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Raymond de Sèze

magistrat et homme politique français
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Raymond de Sèze
Raymond-de-Seze.jpg
Fonctions
Pair de France
-
Premier président de la Cour de cassation
-
Premier président de la Cour de cassation
-
Ministre d'État
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Paris
Sépulture
Nom de naissance
Raymond de SèzeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Fratrie
Enfants
Étienne-Romain de Sèze
Adolphe de Sèze (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions
Père-Lachaise - Raymond de Sèze 01.jpg
Tombe de Raymond de Seze (cimetière du Père Lachaise, division 53).

Raymond, comte de Sèze, ou plus communément Romain Desèze[1], il est d'abord avocat puis un magistrat et homme politique français né à Bordeaux le et mort à Paris le .

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Raymond de Sèze est né le 26 septembre 1748 à Bordeaux, de Jean de Sèze, bâtonnier de l'ordre des avocats à Bordeaux, et de Marthe du Bergier. Il est le frère de Paul-Victor de Seze[2] qui perpétue la branche restée bourgeoise. Celle-ci porte toujours les armoiries d'avant 1817 décrites ci-dessous. Son neveu, Aurélien, fut célèbre pour l'amitié amoureuse qui le lia dans sa jeunesse à George Sand.

En l'église Saint-Nicolas de Graves, Raymond Desèze épouse le 12 mai 1780 Marguerite Brethous, veuve de Pierre Lazare Dumas. Celle-ci a 30 ans, elle est la fille d'Étienne Brethous, avocat au parlement, et de Marie de Cercelier, elle a deux filles, Marie et Jenny.

Les enfants du couple sont[3] :

  • Étienne-Romain de Sèze (1780-1862), premier président de chambre et pair de France, il épouse le 12 août 1822 Armande Bernard de Montebise âgée de 33 ans ;
  • Adolphe de Sèze, maître des requêtes au Conseil d'État ; il épouse Henriette Alexandrine Clara Morel de Foucaucourt, fille du baron Édouard Morel de Foucaucourt, colonel à l'état-major ;
  • Honorine de Sèze, épouse de Hubert Rohault de Fleury, d'abord lieutenant-colonel du génie puis par la suite directeur de l'École polytechnique, général et pair de France.

Carrière d'avocatModifier

 
Portrait de Raymond de Sèze.

D'une famille ancienne, après avoir fait son droit, il plaide d'abord dans sa ville natale, puis il est appelé à Paris par le ministre Vergennes, il défend à son début la cause des filles d'Helvétius. Il est choisi pour être le conseil de Marie-Antoinette dans l'affaire du collier de la reine, et fait acquitter Pierre-Victor de Besenval, accusé de haute trahison (1789).

Il est désigné par le roi Louis XVI, au refus de Target, pour être adjoint à ses défenseurs Tronchet et Malesherbes. Il plaide avec courage la défense du roi devant la Convention, le .

Sa défense du roi Louis XVI devant la Convention en 1792Modifier

Sur la demande de Tronchet et de Malesherbes, le roi accepte un nouveau conseil en la personne de Raymond de Sèze. Ce dernier est averti le 16 décembre 1792 et il se met au travail le 21. Dans la journée il lit les pièces du dossier et la nuit il rédige une plaidoirie. Le 25 décembre il présente son projet au roi et le 26 il plaide devant la Convention. Sa plaidoirie repose sur les points suivants :

  • incompétence de la Convention et illégalité de la procédure
  • justifications des grandes décisions du roi depuis la tenue des États généraux autour de l'idée que Louis XVI n'a jamais voulu le malheur de son peuple et qu'il n'a jamais voulu que le sang coule

Enfin il s'exclame : « Citoyens, je vous parlerai ici avec la franchise d'un homme libre : je cherche parmi vous des juges et je n'y vois que des accusateurs. Vous voulez prononcer sur le sort de Louis ; et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et vos opinions parcourent l'Europe ! Louis sera donc le seul français pour lequel il n'existera aucune loi ni aucune forme ? Il n'aura ni les droits des citoyens, ni les prérogatives de roi. Il ne jouira ni de son ancienne condition, ni de la nouvelle. Quelle étrange et inconcevable destinée[3] ! »

Il est par suite arrêté comme suspect dans sa maison de campagne de Brévannes, près de Corbeil, et détenu à la prison de la Force jusqu'au , puis transféré dans une maison d'où il sort après le 9 thermidor an II ().

La RestaurationModifier

 
Portrait de Raymond de Sèze, premier président de la Cour de cassation.

En 1815, il est nommé président de la Cour de cassation et le 17 août 1815 pair de France.

Élu à l'Académie française le , en remplacement de Jean-François Ducis (33e fauteuil), il y est reçu par le marquis Louis de Fontanes le 25 août suivant. Il répond au discours de réception de Georges Cuvier.

Il est fait comte le par le roi Louis XVIII.

Il est nommé, par le roi Louis XVIII[3] grand trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit et président du collège électoral de la Gironde, puis, par le roi Charles X[3], président du collège électoral de la Seine et ministre d'État.

Raymond de Sèze est franc-maçon, il appartient à la loge les Neuf Sœurs[3], qui fut également celle de Voltaire.

 
Tombe de Raymond de Sèze au cimetière du Père Lachaise.

Il meurt le 2 mai 1828 et est enterré au cimetière du Père Lachaise (division 53). À sa mort, Chateaubriand prononce son éloge funèbre à la Chambre des pairs le 18 juin 1828. Son fils Étienne-Romain (1780-1862) lui succède à la Chambre des pairs[5].

Une rose gallique lui est dédiée sous le nom de 'Président de Sèze'.

Témoignage du roi Louis XVIModifier

 
Plaque commémorative.

« Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Seze[2] de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi. »[3]

Autres fonctionsModifier

Nommé par le roi Louis XVIII[3] :

Nommé par le roi Charles X[3] :

  • Président du collège électoral de la Seine
  • Ministre d'État

PublicationsModifier

  • Essai sur les maximes et sur les lois fondamentales de la monarchie française. Les vœux d’un citoyen adressés au tiers état de Bordeaux, 1789
  • Observations sur le danger de l’établissement d’un tribunal de cassation dans les colonies. Plaidoyer pour le baron de Besenval, 1790
  • Réflexions sur l’établissement de la Caisse de Poissy [à l’Assemblée nationale], Paris, Prault, 1790, in-4°, 19 p.
  • Convention Nationale. Défense de Louis, prononcée à la Barre de la Convention Nationale, le Mercredi 26 Décembre 1792, l'an premier de la République, par le Citoyen Deseze, l'un de ses défenseurs officieux ; Imprimé par ordre de la Convention Nationale, Paris, Imprimerie Nationale, 1792, in-8°, [2 (titre, avertissement)], 49, [1 bl.] p.
  • La nation française justifiée d’avoir pris part au crime de la mort de Louis XVI, 1817
  • Requête au Roi pour la marquise C. de Douhault, 1818
  • Réponse au discours de réception de Georges Cuvier, 1818
  • Discours sur les prix de vertu 1824, 1824

PostéritéModifier

La rue de Sèze dans les 8e et 9e arrondissements de Paris lui rend hommage.

Notes et référencesModifier

  1. Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse précise : « Bien qu'il ait toujours porté ce prénom de Romain et qu'il l'ait lui-même transmis à son fils aîné, son acte de baptême ne lui donne que celui de Raymond. Son père, Jean Desèze, originaire de la petite ville de Saint-Émilion, ne prenait aucune qualification nobiliaire. Pourtant sa famille était ancienne et appartenait à la noblesse de robe. »
  2. a et b André Sevin, de Seze : Défenseur du Roi (1748-1828) - p.1, ndbp 1: « Nous écrivons ce nom sans accent parce que le défenseur de Louis XVI l'écrivait ainsi. Il attachait même une telle importance à cette graphie que nous le voyons, en 1827, demander au procureur général de « "s'occuper … au corps municipal des moyens de réparer le vice de l'étiquette de son nom dans la rue de Sèze, et du retranchement à faire de l'accent qu'on a mis mal à propos sur le premier e qui en dénature absolument la prononciation » (R. de S.). M. le comte de Sèze, héritier direct du nom, maintient néanmoins l'accent parce que celui-ci figure sur les lettres d'anoblissement données par Louis XVIII à son illustre aïeul »
  3. a b c d e f g et h André Sevin, de Seze : Défenseur du Roi (1748-1828), François-Xavier Guibert, coll. « Histoire », , 413 p. (ISBN 978-2868392466), p. 55, 94, 215, 320, 329, 376, 385-386, 413.
  4. a et b http://www.euraldic.com/blas_se2.html : armorial de Rietstap.
  5. Raoul de Warren, Les Pairs de France au XIXe siècle, les Cahiers nobles, 1959 : voir sous le numéro 426.

SourcesModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier