René Pichot de la Graverie

René Pichot de la Graverie, né le et mort le à Laval, magistrat et juriste français. Il fut directeur général de l'hôpital Saint-Louis de Laval, procureur du Roi au siège des Traites, sénéchal et procureur fiscal de plusieurs châtellenies et juridictions du Comté de Laval. Ses armes étaient d'azur à l'oiseau essorant d'un nuage au centre de l'écu, regardant un soleil d'or posé à droite une mer d'argent en abîme.'..

René Pichot de la Graverie
Biographie
Naissance
Décès
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Activité

BiographieModifier

OrigineModifier

Il est né de René Pichot, avocat, syndic en 1704, de sa communauté[1] et de Renée Hardy. Sa biographie est dans ses œuvres.

Les Pichot sont originaires du Buret où Juliot Pichot habitait en 1399 le lieu de la Marchandière. Il en rendait aveu à la châtellenie de Meslay le dans un aveu conservé au trésor du château de Laval.

Le DroitModifier

À l'âge de 18 ans, il commença à s'appliquer avec ardeur à l'étude de la jurisprudence et de la pratique, puis alla suivre les cours de droit à Angers, tout en travaillant successivement dans les études de MM. Gougeon et Janneau, avec lesquels, ainsi qu'avec Pocquet de Livonnière, il se lia d'amitié. Il transcrivit presque tous leurs ouvrages manuscrits et fit un recueil des lois naturelles qui se trouva très conforme au Delectus legum de Domat.

Inscrit au siège de Laval, il rechercha les commentaires manuscrits sur la Coutume du Maine, ceux surtout de Jacques Le Blanc de la Vignolle, eut bientôt formé un gros volume de questions de droit et de coutume, de plaidoyers et de harangues, en composa plusieurs autres des sentences du siège de Laval et des arrêts rendus de son temps, et fit transcrire depuis les ordonnances et déclarations du roi, les arrêts, sentences arbitrales et consultations des plus célèbres avocats. Il composa enfin les généalogies de sa famille et se forma une bibliothèque choisie sur le droit et l'histoire.

Ces travaux personnels auxquels il consacrait son étude de cinq à sept heures du matin ne le détournaient pas de ses devoirs professionnels et de ceux d'un bon citoyen.

LavalModifier

En 1725, il défendit avec vigueur les intérêts de la communauté des avocats contre l'avocat fiscal Salmon, et contre le juge ordinaire Gilles-Michel Le Long, au sujet des règlements de leurs honoraires. Dans le procès des habitants de Laval contre Charles Armand René de La Trémoille et Gilles-Michel Le Long (1727-1730), il accepta les plus graves responsabilités, sacrifia ses propres intérêts, et sut pourtant ménager en fin de compte un accommodement à la satisfaction du duc et de ses concitoyens.

Il fut depuis syndic des avocats au siège ordinaire (), directeur de l'Hôpital Saint-Louis de Laval, dont il fit parachever la manufacture et perfectionner les règlements ; procureur du roi au siège des traites (), dont les officiers lui durent l'obtention des privilèges accordés à ceux du grenier à sel[2].

Juge civilModifier

Oubliant l'opposition qu'il avait faite à ses officiers et rendant justice à ses talents et à sa probité, la duchesse de la Trémoïlle, en 1745, nomme René Pichot de la Graverie juge civil du comté et sénéchal de toutes ses châtellenies. En cette qualité, il fit faire l'inventaire de tous les titres anciens, fit relier plusieurs volumes des remembrances remplis de procès-verbaux très curieux et utile ; planta les ormeaux de la place du Gast, et construisit la chambre d'audience et du greffe dont Tellot donna les plans.

L'échec comme maire électifModifier

Un arrêt du conseil du réunit les offices aux communautés des villes, c'est-à-dire qui remet aux habitants l'élection du magistrat chargé de leurs intérêts. L'élection du maire cause à Laval de grands mouvements[3], pour empêcher le premier juge du siège ordinaire d'être nommé : il s'agissait de René Pichot de la Graverie[4], dont la duchesse de la Témoille[5] avait fait connaître combien elle désirait qu'il soit élu.

L'assemblée du choisit Ambroise-Jean Hardy de Lévaré pour maire électif, et écarte La Graverie. Ces fonctions étant triennales. Une autre assemblée du les continua à M. Hardy de Levaré pour trois nouvelles années.

ŒuvresModifier

En 1755, il créa la Société du jardin en rédigea les statuts et y fit fonction de secrétaire.

Aux œuvres déjà indiquées, sorties de sa plume, on doit ajouter d'autres traités :

  • De la manière de tenir les assises et de faire rendre les obéissances par les vassaux (2 tomes in-folio qu'il fit relier à Paris en 1750) ;
  • Continuation de ses recueils de sentences, pendant le temps de sa présidence au siège ordinaire, qu'on doit préférer aux premiers comme étant plus dégagés d'intérêt propre ;
  • Discours de rentrée :
    • Institutions et utilité des Mercuriales avec l'éloge des juges de la juridiction depuis 1634 () ;
    • Éloge des procureurs fiscaux () ;
    • Éloge des anciens avocats et de leur profession () ;
    • Excellence et grandeur de la magistrature, 1748 ;
    • Des talents et des qualités des juges, 1749 ;
    • De la science nécessaire à un bon juge, 1750 ;
    • De la nécessité et de l'utilité des lois, 1753 ;
    • De la sainteté et de la religion du serment, 1755.

M. Pichot a publié à Tours et à Laval son discours prononcé le sur la Naissance du duc de Bourgogne (1752, 1753, in-4°, 8 p.). Sa relation, sous forme de Lettre à un ami, du passage du duc de la Trémoïlle à Laval, le et le règlement de l'hôtel de ville, sont insérés dans le Mercure de France du mois de janvier 1731. Il l'avait fait présenter à la duchesse par le comte de Villaines[6]

On retrouve dans le Fonds Couanier :

  • Les Compilations et rédactions diverses[7] de René Pichot de la Graverie. Il contient des extraits de divers auteurs.
  • 4 volumes des Sentences prononcées[8] au siège ordinaire de Laval de 1712 à 1755
  • un Traité des fiefs[9]
  • une copie[10] de Jacques Le Blanc de La Vignolle sur le Comté de Laval
  • Deux volumes de consultations de René Pichot de la Graverie[11]

FamilleModifier

De Marie Guays, veuve de François Choquet, qu'il avait épousée, le [12], il n'eut qu'une fille, Marie-Françoise mariée en 1739 à Michel-Jean du Mans, seigneur du Bourg-l'Évêque, chez lequel il fut préservé miraculeusement, dit-il de la chute d'un plafond qui devait l'écraser.

Une calomnie troubla sa vieillesse. À la suite d'une liquidation de banqueroute (1745), on l'accusa d'avoir falsifié les dépositions des témoins. Après la condamnation de ses détracteurs qui fut affichée à Laval (1752), M. Pichot rédigea deux mémoires sur la question. Il mourut le et, suivant son désir fut inhumé dans le caveau de la famille à Avesnières.

Notes et référencesModifier

  1. Et qui pourtant, avoue son fils, s'était surtout adonné dans sa jeunesse à la danse et aux armes.
  2. Sénéchal ou procureur de plus de trente châtellenies ou seigneuries importantes ; procureur marguillier de la Trinité de Laval qu'il contribua à décorer, pendant qu'il s'occupait des réparations au chemin royal de Laval à Rennes, depuis la rue de Beauvais jusqu'aux Sept-Fontaines. Pendant son syndicat M. Pichot fit reporter au lundi les affaires dont les parties étaient de la ville, afin de décharger les audiences du samedi spécialement réservées aux gens de la campagne ; il institua un tribunal d'arbitrage devant les avocats qui rendait plus de sentences en 7 mois que le tribunal en 2 ans ; il décida que les avocats auraient des substituts en cas de maladie.
  3. Afin de jouir de la plénitude de leurs droits et d'échapper à la main des officiers seigneuriaux, les habitants attachent une grande importance à écarter de la mairie le juge civil qui, jusqu'à la promulgation de l'arrêt, avait continué à faire les fonctions de maire.
  4. Il avait succédé à Gilles-Michel Le Long,et Daniel Gautier de la Villaudray. Il avait bénéficié d'un don gratuit par la duchesse de la Trémoille, celui d'un titre que d'autres offraient d'acheter 25 000 livres, ce qui faisait craindre qu'il ne soit maintenant trop dévoué au seigneur de Laval.
  5. Le duc de la Trémoille est mort le 25 mai 1741; la duchesse agit alors comme tutrice de son fils.
  6. Les originaux de toutes ces compilations étaient à la fin du XIXe siècle propriétés de M. Le baron Clouet. La bibliothèque de Laval en possède une copie partielle de plusieurs mains, donnée par les héritiers de Sébastien Couanier de Launay. L'ex-libris du magistrat forme une vignette finement gravée encadrant son écusson : d'azur à l'aigle éployée regardant le soleil.
  7. On y trouve le Chartrier d'une terre importante, le Bourg-L'évêque de Simplé, dont les archives sont presque totalement perdues, qui se trouve reproduit dans ses parties principales dans cet ouvrage.
  8. On trouve dans ce journal du palais tous les faits saillants de l'histoire de Laval pendant la carrière de Pichot de la Graverie. Le volume des Centuries est plus exclusivement théorique mais on trouve à la suite les discours prononcés par Pichot de la Graverie aux rentrées du tribunal qu'il présida pendant une dizaine d'années, comme juge civil.
  9. Pour l'Abbé Angot, il ne s'agit pas seulement un exposé théorique de cette question de droit coutumier, mais dont tous les articles sont appuyés de faits, d'actes, des pièces à l'appui, d'exemples, qui sont autant de documents pour l'historien.
  10. Avec additions considérables du travail.
  11. Il ne s'agit pas d'un manuscrit autographe ni complet de Pichot de la Graverie. Les copies ont été faites par un autre M. Pichot, neveu de l'auteur, par Ambroise-René Hoisnard aussi son neveu, et par deux autres scribes.
  12. Son contrat de mariage est du 3 avril devant Lemoyne.

SourceModifier

« René Pichot de la Graverie », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne)