Rachat du premier-né

Rachat du premier-né
Image illustrative de l’article Rachat du premier-né
Un bébé en train d’être racheté
Sources halakhiques
Textes dans la Loi juive relatifs à cet article
Bible Exode 13:12-15, 22:29 & 34:20 ; Nombres 3:45, 8:17 & 18:16 ; Lévitique 12:2-4
Sefer Hamitzvot Asse no 79
Sefer HaHinoukh Mitzva no 18
Mishné Torah Sefer Zeraïm, hilkhot bikkourim, chapitre 11
Choulhan Aroukh Yore Dea 305

Dans la tradition juive, tout père doit racheter son enfant (hébreu פדיון הבן, Pidyon HaBen), le premier-né masculin, à Dieu[1].

Cette tradition ne s'applique pas aux Cohanim et Leviim.

Le Pidyon HaBen est une mitsva, une loi, et est toujours observé aujourd'hui, en particulier par les Juifs traditionalistes, orthodoxes ou massortis. Cette pratique s'inscrit dans une conception plus générale qui veut que chaque premier produit (prémices) du travail de l'Homme ou de ses biens soit consacré à Dieu.

Cet enfant mâle doit être le premier-né de sa mère qui n'aura pas fait antérieurement de fausse-couche après 40 jours de grossesse[2] ni subi d'avortement auparavant, et doit être mis au monde par voie basse[3]. Si la fausse couche est survenue entre le 41e jour et le troisième mois de grossesse, le rachat de son fils suivant peut avoir lieu mais la bénédiction dite par le père est omise[2].

Les Lévites et les Cohanim ne rachètent pas leur fils premier-né lors de la cérémonie du Pidyon HaBen. La raison en est que les Lévites, en tant que substituts du premier-né, sont engagés à exercer un ministère et à assister les Cohanim dans le service divin, et ne peuvent être rachetés de cette obligation de service.

Le premier-né de la fille d'un Lévite ou d'un Cohen n'est pas racheté[4].

Le rachat du premier-né est estimé à 5 sicles d'argent du sanctuaire (ou 100 guéras) pour un mâle d'un mois et au-dessus ; il se fera pour tout premier-né âgé d'un mois.

Calcul du prix de rachatModifier

Nombres 18:16 - « Tu les feras racheter dès l'âge d'un mois, d'après ton estimation, au prix de 5 sicles d'argent, selon le sicle du sanctuaire qui est de 20 guéras ».

Le guéra équivalait à 160 grains d'orge, environ 465 g (16,4 onces ou 1,025 lb).

  • 5 sicles X 20 guéras
  • 100 guéras X 465 g ou 160 grains d'orge
  • 46,5 kg ou 16 000 grains d'orge (*)

(*) C'est à la valeur de l'orge qu'on déterminera l'équivalence en argent. À titre informatif, le prix de l'orge du printemps 2014 s'estimait à 187 €/T.

La somme remise peut être d'une valeur supérieure à celle indiquée.

À qui remettre le rachat du premier-né ?Modifier

 
Éléments d'un Pidyon HaBen en 2008

À ceux qui se consacrent au service de Dieu.

À l'époque de Moïse, la tribu qui recevait le rachat des premiers-nés était la tribu de Lévi, dont tous les membres étaient entièrement dédiés au sacerdoce et à l'offrande des sacrifices à Dieu.

De nos jours, il faut utiliser son bon jugement et son bon sens pour déterminer à qui remettre le prix du rachat, à un Lévi ou plus généralement à tout Cohen légitime, chômer chabbat et mitzvah, afin que le rachat du premier-né soit agréable devant Dieu.

 
Ordre de rachat d'un fils provenant d'un livre de prières (siddour) indien en hébreu-marathi, traduit par Rajpurkar et Joseph Ezekiel en 1889

CérémonieModifier

Chez les Ashkénazes, l'événement commence par un repas de fête, contrairement à une Brit Mila ou à un mariage où le repas suit la cérémonie. Si la famille est sépharade, l'événement commence par la cérémonie. Les aliments étendent la mitsva de la cérémonie à toutes les personnes présentes qui les consomment.

La cérémonie se déroule traditionnellement en présence des membres de la famille et devant un minyan (quorum) de dix hommes parmi lesquels doit se trouver un Cohen. L'enfant est parfois présenté sur un plateau d'argent, entouré de bijoux prêtés pour l'occasion par les femmes présentes pour embellir la mitsva[5].

Le nouveau-né vêtu de blanc passe des bras de son père puis à ceux du Cohen, lequel se sera lavé les mains et aura rompu le pain. À ce moment-là (et symboliquement, depuis sa naissance), l'enfant appartient au Cohen. Ce dernier pose au père des questions rituelles pour savoir s'il s'agit bien du premier-né de la mère israélite (sans fausse couche dans le passé). Le père indique qu'il est venu racheter l'enfant selon les directives de la Torah. Le Cohen demande au père ce qu'il préférerait avoir, l'enfant ou les cinq shekels d'argent qu'il devra payer. Le père déclare qu'il préfère l'enfant à cet argent, puis il récite une bénédiction et remet cinq pièces d'argent (ou une quantité équivalente d'argent). Le Cohen détient les pièces de monnaie au-dessus de l'enfant puis déclare que le prix de rachat est reçu et accepté à la place de l'enfant. Il bénit alors l'enfant.

RemarqueModifier

L'historien et dramaturge romain du Ier siècle Tacite qualifie d'excentrique la coutume des Juifs à ne vouloir supprimer aucun nourrisson, contrairement aux coutumes romaines[6].

Notes et référencesModifier

  1. Exode 13:2 ; 13:12-15, 22:29 ; 34:19 ; Lévitique 27:25 ; Nombres 3:51 ; 8:17 ; 18:15
  2. a et b Donin, Hayim Halevy (1972). To Be a Jew. Basic Books. p. 277. (ISBN 0-465-08624-1)
  3. Shulkhan Arukh, Yoreh De'ah 305:2
  4. « Parshat Chukat 5762 - ParshaPix - OU.ORG », sur web.archive.org, (consulté le 28 septembre 2019)
  5. « What are some customs observed at a Pidyon Haben? - life cycle pidyon haben mitzvot », sur www.askmoses.com (consulté le 28 septembre 2019)
  6. Robert Étienne, « La Conscience médicale antique et la vie des enfants », Annales de démographie historique, 1973, numéro consacré à « Enfant et Société ».