Raymond-Marie Rouleau

prélat catholique

Raymond-Marie Rouleau
Image illustrative de l’article Raymond-Marie Rouleau
Biographie
Naissance
L'Isle-Verte (Canada)
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Ordination sacerdotale
Décès (à 65 ans)
Québec (Canada)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Pietro in Montorio
Évêque de l'Église catholique
Consécration épiscopale par
Pietro di Maria
Archevêque de Québec
Évêque de Valleyfield

Blason
Caritas veritas
Caritas veritas
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Raymond-Marie Rouleau, né le à L'Isle-Verte et décédé le à Québec, est un ecclésiastique canadien. Il fut évêque de Valleyfield, archevêque de Québec de 1927 à 1931 et cardinal.

BiographieModifier

Jeunesse et étudesModifier

Issu d'une famille de cultivateurs catholiques et d'une mère de descendance écossaise, Raymond-Marie Rouleau naît à L'Isle-Verte dans le comté de Témiscouata, le . Il reçoit le même prénom que son père au baptême, Félix; Raymond-Marie étant son nom de religion[1]. Il fit ses études primaires à l'école locale et apprit le latin avec son oncle, l'abbé Rouleau, chanoine et curé de la cathédrale de Rimouski.

À 13 ans, en , il entre au séminaire de Rimouski pour y faire son cours classique. c'est en septembre 1885, à l'âge de 19 ans, qu'il prit officiellement la soutane. On rapporte qu'il choisit cette voie après avoir été guéri de la phtisie à la suite d'un vœu.

Parcours chez les DominicainsModifier

Il rejoint donc les Dominicains, établis depuis 1874 à Saint-Hyacinthe, le 8 décembre 1886. Son noviciat terminé, il prononça ses premiers vœux le , puis ses vœux perpétuels le 4 août 1891[1]. En France, on vivait alors sous le coup de la loi des expulsions, et, au Canada, les études régulières pour les jeunes Dominicains n'étaient pas encore organisées.

Le frère Rouleau partit en conséquence pour la Corse, et c'est au célèbre couvent de Corbara qu'il compléta sa formation intellectuelle. C'est là, également, que, le , il fit sa profession solennelle dans les mains du père Monpeur. Le frère Raymond-Marie Rouleau fut ordonné prêtre, en Corse, par La Foata, évêque d'Ajaccio, le . Il continua deux ans encore, au même couvent de Corbara, ses études théologiques, qu'il couronna par l'obtention du grade de lecteur, qui équivaut, chez les Dominicains, au titre de docteur dans les autres universités. En , il revenait au Canada, étant assigné au couvent de Saint-Hyacinthe.

On lui confia d'abord, à Saint-Hyacinthe, les fonctions de maître des novices, puis celles de régent des études, de 1894 à 1900. En 1900, il passait en cette qualité de régent, à Ottawa, au couvent régulier de l'ordre, qui s'établissait, et dont il devint le prieur le de cette même année 1900. Le , après de brillants examens, il recevait le grade suprême de maître en saint Thomas. Enfin, le , le père Rouleau était élu provincial des Dominicains pour la province du Canada. Il gouverna donc, en même temps qu'il enseignait encore, et cela avec une sagesse et une science auxquelles ses confrères ont maintes fois rendu les plus complets des hommages.

Son action de prêcheur et d'apôtre rayonnait pareillement au dehors. Il donnait des retraites dans les paroisses, dans les communautés, au clergé, partout où il était appelé, autant que ses autres occupations le lui permettaient. Il fut plusieurs années, à la curie archiépiscopale d'Ottawa, le défenseur du lien matrimonial, et il accompagna Joseph-Thomas Duhamel, en qualité de théologien, au concile plénier de Québec en 1909. Il était devenu le conseiller estimé de nos délégués apostoliques, et l'on savait, parmi les initiés, que Rome le chargeait souvent dans les communautés de hautes missions de confiance. Les Canadiens-Français de l'Ontario, en butte à tant de tracasseries, eurent plus d'une fois recours à ses lumières, et son patriotisme discret autant qu'éclairé leur a été d'un large soutien.

Évêque de ValleyfieldModifier

On s'est étonné parfois qu'il ait pu suffire pendant plus de vingt ans à tant de besognes diverses. À Rome, on voit les hommes et les choses de haut et de loin, mais on les voit d'un coup d'œil pénétrant et sûr. Le , le père Raymond-Marie Rouleau, provincial des Dominicains, était élu évêque de Valleyfield, où il succédait à Joseph-Médard Emard promu à l'archevêché d'Ottawa. Il fut sacré, dans sa cathédrale de Valleyfield, par le délégué papal du temps, Di Maria, le suivant. Ce n'était qu'une étape. Trois ans plus tard, le , Rouleau était appelé à aller occuper, à Québec, le siège de Laval, que les morts rapprochées du cardinal Bégin et de son successeur immédiat l'archevêque Paul-Eugène Roy avaient laissé vacant.

Archevêque de QuébecModifier

Intronisé à Québec le , le nouvel archevêque fut décoré du pallium le . Ce n'était encore qu'un acheminement. En effet, au consistoire du , Rouleau était créé cardinal de la sainte Église, du titre de Saint-Pierre de Montorio. Son ascension avait été rapide, qui l'avait mené, en moins de cinq ans, de sa cellule de moine, au sommet de la hiérarchie canadienne et à la pourpre romaine. Le , après moins de quatre ans, le cardinal mourait à Québec, dans son palais archiépiscopal, foudroyé par une crise d'angine. Il avait 65 ans d'âge[2].

Devenu évêque à Salaberry-de-Valleyfield, puis archevêque et cardinal à Québec, il garda son habit blanc de moine, mais dut y ajouter des insignes violets ou pourpres.

Du point de vue intellectuel ou moral, on savait que Rouleau, après trente-sept ans de vie dominicaine, consacrée surtout à l'enseignement, était resté un homme d'étude et que c'était un érudit et un savant en toutes sortes de connaissances. Il semble que cela se voyait, jusqu'à un certain point, dans sa manière d'être et dans ses allures.

Il portait quand même allègrement le fardeau des grandeurs. Mais il se plaisait encore davantage à s'élever vers les hautes considérations de la pensée. Il n'était jamais plus lui-même, a-t-on dit justement, que lorsqu'il prononçait quelque important discours en présence de son clergé ou devant le personnel universitaire, ou écrivait l'une de ces lettres pastorales, si fortes de substance et si lumineuses d'expression, comme il en produisit tant. C'est que, s'il s'entendait parfaitement dans les choses de l'administration et des affaires, ce qui était nécessaire à l'accomplissement des devoirs de sa charge d'évêque et de premier pasteur, le cardinal restait avant tout un homme de doctrine et un "prêcheur" dans le plus beau sens du terme.

Ses discours et ses écrits témoignèrent constamment de sa haute science, de sa vaste érudition, de sa connaissance supérieure des hommes et des choses. C'était d'abord un docteur — il était maître en saint Thomas — dont la valeur intellectuelle, tout autant que les belles qualités morales, assurait l'autorité et fortifiait l'ascendant qu'il prenait si vite sur tous ceux qui venaient en relation avec lui. Et c'est ce pourquoi, semble-t-il, plus que pour toute autre raison, le cardinal Rouleau a été, comme tout naturellement, un si grand chef dans l'Église de Dieu.

Dans les diverses charges qu'il a occupées chez les Dominicains, puis à la tête des diocèses qu'il a dirigés, il a su, certes, gouverner sans faiblesse, avec autant de fermeté que de sagesse et de prudence. Quand il revint de Rome, revêtu de la pourpre, en , l'un de ses anciens condisciples dominicains lui en rendait le témoignage. "Il sait attendre, écrivait-il, et il sait prévoir. Il sait donner des directions qui assurent le succès, comme il sait réprimer les excès qui compromettent une direction."

Nemo tam pater ! Toujours sa bonté de cœur sut tempérer ce que le maniement de l'autorité a nécessairement d'un peu rude et sévère. À cause de cela, non seulement on lui obéissait, mais encore on aimait à lui obéir, ce qui vaut mieux en plus d'un sens. En somme, le cardinal Raymond-Marie Rouleau, de l'ordre des Frères Prêcheurs, deuxième évêque de Valleyfield, puis dix-neuvième évêque et septième archevêque de Québec, aura été un grand citoyen de son pays et un magnifique pasteur des âmes. C'est l'un des hommes d'Église, au Canada, qui a fait le plus honneur à son pays.

RéférencesModifier

  1. a et b « Card. Raymond-Marie ROULEAU, O.P. – Archives de l'Archidiocèse de Québec » (consulté le )
  2. « Raymond-Marie Rouleau », sur Touslesdeces.com (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier