Richard Neville (5e comte de Salisbury)

noble anglais

Richard Neville
Image illustrative de l'article Richard Neville (5e comte de Salisbury)

Titre comte de Salisbury
(1428 - 1460)
Allégeance Maison d'York
Souverains Henri VI d'Angleterre
Conflits Guerre des Deux-Roses
Faits d'armes Première bataille de Saint-Albans
Bataille de Blore Heath
Bataille de Ludford Bridge
Bataille de Wakefield
Distinctions chevalier de la Jarretière
Biographie
Dynastie Famille Neville
Naissance
Décès
Pontefract (Yorkshire)
Père Ralph Neville
Mère Jeanne Beaufort
Conjoint Alice Montagu
Enfants Joan Neville
Cécile Neville
Richard Neville
Thomas Neville
Alice Neville
John Neville
George Neville
Catherine Neville
Éléonore Neville
Margaret Neville
Ralph Neville
Robert Neville
Adversaires Henry Percy, 2e comte de Northumberland

Image illustrative de l’article Richard Neville (5e comte de Salisbury)

Richard Neville (1400 – ), 5e comte de Salisbury de 1428 à 1460, est un baron anglais et leader yorkiste durant la guerre des Deux-Roses.

BiographieModifier

FamilleModifier

Il est le fils aîné de Ralph Neville, 1er comte de Westmorland, et de Jeanne Beaufort, demi-sœur du roi Henri IV d'Angleterre. Ralph Neville a déjà eu plusieurs enfants de son premier mariage.

Richard épouse avant Alice Montagu, seule héritière de Thomas Montaigu, 4e comte de Salisbury et d’Éléonore Holland. Ils assistent au couronnement de l'épouse d'Henri V, Catherine de France. Bien que Salisbury se remarie avec Alice Chaucer en 1424, ce mariage reste sans issue. À la mort de Salisbury en 1428 au cours du siège d'Orléans, Alice Montagu hérite de ses titres, ce qui permet à Richard de devenir comte de Salisbury de jure uxoris le [1].

À la mort de son père Ralph en 1425, Richard, aîné des fils de ce dernier par son second mariage, entre en conflit avec le petit-fils de Ralph par son premier mariage, lui aussi prénommé Ralph. Ralph Neville hérite du titre de comte de Westmorland. Cependant, Jeanne Beaufort reçoit également des terres selon les clauses du testament de Ralph. Richard hérite des terres de sa mère à sa mort en 1440.

Le jeune Ralph intente plusieurs procès à Richard et parvient à un accord en 1443 grâce à une médiation du roi Henri VI. Richard ressort avantagé de cet arrangement car il reçoit les terres de Middleham et de Sheriff Hutton tandis que Ralph ne conserve que le château de Raby.

AscensionModifier

En 1420, Richard est nommé Gardien des Marches écossaises de l'Ouest. Il reçoit ainsi une rente annuelle de 1500 £ en temps de paix, rente qui est quadruplée en cas de guerre entre l'Écosse et l'Angleterre.

Richard semble avoir gardé l'estime d'Henri V car ce dernier le nomme également juge de paix dans le Cumberland et le Westmorland.

Salisbury accompagne Henri VI en France en 1431 à l'occasion de son couronnement en tant que roi de France.

En 1436, il abandonne ses postes et accompagne son beau-frère Richard d'York, cousin du roi Henri VI, pour combattre en France. Il revient en Angleterre l'année suivante.

En , Salisbury fait son entrée au Conseil du Roi.

Salisbury s'empresse également de marier son fils Richard et sa fille Cécile aux héritiers de Richard de Beauchamp, 13e comte de Warwick. Richard deviendra comte de Warwick de jure uxoris en 1449.

La querelle avec la Famille PercyModifier

Les Percy avaient aidé d'une aide précieuse à Henry Bolingbroke lorsque celui-ci avait destitué Richard II en 1399. Bolingbroke, devenu le roi Henri IV, se montra peu reconnaissant envers les Percy. Henry Percy, 1er comte de Northumberland, et son fils Harry Hotspur se rebellent contre le roi en 1403. Hotspur est tué à la bataille de Shrewsbury tandis que Northumberland s'enfuit et tente plusieurs rébellions avant d'être tué à bataille de Bramham Moor en 1408.

En 1413, Henry Percy, fils d'Hotspur, est pardonné par le nouveau roi Henri V. Il retrouve son titre de comte de Northumberland et la garde des Marches écossaises de l'Est. Or, les Percy possédaient également avant leurs rébellions la garde des Marches écossaises de l'Ouest. Ces Marches de l'Ouest avaient cependant été données à Ralph Neville en 1405 par Henri IV pour sa fidélité. Les Percy considéraient donc les Neville comme des parvenus.

Henri V et son successeur Henri VI tentent de maintenir une certaine concorde entre les Percy et les Neville. Lors de la minorité d'Henri VI, le régent Humphrey de Lancastre charge Northumberland et Richard Neville, 5e comte de Salisbury, de défendre la frontière face aux incursions écossaises. Northumberland et Salisbury renoncent à leurs postes de gardiens des Marches respectivement en 1434 et 1435, car le roi ne les aide pas assez financièrement et matériellement. Ce manque de coordination conduit à la défaite des Anglais lors d'un raid écossais à Piperdean en 1436. Northumberland retrouve sa position de gardien des Marches de l'Est en 1440. Les relations entre Percy et Neville sont à ce moment-là globalement pacifiques.

Les tensions entre Neville et Percy, d'abord limitées par Henri VI, s'enveniment en 1448 lors de la bataille de Sark. L'armée anglaise menée par Northumberland est défaite par les troupes écossaises. Lord Poynings, fils aîné de Northumberland, est capturé. Salisbury perd dans la bataille 2000 chevaux et est exclu des négociations.

Les relations entre Salisbury et Northumberland tournent à l'affrontement national car Salisbury trouve un allié en la personne de Richard d'York, exilé en Irlande depuis 1447. Richard conteste la politique du roi Henri VI, qui est contrôlé par les ducs de Suffolk et de Somerset. Salisbury, avec le soutien de nombreux nobles, obtient la destitution de Suffolk en .

En 1452, le duc d'York, revenu d'Irlande, lève une armée contre Somerset mais est invité par le roi à négocier, ce dernier acceptant certaines de ses demandes.

Le , une escarmouche éclate entre Salisbury et Northumberland à Heworth, près d'York. Salisbury, qui revenait du mariage de son fils Thomas, est attaqué par 1000 soldats commandés par Northumberland. Salisbury et ses alliés parviennent néanmoins à se défendre avec ténacité.

L'ascendance du duc d'YorkModifier

Henri VI subit un choc mental en en apprenant la défaite de Castillon. Il semble avoir hérité de la schizophrénie[2] de Charles VI[3]. Le roi souffre notamment d'hallucinations et ne réagit même pas à la naissance de son fils, Édouard de Westminster, le . Le cardinal John Kemp, Lord grand chancelier, meurt le , ce qui laisse le poste de chef du Conseil royal vacant.

Cette situation pousse Richard d'York, avec l'aide des comtes de Salisbury et de Warwick à écarter du pouvoir la reine Marguerite et à se proclamer Lord Protecteur du royaume le [4]. Somerset est emprisonné à la Tour de Londres et York fait entrer au Conseil du roi ses alliés.

La maison de Salisbury à York est mise à sac par Northumberland le . Northumberland est convoqué par le Conseil du duc d'York le . Salisbury réagit et défait le suivant Northumberland à Stamford Bridge.

Le retour du roi à ses sens à la Noël 1454 contrarie les ambitions du duc d'York qui est écarté de la cour en par la reine Marguerite d'Anjou. Cette dernière noue des alliances contre York et conspire avec d'autres nobles pour réduire son influence. Elle forme ainsi le clan des Lancastriens. York, de plus en plus pressé, recourt finalement aux armes en .

La Guerre des Deux-RosesModifier

York, assisté par Salisbury et Warwick, bat les troupes royales lors de la bataille de Saint-Albans le . Somerset et Northumberland sont tués, ce qui satisfait en grande partie York et Salisbury. Les troupes yorkistes découvrent le roi Henri VI abandonné par son escorte. Il venait de subir une seconde crise de folie.

York et ses alliés recouvrent leur position influente, et pendant quelque temps les deux côtés paraissent choqués qu'une bataille réelle se soit déroulée, si bien qu'ils font tout leur possible pour apaiser leurs différends. Puisque le roi est malade, York est de nouveau nommé Protecteur et la reine Marguerite, chargée de soigner le roi, est écartée du pouvoir[5].

Quatre années passent ainsi dans un climat de paix extrêmement fragile. Les hostilités reprennent en . Les troupes yorkistes du comte de Salisbury battent celles du roi à Blore Heath le . Le , Henri VI défait à Ludford Bridge la puissante armée du duc d'York. York s'enfuit en Irlande tandis que Salisbury, Warwick et le fils aîné d'York, Édouard, comte de March s'exilent à Calais. Ils sont tous déchus de leurs droits civiques par le Parlement le . Les Lancastriens contrôlent de nouveau la situation. Cependant, les Yorkistes commencent à lancer des raids sur la côte anglaise depuis Calais, ajoutant ainsi un sentiment de chaos et de désordre.

Salisbury, Warwick et March envahissent l'Angleterre à l'été 1460. À la bataille de Northampton le , Warwick fait le roi prisonnier, à nouveau frappé d'une crise de folie. Les Yorkistes, sous le commandement de Salisbury, entrent peu après à Londres. Richard d'York revient d'Irlande et revendique le trône. Il obtient finalement du Parlement d'être nommé une troisième fois Lord Protecteur et est désigné héritier du trône le par l'Acte d'Accord, au détriment du prince Édouard de Westminster.

DécèsModifier

 
Ruines du château de Sandal

Le duc d'York quitte Londres en avec le comte de Salisbury pour consolider sa position au nord contre l'armée de Marguerite d'Anjou, dont on disait qu'elle s'était regroupée près de la ville d'York. Richard d'York occupe une position défensive au château de Sandal, près de Wakefield, à Noël 1460. Bien que l'armée de Marguerite l'emporte en nombre sur celle de Richard à plus de deux contre un, le York ordonne à ses forces de quitter le château et de passer à l'attaque. Son armée subit une défaite cuisante à la bataille de Wakefield. York lui-même est tué dans la bataille tandis que Salisbury, qui tente de s'enfuir, est capturé et décapité le lendemain[6]. Marguerite d'Anjou ordonne que leurs têtes soient placées sur les portes d'York.

À sa mort, son fils aîné, le comte de Warwick, hérite de ses titres.

Mariage et descendanceModifier

En 1420, Richard Neville épouse Alice Montagu (1407-1462), fille et héritière du comte de Salisbury Thomas Montagu. Ils ont dix enfants :

Notes et référencesModifier

  1. Hicks 1998, p. 7.
  2. (en) Nigel Bark, Times Higher Education, "Findings: Henry VI: parts one and two", Medical Hypothesis (journal), 18 octobre 2002
  3. (en), Rosemarie McGerr, A Lancastrian Mirror for Princes : The Yale Law School. New Statutes of England', Indiana University Press, 2011.
  4. (en) Philip Edwards, The Making of the Modern English State, 1460-1660, Basingstoke, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-0-333-69836-5), p. 28-30.
  5. Hicks 2012, p. 114.
  6. Rowse 1998, p. 144