Rempart gallo-romain d'Évreux

Rempart gallo-romain d'Évreux
Image illustrative de l’article Rempart gallo-romain d'Évreux
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Protection Logo monument historique Classé MH (1941, 1984)
Coordonnées 49° 01′ 25″ nord, 1° 09′ 01″ est
Superficie 9 ha
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Rempart gallo-romain d'Évreux
Rempart gallo-romain d'Évreux
Histoire
Époque IIIe siècle/IVe siècle

Le rempart gallo-romain d'Évreux est construit entre la fin du IIIe et le milieu du IVe siècle[1], dans un contexte de difficultés militaires au sein de l'Empire romain. Long de 1 145 m[2], le rempart forme un quadrilatère d'environ neuf hectares[1] délimitant l'enceinte gallo-romaine d’Évreux, alors chef-lieu des Aulerques Éburovices nommée Mediolanum Aulercorum.

ConstructionModifier

Comme beaucoup de remparts tardifs, celui d’Évreux est composé de différents éléments de récupération (fûts de colonnes, blocs sculptés, grand appareil, chapiteaux) issus de spoliations faites aux bâtiments inutilisés de la ville, notamment sa fondation et sa partie basse, composées de blocs calcaires irrégulièrement arrangés (appareil pseudo-isodome irrégulier), coiffée par un blocage mixte de silex et de moellons de calcaire, entrecoupé de chaînages en brique. Cet appareillage peut être qualifié d'opus mixtum (opus testaceum et opus caementicium), et est assez répandu en Gaule durant l'Antiquité tardive : il est économique, efficace, dissuasif et rapide à mettre en œuvre.

La courtine accuse une structure en léger retrait progressif (encorbellement inversé) afin d'améliorer sa stabilité.

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LocalisationModifier

Le rempart est assez bien connu : plusieurs tronçons ont fait l'objet de fouilles archéologiques dès le XIXe siècle, d'autres sont largement visibles dans le paysage urbain, soit utilisés comme base pour d'autres constructions, soit simplement restés à l'air libre depuis la fin de l'Antiquité.

Une partie de ce mur est visible au pied de la cathédrale le long de l'Iton. L'autre partie constitue un des murs du sous-sol du musée situé tout à côté.

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Le rempart peut se décrire comme entourant « la cité » : à la pointe Sud, le rempart suit la fosse et le ruisseau de l'Espringale, jusqu'à la tour du même nom (à l'angle de l'allée des Soupirs et du boulevard Chambaudoin) avant de monter vers le nord le long de l'allée des Soupirs jusqu'au château (hôtel de ville) et sa cour (place de la Mairie), ceinturée de remparts. La fortification mène à la porte de Rouen, située à l'intersection de la rue de H et de l'Iton, au niveau de la tour de l'Horloge, puis longe le cours de la rivière (la promenade de l'Iton) pour redescendre à la porte de Notre-Dame (rue de l'Évêché, au niveau du passage de l'Iton), proche de la cathédrale et contourne les bâtiments de l’évêché - grenier (détruit) et palais épiscopal (actuel musée) - au niveau du miroir d'eau.

HistoireModifier

À la suite de la conquête des Gaules par Jules César, la tribu des Aulerques Éburovices se donne pour chef-lieu Mediolanum Aulercorum. Comme la plupart des capitales de cités gallo-romaines, la ville possédait un forum, des thermes et des temples, se dotant au fur et à mesure de son développement de toute la parure monumentale urbaine qui sied à une ville romaine. La ville se situe par ailleurs à proximité d'une agglomération sanctuaire, Gisacum, située sur la commune actuelle du Vieil-Évreux. Comportant des grands thermes, un théâtre, plusieurs quartiers d'habitation et des temples, Gisacum était probablement un des lieux majeurs de dévotion au sein du territoire des Aulerques Éburovices.

Le château est construit dans les marais de l'Iton.

Si on a longtemps évoqué les invasions barbares comme cause de sa construction, il faut rappeler qu’Évreux est cependant loin des frontières rhénanes, et que cette fortification peut tout aussi bien faire partie d'une reconversion du programme édilitaire de la ville, qui délaisse les édifices d'agrément au profit d'éléments défensifs prestigieux.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Rempart gallo-romain », sur Base Mérimée : « Gallo-romain ; 1re moitié IVe siècle. Le rempart, construit entre l'extrême fin du IIIe siècle et le milieu du IVe siècle, forme un quadrilatère irrégulier délimitant une surface de neuf hectares. »
  2. « Une journée à Mediolanum Aulercorum » (ISBN 2-901399-20-7, consulté le 6 juillet 2015)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Jasmine Boudeau, La réorganisation spatiale de cinquante-cinq villes de Gaule remparées au Bas-Empire : thèse pour obtenir le grade de Docteur en Histoire, spécialité Archéologie, vol. I, Annexes I et II, Tours, Université François-Rabelais, , 212, 338 et 289 p. (lire en ligne [PDF]).
  • Théodose Bonnin, Analectes historiques : Recueil de documents inédits sur l'histoire de la ville d'Évreux, Évreux, J. J. Ancelle fils, (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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