Raymond de Poitiers

prince d'Antioche
Raymond de Poitiers
Raymond de Poitiers accueillant Louis VII à Antioche.
Titre de noblesse
Prince d'Antioche
-
Prédécesseur
Avec
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Père
Mère
Fratrie
Guillaume X
Henri de Poitiers (d)
Agnès d'AquitaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Constance d'Antioche (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Bohémond III d'Antioche
Marie d'Antioche
Philippa d'Antioche (en)
Baudouin d'Antioche (en)
Raymond d'Antioche (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit

Raymond de Poitiers, né vers 1115, mort le , prince d'Antioche de 1136 à 1149, est le second fils du duc Guillaume IX d'Aquitaine et comte de Poitiers, et de sa femme Philippa de Toulouse.

Biographie modifier

 
La principauté d'Antioche et les États latins de la région en 1135.

Il épouse en 1136 Constance, âgée de 10 ans, fille et héritière de Bohémond II, prince d'Antioche et d'Alix de Jérusalem, et assure le gouvernement de la principauté après les régences de Baudouin II et de Foulque, rois de Jérusalem. Le mariage a l'approbation du patriarche d'Antioche, mais pas celui d'Alix de Jérusalem, à qui Raymond fait croire qu'il va l'épouser. Les premières années du règne commun de Raymond et de Constance sont occupées par des conflits avec l'empereur byzantin Jean II Comnène, qui cherche à récupérer la Cilicie et à réaffirmer ses droits sur Antioche. Raymond est obligé de lui prêter l'hommage lige et de s'engager à lui céder Antioche dès que Jean II et lui auraient conquis des terres plus à l'est. L'expédition de 1138, à laquelle prennent part Jean et Raymond, est un échec. Raymond est en effet peu pressé de conquérir un fief, ce qui signifierait de se départir d'Antioche. Jean retourne à Constantinople après avoir demandé en vain le retour de la citadelle d'Antioche.

Se produit ensuite une lutte entre Raymond et le patriarche, Raoul de Domfront. Raymond est gêné par l'hommage qu'il a dû prêter au patriarche en 1135, qui est membre de l'opposition et qui s'est fait élire de manière irrégulière. Raymond triomphe en 1139, faisant déposer le patriarche et le remplaçant par Aimery de Limoges. En 1142, Jean II Comnène revient à l'attaque, mais Raymond refuse de reconnaître sa précédente soumission, et Jean ravage les abords de la ville, incapable de lancer une autre action contre Raymond. Par la suite, Manuel Ier Comnène, successeur de Jean II, oblige Raymond à faire une visite humiliante à Constantinople où il doit renouveler son hommage et accepter la présence d'un patriarche grec.

 
Raymond de Poitiers accueillant Louis VII à Antioche, d'après une enluminure de Jean Colombe pour Les Passages d'oultre mer de Sébastien Mamerot, vers 1473-1474.

Pendant la deuxième croisade, Louis VII, roi des Francs et sa femme Aliénor d'Aquitaine, nièce de Raymond, s'arrêtent à Antioche, en mars 1148[1]. Raymond cherche à les inciter à prendre Alep, Hama et Césarée (de Syrie) avant de descendre vers Jérusalem. En effet les projets de Raymond sont très clairs: la reconquête d'Édesse, dont la perte a déclenché la croisade. La sécurité d'Antioche dépend de l'arrière- pays sans cesse menacé par les Turcs[2]. Contre toute attente, Louis VII refuse, préférant poursuivre son pèlerinage. Raymond et sa nièce sont si proches, dit-on, que Louis en prend ombrage. Certains chroniqueurs, notamment Jean de Salisbury et Guillaume de Tyr, qui ne sont pas des témoins directs, insinuent même, par la suite, la possibilité d'une infidélité de la reine. Guillaume de Tyr se plaçe cependant sur un plan purement politique. Ce sont en effet, selon lui, les ambitions personnelles de Raymond qui sont à l'origine de l'incident d'Antioche. Eudes de Deuil, témoin direct en tant que chapelain de la croisade, arrête son récit exactement à la date d'arrivée à Antioche. Ces positions ont depuis été très nuancées par les historiens modernes, notamment par Jean Flori. Aliénor se range à l'avis de son oncle et menaçe Louis VII de faire annuler leur mariage et de demeurer à Antioche, si le secours de la croisade est refusé à Raymond[3]. Louis se résout à emmener Aliénor de force, sur les conseils de son entourage. Les époux sont néanmoins réconcilés par le pape Eugène III à Tusculum, en octobre 1149. Leur seconde fille naît en 1150. Cependant le mariage est annulé, pour cause de consanguinité, en mars 1152[4]. Aliénor épouse en secondes noces, le 18 mai 1152, Henri Plantagenêt, le futur roi d'Angleterre[5].

Le , Raymond est tué à la bataille d'Inab, pendant une expédition contre Nur ad-Din. Sa tête est envoyée par le vainqueur au calife de Bagdad[6]. Raymond est décrit par Guillaume de Tyr comme « un seigneur d'ascendance très noble, de figure grande et élégante, le plus beau des princes de la terre, un homme d'une conversation et d'une affabilité charmante », fort dans le maniement des armes et dans l'expérience militaire, « protecteur des lettres bien qu'illettré », un croyant sincère et un mari fidèle, mais une personnalité entêtée, colérique et peu raisonnable.

Postérité modifier

De son mariage avec Constance d'Antioche, naissent:

Notes et références modifier

  1. Régine Pernoud, Aliénor d'Aquitaine, Paris, Albin Michel, , 315 p. (ISBN 2-253-03129-1), p. 70.
  2. Régine Pernoud, op.cit., p. 74.
  3. Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, La reine insoumise, Paris, Payot, , 545 p. (ISBN 2-228-89829-5), p. 295-335.
  4. Jean Flori, op.cit., p. 80.
  5. Jean Flori, op.cit., p. 83.
  6. Régine Pernoud, op.cit., p. 81.
  7. (en) Charles Cawley, « Princes of Antioch 1136-1268 (Poitiers), Constance 1130-1163 », sur Foundation for Medieval Genealogy.

Annexes modifier

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Bibliographie modifier

Liens externes modifier