Ressources et consommation énergétiques mondiales

préoccupation sur l'avenir de l'énergie

Les réserves mondiales prouvées d'énergie non renouvelable (combustibles fossiles et énergie nucléaire) pouvaient être estimées en 2019, selon BP et WNA, à 1 187 milliards de tonnes d'équivalent pétrole (tep), soit 85 ans de production au rythme actuel. Cette durée est très variable selon le type d'énergie : 50 ans pour le pétrole et pour le gaz naturel, 132 ans pour le charbon, 128 ans pour l'uranium avec les techniques actuelles. La durée potentielle d'utilisation de l'énergie nucléaire pourrait se compter en siècles grâce aux filières de surgénération et en millénaires avec celle de fusion nucléaire, et le potentiel exploitable de l'énergie solaire est estimé à vingt fois la consommation mondiale annuelle.

La production mondiale d'énergie commercialisée était en 2019, selon BP, de 584,9 Exajoules, en progression de 12,1 % depuis 2009. Elle se répartissait en 33,1 % de pétrole, 27,0 % de charbon, 24,2 % de gaz naturel, 4,3 % de nucléaire et 11,5 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité 6,5 %, éolien 2,2 %, biomasse et géothermie 1,0 %, solaire 1,1 %, agrocarburants 0,7 %). Cette statistique ne prend pas en compte les énergies auto-consommées (bois, pompes à chaleur, solaire thermique, etc.), qui selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) représentaient 8,5 % en 2017. Au total, la part des énergies renouvelables dans la production d'énergie mondiale est donc d'environ 20 %.

Depuis la révolution industrielle, la consommation d'énergie n'a cessé d'augmenter. Elle a progressé de 109 % en 44 ans, de 1973 à 2017 (consommation finale). La consommation finale énergétique mondiale s'élevait en 2017, selon l'Agence internationale de l'énergie, à 9 717 Mtep, dont 19 % sous forme d'électricité ; depuis 1990, elle a progressé un peu plus vite que la population, mais sa répartition par source d'énergie n'a guère évolué : la part des énergies fossiles a reculé de 0,5 points, mais leur domination reste massive : 81,8 % ; la part des énergies renouvelables (EnR) n'a progressé que de 0,8 points, passant de 15,5 % en 1990 à 16,3 % en 2017, car le recul de la part de la biomasse compense en partie la progression des autres EnR. Sa répartition par secteur était : industrie 29 %, transports 29 %, résidentiel 21 %, tertiaire 8 %, agriculture et pêche 2 %, usages non énergétiques (chimie, etc.) 9 %.

Au niveau mondial, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues à l'énergie en 2017 sont estimées par l'AIE à 32 840 Mt, en progression de 112 % depuis 1973, dont 44,2 % produites par le charbon, 34,6 % par le pétrole et 20,5 % par le gaz naturel ; par secteur en 2013, 37 % étaient issues de l'industrie, 23 % des transports, 17 % des ménages (logements) et 15 % des services et de l'agriculture. Les émissions de CO2 par habitant en 2017 sont estimées à 4,37 tonnes dans le monde, 14,61 tonnes aux États-Unis, 8,70 tonnes en Allemagne, 4,56 tonnes en France, 6,68 tonnes en Chine, 1,61 tonnes en Inde et 0,94 tonnes en Afrique.

Dans le cadre des négociations internationales sur le climat, tous les pays se sont engagés à maintenir la hausse des températures en deçà de +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Pour aboutir à ce résultat, il faut globalement s'abstenir d'extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial, d'ici à 2050. Selon l'AIE, les engagements individuels des pays à la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) sont largement insuffisants : ils ne feraient que ralentir la progression des émissions de CO2 et mèneraient à une hausse des températures de +2,7 °C en 2100.

Consommation énergétique mondiale, en térawatts-heures (TWh), de 1965 à 2018 (pétrole, charbon, gaz naturel, hydraulique, nucléaire, autres renouvelables)[1].

Notes de méthodeModifier

Unités de mesureModifier

L'unité officielle d'énergie est le joule ; dérivée du Système international d'unités (SI), cette unité correspond au travail effectué par une force d'un Newton sur un mètre

Par la force de l'habitude, la plupart des statisticiens continuent à utiliser la tonne d'équivalent pétrole (tep) et plus souvent son multiple, le million de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep), le pétrole étant la source d'énergie la plus utilisée dans le monde. Cependant certains (surtout dans les pays d'Europe du Nord) prennent l'habitude d'utiliser des multiples de l'unité officielle et il n'est pas rare de trouver des péta voire des yotta-joules (péta et yotta sont des préfixes du Système international d'unités) pour mesurer l'énergie produite à l'échelle du monde[n 1].

Chaque type d'énergie possède son unité privilégiée, et c'est pour les agréger ou les comparer que l'on utilise les unités de base que sont le joule et le Mtep ou parfois le kWh, toute énergie primaire étant assez souvent convertie en électricité.

La calorie, qui ne fait pas partie du Système international d'unités, est encore utilisée dans le domaine thermique comme unité de chaleur.

Conversions entre unitésModifier

Dans le domaine des ressources et consommation énergétiques mondiales, les unités énergétiques sont souvent préfixées pour indiquer des multiples :

Quelques coefficients de conversion entre familles d'unités :

  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 41,855 GJ, certaines organisations utilisant la valeur arrondie (par convention) à 42 GJ
  • 1 tonne équivalent charbon (tec) = 29,307 GJ
  • 1 kilowatt-heure (kWh) = 3,6 MJ
  • 1 British thermal unit (btu) = 1 054 à 1 060 J
  • 1 calorie (cal) = 4,185 5 J
  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 11 628 kWh
  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 1,428 6 tec
  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 1 000 m3 de gaz (équivalence conventionnelle du point de vue énergétique)
  • 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 7,33 barils de pétrole (équivalence conventionnelle du point de vue énergétique)
  • 1 Mégawatt-heure (MWh) = 0,086 tep

De l'énergie primaire à l'énergie finaleModifier

Les flux d'énergie, depuis l'extraction minière de combustibles fossiles ou la production d'énergie nucléaire ou renouvelable (énergie primaire), jusqu'à la consommation par l'utilisateur final (énergie finale), sont retracés par les bilans énergétiques. Les opérations de conversion et transport de l'énergie donnant toujours lieu à des pertes diverses, l'énergie finale est toujours plus faible que l'énergie primaire.

La différence peut être faible pour l'industrie des hydrocarbures par exemple, dont le rendement est dans certains cas proche de 1 (par exemple, pour une tonne brûlée dans un moteur d'automobile, on n'a eu besoin d'extraire qu'à peine plus d'une tonne d'un puits de pétrole saoudien ; ce n'est néanmoins pas le cas pour les gisements offshore profonds, les pétroles lourds, le gaz de schiste voire les bitumes canadiens dont le rendement de production peut être le facteur limitant leur exploitabilité - indépendamment du prix).

En revanche, la différence est très importante si ce carburant est converti en énergie mécanique (puis éventuellement électrique), puisque le rendement de ce processus est au maximum de l'ordre de 40 % (p. ex., pour 1 TEP sous forme d'électricité consommée chez soi, le producteur a brulé 2,5 TEP dans sa centrale à charbon, type de centrale actuellement le plus répandu dans le monde). Dans le cas d'une électricité produite directement (hydroélectricité, photovoltaïque, géothermique...), la conversion en énergie primaire pertinente est fonction du contexte et le coefficient de conversion utilisé doit être indiqué (voir ci-dessous) : pour comptabiliser la production d'une centrale hydroélectrique, on peut convertir directement les kWh en TEP selon l'équivalence physique en énergie 11 630 kWh = 1 TEP ; mais si l'on se pose la question « combien de centrales à charbon cette centrale hydroélectrique peut-elle remplacer ? », alors il faut multiplier par 2,5.

Conversion des productions électriquesModifier

Lorsqu'il s'agit de convertir une énergie électrique exprimée en kWh (ou ses multiples) en énergie primaire exprimée en tep, on rencontre couramment deux méthodes :

  • la méthode théorique ou « énergie finale » : on calcule simplement le nombre de tep selon l'équivalence physique en énergie ci-dessus,
  • la méthode de « l'équivalent à la production » ou « méthode de substitution », qui indique le nombre de tep nécessaires à la production de ces kWh. Pour cela, on introduit un coefficient de rendement par lequel on doit multiplier le nombre de tep pour obtenir le nombre de kWh. Par exemple, considérant un rendement de 38 %, on a 1 TWh = 106 MWh = 0,086 / 0,38 106 tep = 0,226 Mtep. Ainsi, on considère que 1 TWh est équivalent à 0,226 Mtep (et non 0,086 Mtep), car on considère qu'il est nécessaire de produire ou qu'il a fallu produire 0,226 Mtep pour obtenir 1 TWh.

La méthode retenue par les institutions internationales (AIE, Eurostat...) et utilisée en France depuis 2002, est assez complexe en ce qu'elle utilise deux méthodes différentes et deux coefficients différents selon le type d'énergie primaire ayant produit l'électricité :

  • électricité produite par une centrale nucléaire : coefficient de 33 %,
  • électricité produite par une centrale géothermique : coefficient de 10 %,
  • toutes les autres formes d’électricité : méthode théorique, ou méthode du contenu énergétique qui revient à utiliser un coefficient de conversion de 100 %.

Par contre, l'EIA américaine et les statistiques de BP adoptent la méthode de substitution.

Le présent article utilise également cette méthode de substitution ou méthode de l'équivalent à la production avec un coefficient de 38 % pour toutes les sources d'énergie électriques. En effet nous considérons l'énergie qu'il aurait fallu dépenser dans une centrale thermique d'un rendement de 38 % pour produire cette énergie électrique. Ceci est la meilleure méthode pour comparer les différentes énergies entre elles.

Classement des énergies primairesModifier

Au niveau de la production et de la consommation, les différentes formes d'énergie primaire peuvent se classer de la façon suivante :

Ressources énergétiques mondialesModifier

Les ressources ou réserves mondiales en énergie peuvent être considérées comme inépuisables si l'on considère que :

  • l'énergie solaire reçue en un jour par notre planète est environ trente fois supérieure à notre consommation annuelle totale, et son potentiel exploitable est estimé à vingt fois la consommation mondiale annuelle[2] ;
  • l'énergie nucléaire pourrait devenir quasiment inépuisable si l'on utilisait les filières de surgénération ou de fusion.

Cependant :

  • l'énergie solaire est très peu concentrée, ce qui pose des problèmes économiques de rentabilité et d'espace ; de plus, l'irrégularité de sa production pose le problème du stockage de l'énergie ;
  • l'énergie nucléaire pose des défis techniques et des problèmes de sûreté et de déchets qui suscitent des oppositions.

Le tableau suivant montre :

  • l'immensité des réserves potentielles de l'énergie solaire ;
  • la prépondérance des ressources énergétiques en charbon (50 % des ressources conventionnelles) ;
  • la relative faiblesse des réserves d'uranium (énergie nucléaire) telles qu'estimées par l'Association nucléaire mondiale (ANM). Selon le rapport 2014 du GIEC, les ressources déjà identifiées et exploitables à des coûts inférieurs à 260 $/kgU suffisent à couvrir la demande actuelle d'uranium pour 130 ans, soit un peu plus que l'estimation de l'ANM (voir tableau infra), qui repose sur un plafond de coût d'exploitation inférieur. Les autres ressources conventionnelles, à découvrir mais dont l'existence est probable, exploitables à des coûts éventuellement supérieurs, permettraient de répondre à cette demande pour plus de 250 ans. Le retraitement et le recyclage de l'uranium et du plutonium des combustibles usés permettrait de doubler ces ressources et la technologie des réacteurs à neutrons rapides peut théoriquement multiplier par 50 ou plus le taux d'utilisation de l'uranium[3]. Le thorium est trois à quatre fois plus abondant que l'uranium dans la croûte terrestre mais les quantités exploitables sont mal connues car cette ressource n'est pas utilisée actuellement[3].
Réserves mondiales d'énergies et production annuelle 2017 par sources d’énergie
  Réserves mondiales
(en unité physique)
Réserves mondiales
(en Gtep)
Réserves mondiales
(en %)
Production annuelle
(en Gtep)
Nombre d'années
de production
à ce rythme
Pétrole[p 1],[N 1] 1 734 Gbbl 245 21 % 4,5 50
Gaz naturel[p 2],[N 2]. 199 Tm3 179 15 % 3,6 50
Charbon[p 3],[N 3] 1 070 Gt[N 4] 606 51 % 4,5 132
Total fossiles 1 030 87 % 12,6 82
Uranium[N 5],[4] 6,14 Mt 77 6 % 0,60[p 4],[N 6] 128
Thorium[N 7],[5] 6,4 Mt 80 7 % ns ns
Total conventionnel 1 187 100 % 13,2 85
Hydroélectrique[6] 8,9 PWh/an 2,0 (par an) 2,25[p 5] ns
Énergie éolienne[7],[N 8] 39 PWh/an 8,8 (par an) 0,31[p 6] ns
Solaire[N 9] 1 070 000 PWh/an 92 000 (par an) 0,16[p 7] ns
Biomasse[8] 3 × 1021 J/an 70 (par an) 1,32[9] ns

Les potentiels énergétiques présentés ci-dessus ne sont pas directement comparables : pour les énergies fossiles et nucléaires, il s'agit de ressources techniquement récupérables et économiquement exploitables, alors que pour les énergies renouvelables (sauf l'hydroélectricité et une part de la biomasse), il n'existe encore aucune estimation globale des ressources économiquement exploitables : les parcs éoliens de nouvelle génération et les fermes solaires de grande taille s'approchent de la compétitivité en coût d'investissement par rapport aux centrales à gaz ou au charbon[10], mais ne peuvent encore, dans la plupart des cas, être produites que si elles sont subventionnées : selon l'ADEME, « les soutiens publics restent nécessaires pour prolonger les baisses de coût, faciliter les investissements ou compenser les défaillances de marché »[11] ; les potentiels indiqués ici sont des potentiels théoriques basés sur des considérations uniquement techniques.

Pour le solaire, les réserves indiquées correspondent aux potentiels annuels disponibles sur toute la surface terrestre, alors que pour les autres énergies seules les réserves prouvées et économiquement exploitables sont prises en compte. Bien évidemment, seule une très petite part du potentiel solaire théorique peut être exploitée, car les terres cultivables resteront dédiées à l'agriculture, les océans seraient difficilement exploitables, et les zones proches des pôles ne sont pas économiquement exploitables.

Conventions de conversion : Pour les énergies qui sont transformées en électricité (uranium, hydraulique, éolien, solaire), la conversion en unité de base (Gtep) est réalisée en termes d'équivalent à la production. Cela correspond à la quantité de pétrole qui serait nécessaire pour produire cette énergie électrique dans une centrale thermique dont le rendement est pris, ici et dans la référence BP, comme égal à 40 %[p 8]. Pour l'uranium, la conversion des réserves en tonnes-équivalent-pétrole a été réalisée sur la base d'une consommation annuelle 2018 de 47 758 tonnes d'uranium pour produire 2 096 TWh, soit 240 Mtep[12].

Notes et références
  1. Équivalence : 1 Gbbl de pétrole = 0,1364 Gt ; les réserves de pétrole non conventionnel (en grande partie déjà intégrées dans les réserves de ce tableau) pourraient représenter le double des réserves conventionnelles : Réserves de pétrole non conventionnel.
  2. Équivalence : 1 Gm3 de gaz naturel = 0,9 Mtep
  3. Équivalence : 1 Mtep = 1,5 Mt de charbon ou 3 Mt de lignite.
  4. 735 Mt de charbon et 320 Mt de lignite.
  5. Réserves minières d'uranium prouvées. Ne tient pas compte des réserves secondaires (stocks civils et militaires, uranium appauvri,...) qui comptent pour plus d'1/3 de la consommation actuelle.
  6. Équivalences : 1 Twh = 3,6 PJ ; 1 Mtep = 41,87 PJ.
  7. Le thorium est utilisé à la place de l'uranium dans certaines centrales en Inde et est envisagé en Chine.
  8. Production éolienne annuelle sur la base d'un facteur de capacité de 22 % pour 237 GW installés en 2011.
  9. Potentiel solaire annuel théorique (Irradiation solaire totale de la Terre).

PétroleModifier

Réserves prouvées de pétrole : 10 principaux pays
(milliards de barils)[p 1]
Pays fin 1999 fin 2009 fin 2019 % en 2019 R/P
  Venezuela 76,8 211,2 303,8 17,5 % 907
  Arabie saoudite 262,8 264,6 297,6 17,2 % 69
  Canada 181,6 175,0 169,7 9,8 % 82
  Iran 112,5 137,0 155,6 9,0 % 121
  Irak 112,5 115,0 145,0 8,4 % 83
  Russie 112,1 105,6 107,2 6,2 % 25
  Koweït 96,5 101,5 101,5 5,9 % 93
  Émirats arabes unis 97,8 97,8 97,8 5,6 % 67
  États-Unis 29,7 30,9 68,9 4,0 % 11
  Libye 29,5 46,4 48,4 2,8 % 108
Total des réserves prouvées 1 277,1 1 531,8 1 733,9 100,0 % 49,9
R/P = Réserves /Production 2019 (années restantes au rythme actuel)

NB : la forte augmentation des réserves du Canada, du Venezuela et des États-Unis résulte de l'intégration des réserves non conventionnelles de sable bitumineux pour les deux premiers (162,4 Gbl au Canada et 261,8 Gbl au Venezuela), de pétrole de schiste pour le troisième.

Gaz naturelModifier

Réserves prouvées de gaz naturel : 10 principaux pays
(billions de m3 ou Tm3)[p 2]
  Pays fin 1999 fin 2009 fin 2019 % en 2019 R/P
1   Russie 32,9 34,0 38,0 19,1 % 56
2   Iran 23,6 28,0 32,0 16,1 % 131
3   Qatar 11,5 26,2 24,7 12,4 % 139
4   Turkménistan 2,6 8,2 19,5 9,8 % 308
5   États-Unis 4,5 7,4 12,9 6,5 % 14
6   Chine 1,4 2,9 8,4 4,2 % 47
7   Venezuela 4,6 5,6 6,3 3,2 % 238
8   Arabie saoudite 5,8 7,4 6,0 3,0 % 53
9   Émirats arabes unis 5,8 5,9 5,9 3,0 % 95
10   Nigeria 3,3 5,0 5,4 2,7 % 109
Total monde 132,8 170,5 197,1 100,0 % 49,8
R/P = Réserves /Production 2019 (années restantes au rythme actuel)

Les 4 premiers pays producteurs concentrent 57,4 % des réserves.

CharbonModifier

Réserves prouvées de charbon : 10 principaux pays[p 3]
(milliards de tonnes)
Pays Réserves à fin 2019 Part en 2019 ratio R/P
1   États-Unis 249,5 23,3 % 390
2   Russie 162,2 15,2 % 369
3   Australie 149,1 13,9 % 294
4   Chine 141,6 13,2 % 37
5   Inde 105,9 9,9 % 140
6   Indonésie 39,9 3,7 % 65
7   Allemagne 35,9 3,4 % 268
8   Ukraine 34,4 3,2 % (>500)
9   Pologne 26,9 2,5 % 240
10   Kazakhstan 25,6 2,4 % 222
Total monde 1 069,6 100,0 % 132
R/P (années de production) = Réserves/Production 2019.

Les 4 premiers pays concentrent 65,6 % des réserves de charbon.

Énergie nucléaireModifier

Réserves mondiales prouvées récupérables d'uranium par pays en milliers de tonnes[4]
rang Pays Réserves 2007 % Réserves 2017 %
1   Australie 725 22,0 % 1 818 30 %
2   Kazakhstan 378 11,5 % 842 14 %
3   Canada 329 10,0 % 514 8 %
4   Russie 172 5,2 % 486 8 %
5   Namibie 176 5,3 % 442 7 %
6   Afrique du Sud 284 8,6 % 322 5 %
7   Chine nd nd 290 5 %
8   Niger 243 7,4 % 280 5 %
9   Brésil 157 4,8 % 277 5 %
10   Ouzbékistan nd nd 139 2 %
Total 10 premiers 2 213 67,1 % 5 410 88 %
Total monde 3 300 100 % 6 143 100 %

L'institut allemand des sciences de la Terre et des matières premières (BGR) classe en 2017 les réserves mondiales en quatre catégories[13] :

  • réserves prouvées, techniquement et économiquement récupérables (coût : 80 à 260 $/kg) : 3 174 kt ;
  • réserves déduites ((coût < 260 $/kg) : 3 290 kt ;
  • réserves pronostiquées : 1 704 kt ;
  • réserves spéculatives : 3 408 kt.

Les deux premières catégories forment les réserves découvertes : 6 465 kt. Les deux dernières forment les réserves à découvrir : 5 112 kt. Au total, les réserves ultimes (ressources) atteindraient 11 576 kt.

Réserves mondiales estimées de thorium par pays en milliers de tonnes[5]
rang Pays Réserves 2014 %
1   Inde 846 16 %
2   Brésil 632 11 %
3   Australie 595 10 %
4   États-Unis 595 8 %
5   Égypte 380 7 %
6   Turquie 374 14 %
7   Venezuela 300 6 %
8   Canada 172 3 %
9   Russie 155 3 %
10   Afrique du Sud 148 3 %
Total 10 premiers 4 197 66 %
Total monde 6 355 100 %

Énergies renouvelablesModifier

Les énergies renouvelables sont par définition « inépuisables à l'échelle du temps humain »[14]. L'évaluation de leur potentiel se fait donc non en termes de réserves, mais en considérant le flux énergétique potentiel que peut fournir chacune de ces sources d'énergies. Comme pour toutes les sources d'énergie, on obtient la quantité d'énergie produite en multipliant le temps de production par la puissance moyenne disponible (puissance maximale pondérée par le facteur de charge). Il est assez difficile de connaître le potentiel de chaque énergie car celui-ci varie selon les sources (voir tableau). Cependant, le potentiel théorique de l'énergie solaire peut être évalué assez facilement puisque l'on considère que la puissance maximale reçue par la terre – après passage dans l'atmosphère – est d'environ 1 kW/m2. On arrive alors à une potentiel énergétique solaire théorique sur un an de 1 070 000 PWh. Bien entendu, la grande majorité de la surface terrestre est inutilisable pour la production d'énergie solaire, car celle-ci ne doit pas entrer en concurrence avec la photosynthèse nécessaire à la production alimentaire, depuis les échelons les plus modestes des chaînes alimentaires (phytoplancton, végétaux en général) jusqu'à l'agriculture. Les surfaces utilisables pour le solaire se limitent aux déserts, aux toits de bâtiments et autres surfaces déjà stérilisées par l'activité humaine (routes, etc). Mais il suffirait de couvrir 0,3 % des 40 millions de km2 de déserts de la planète de centrales solaires thermiques pour assurer les besoins électriques de la planète en 2009 (environ 18 000 TWh/an)[15].

Production annuelle énergétique mondialeModifier

 
Carte de la répartition de la production d'énergie dans le monde entre 1989 et 1998.

La production énergétique mondiale (énergie primaire) s'élevait selon l'Agence internationale de l'énergie à 14,28 milliards de tep en 2018 contre 6,1 Mds tep en 1973. Les énergies fossiles représentaient 81,3 % de cette production (charbon : 26,9 %, pétrole : 31,6 %, gaz naturel : 22,8 %) ; le reste de la production d'énergie provenait du nucléaire (4,9 %) et des énergies renouvelables (13,8 %, dont 9,3 % de la biomasse, 2,5 % de l'énergie hydraulique et 2 % d'autres EnR)[s 1] ; la biomasse comprend le bois énergie, les déchets urbains et agricoles, les agrocarburants ; les autres EnR comprennent l'énergie éolienne, l'énergie solaire, la géothermieetc. Cette statistique sous-évalue la part des énergies renouvelables électriques (hydroélectricité, éolien, photovoltaïque) : cf. conversion des productions électriques. Avec des conventions différentes, BP donne des estimations plus récentes :

Production énergétique mondiale commercialisée selon la source d'énergie
Énergie Production
en 2009
Production
en 2019
Variation
2019/2009
Consommation 2019
en Exajoules
Part
en 2019
Pétrole[p 1] 81,58 Mbbl/j 95,19 Mbbl/j +16,7 % 193,03 33,1 %
Charbon[p 9] 7 051 Mt 8 129 Mt +15,3 % 157,86 27,0 %
Gaz naturel[p 2] 2 935 Gm3 3 989 Gm3 +35,9 % 141,45 24,2 %
Hydraulique[p 10] 3 252 TWh 4 222 TWh +29,8 % 37,84 6,5 %
Nucléaire[p 11] 2 699 TWh 2 796 TWh +3,6 % 24,92 4,3 %
Éolien[p 6] 276 TWh 1 430 TWh +418 % 12,74 2,2 %
Solaire photovoltaïque[p 7] 21,0 TWh 724,1 TWh × 34 6,45 1,1 %
Géothermie, Biomasseetc.[p 12] 340 TWh 652 TWh +92 % 5,81 1,0 %
Biocarburants[p 13] 1 025 kbblep/j[n 2] 1 841 kbblep/j +80 % 4,11 0,7 %
Total énergie primaire[p 14] 11 705 Mtep 13 865 Mtep +18,5 % 583,9 100,0 %

Cette statistique comprend les énergies renouvelables utilisées pour la production d'électricité, mais pas celles utilisées directement pour des usages thermiques (bois, biocarburants, pompe à chaleur géothermique, chauffe-eau solaire...) ni celles qui sont auto-consommées.

Pour l'hydroélectricité, l'éolien et le solaire, la conversion en Mtep se fait en « équivalent à la production » en considérant un rendement de 38 %.

Les combustibles fossiles totalisent 83,8 % du total et les énergies renouvelables 11,0 % ; si les énergies renouvelables thermiques étaient prises en compte, la part des renouvelables serait beaucoup plus importante : ainsi, dans les statistiques mondiales de l'AIE, la catégorie « biomasse et déchets » représente 9,3 % de l'énergie primaire consommée en 2018[s 1] ; on peut en déduire qu'au total, les énergies renouvelables couvrent environ 20 % des besoins mondiaux en énergie.

En 2016, pour la première fois, les investissements mondiaux dans le pétrole et le gaz sont tombés au-dessous de ceux dans l'électricité ; ils ont baissé de 38 % entre 2014 et 2016 ; les investissements bas carbone dans la production et le transport d'électricité ont progressé de 6 %, atteignant 43 % des investissements totaux dans l'énergie ; les investissements dans le charbon ont chuté d'un quart en Chine ; les mises en service de centrales charbon ont baissé fortement de 20 GW au niveau mondial, et les décisions d'investissement prises en 2016 sont tombées à 40 GW seulement ; dans le nucléaire, 10 GW ont été mis en service mais seulement 3 GW ont été décidés. Les investissements dans les énergies renouvelables ont reculé de 3 %, mais les mises en service ont progressé en cinq ans de 50 % et la production correspondante de 35 %[16],[17].

PétroleModifier

Production de pétrole par pays[p 1]
Rang millions de tonnes 2009 2019 Variation
2019/2009
Part en 2019
1   États-Unis 322,6 746,7 +131 % 16,7 %
2   Russie 501,4 568,1 +13 % 12,7 %
3   Arabie saoudite 459,0 556,6 +21 % 12,4 %
4   Canada 158,4 274,9 +74 % 6,1 %
5   Irak 119,7 234,2 +96 % 5,2 %
6   Chine 189,5 191,0 +1 % 4,3 %
7   Émirats arabes unis 129,3 180,2 +39 % 4,0 %
8   Iran 207,2 160,8 -22 % 3,6 %
9   Brésil 105,7 150,8 +43 % 3,4 %
10   Koweït 121,0 144,0 +19 % 3,2 %
Total monde 3 905 4 484 +15 % 100,0 %

Gaz naturelModifier

Production de gaz naturel par pays[p 2]
Exajoules 2009 2019 Variation
2019/2009
% en 2019
1   États-Unis 20,07 33,15 +65 % 23,1 %
2   Russie 19,30 24,45 +27 % 17,0 %
3   Iran 4,89 8,79 +80 % 6,1 %
4   Qatar 3,33 6,41 +92 % 4,5 %
5   Chine 3,09 6,39 +107 % 4,5 %
6   Canada 5,58 6,23 +12 % 4,3 %
7   Australie 1,68 5,52 +229 % 3,8 %
8   Norvège 3,73 4,12 +10 % 2,9 %
9   Arabie saoudite 2,68 4,09 +53 % 2,8 %
10   Algérie 2,76 3,10 +12 % 2,2 %
Total monde 105,66 143,62 +36 % 100,0 %

CharbonModifier

Production de combustibles solides* par pays[p 3]
Exajoules 2009 2019 Variation
2019/2009
% en 2019
1   Chine 64,39 79,82 +24 % 47,6 %
2   Indonésie 6,32 15,05 +138 % 9,0 %
3   États-Unis 21,67 14,30 −34 % 8,5 %
4   Australie 10,16 13,15 +29 % 7,8 %
5   Inde 10,30 12,73 +24 % 7,6 %
6   Russie 5,93 9,20 +55 % 5,5 %
7   Afrique du Sud 5,85 6,02 +3 % 3,6 %
8   Colombie 2,09 2,37 +13 % 1,4 %
9   Kazakhstan 1,82 2,08 +14 % 1,2 %
10   Pologne 2,36 1,87 −21 % 1,1 %
Total monde 142,89 167,58 +17 % 100,0 %
* uniquement combustibles solides commercialisés : charbons et lignite.

ÉlectricitéModifier

Énergie nucléaireModifier

Production d'uranium par pays[18]
Tonne d'uranium 2010 2019 Variation
2019/2010
% 2019
1   Kazakhstan 17 803 22 808 +28 % 42,5 %
2   Canada 9 783 6 938 −29 % 12,9 %
3   Australie 5 900 6 613 +12 % 12,3 %
4   Namibie 4 496 5 476 +22 % 10,2 %
5   Niger 4 198 2 983 −29 % 5,6 %
6   Russie 3 562 2 911 −18 % 5,4 %
7   Ouzbékistan 2 400 2 404 0 % 4,5 %
8   Chine 827 1 885 +128 % 3,5 %
9   Ukraine 850 801 −6 % 1,5 %
10   Afrique du Sud 583 346 −41 % 0,6 %
11   Inde 400 308 −23 % 0,6 %
12   États-Unis 1 660 67 −96 % 0,1 %
Total mondial 53 671 53 656 0 % 100,0 %

Les 4 premiers producteurs de 2019 regroupent 41 835 tonnes, soit 78 % du total mondial.

Consommation brute d'énergie nucléaire par pays[p 11]
TWh 2009 2019 Variation
2019/2009
% en 2019
1   États-Unis 840,9 852,0 +1 % 30,5 %
2   France 409,7 399,4 −3 % 14,3 %
3   Chine 70,1 348,7 +397 % 12,5 %
4   Russie 163,6 209,0 +28 % 7,5 %
5   Corée du Sud 147,8 146,0 −1 % 5,2 %
6   Canada 89,5 100,5 +12 % 3,6 %
7   Ukraine 82,9 83,0 +0,1 % 3,0 %
8   Allemagne 134,9 75,1 −44 % 2,7 %
9   Suède 52,2 67,0 +28 % 2,4 %
10   Japon 274,7 65,6 −76 % 2,3 %
Total monde 2 699 2 796 +4 % 100 %

Les quatre principaux pays producteurs regroupent 64,8 % du total mondial.

Le recul de la production mondiale provient de l'arrêt de réacteurs au Japon (−275 TWh) et en Allemagne (−65 TWh) après l'accident nucléaire de Fukushima, en grande partie compensé par la progression du nucléaire en Chine, en Russie et en Inde. En 2019, le Royaume-Uni atteint 2,0 % du total mondial, l'Espagne 2,1 % et l'Inde 1,6 %.

Énergie hydroélectriqueModifier

Production d'énergie hydroélectrique par pays[p 10]
TWh 2009 2019 Variation
2019/2009
% en 2019
1   Chine 615,6 1 269,7 +106 % 30,1 %
2   Brésil 391,0 399,3 +2 % 9,5 %
3   Canada 368,7 382,0 +4 % 9,0 %
4   États-Unis 271,5 271,2 -0,1 % 6,4 %
5   Russie 174,2 194,4 +12 % 4,6 %
6   Inde 106,3 161,8 +52 % 3,8 %
7   Norvège 125,3 125,3 0 % 3,0 %
8   Turquie 36,0 89,2 +148 % 2,1 %
9   Japon 70,5 73,9 +5 % 1,8 %
10   Suède 65,4 65,7 +0,5 % 1,6 %
11   Viêt Nam 30,0 65,6 +119 % 1,6 %
12   Venezuela 85,8 63,3 −26 % 1,5 %
13   France 57,0 58,5 +3 % 1,4 %
14   Colombie 40,8 51,5 +26 % 1,2 %
Total monde 3 252,5 4 222,2 +30 % 100 %

La production hydroélectrique varie fortement d'une année à l'autre en fonction des précipitations : ainsi, la production brésilienne a connu en 2011 un record de 428,3 TWh, suivi d'une série d'années sèches avec un minimum de 359,7 Mtep en 2015 (−16 %), malgré la mise en service de nombreux barrages dans l'intervalle ; la production des États-Unis a connu un bond de +23 % en 2011 suivi d'une chute de −13 % en 2012.

Énergie éolienneModifier

Production d'électricité éolienne par pays (TWh)
rang
2019
Pays Production
2005
Production
2010
Production
2015
Production
2019
% en
2019
Variation
2019/2010
part mix
2019*
1   Chine 2,0 44,6 185,8 405,7 28,4 % +810 % 5,4 %
2   États-Unis 17,9 95,1 193,0 303,4 21,2 % +219 % 6,9 %
3   Allemagne 27,8 38,5 80,6 126,0 8,8 % +227 % 20,4 %
4   Inde 6,2 19,7 35,1 66,0 4,6 % +235 % 4,1 %
5   Royaume-Uni 2,9 10,2 40,3 64,1 4,5 % +528 % 19,8 %
6   Espagne 21,2 44,3 49,3 55,6 3,9 % +26 % 20,3 %
7   Brésil 0,1 2,2 21,6 56,0 3,9 % +2445 % 8,9 %
8   France 0,1 9,9 21,4 34,6 2,4 % +249 % 6,1 %
9   Canada 1,6 8,7 27,0 34,2 2,4 % +293 % 5,2 %
10   Turquie 0,1 2,9 11,7 21,8 1,5 % +652 % 7,2 %
11   Italie 2,3 9,1 14,8 20,2 1,4 % +122 % 6,9 %
12   Suède 0,9 3,5 16,3 19,8 1,4 % +466 % 11,8 %
13   Australie 0,9 5,1 11,5 17,7 1,2 % +247 % 6,7 %
14   Mexique 0,02 1,2 8,7 17,6 1,2 % +1367 % 5,3 %
15   Danemark 6,6 7,8 14,1 16,1 1,1 % +106 % 55,2 %
Total monde 104 341,4 838,5 1 430[p 6] 100,0 % +319 % 5,3 %
Source : AIE[19] et BP[p 6] pour 2019 hors OCDE.
* part mix = part de l'éolien dans la production d'électricité du pays.

Le classement est fondé sur la production 2019.

Énergie solaireModifier

Production d'électricité solaire par pays (TWh).
rang
2019
Pays Production
2010
Production
2015
Production
2019
% en
2019
Variation
2019/2015
part mix
2019*
1   Chine 0,7 44,8 223,8[p 7] 30,9 % +400 % 3,0 %
2   États-Unis 3,9 35,6 97,6 13,5 % +174 % 2,2 %
3   Japon 3,5 34,8 74,1 10,2 % +113 % 3,3 %
4   Allemagne 11,7 38,7 47,5 7,0 % +23 % 7,7 %
5   Inde 0,1 10,4 50,6 6,4 % +387 % 3,1 %
6   Italie 1,9 22,9 23,7 3,3 % +3 % 8,1 %
7   Australie 0,4 5,0 14,8 2,0 % +196 % 5,6 %
8   Espagne 7,2 13,9 15,0 2,1 % +8 % 5,5 %
9   Corée du Sud 0,8 4,0 13,0 1,8 % +225 % 2,2 %
10   Royaume-Uni 0,04 7,5 12,7 1,8 % +69 % 3,9 %
11   France 0,6 7,3 11,4 1,6 % +56 % 2,0 %
Total mondial 33,9 259,7 724,1[p 7] 100,0 % +179 % 1,1 %
Source : AIE[19].
* part mix = part de l'éolien dans la production d'électricité du pays.

Le classement est fondé sur la production 2019. Ces statistiques prennent en compte l'énergie solaire photovoltaïque et les centrales solaires thermodynamiques, qui sont incluses dans la production 2019 pour environ 12 TWh dont 4,5 TWh aux États-Unis, 5,7 TWh en Espagne, 1,55 TWh en Afrique du Sud et 0,2 TWh aux Émirats arabes unis (voir Liste des centrales solaires thermodynamiques).

Par contre, l'énergie solaire thermique (chauffe-eau solaire, chauffage de piscines, chauffage collectif, etc.), ressource d'énergie importante en Chine, Grèce ou encore Israël n'est pas prise en compte.

Énergie géothermiqueModifier

Réseaux de chaleurModifier

ProspectiveModifier

Dans le mondeModifier

Le rapport annuel 2018 de l'Agence internationale de l'énergie sur l'évolution prévisible de la production d'énergie prévoit une croissance de plus de 25 % de la demande totale d'énergie d'ici 2040, tirée notamment par l'Inde et les pays en développement. La demande mondiale d'électricité devrait bondir de 60 % et représenter près d'un quart de la demande totale d'énergie contre 19 % en 2017 ; la demande de charbon et de pétrole devrait reculer ; la part des énergies renouvelables pourrait atteindre 40 % en 2040 contre 25 % en 2017. L'Agence internationale de l'énergie imagine un autre scénario appelé « le futur est électrique », avec un développement beaucoup plus volontariste des usages de l'électricité pour la mobilité et le chauffage : la demande d'électricité augmenterait alors de 90 % au lieu de 60 % d'ici à 2040 ; avec la moitié de la flotte de voitures devenue électrique, la qualité de l'air s'améliorerait fortement, mais cela aurait un effet négligeable sur les émissions de gaz carbonique sans des efforts plus importants pour augmenter la part des renouvelables et des sources d'électricité faiblement carbonées[20].

Selon le rapport 2016 de l'Agence internationale de l'énergie, l'Accord de Paris sur le climat de 2015 aura pour effet, si les engagements des pays sont respectés, de ralentir la croissance des émissions de CO2 liées à l'énergie (croissance annuelle ramenée de 600 à 150 millions de tonnes par an), ce qui serait largement insuffisant pour atteindre l'objectif de limiter à °C le réchauffement climatique d'ici 2100 ; la trajectoire résultant de ces accords mènerait à +2,7 °C. Le scénario menant à +°C impliquerait une forte baisse des émissions, et par exemple le passage du nombre de véhicules électriques à 700 millions en 2040. Selon le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, « les renouvelables font de très grands progrès sur les prochaines décennies mais leurs gains restent largement confinés à la production d'électricité. La prochaine frontière pour l'histoire des renouvelables est d'étendre leur usage dans les secteurs de l'industrie, du bâtiment et des transports où existent d'énormes potentiels de croissance »[21].

Projet européenModifier

En , Miguel Arias Cañete (commissaire européen à l'énergie) a annoncé que l'Union européenne (1er importateur d'énergie fossile dans le monde) a annoncé un objectif de diminution de près d'un tiers sa consommation d'énergie avant 2030 (−32,5 % soit −0,8 % d'économie par an), mais l'objectif est non-contraignant. Il s'inscrit dans le cadre de l'accord de Paris (−40 % de GES émis d'ici 2030 pour l'UE) et du troisième volet du paquet « Énergie propre » proposé par la Commission fin . Il vise l'indépendance énergétique de l'Europe, mais doit ensuite être approuvé par les États membres et les eurodéputés qui étaient plus ambitieux (−35 % par rapport au niveau de 1990). Pour cela la législation sur la construction des bâtiments et sur les énergies renouvelables a été précisée et l'UE envisage de pousser à améliorer l'efficacité énergétique des appareils électro-ménagers et des chauffe-eau. L'UE veut aussi renforcer l'accès pour tous à l'information individuelle sur nos consommations d'énergie (dont pour le chauffage collectif, la climatisation et l'eau chaude).

Les ONG, des eurodéputés et certains observateurs rappellent que cet objectif peu ambitieux ne suffira pas à répondre à l'accord de Paris. La France ou la Suède visent déjà −35 %. Ces objectifs pourraient éventuellement être revus à la hausse en 2023, mais il « restera dans les livres d'histoire comme une opportunité manquée malgré les meilleurs efforts du Parlement européen et de plusieurs Etats membres progressistes » juge Imke Lübbeke du WWF (citant l'Italie et l'Espagne qui ont poussé à plus d'ambition)[22].

Consommation énergétique mondialeModifier

 
Prévision de consommation mondiale d'énergie, en Mtep (source : BP Energy Outlook 2015[23]).

En 1800, avant la révolution industrielle, la consommation énergétique mondiale était de 305 Mtep (énergie commerciale seulement), 97 % de cette énergie étant issue de l'exploitation de la biomasse (en particulier du bois), 3 % par le charbon, ce combustible devenant majoritaire au début du XXe siècle en raison des besoins massifs des machines à vapeur[24].

En 2018, l'énergie finale consommée dans le monde s'élevait à 9 938 Mtep contre 4 660 Mtep en 1973, en progression de 113 % en 45 ans[s 2].

Consommation énergétique selon le type d'énergie utiliséModifier

L'Agence internationale de l'énergie fournit les estimations suivantes :

Production et consommation finale d'énergie selon le type d'énergie utilisé[9]
Mtep Production
d'énergie primaire
1990
Consom.
finale
1990
Part dans la
consom. 1990
Production
d'énergie primaire
2018
Consom.
finale
2018
Variation
consom.
2018/1990
Part dans la
consom. 2018
Pétrole 3 241 2 604 42 % 4 553 4 051 +56 % 41 %
Gaz naturel 1 689 944 15 % 3 293 1 611 +71 % 16 %
Charbon 2 223 753 12 % 3 893 994 +32 % 10 %
Nucléaire 526 - - 707 - +34 % -
Hydroélectricité 184 - - 362 - +97 % -
Éolien, solaire, géoth. 37 3 - 286 48 x16 0,5 %
Biomasse
et déchets
902 790 13 % 1 324 1 012 +28 % 10 %
Électricité - 834 13 % - 1 919 +130 % 19 %
Chaleur - 336 5 % 2 301 −10 % 3 %
Total 8 801 6 264 100 % 14 421 9 938 +59 % 100 %

Une part importante des énergies primaires est convertie en électricité ou en chaleur de réseau et est donc consommée sous ces deux formes. Afin de retrouver la part de chaque source primaire dans la consommation finale, il convient de reventiler les consommations d'électricité et de chaleur selon leur source primaire :

Consommation finale d'énergie, après reventilation des consommations d'électricité et de chaleur selon leur source primaire[9]
MTep Consom.
finale
1990
Part dans la
consom.
Consom.
finale
2018
Part dans la
consom.
Variation
consom.
2018/1990
Charbon 1 165 18,6 % 1 853 18,6 % +59 %
Pétrole 2 753 43,9 % 4 118 41,4 % +50 %
Gaz naturel 1 238 19,8 % 2 179 21,9 % +76 %
Total fossiles 5 156 82,3 % 8 150 82,0 % +58 %
Nucléaire 142 2,3 % 195 2,0 % +37 %
Hydroélectricité 154 2,5 % 310 3,1 % +102 %
Biomasse
et déchets
806 12,9 % 1 081 10,9 % +34 %
Géoth., sol.th. 6 0,1 % 56 0,6 % +788 %
Éolien 0,3 0,004 % 91 0,9 % × 336
Solaire 0,05 0,001 % 41 0,4 % × 768
Autres 3 0,05 % 14 0,1 % +308 %
Total EnR 969 15,5 % 1 592 16,0 % +64 %
Total 6 267 100 % 9 938 100 % +59 %

La consommation d'énergie a progressé un peu plus rapidement que la population (+59 % contre +44 %), mais sa répartition par source d'énergie est restée très stable : la part des fossiles n'a baissé que de 0,3 points et celle du nucléaire de 0,3 points, et celle des énergies renouvelables n'a progressé que de 0,5 points, car le développement très rapide de la plupart d'entre elles a été en grande partie compensé par le recul de la part de la biomasse : −2,0 points.

Consommation finale d'énergie des principaux paysModifier

Consommation finale d'énergie (Mtep)[9]
Pays 1990 2000 2010 2018
val. %
  Chine 663 791 1 653 2 067 20,8 %
  États-Unis 1 294 1 546 1 513 1 594 16,0 %
  Union européenne (UE28) 1 134 1 178 1 208 1 151 11,6 %
  Inde 243 315 478 607 6,1 %
  Russie 625 418 447 514 5,2 %
  Japon 292 337 315 283 2,8 %
  Brésil 111 153 211 225 2,3 %
  Allemagne 241 231 232 223 2,2 %
  Canada 158 187 187 206 2,1 %
  Iran 55 95 158 200 2,0 %
  Corée du Sud 65 127 158 182 1,8 %
  Indonésie 79 120 146 156 1,6 %
  France 142 162 160 151 1,5 %
  Arabie saoudite 39 64 121 148 1,5 %
  Royaume-Uni 138 151 138 129 1,3 %
  Mexique 83 95 117 125 1,3 %
  Italie 115 129 134 119 1,2 %
  Turquie 40 58 78 103 1,0 %
Total mondial 6 267 7 032 8 838 9 938 100 %

Part de l'électricité dans la consommation finale d'énergieModifier

Part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie par pays (%)[9]
Pays 1990 2000 2010 2018
  Norvège 47,7 % 47,6 % 45,7 % 47,9 %
  Japon 22,6 % 24,5 % 27,2 % 28,7 %
  Chine 5,9 % 11,4 % 18,2 % 25,2 %
  France 18,3 % 20,4 % 23,9 % 25,0 %
  Afrique du Sud 23,3 % 26,9 % 26,3 % 24,8 %
  Espagne 17,8 % 19,0 % 22,8 % 23,8 %
  Italie 16,1 % 18,2 % 19,2 % 21,2 %
  États-Unis 17,5 % 19,5 % 21,5 % 21,0 %
  Royaume-Uni 17,1 % 18,8 % 20,5 % 20,0 %
  Allemagne 16,3 % 18,0 % 20,0 % 19,8 %
  Brésil 16,3 % 18,0 % 17,8 % 19,4 %
  Inde 7,6 % 10,3 % 12,9 % 17,0 %
  Indonésie 3,0 % 5,7 % 8,9 % 14,1 %
  Russie 11,4 % 12,5 % 14,0 % 12,7 %
  Éthiopie 0,5 % 0,5 % 1,0 % 1,9 %
  Nigeria 1,1 % 0,9 % 1,7 % 1,6 %
Total mondial 13,3 % 15,5 % 17,4 % 19,3 %

On constate une progression quasi-générale et rapide de la part de l'électricité ; cette progression est particulièrement rapide dans les pays émergents : Chine, Inde, Indonésie ; par contre, on constate une légère baisse au cours de la période la plus récente dans quelques pays développés : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Russie. Le cas de la Norvège est très spécifique : son taux de consommation électrique est très élevé du fait de la présence d'industries électro-intensives (fonderies d'aluminium) attirées par l'abondance de ressources hydroélectriques à bas coût.

Consommation énergétique par secteurModifier

L'Agence internationale de l'énergie fournit les estimations suivantes :

Consommation finale d'énergie par secteur[9]
MTep Consommation
finale
1990
Part dans la
consommation
Consommation
finale
2018
Variation
consommation
2018/1990
Part dans la
consommation
Industrie 1 803 29 % 2 839 +57 % 29 %
Transport 1 575 25 % 2 891 +84 % 29 %
Secteur résidentiel 1 530 24 % 2 109 +38 % 21 %
Secteur tertiaire 450 7 % 809 +80 % 8 %
Agriculture+pêche 170 3 % 222 +31 % 2 %
Non spécifié 261 4 % 151 −42 % 2 %
Usages non énergétiques 477 8 % 917 +92 % 9 %
Total 6 267 100 % 9 938 +59 % 100 %

Consommation d'énergie par habitantModifier

 
Consommation d'énergie mondiale en 2010 (kg équivalent pétrole par habitant).
Source : World Data Bank 2010.

La liste ci-dessous, tirée des statistiques de l'AIE, ne prend en compte que les pays de plus de 50 millions d'habitants ainsi que les pays européens de plus de 10 millions d'habitants ; les statistiques de l'AIE englobent la quasi-totalité des pays du monde.

Consommation d'énergie primaire (1) et consommation d'électricité (2)
par habitant dans le monde en 2018[s 3]
Pays ou région Population
(millions)
(1) Énergie prim. cons.
par hab.
(tep/hab.)
(2) Élec. cons./hab.
(kWh/hab.)
Monde 7 588 1,88 3 260
  Afrique du Sud 57,8 2,32 3 957
  Allemagne 82,9 3,64 6 848
  Bangladesh 161,4 0,26 466
  Belgique 11,4 4,66 7 756
  Brésil 209,5 1,37 2 570
  Chine 1 392,7 2,30 4 906
  République démocratique du Congo 84,1 0,36 103
  Corée du Sud 51,6 5,47 11 082
  Égypte 98,4 0,97 1 627
  Espagne 46,7 2,68 5 567
  États-Unis 327,4 6,81 13 098
  Éthiopie 109,2 0,40 83
  France 67,3 3,66 7 141
  Grèce 10,7 2,10 5 059
  Inde 1 352,6 0,68 968
  Indonésie 267,7 0,86 984
  Iran 81,8 3,25 3 341
  Italie 60,5 2,49 5 220
  Japon 126,4 3,37 8 010
  Mexique 124,6 1,45 2 329
  Birmanie (Myanmar) 53,7 0,44 349
  Nigeria 195,9 0,82 157
  Pakistan 212,2 0,52 593
  Pays-Bas 17,2 4,23 6 796
  Philippines 106,7 0,56 846
  Pologne 38,4 2,75 4 343
  Portugal 10,3 2,14 5 049
  République tchèque 10,6 4,07 6 574
  Roumanie 19,5 1,72 2 838
  Royaume-Uni 66,4 2,64 4 906
  Russie 144,5 5,26 6 917
  Tanzanie 56,3 0,37 109
  Thaïlande 69,4 1,96 2 810
  Turquie 81,4 1,77 3 348
  Ukraine 44,6 2,10 3 065
  Viêt Nam 95,5 0,87 2 378
(1) Consommation intérieure d'énergie primaire = Production + importations - exportations - soutes internationales ± variations de stocks.

(2) Électricité consommée = Production brute + importations - exportations - pertes en ligne.

Impact environnementalModifier

Les émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthaneetc.) de l'Union européenne sont imputables pour environ 80 % à la production et à la consommation d'énergie[25] ; cet indicateur n'est pas disponible au niveau mondial.

Au niveau mondial, les émissions de CO2 liées à l'énergie ont atteint en 2019, selon les estimations de BP, 34 169 Mt, en hausse de 0,4 % par rapport à 2018 ; elles ont progressé de 10 % depuis 2010 et de 60 % depuis 1990. Les émissions de la Chine (28,8 % du total mondial) ont augmenté de 3,4 % en 2018 et de 2,2 % en 2018 après avoir baissé de 1,3 % entre 2013 et 2016 ; celles des États-Unis (14,5 % du total mondial) ont baissé de 3 % en 2019, celles de la Russie ont baissé de 1 % et celles de l'Inde ont progressé de 1 %. En Europe, elles ont reculé de 3,2 % au total, dont 6,5 % en Allemagne, 2,6 % en France, 2,5 % au Royaume-Uni, 2,0 % en Italie, 5,2 % en Espagne[p 15].

Les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie, moins récentes mais plus précises, s'élevaient pour 2018 à 33 513 Mt, en progression de 117 % depuis 1973[s 4]. Les émissions de CO2 par habitant en 2018 étaient estimées à 4,42 tonnes en moyenne mondiale, 15,03 tonnes aux États-Unis, 8,40 tonnes en Allemagne, 4,51 tonnes en France, 6,84 tonnes en Chine (surtout dans l'industrie qui produit en grande partie pour les consommateurs américains et européens...), 1,71 tonnes en Inde et 0,98 tonnes en Afrique[s 3].

Ces chiffres rendent compte des émissions de chaque pays mais n'intègrent pas les gaz à effet de serre induits par la production des produits importés ou exportés. L'Institut national de la statistique et des études économiques (France) et le ministère français de la Transition écologique et solidaire ont chiffré les émissions totales des Français à 11,1 tonnes de CO2 par personne en 2012, un chiffre nettement supérieurs à l'émission de gaz à effet de serre par habitant sur le territoire national[26].

En 2018, ces émissions étaient produites pour 44,0 % par le charbon, 34,1 % par le pétrole, 21,2 % par le gaz naturel et 0,7 % par les déchets non renouvelables[s 4] ; par secteur en 2013, 47 % étaient issues de l'industrie de l'énergie (surtout lors des transformations : production d'électricité et de chaleur : 42 %, raffinage, etc), 23 % des transports, 19 % de l'industrie, 6 % des logements et 5 % des services et de l'agriculture ; mais après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs consommateurs, la part de l'industrie passe à 37 %, celle des logements à 17 % et celle des services et de l'agriculture à 15 %[27].

Dans le cadre des négociations internationales sur le climat, tous les pays se sont engagés à maintenir la hausse des températures en deçà de °C par rapport à l'ère préindustrielle. Or Christophe McGlade et Paul Ekins, chercheurs à l'UCL (University College de Londres), soulignent dans la revue Nature que pour aboutir à ce résultat, il faudrait que globalement, les pays s'abstiennent d'extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial, d'ici à 2050. Les chercheurs montrent ainsi, pays par pays, que cela concerne l'essentiel des immenses réserves de charbon qui se trouvent en Chine, en Russie, en Inde et aux États-Unis. Au Moyen-Orient, cela suppose d'abandonner l'idée d'extraire 60 % du gaz et de ne pas toucher à environ 260 milliards de barils de pétrole, l'équivalent de toutes les réserves de l'Arabie saoudite. Il faudrait enfin oublier toute velléité d'exploiter les réserves d'énergies fossiles découvertes en Arctique et s'interdire d'accroître l'exploitation du pétrole non conventionnel (schiste bitumineux, huile de schiste, …)[28].

L'Agence internationale de l'énergie avait déjà préconisé, en 2012, de laisser dans le sol plus des deux tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles, car notre consommation, d'ici à 2050, ne devra pas représenter plus d'un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles afin de ne pas dépasser les °C de réchauffement global maximal d'ici la fin du siècle[29]. Dans une étude de 2009, le Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung démontrait qu'il ne fallait pas émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 d'ici à 2050 pour avoir quatre chances sur cinq de ne pas dépasser la barre fatidique des °C[30]. Or, la combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2 795 gigatonnes de CO2, soit cinq fois plus. Selon ces données, ce sont donc 80 % des réserves d'énergies fossiles actuelles qui ne doivent pas être extraites.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. voir aussi Ordres de grandeur d'énergie
  2. kbblep/j = milliers de barils équivalent-pétrole par jour.

RéférencesModifier

  1. a b c et d p. 14-17
  2. a b c et d p. 32-35
  3. a b et c p. 44-46
  4. tab. 46
  5. p. 51
  6. a b c et d tab. 56
  7. a b c et d tab. 54
  8. p. 64
  9. tab.40-41
  10. a et b tab.48-49
  11. a et b tab.46-47
  12. tab.58-59
  13. tab.60-61
  14. tab.2-3
  15. tab.5
  1. a et b p. 6
  2. p. 34
  3. a et b p. 60 à 69.
  4. a et b p. 54

Autres références :

  1. (en) BP Statistical Review of world energy - all data, BP, 11 juin 2019.
  2. « L’énergie solaire représente un potentiel équivalent à vingt fois la consommation mondiale annuelle » explique Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, L'Usine nouvelle, 27 novembre 2015.
  3. a et b (en) Climate Change 2014 - Chapter 7 : Energy Systems (page 526), GIEC, novembre 2014.
  4. a et b (en) Supply of Uranium, Association nucléaire mondiale, mis à jour en aout 2019.
  5. a et b Thorium, site de l'Association nucléaire mondiale, mis à jour en février 2017.
  6. Le cas de l'hydroélectricité (World Atlas publié en 1997 par la revue "Hydro Power and Dams", site Global Chance consulté le 17 avril 2014.
  7. Évaluation du potentiel éolien technique mobilisable réalisée en 2003 par le Conseil consultatif allemand sur le changement global (WBGU).
  8. (en) Food and Agriculture Organization of the United Nations, Energy conversion by photosynthetic organisms.
  9. a b c d e et f (en)Data and statistics : World - Balances 2018, Agence internationale de l'énergie, 12 septembre 2020.
  10. Les énergies renouvelables bientôt aussi rentables que les énergies fossiles polluantes, lemondedelenergie.com, 30 janvier 2018.
  11. L’électricité d’origine éolienne aussi compétitive que celle des centrales à gaz, l'Usine nouvelle, 25 janvier 2017.
  12. Données sur l’énergie nucléaire 2019, Agence pour l'énergie nucléaire, consulté le 27 juin 2020.
  13. (en) BGR Energy Study 2017 : Data and Developments Concerning German and Global Energy Supplies, Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe - Institut fédéral des sciences de la Terre et des matières premières, (lire en ligne [PDF]), p. 64 et 151.
  14. Futura, « Énergie renouvelable », sur Futura (consulté le 25 septembre 2019).
  15. « DESERTEC ou comment alimenter l'Europe en électricité grâce au soleil saharien », sur Actu-Environnement, .
  16. (en)World Energy Investment 2017, AIE, 11 juillet 2017.
  17. Energie : le rapport annuel de l’AIE illustre un point de bascule, La Tribune, 11 juillet 2017.
  18. (en)Uranium production figures, 2010-2019, World Nuclear Association, mai 2020.
  19. a et b (en)Data and statistics : World : Electricity 2018, Agence internationale de l'énergie, 12 septembre 2020.
  20. Les pays émergents vont faire exploser la demande d'électricité, Les Échos, 13 novembre 2018.
  21. (en)World Energy Outlook 2016, Agence internationale de l'énergie, 16 novembre 2016.
  22. AFP, « L'Union européenne veut réduire de près d'un tiers sa consommation d'énergie d'ici 2030 », sur connaissancedesenergies.org, .
  23. (en) BP Energy Outlook 2015, BP, 2015.
  24. Jean-Marie Martin-Amouroux, « Consommation mondiale d’énergie 1800-2000 : les résultats », sur encyclopedie-energie.org, .
  25. (en) Approximated EU GHG inventory: early estimates for 2012 (voir p. 37, 45 et 56 à 58), site EEA, consulté le 7 janvier 2014.
  26. Commissariat général au développement durable, « L'Empreinte carbone » [PDF], sur Ministère de la Transition écologique et solidaire, .
  27. (en) [PDF] CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights 2015, site Agence internationale de l'énergie consulté le 8 novembre 2015.
  28. Climat : pétrole, gaz et charbon doivent rester sous terre, Le Figaro, 8 janvier 2015.
  29. Agence internationale de l'énergie (trad. de l'anglais), World energy outlook 2012, OCDE, , 15 p.
  30. Nous devons laisser deux tiers des énergies fossiles dans le sol, Le Monde, 15 novembre 2012.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier