Relations entre la Chine et le Saint-Siège

relations diplomatiques

L’absence de relations entre la Chine et le Saint-Siège depuis 1951 fait suite à de nombreuses années de défiance et de violence. Cependant, en , la République Populaire de Chine et le Saint-Siège signent un accord autorisant notamment le pape à nommer des évêques approuvés, au préalable, par le Parti communiste chinois.

HistoriqueModifier

En 1294, le franciscain Jean de Montecorvino, envoyé par le pape Nicolas IV, s’installe en Chine à l’époque de la domination mongole avec la Dynastie Yuan. Le pape Clément V le nomme, en 1307, premier archevêque catholique de Pékin. Mais cette présence catholique finit par disparaître[1].

Puis les missions jésuites s’implantent progressivement en Chine. Celles-ci sont souvent assimilées à la domination coloniale des puissances occidentales. Ainsi lors de la Révolte des Boxers, 30 000 catholiques chinois sont tués[2].

En 1950, le nonce apostolique Antonio Riberi est expulsé par les autorités communistes et se réfugie à Taïwan. Le Vatican reconnait alors officiellement Taïwan au détriment de Pékin. L'Église chinoise reconnue par le Vatican est donc officiellement celle de Taïwan.

Pendant la gouvernance de Mao Zedong, le million de chrétiens recensés à la fin des années 1940 ne pouvent plus pratiquer leur foi. Les lieux de culte sont détruits par les communistes. Dès 1966, au début de la révolution culturelle, les religions dont la religion chrétienne sont systématiquement mises en cause et interdites en Chine. Les pratiques religieuses seront de nouveau permises à partir de 1978. Cinq religions officielles (bouddhisme, taoïsme, islam, catholicisme, protestantisme) sont alors gérées par le Bureau des affaires religieuses [3].

En , le pape Jean-Paul II canonise 120 Martyrs de Chine. Les autorités communistes critiquent cette décision considérant ces martyrs comme anti-patriotes[4].

Le , un accord est signé entre le Vatican et la Chine permettant notamment la nomination commune des évêques avec les autorités communistes chinoises[5]. Le cardinal chinois Joseph Zen considère que cet accord va conduire à « l’anéantissement de la vraie Église »[6]. Interviewé par l'historien Yves Chiron (Valeurs actuelles, ) il estime que l'accord est une "trahison" et affirme : « Par amour pour mon peuple, je ne me tairai pas. » Le pape François prend la défense du cardinal Pietro Parolin (qui a négocié l’accord) en expliquant qu'il avait son soutien dans l'affaire[7].

En , dans son livre Un temps pour changer , le pape François évoque, pour la première fois, la persécution des Ouïghours : « Je pense souvent aux peuples persécutés : les Rohingyas, les pauvres Ouïghours, les Yazidis (ce que Daech leur a fait est proprement cruel) ou les chrétiens d'Égypte et du Pakistan tués par des bombes qui ont explosé pendant qu'ils priaient à l'église »[8].

RéférencesModifier

À voirModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • L’Accord entre le Saint-Siège et la Chine. Les catholiques chinois entre passé et futur, par Agostino Giovagnoli et Elisa Giunipero, avec une préface du cardinal Pietro Parolin, édité par la Urbaniana University Press, 2019.
  • Dieu est rouge de Liao Yiwu L'histoire secrète de la survie et du rayonnement du christianisme dans la Chine communiste, 2014.