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La cathédrale d'Antsirabe

Madagascar est un pays dont la configuration religieuse est fréquente à d'autres pays d'Afrique et dont la rencontre de divers systèmes religieux hétérogènes a donné naissance à une diversité de pratiques religieuses[1]. Parmi celles-ci peuvent être citées :

Sommaire

ChristianismeModifier

Article détaillé : catholicisme à Madagascar.

Environ 41 % des Malgaches sont chrétiens[2], divisés presque également entre protestants et catholiques. Il y a aussi environ 20 000 chrétiens orthodoxes[3]. L' Église orthodoxe locale dépend du Patriarcat d’Alexandrie qui a juridiction sur toute l’Afrique et Madagascar.

La première évangélisation de l'île est due à des missionnaires protestants gallois en 1820 (date d'arrivée des missionnaires gallois David Jones et Thomas Bevan envoyés par la London Missionary Society) largement concentrés dans les provinces du nord-ouest de Mahajanga et d'Antsiranana (Diego Suarez). Ils s'attelèrent tout d'abord à traduire la Bible en langue malgache et à publier celle-ci , co-créant pour l'occasion un alphabet latin pour la langue, avec le roi Radama. Ils seront ensuite épaulés par de nombreux autres de la même mission.

La mission protestante norvégienne et la mission catholique française viendront les rejoindre à partir du milieu du XIXe siècle. Ces missionnaires entreprirent la construction d'églises et d'écoles.

Au début de 1835, la reine Ranavalona I a vigoureusement persécuté les premiers convertis au christianisme dans une tentative pour stopper l'influence culturelle et politique européenne sur l'île. En 1869, un successeur, la reine Ranavalona II, se convertit au christianisme et encouragea l'activité missionnaire chrétienne, brûlant les Sampy (idoles royales) dans une rupture symbolique avec les croyances traditionnelles.

L’Association des églises bibliques baptistes de Madagascar est fondée en 1963 [4].

Aujourd'hui, certains Malgaches pratiquent encore un syncrétisme qui consiste à combiner le christianisme avec leurs croyances religieuses traditionnelles visant à honorer les ancêtres. Ils peuvent, par exemple, inviter un ministre chrétien à consacrer une ré-inhumation famadihana.

Beaucoup d'Églises chrétiennes sont influentes en politique. Le meilleur exemple est le Conseil des Églises malgaches (FFKM) comprenant les quatre plus anciennes et les plus éminentes confessions chrétiennes (l'Église catholique romaine, l'Église de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), l'Église luthérienne malgache (FLM) et l'Église anglicane).

Religion traditionnelleModifier

 
Ombiasa
(devin-guérisseur)

Plus de 52 % de la population du pays pratique encore la religion traditionnelle[5] qui souligne les liens entre les vivants et les morts. L'au-delà n'est pas perçu comme un royaume inaccessible, il participe au monde des vivants. « Tsy maty ny maty » (« les morts ne sont pas morts ») dit un proverbe. Cette vénération des ancêtres a conduit à la tradition de construction de tombeau et du Famadihana (retournement des morts), pratique selon laquelle un membre de la famille du défunt peut ré-envelopper le défunt dans des linceuls de soie douce connu sous le nom de Lamba avant qu’il ne soit ré-inhumé.
Malgré la prévalence du christianisme, le rôle des ombiasy (sorte de chaman) qui sont des devins, des astrologues et des sorciers dans la société betsileo est aussi toujours important. Les ombiasy sont supposés être en mesure de manipuler la magie ainsi que de converser avec les ancêtres. ils peuvent être consultés pour des raisons allant des problèmes de santé à l'empoisonnement ou encore pour la géomancie, l'agriculture. Pour la protection contre les balles d'armes à feu, ils confectionnent des Moara (objet magique). L'ombiasy peut faire le bien comme le mal, et c'est ce qui le distingue du sorcier qui lui, ne fait que le mal. C'est lui qui décide de la date propice d'une fête comme le famadihana, d'après la position des étoiles et du calendrier lunaire. Il est respecté et craint des habitants car il détient des savoirs qu'il est le seul à maîtriser. Ces pouvoirs peuvent être néfastes s'il les utilise pour jeter un sort.

Famadihana (retournement des morts) célébre la mémoire de la personne aimée. C'est l'occasion d'une réunion de la famille et de la communauté dans une ambiance festive. Les habitants des villages environnants sont souvent invités à assister à la fête. De la nourriture et du rhum sont servis accompagnés d'une troupe de Hira Gasy ou autres animations musicales.

IslamModifier

 
Mosquée à Fianarantsoa
Article détaillé : Islam à Madagascar.

L'islam a d'abord été apporté sur l'île au Moyen Âge par les Arabes et les commerçants somaliens musulmans qui ont créé plusieurs écoles islamiques le long de la côte orientale. Bien que l'astrologie islamique se soit propagée à travers l'île, la religion islamique a échoué son implantation, sauf dans une poignée de localités côtières du sud-est. Aujourd'hui, les musulmans représentent environ 1 % de la population de Madagascar[6] majoritairement de population comorienne et indo-pakistanais sont largement concentrés dans les provinces du nord-ouest de Mahajanga et d'Antsiranana (Diego Suarez).

Le roi Mohammed V pendant son exil à Madagascar fit l'œuvre de quelque conversion de certains malgaches. Les musulmans sont divisés entre des ethnies malgaches, indo-pakistanaises et comoriennes.

La poussée de l'intégrisme musulman apparaît dans les années 2010. Financé par des organisations de pays du Golfe ou du Pakistan, il conduit à l'ouverture anarchique d'établissements religieux illégaux et au recrutement d'enfants dans des madrasas et des écoles (avec de piètres résultats scolaires), souvent sur fond de pauvreté extrême. Les musulmans modérés (dont l'origine remonte au Moyen Âge et qui pratiquent un islam syncrétique et tolérant) et des acteurs économiques s'inquiètent de la situation. Il est également à noter la progression du salafisme dans l'archipel voisin des Comores[7].

RéférencesModifier

  1. Blanchy Sophie, Les dieux au service du peuple : itinéraires religieux, médiations, syncrétisme à Madagascar / sous la direction de Sophie Blanchy, Jean-Aimé Rakotoarisoa, Philippe Beaujard, Chantal Radimilahy, Paris, Karthala, , 536 p. (ISBN 978-2-84586-739-0 et 2-84586-739-5, lire en ligne)
  2. https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/2014religiousfreedom/index.htm?year=2014&dlid=238232#wrapper
  3. http://features.pewforum.org/global-christianity/map.php#/Madagascar,Orthodox
  4. (en) William H. Brackney, Historical Dictionary of the Baptists, États-Unis, Scarecrow Press, , p. 360
  5. (en-US) « International Religious Freedom Report for 2014 », sur www.state.gov (consulté le 6 mars 2018)
  6. (en)The Future of the Global Muslim Population - Madagascar
  7. Renaud Girard, « Madagascar, nouvelle terre de conquête des islamistes », Le Figaro, vendredi 20 octobre 2017, page 17.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Adolphe Rahamefy, Sectes et crises religieuses à Madagascar, Karthala, Paris, 2007, 183 p. (ISBN 978-2-84586-857-1)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier