Ouvrir le menu principal

BiographieModifier

Renaud Girard, est le fils d'Augustin Girard (1923-2009), haut fonctionnaire au ministère de la Culture. Il naît le 25 mai 1955 à New York alors que son père, agrégé d'anglais, séjourne temporairement aux Etats-Unis. Renaud Girard appartient à une famille de grands résistants, originaire du Haut-Doubs, ayant œuvrée et payée un lourd tribut durant l'occupation allemande de 1940-1945[1].

FormationModifier

Renaud Girard est normalien et énarque (promotion « Solidarité » ; 1981-1983). Après des études au Lycée Louis-le-Grand à Paris, il intègre l’École normale supérieure à Paris (Rue d'Ulm) en 1977, où il étudie les lettres et l'histoire, puis l'ENA[2],[3].

Il effectue son service militaire dans les troupes de montagne (27e Bataillon de Chasseurs Alpins d'Annecy) où il commande durant sept mois une section de combat, après une formation d'aspirant de cinq mois à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan, et devient officier de réserve[4].

Grand reporter et chroniqueur internationalModifier

Grand reporter international et reporter de guerre au journal Le Figaro depuis 1984, Renaud Girard a couvert la quasi-totalité des grandes crises politiques et des conflits armés de la planète depuis trente ans[5]. Il est notamment reconnu pour sa couverture des guerres à Chypre, en Asie centrale, en ex-Indochine, au Maghreb et au Sahel, dans les Balkans, au Proche et au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne, dans le Caucase et en Libye. Dans les années 1980, il se rend en Afghanistan pour y couvrir la lutte contre les Soviétiques et y rencontre le Commandant Ahmed Chah Massoud. En 1993, il se rend en Somalie au moment de l'intervention militaire des États-Unis. Il est aussi l'un des premiers journalistes à pénétrer au Rwanda dès le début du génocide de 1994. Coincé en Tchétchénie pendant l'hiver 1999-2000, il traverse à pied dans la neige, accompagné du photographe Olivier Jobard, la chaîne du Caucase vers la Géorgie afin d'échapper à l'Armée russe. En 2007, il se rend au Venezuela pour y couvrir le référendum sur la modification de la Constitution et passe plusieurs jours au contact d'Hugo Chavez, le chef d’État vénézuélien[6]. En 2013, il a voyagé à nouveau en Somalie puis a été présent en Égypte au Caire au moment du renversement du Président Mohamed Morsi, évènement qu'il a couvert pour Le Figaro. Et en 2014, il s'est rendu dans la bande de Gaza pour y couvrir le conflit entre Israël et le Hamas. En 2011, 2013 et 2015, il se rend en Libye. En 2015, il se rend en République Démocratique du Congo où il rencontre Moïse Katumbi, alors gouverneur de la province du Katanga dont il fera un portrait[7].

Au cours de ses reportages, Renaud Girard a lié de nombreux liens personnels avec des leaders politiques, religieux et militaires, des hommes d'affaires et des entrepreneurs, des diplomates, des journalistes et des intellectuels, partout dans le monde.

En avril 2013, il succède à Alexandre Adler comme chroniqueur international du Figaro[réf. souhaitée].

En juin-juillet 2015 (27 juin-13 juillet), Renaud Girard est envoyé 17 jours en Grèce par Le Figaro où il couvre en tant qu'envoyé spécial et analyste la crise grecque due à l'organisation d'un référendum[8],[9] par le Premier Ministre Alexis Tsipras.

Renaud Girard a souvent été salué pour la clairvoyance de ses analyses et la qualité de sa prospective. Notamment, dès les débuts de l'insurrection syrienne en 2011-2012, Renaud Girard avait fait entendre un point de vue alors hétérodoxe en soulignant la réalité du risque islamiste sunnite et en s'opposant à toute livraison d'armes aux rebelles[10]. Très tôt, Renaud Girard a également alerté l'opinion sur le sort des chrétiens d'Orient[11].

En 2017, il est candidat malheureux au fauteuil 37 de l'Académie française, laissé vacant par la mort de René Girard[12].

Expert en géopolitiqueModifier

Expert en géopolitique, il a écrit plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient, intervient dans les médias et anime régulièrement des conférences internationales.

Il est professeur de stratégie, de géostratégie et de relations internationales à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris)[13].

Il est membre du Comité de rédaction de la Revue des deux Mondes, éditorialiste à Questions Internationales, membre du Cercle de l'Union Interalliée et du club Le Siècle.

Récompenses et prixModifier

2008 : Prix Bayeux des correspondants de guerre pour son reportage[14] « L'Otan dans le piège afghan à Kandahar ».

2014 : Grand Prix de la Presse Internationale[15] de L'Association de la presse étrangère pour « l’ensemble de sa carrière de Grand reporter international et pour l’excellence de ses chroniques internationales »

Quelques positionsModifier

Intervention militaire de l'OTAN au KosovoModifier

Renaud Girard a fortement critiqué en 1999 l'intervention militaire de l'OTAN au Kosovo. Pour lui, la participation de la France a cette action a été un contresens historique majeur, les Serbes étant les alliés des Français de longue date. L'indépendance du Kosovo, selon lui, n'a mené qu'à la constitution d'un hub de criminalité et de trafics au cœur de l'Europe[16].

Relations Iran - OccidentModifier

Renaud Girard distingue et oppose la politique de Georges W. Bush et celle de son successeur Barack Obama. Il est un fervent partisan de la politique adoptée par Barack Obama de rapprochement avec l'Iran[17]. Renaud Girard soutient un double objectif : le fait que l'Iran n'obtienne pas l'arme nucléaire, d'une part, et la pleine reconnaissance de l'Iran comme puissance régionale, avec levée totale des sanctions internationales qui pèsent sur ce pays et association de ce pays à la gestion de la zone moyen-orientale. Il plaide pour un rapprochement de l'Occident avec l'Iran et une détente entre Arabie Saoudite et Iran et soutient également le rapprochement entre les États-Unis et le régime castriste de Cuba[18].

Conflit israélo-palestinienModifier

En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, Renaud Girard se montre critique vis-à-vis de la brutalité politique et militaire d’Israël et condamne les interventions militaires israéliennes à Gaza. Il juge cette politique injuste et inefficace, contraire même aux intérêts réels d’Israël, la qualifiant de « suicidaire ». Pour lui, l'avenir d’Israël passe par une pacification de ses relations avec les Palestiniens (rendue vitale par la force de la démographie arabe) et une pleine intégration politique et commerciale au monde moyen-oriental. Il plaide pour une solution des deux États, qui concilierait les deux objectifs qu’il considère comme fondamentaux : l'existence, la liberté et la sécurité d’Israël, d'une part, et la réalisation des droits légitimes des palestiniens (notamment celui d'avoir un État), d'autre part, et ce afin d'arriver à une pacification de la région et à un développement économique dont tous seraient bénéficiaires[19].

Position diplomatique de la FranceModifier

En ce qui concerne la France, Renaud Girard entend ramener le pays sur le chemin de la Realpolitik. Il souhaite que la France affirme son indépendance et se dote à nouveau d'une politique étrangère claire, cohérente et lisible, suivant une méthode. Il pense que la France doit renforcer ses capacités militaires[20], jouer le rôle d'« honest broker », c'est-à-dire de « médiateur sincère » ou d'« honnête intermédiaire », dans un certain nombre de conflits (par exemple entre Israéliens et Palestiniens ou entre Iran et États-Unis) et s'inscrire pleinement dans la mise en place d'un monde multipolaire. Renaud Girard revendique lui-même un positionnement gaullien et affirme son admiration pour le Général de Gaulle, partageant avec lui un souci d'indépendance nationale et de réalisme politique. Pour Renaud Girard, rappelant que la première visite officielle de Nixon fut pour la France du Général de Gaulle, une France indépendante, faisait entendre sa spécificité, est plus utile aux intérêts bien compris de la France, des États-Unis eux-mêmes et du Monde qu'une France platement alignée sur les États-Unis[21].

Liens France-RussieModifier

Concernant les liens entre la France et la Russie, Renaud Girard pense qu'il est contre-productif d'adopter une position d’hostilité à l'égard de la Russie et met en avant l'importance historique du lien de la France avec la nation russe ainsi que la réelle popularité de Vladimir Poutine en Russie. Il invite à ne pas humilier la Russie[22] et critique la non-livraison des navires Mistral ainsi que l'absence de François Hollande à Moscou, le 9 mai 2015, pour la célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour lui, les conséquences de la politique anti-russe sont uniquement de radicaliser Vladimir Poutine, d'empêcher toute issue au conflit ukrainien et de pousser les Russes dans les bras des Chinois. Le rapprochement entre la France et la Russie doit se faire, selon Renaud Girard, par réalisme et par pragmatisme[23].

Crise syrienneModifier

Sur la Syrie, Renaud Girard s'est opposé à toute intervention militaire et a à de nombreuses reprises critiqué la fermeture de l'ambassade de France à Damas en 2012. Cette fermeture reposait sur le pari d'une chute rapide de Bachar El-Assad. Mais, Renaud Girard avait prédit que ce pari était une erreur et ne se réaliserait pas, les faits lui donnant par la suite raison. Il souligne l'importance qu'avait cette ambassade dans le renseignement des autorités françaises sur la situation syrienne, dans la coopération entre services syriens et français pour lutter contre le terrorisme et dans le dialogue avec les autorités de Damas. Il rappelle à ce titre que la diplomatie est « l'art de parler avec les gens avec qui on n'est pas d'accord » et qu'il faut chercher à maintenir le dialogue jusqu'aux dernières limites possibles. Par conséquent, Renaud Girard critique comme irréaliste la position française qui vise à exiger le départ de Bachar El-Assad comme préalable aux négociations et propose au contraire d'associer Bachar El-Assad aux négociations de paix. Là encore, cette position ne vient pas d'une quelconque sympathie pour la dictature syrienne mais d'un constat réaliste sur les faits, soulignant l'ancrage réel du régime El-Assad dans toute une partie de la population syrienne et montrant qu'il est impossible d'avoir une négociation sérieuse tout en excluant le pouvoir El-Assad[24].

Afrique subsaharienneModifier

À propos de l'Afrique subsaharienne, Renaud Girard a beaucoup réfléchi aux conditions de mise en place d'un véritable État de droit et d'une démocratie adaptée aux spécificités et aux problèmes de l'Afrique. La mise en place d'institutions fortes et d'un véritable État de droit sont, selon lui, les conditions du développement économique de cette zone à fort potentiel[25].

Néo-conservatismeModifier

De manière générale, Renaud Girard se montre très critique à l'égard de l'idéologie néo-conservatrice et de toute volonté messianique d'imposer la démocratie par la force. Il considère que les États-Unis de G.W. Bush ont choisi de tenter d'imposer la démocratie plutôt que de défendre la paix et que le résultat de ce choix est un échec complet, impliquant un Moyen-Orient désormais en guerre et pourtant plus éloigné de la démocratie que jamais. Renaud Girard déclare notamment : « On n'impose pas la démocratie à coup de chasseurs bombardiers [...] Le droit d'ingérence ou le « néoconservatisme », c'est le retour de la pulsion coloniale par la fenêtre[26]. »

OuvragesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Pour saluer Augustin Girard, un visionnaire de la culture », sur blog.lefigaro.fr, (consulté le 15 mars 2019)
  2. « Renaud Girard », savoirs.ens.fr, consulté le 4 décembre 2018.
  3. « Biographie », renaudgirard.com, consulté le 4 décembre 2018.
  4. Renaud Girard, Retour à Peshawar, Paris, Grasset, (lire en ligne)
  5. « Renaud Girard », sur www.lecteurs.com (consulté le 5 avril 2018)
  6. lefigaro.fr, «J'ai vu les deux faces d'Hugo Chavez» (consulté le 4 septembre 2015)
  7. lefigaro.fr, « Moïse Katumbi, le recours » (consulté le 2 septembre 2015)
  8. lefigaro.fr, « Sauver la Grèce, fût-ce de ses démons » (consulté le 4 septembre 2015)
  9. lefigaro.fr, « Le marathon de Tsipras ne fait que débuter » (consulté le 4 septembre 2015)
  10. lefigaro.fr, « Syrie : la répression n'éteint pas la révolte » (consulté le 4 septembre 2015)
  11. lefigaro.fr, « Renaud Girard : pourquoi l'Occident doit défendre les 150 millions de chrétiens persécutés » (consulté le 4 septembre 2015)
  12. « Candidatures au fauteuil de M. René Girard (F37) », sur academie-francaise.fr, .
  13. « renaud.girard | Sciences Po psia », sur www.sciencespo.fr (consulté le 4 septembre 2015)
  14. lefigaro.fr, « Un journaliste du Figaro récompensé au prix Bayeux » (consulté le 2 septembre 2015)
  15. Atlasseo, « Le grand prix de la presse internationale », sur www.apepresseetrangere.org (consulté le 2 septembre 2015)
  16. lefigaro.fr, « Balkans : le Kosovo n'est pas le dernier conflit territorial » (consulté le 4 septembre 2015)
  17. lefigaro.fr, « Renaud Girard : L'accord nucléaire avec l'Iran  est un succès inespéré » (consulté le 4 septembre 2015)
  18. lefigaro.fr, « Cuba : la fin annoncée de l'embargo américain » (consulté le 4 septembre 2015)
  19. Conflit israélo-palestinien : la France doit cesser de s'aligner bêtement sur les États-Unis - Renaud Girard, Le Figaro, 22 juillet 2014
  20. lefigaro.fr, « Le grand paradoxe militaire français » (consulté le 4 septembre 2015)
  21. lefigaro.fr, « Renaud Girard : «La France doit cesser d'être le caniche des États-Unis» » (consulté le 4 septembre 2015)
  22. lefigaro.fr, « Pourquoi donc humilier la Russie ? » (consulté le 4 septembre 2015)
  23. Pourquoi donc humilier la Russie ? - Renaud Girard, Le Figaro, 12 mai 2015
  24. « Pourquoi nous sommes-nous autant trompés sur la Syrie » (consulté le 4 septembre 2015)
  25. L'urgence de l'état de droit en Afrique - Renaud Girard, Le Figaro, 5 mai 2015
  26. Irak : « On n'impose pas la démocratie à coup de chasseurs bombardiers » - Eugénie Bastié, Le Figaro, 13 juin 2014

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :