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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rayon vert (homonymie).
Rayon vert observé le 14 novembre 2013 à l'Observatoire de La Silla (ESO).

Le rayon vert[1],[2],[3],[4],[5], flash vert[2],[3] ou encore éclair vert[4] (par calque[réf. nécessaire] de l'anglais green flash) est un photométéore rare[5] qui peut être observé au lever ou au coucher du Soleil et qui prend la forme d'un point vert visible quelques secondes au sommet de l'image de l'astre tandis qu'il se trouve en grande partie sous l'horizon. Un tel phénomène peut également être observé avec la Lune[6],[7].

Sommaire

ObservationModifier

Pour observer le rayon vert, le ciel doit être clair et dégagé de poussières et de particules. La présence d’un anticyclone facilite également l’observation du phénomène grâce à une haute pression (donc une densité d’air plus importante). Enfin, la ligne d’horizon doit être lointaine, pour que les rayons solaires traversent la plus grande distance d'atmosphère possible avant d’atteindre l’observateur. Pour toutes ces raisons, le rayon vert s'observe au mieux à basse altitude, là où l'horizon est dégagé, par exemple devant un océan.

Pour prolonger le temps d'observation, on peut commencer celui-ci en étant en position assise, puis, lorsque le rayon apparaît, on se lève lentement. Pour éviter un éblouissement dû aux dernières lueurs jaunes ou rouges, ce qui peut donner l'impression de voir un faux rayon vert par contraste, il faut tourner le dos au soleil et se retourner au dernier moment[8].

Il existe plusieurs types de rayons verts liés à différents phénomènes optiques. Certains d'eux sont décrits ci-dessous[9] :

Type

Caractéristiques

Conditions Meilleur endroit pour l'observer
Flash mirage inférieur « Dernier rayon » du soleil, ovale, aplati sur le dessus; dure 1 ou 2 secondes La surface du sol doit être plus chaude que l'air environnant Proche du niveau de la mer
Flash en Faux-Mirage Le soleil semble se découper en plusieurs parties (indentations) qui  semblent s'affiner vers le sommet jusqu'à arriver à un point à l'extrêmité haute du soleil; dure 1 ou 2 secondes Inversion de la couche atmosphérique sous le niveau des yeux; la surface du sol est plus froide que l'air environnant Plus on est haut, mieux on le voit ; le flash est le plus évident juste au-dessus de l'inversion
Sub-duct flash La partie haute et large d'un soleil en forme de sablier devient vert pendant une quinzaine de secondes L'observateur doit être sous une forte inversion atmosphérique Dans un intervalle d’une hauteur comprise entre la ligne horizontale formée par la basse atmosphère et le sol [3](Peut arriver à n'importe quelle altitude)
Rayon vert Un rayon de lumière verte peut être vu juste après le coucher du soleil ; il est généralement vu sur quelques degrés et dure plusieurs secondes L'air doit être brumeux et un flash vert doit servir de source de lumière Au niveau de la mer

La majorité des flashes observés sont des flash en mirage inférieur ou en Faux-mirage, les autres ne représentant qu' 1% des cas. Certains ne sont pas listés dans la table ci-dessus comme le flash de dessus de nuage (vu quand le soleil se couche dans un brouillard maritime ou dans des cumulus distants les uns des autres) et ne sont pas encore bien compris.

Explication du phénomèneModifier

Le rayon vert est un phénomène optique atmosphérique produit par la conjonction de deux phénomènes différents. La réfraction atmosphérique étant plus ou moins marquée suivant les longueurs d'onde, la partie rouge du spectre de l'astre à l'horizon est moins réfractée que la partie verte et bleue du spectre électromagnétique visible. Les rayons rouges sont alors soit cachés sous l'horizon soit très rasants au niveau du sol[10].

Dans le même temps, la diffusion de Rayleigh atténue la partie bleue du spectre visible. Seuls les rayons verts atteignent alors l'œil de l'observateur[10].

Rayon vert artificielModifier

 
Cathédrale de Strasbourg (France)
Le Rayon vert sur le dais surplombant le Christ
à 11 h 38 au printemps et à 12 h 24 à l'automne.

Certains parlent de « rayon vert » pour désigner un phénomène optique qui se produit aux équinoxes dans la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg qui projette sur la chaire une tache verte. Cet éclairage est produit par les rayons du soleil passant par une pièce d'un vitrail du triforium méridional représentant le patriarche Juda[Comment ?]. Le vitrail à l'origine de ce rayon vert date de 1875, mais les premières mentions de ce rayon vert sont très postérieures[11],[12]. Le phénomène actuellement observé remonte en fait à une réfection faite entre 1950 et 1971[13].

Dans les artsModifier

  • Le Rayon vert, roman de Jules Verne de 1882, où l'héroïne cherche à observer ce phénomène atmosphérique. Les causes possibles que l'auteur avance sont cependant inexactes, le phénomène n'étant pas dû à une illusion d'optique mais à la réfraction de la lumière dans l'atmosphère.
  • Le Rayon vert, roman de Michel Dard (1941).
  • Le Rayon vert, installation de Marcel Duchamp réalisée pour l'Exposition internationale du surréalisme en 1947 à la Galerie Maeght à Paris (œuvre perdue, documentée par la photographie)[14].
  • Le Rayon vert, film d'Éric Rohmer de 1986 dont la dernière scène permet précisément d'observer un tel phénomène.
  • Le Rayon vert (bande dessinée, 1987 et 2009), album de Frédéric Boilet paru aux Impressions nouvelles où le phénomène du rayon vert joue un rôle essentiel.
  • Une légende associe le rayon vert au passage du monde des morts au monde des vivants, comme illustré dans le film Pirates des caraïbes : Jusqu'au bout du monde.[réf. souhaitée] .

Notes et référencesModifier

  1. (en) Entrée « green flash [« rayon vert »] » [html], dans Mohammad Heydari-Malayeri, An Etymological Dictionary of Astronomy and Astrophysics: English-French-Persian [« Un dictionnaire étymologique d'astronomie et d'astrophysique : anglais-français-perse »], Paris, Observatoire de Paris, 2005-2015 (consulté le 6 juin 2015)
  2. a et b Chloé Ozanne, « Le rayon vert existe-t-il ? », La Recherche, no 390,‎ , p. 95 (lire en ligne [html])
  3. a et b Maxime Lambert, « Un étonnant « rayon vert » observé lors d'un coucher de soleil à Hawaï » [html], sur Maxisciences, mis en ligne le 2 mars 2015 (consulté le 6 juin 2015)
  4. a et b (en) Entrée « green flash [« rayon vert »] » [html] sur TERMIUM Plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada (consulté le 6 juin 2015)
  5. a et b Thierry Lombry, « Ciel bleu et rayon vert » (consulté le 2 août 2010)
  6. ESO, « Rare Moon Green Flash Captured » (consulté le 29 mai 2013)
  7. [1], sur Astronomy Picture of the Day, 5 juin 2015.
  8. Alain Cirou, « Une nuit à la belle étoile », sur Ciel et Espace, (consulté le 23 juin 2010)
  9. (en-US) « Green Flashes at a Glance », sur aty.sdsu.edu (consulté le 28 avril 2018)
  10. a et b Richard Taillet, Pascal Febvre et Loïc Villain, Dictionnaire de physique, De Boeck, coll. « De Boeck Supérieur », , 754 p., p. 468-469
  11. (en)[PDF]A. Heck, « Strasbourg green rays » dans The Multinational History of Strasbourg Astronomical Observatory, 2005, p. 256 [2]
  12. Tschaen Louis, "Rétrospective de la lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg (1984-2009), in Revue XYZ. N°124-3e trimestre 2010 (Pages 49 à 56).
  13. « Conclusion : c'est donc entre 1950 et 1971 que le verre d'origine en question a été enlevé et remplacé par un verre transparent. En conséquence, ce n'est que de cette période que peut dater le phénomène lumineux équinoxial tel qu'il existe de nos jours. » L. Tschaen, « Rétrospective de la lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg (1984-2009) », Revue XYZ, 124, 2010, p. 54
  14. Herbert Molderings, "Le bonheur même. À la recherche du 'Rayon vert' de Marcel Duchamp", Retour d'y voir, 3-4, Genève, mamco | revue, 2010, p. 9-55 ; Dominique Radrizzani, Lemancolia, Lausanne, Les Éditions Noir sur Blanc, p. 186-203

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier