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Le Rex sacrorum (parfois appelé aussi Rex sacrificulus) est un prêtre de la Rome antique.

Sommaire

Origine du Rex sacrorumModifier

Après que le dernier roi, Tarquin le Superbe, eut été chassé de Rome, les fonctions politiques et religieuses du roi sont partagées entre deux nouveaux magistrats (les consuls) et un prêtre. Ce dernier, le rex sacrorum (en latin « roi des choses sacrées »), est strictement limité au domaine religieux, et on lui impose de renoncer à toute autre fonction, pour éviter le rétablissement éventuel du pouvoir royal[1].

Rôle religieuxModifier

Comme l'ancien roi, le rex sacrorum, un patricien, est consacré à vie, par les mêmes rites : inauguratio, par lequel l'augure impose sa main droite sur la tête du roi, et auspicatio, la prise des auspices[1].

Le rex sacrorum continue ainsi à remplir toutes les fonctions sacerdotales des anciens rois : il fait les sacrifices au foyer public ; il habite la Regia, et sa femme s'appelle regina. Il lui est rigoureusement interdit de joindre à ses prérogatives religieuses une magistrature qui donne quelque pouvoir politique, et s'il en possède quelqu'une avant d'être roi, il est tenu de s'en démettre.

Le rite du regifugiumModifier

Cette interdiction stricte de cumuler à la fois un pouvoir politique en même temps que la fonction de rex sacrorum est illustrée par le rite du regifugium où après avoir accompli le sacrifice rituel avant la tenue des comices, il doit s'enfuir précipitamment de la place publique pour montrer qu'il n'influerait pas sur les élections.

Toutefois, pour Jacques Heurgon, le rite du regifugium, hérité de la période royale, ne pouvait avoir ce sens. Comme il était célébré le 24 février et vu l'importance du rôle royal dans la détermination du calendrier romain, il est probable que cette fuite symbolique représentait le départ de l'année, qui se terminait en février à l'époque[2].

Évolution du sacerdoceModifier

À partir du IIIe siècle, le rex sacrorum a pour supérieur hiérarchique le grand Pontife, qui ne lui laisse qu'un rôle minime[1]. Il est seulement chargé du culte de Janus lors des Agonalia.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Mireille Cébeillac-Gervasoni, Alain Chauvot et Jean-Pierre Martin, Histoire romaine, Paris, Armand Colin, 2003 (ISBN 2200265875), pp. 29 et 50
  2. Jacques Heurgon, Rome et la Méditerranée occidentale jusqu'aux guerres puniques, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio : l'histoire et ses problèmes » (no 7), 1993 (1re éd. 1969), p. 205

BibliographieModifier