Rehman Malik

homme politique pakistanais

Abdul Rehman Malik
Illustration.
Rehman Malik.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur

(4 ans, 11 mois et 19 jours)
Président Asif Ali Zardari
Premier ministre Youssouf Raza Gilani
Raja Pervez Ashraf
Prédécesseur Hamid Nawaz-Khan
Successeur Malik Habib
Biographie
Nom de naissance Abdul Rehman Malik
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Sialkot, Pendjab
Nationalité pakistanaise
Parti politique Parti du peuple pakistanais
Diplômé de Université de Karachi
Religion Islam

Abdul Rehman Malik ou plus simplement Rehman Malik (ourdou : رحمان ملک), né le à Sialkot, est un fonctionnaire fédéral et un homme politique pakistanais. Il a notamment été un cadre dirigeant de la Federal Investigation Agency dans les années 1990 puis ministre de l'Intérieur dans le gouvernement du Premier ministre Youssouf Raza Gilani durant les cinq années de mandat du Parti du peuple pakistanais.

Proche collaborateur du Premier ministre Benazir Bhutto, cette dernière le nomme à un poste de responsabilité au sein de la Federal Investigation Agency et mène une politique opposée à celle défendue par les militaires. Après son exil à la fin des années 1990, Rehman Malik devient le principal allié politique de Bhutto et son chef de la sécurité en 2007. Il est officiellement nommé ministre fédéral de l'Intérieur sous le gouvernement de Youssouf Raza Gilani le et occupe ce poste jusqu'en , mais avait été du au conseiller spécial auprès du Premier ministre sur l'Intérieur et le contrôle des stupéfiants.

Jeunesse et éducationModifier

Rehman Malik est né à Sialkot, le , dans le nord de la province du Pendjab. Il obtient un bachelor puis une maitrise en statistique de l'Université de Karachi en 1973[1]. En 2011, l'université lui donne le titre de « docteur honoris causale » en reconnaissance pour ses « services rendus au pays dans la guerre contre le terrorisme et en particulier pour la restauration de la paix à Karachi »[2]. Cette décision a été particulièrement critiquée par les médias et les professeurs de l'université, ces derniers ayant notamment demandé au gouverneur du Sind Ishrat-ul-Ibad Khan d'annuler cette décision[3],[4].

CarrièreModifier

Carrière de fonctionnaireModifier

 
Rehman Malik a été le plus proche conseiller politique Benazir Bhutto durant ses dernières années.

En 1973, Rehman Malik intègre en tant que fonctionnaire la NARA (National Alien Registration Authority), l'agence gouvernementale de l'immigration. En 1987, il rejoint la Federal Investigation Agency (FIA), l'agence d'enquête fédérale sous le contrôle des autorités civiles. En 1993, il est nommé directeur-général additionnel de l'agence par le Premier ministre Benazir Bhutto, devenant l'un des plus haut-fonctionnaires de son gouvernement[5].

Sa position au sein de la FIA permet à Malik de mener secrètement des opérations de surveillance et de lutte contre des éléments radicaux islamistes, allant ainsi directement à l'encontre de la politique des services secrets militaires de l'Inter-Services Intelligence. Il a également joué un rôle significatif dans l'arrestation et l'extradition de Ramzi Yousef, accusé par les américains d'être l'un des principaux planificateurs de l'attentat du World Trade Center de 1993[6]. Alors que Benazir Bhutto est démise de ses fonctions par le président Farooq Leghari le , et les élections législatives de 1997 qui voient la victoire de Nawaz Sharif, de nombreux membres de la direction du FIA sont écartés de leur fonction et certains sont emprisonnés, dont Rehman Malik qui est arrêté pour corruption[6].

Rehman est ensuite libéré sous caution, puis part en exil au Royaume-Uni où il monte une entreprise privée de sécurité appelée DM Digital Network. Il se retrouve rapidement à Londres avec Benazir Bhutto qui est également partie en exil pour échapper à des procès de corruption, et l'assiste notamment grâce à sa société de sécurité[7]. Il obtient la nationalité britannique en 2003[8].

Carrière politiqueModifier

Durant son exil au Royaume-Uni, Rehman Malik continue d'être un proche collaborateur de Benazir Bhutto, et devient son chef de sa sécurité en 2007 en remplacement de Ameen Faheem, puis se rapproche progressivement de son parti, le Parti du peuple pakistanais[9]. Il rentre fin 2007 au Pakistan en même temps que Bhutto à la suite d'un accord politique avec le président Pervez Musharraf, alors que l’ordonnance nationale de réconciliation prévoit leur amnistie, bien que sa légalité soit contestée par la Cour suprême.

Après l'assassinat de Benazir Bhutto, il y a eu de nombreuses accusations contre Rehman Malik, accusé de ne pas avoir assuré sa sécurité de façon convenable[9].

Le Parti du peuple pakistanais remporte ensuite les élections législatives de 2008. En l'absence d'un ministre de l'Intérieur dans le cabinet de Youssouf Raza Gilani avant , Rehman Malik joue officieusement le rôle de provisoire ministre de l'Intérieur du Pakistan dès le , alors qu'il est théoriquement un conseiller spécial pour l'intérieur, le renseignement et le contrôle de stupéfiants du Premier ministre. Le , il est élevé au rang de ministre fédéral de l'intérieur. En , il est élu sénateur pour un mandat de six ans[10].

En , il est suspendu de toutes ses fonctions par la Cour suprême car accusé d'avoir conservé sa double nationalité alors que la Constitution interdit les parlementaires d'avoir une nationalité étrangère. Perdant son poste à la chambre haute, il perd en conséquence son poste de ministre[11]. Il est finalement réintégré dans ses fonctions par le Premier ministre quelques semaines plus tard, après avoir été réélu sénateur en sur le même siège réservé qu'il avait du quitter[12]. Il reste en place jusqu'à la fin du mandat de la majorité gouvernementale, en .

En 2015, Rehman Malik est de nouveau élu sénateur pour un mandat de six ans[13].

RéférencesModifier

  1. (en) « Rehman Malik gets ‘PhD for peace’ by KU », sur Dawn.com, (consulté le 21 mars 2014)
  2. (en) « Rehman Malik to get PhD for peace », sur Zee News, (consulté le 21 mars 2014)
  3. (en) « KU teachers demand cancellation of Rehman Malik's honorary PhD degree », sur The Express Tribune, (consulté le 21 mars 2014)
  4. (en) « Just what the doctor ordered: Dr Rehman Malik now better equipped to heal ailing Karachi », sur The Express Tribune, (consulté le 21 mars 2014)
  5. (en) Saher Baloch, « Rehman Malik », sur Dawn.com, (consulté le 21 mars 2014)
  6. a et b (en) « Federal Investigative Agency », sur Federation of American Scientists, (consulté le 21 mars 2014)
  7. (en) Muhammad Saleh Zaafir, « Malik made federal minister », sur The News International, (consulté le 21 mars 2014)
  8. (en) « MPs with dual-nationality: Holding dual citizenship is no crime says Rehman Malik », sur The Express Tribune, (consulté le 21 mars 2014)
  9. a et b (en) « Rehman Malik biography », sur One Pakistan (consulté le 21 mars 2014)
  10. (en) « Malik takes oath as senator, PML-N stages walk out », sur Pakistan Today, (consulté le 21 mars 2014)
  11. (en) « Rehman Malik takes oath as Senator », sur Geo TV, (consulté le 21 mars 2014)
  12. (en) Rehman Malik elected to Senate unopposed sur Dawn.com, le 23 juillet 2012
  13. (en) Party-wise Senators sur senate.gov.pk

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier