce originale de Agatha Christie)
  • Double Jeu (in L’Avant-Scène Théâtre no 458, 15/10/1970)
  • La Chambre mandarine (in L’Avant-scène Théâtre no 553, 12/1974)
  • La Louve (in L’Avant-scène Théâtre no 592, 08/1976)
  • Le Corbeau et la grue (in L’Avant-scène Théâtre no 609, 01/05/1977)
  • Le Nouveau Nez (in L’Avant-scène Théâtre no 634, 15/09/1978)
  • Les Bâtards (Librairie Théâtrale, 1979)
  • Princesse Baraka (Librairie Théâtrale, 1995, d’après L’Argent de la vieille de Luigi Comencini)

ArticleModifier

  • « Piège pour une femme de paille seule ». L’Avant-scène Théâtre, , no 591, p. 34.

FilmographieModifier

En qualité de réalisateurModifier

En qualité de scénaristeModifier

TélévisionModifier

Comédien pour Au théâtre ce soir[2]

En qualité d'auteur adaptéModifier

  • 1957 : La Nuit des suspectes (ou Huit femmes en noir), de Victor Merenda, adaptation de Frédéric Dard, avec Geneviève Kervine, Christine Carère, Elina Labourdette, Béatrice Arnac, Yva Bella, Collette Régis, Annie Roudier, Guylaine Guy et Yves Massard.
  • 1960 : Die Falle, téléfilm allemand de Roger Burckhardt, d'après Piège pour un homme seul, avec Valerie Steinmann, Gunther Malzacher, Paul Bösiger, Helen Hesse.
  • 1975 : La Maison des renards, téléfilm de Michel Hermant, avec Jean-Claude Bouillon, Michel Aumont, Danielle Palmero.
  • 1976: One of My Wives Is Missing, téléfilm de Glenn Jordan, adaptation de Peter Stone (dit “Pierre Marton”) d’après Piège pour un homme seul, avec Jack Klugman, James Franciscus, Elizabeth Ashley[3].
  • 1983 : Cherchez la femme, téléfilm de Alla Sourikova, adaptation de Svetlana Volodina d'après La Perruche et le poulet, avec Sofiko Chiaureli, Leonid Kuravlyov, Sergey Yurskiy.
  • 1986 : Ma femme a disparu (Vanishing Act), téléfilm de David Greene, adaptation de Richard Levinson et William Link, avec Mike Farrell, Margot Kidder, Fred Gwynne, Graham Jarvis, Elliott Gould
  • 2002 : Huit Femmes de François Ozon, avec Virginie Ledoyen, Danielle Darrieux, Firmine Richard, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Ludivine Sagnier, Fanny Ardant et Dominique Lamure. Publié dans L’Avant-Scène Cinéma no 513, 06/2002, scénario de François Ozon et Marina de Van d’après la pièce éponyme.
Cinema russe et sovietique

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Paris Théâtre, 1960 (revue d'époque).
  2. Pièces enregistrées au théâtre Marigny.
  3. (en) « IMDB », sur IMDB.com (consulté le 6 mai 2020)

Liens externesModifier