Filipendula ulmaria

espèce de plantes
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Reine-des-prés

La Reine-des-prés (Filipendula ulmaria), anciennement appelée ulmaire, ou fausse spirée, est une plante herbacée vivace de la famille des Rosacées, originaire de l'Europe. C'est une plante mellifère.

DénominationsModifier

 
Planche botanique de Filipendula ulmaria.

Le nom scientifique Filipendula ulmaria est attribué en 1879 par Carl von Linné (synonyme : Spiraea ulmaria L.). Filipendula vient du latin filum, « fil », et pendulum, « pendant », en référence aux parties souterraines de la plante formées de tubercules reliés par de minces racines qui évoquent des fils pendants[1].

Son nom vernaculaire de reine-des-prés rappelle que cette plante domine les prairies humides abandonnées et les mégaphorbiaies où elle détermine leur appauvrissement floristique)[2].

La plante porte plusieurs noms vernaculaires : filipendule ulmaire ou spirée ulmaire, belle des prés, barbe des chênes, barbe de bouc, fleur des abeilles, herbe aux abeilles, ormière, grande potentille, vignette...

Le nom spirée vient de la forme spiralée de ses fruits. L'épithète ulmaria (« ressemblant à l'orme ») fait référence aux folioles des feuilles qui ressemblent à celles de l'arbre[3].

DescriptionModifier

 
Bourgeons floraux à différents stades de maturité, floraison échelonnée caractéristique chez la reine des prés également appelée "belle des prés" ainsi que "belle de Draman" dans certaines cultures.
 
La reine-des-prés présente aussi un intérêt décoratif

Cette belle plante herbacée vivace, velue et feuillue, au port dressé très élégant, mesure de cinquante centimètres à un mètre et demi est. Elle a un rhizome rampant. C'est probablement son allure altière qui l'a fait appeler reine-des-prés.

  • La tige est rougeâtre, glabre et anguleuse.
  • Les fleurs sont de multiples fausses ombelles ramifiées, très odorantes, d'un blanc crème.
  • La feuille est imparipennée, vert sombre, glabre au-dessus, feutrée de blanc en dessous.
  • La foliole terminale est palmée, divisée en trois ou cinq parties, les folioles latérales forment de deux à cinq paires le long du pétiole.
  • Les fruits sont enroulés en hélice.

HabitatModifier

Elle pousse dans les lieux humides, particulièrement au bord des cours d’eau et dans les fossés le long des routes et des chemins. Elle apprécie les prairies humides, les mégaphorbiaies de plaines, les lisières d'aulnaies ou les prés humides, d’où son nom.

Aire de répartitionModifier

La reine-des-prés est présente dans toute la France métropolitaine[4]. Elle est rare en région méditerranéenne et absente de Corse. On peut l'observer jusqu'à 1 700 m d'altitude. C'est une plante eurasiatique.

Utilisation alimentaireModifier

Cette plante a été utilisée comme aromatisant pour les crèmes et les desserts, mais aussi les dentifrices et les boissons.

Ses inflorescences restent un excellent condiment, à condition de les avoir fait sécher au moins un an avant utilisation, la maturation permettant aux arômes de se développer.

Ses fleurs et feuilles donnent une infusion agréable.

Elles peuvent aussi être mises à macérer dans du vin ou de la bière pour les parfumer.

Propriétés médicinalesModifier

On recense en France une quarantaine d'emplois en médecine traditionnelle[5]. Grâce à ses flavonoïdes, la reine des prés est principalement utilisée pour son action drainante, aidant à réduire les excès d'eau dans les membres.

  • Propriétés des sommités fleuries : antalgique, anti-inflammatoire, antipyrétique (véritable « aspirine végétale » grâce à ses composants, en particulier les salicylates), diurétique, sudorifique, astringente, tonique, antispasmodique, cicatrisante, digestive.
  • Les feuilles et les fleurs sont diurétiques, fébrifuges, antispasmodiques et antirhumatismales.
  • Les racines et les feuilles sont astringentes, vulnéraires et détersives.

Cette plante, en vente libre autorisée, fait partie de la pharmacopée française.

Elle est riche en dérivés salicylés au même titre que le saule (Salix alba) dont l'extraction de l'acide salicylique de la racine a permis de synthétiser de l'aspirine. Le nom scientifique de l'aspirine, marque déposée par Bayer en 1899, provient d'ailleurs du préfixe A (pour Acétyl, l'acétylation rendant cette molécule tannique moins irritante dans le tube digestif), « spir » pour Spirsaüre (en allemand « acide de la spirée ») et « ine » (suffixe classique en chimie industrielle)[6]. Cette spirée « exhale, à la pression, une odeur de vestiaire sportif : elle est riche en aldéhyde salicylique et en acide salicylique. Ces tannins, proches par l'odeur et par leurs propriétés analgésiantes de l'acétylsalicylate qui constitue l'aspirine, entrent dans la composition des crèmes utilisées par les sportifs contre les contusions » et correspondent pour la filipendule à des rhizodépôts allélochimiques aux effets phytotoxiques (inhibition du développement d'autres espèces végétales de la rhizosphère.

Statut, menacesModifier

Ce n'est pas une plante menacée, mais elle a fortement régressé dans de nombreuses régions en raison du recul des zones humides suite aux drainages et/ou à leur comblement.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms, éditions Quæ, , p. 104
  2. Marc-André Selosse, Les Goûts et les couleurs du monde. Une histoire naturelle des tannins, de l'écologie à la santé, Actes Sud, , p. 71
  3. J.P. Ferrari, Dictionnaire étymologique de la flore française. Lechevalier, 1984
  4. Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion et Gérard Dumé, Flore forestière française : guide écologique illustré, t. 1 : Plaines et collines, Paris, Institut pour le développement forestier, , 1785 p. (ISBN 2-904740-16-3 et 978-2904740169, présentation en ligne, lire en ligne)
  5. La cueillette des savoirs – Capucine Crosnier
  6. Dominique Frémy, Quid, Éditions Robert Laffont, , p. 183

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • François Couplan et Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé. (ISBN 2-603-00952-4)
  • J.C.Rameau, D. Mansion et G. Dumé, Flore Forestière Française (1 Plaines et collines), Institut pour le Développement Forestier 1989 ; 1118-1119p.
  • Dumé (Auteur), Gauberville (Auteur), Mansion (Auteur), Rameau (Auteur), Dominique Mansion (Illustrations), Flore forestière française (guide écologique illustré), tome 1 : Plaines et collines, Institut pour le développement forestier, 2e édition, Nouvelle Flore forestière, 2018, p. 1506-1507

Liens externesModifier

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