Réting

monastère de la lointaine banlieue de lhassa

Monastère de Réting
Image illustrative de l’article Réting
Le monastère de Réting en 2009
Présentation
Nom local རྭ་སྒྲེང་དགོན།
Réting gönpa
Culte Bouddhisme tibétain, autrefois kadampa
depuis XIVe~XVe, Gélougpa
Type Monastère
Autres campagnes de travaux détruit pedant la révolution culturelle, puis reconstruite
Style dominant Tibétain
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Région Région autonome du Tibet
Département Ville-préfecture de Lhassa, xian de Lhünzhub
Ville canton de Tanggu (zh)
Coordonnées 30° 18′ 36″ nord, 91° 30′ 47″ est
Géolocalisation sur la carte : Chine
(Voir situation sur carte : Chine)
Monastère de Réting
Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet
(Voir situation sur carte : Région autonome du Tibet)
Monastère de Réting

Le monastère de Réting (ou Radreng) (tibétain : རྭ་སྒྲེང་དགོན།, Wylie : rwa sgreng dgon pa, chinois : 热振寺 ; pinyin : rèzhèn sì) est un monastère du bouddhisme tibétain situé dans le canton de Tanggu (zh) (唐古乡), dans le xian de Lhünzhub, ville-préfecture de Lhassa, dans la région autonome du Tibet. Ses vestiges se trouvent à une centaine de kilomètres au nord de Lhassa, dans la vallée du fleuve Reting.

HistoireModifier

 
Le monastère Reting dans la vallée pierreuse de la rivière Reting rongchu (rwa sgreng rong chu) vu d'en haut. Le temple principal et la salle de réunion sont au centre du complexe surmonté d'un toit doré. Photo de 1950 par le diplomate britannique Hugh Edward Richardson.

Le monastère fut fondé par Dromtönpa, disciple d'Atisha en 1056 ou 1057 à Réting (Radreng / Rva-sgreng) et devint le siège de la lignée kadampa apparue à cette période de renouveau du bouddhisme au Tibet.

Son fondateur y transporta une partie des reliques du maître de méditation indien Atisha.

Je Tsongkhapa (1357–1419), fondateur du Gelugpa, réforme le Kadam, qui prend alors le nom actuel de Gelug. Réting devient alors un important monastère Gelug et le siège du Réting Rinpoché[1].

En 1934, année du chien de bois du 16e cycle), le 5e Reting Hutuktu Thubden Jampal Yeshe Tenpai Gyaltsen ( Wylie : rwa-skreng thub-bstan ‘jam-dpal ye-shes bstan-pa’i rgyal-mtshan, 1912-1947), à l'âge de 23 ans, devient un régent en place du Kashag et est en charage du gouvernement. Il fait construire la base et la structure principale de base du mémoriel de la stupa d'or (tibétain : kser-sdong dke-leks ‘dod-‘jo)[2].

En 1947, pendant la période s'indépendance de facto du Tibet occidental et central (1912-1951), les moines de Réting tuèrent 16 des 30 soldats tibétains venus arrêter le 5e Réting Rinpoché, l'ancien régent accusé de tentative de meurtre du nouveau régent, Taktra Rinpoché. En réponse, le gouvernement tibétain envoya d'autres soldats qui saccagèrent et pillèrent le monastère : statues fracassées, thangkas arrachées de leur support, livres précieux arrachés de leur reliure et éparpillés au sol. Selon Gyeten Namgyal, à l'instar du temple de Tengyeling trente ans auparavant, tous les bâtiments furent détruits[2]. Pourtant, une photo du diplomate britannique, Hugh Richardson du monastère en 1950, est décrite par Stephen Batchelor comme une vue de Réting du temps de sa splendeur[3].

Le monastère fut de nouveau détruit pendant la révolution culturelle puis partiellement restauré[4],[5]. Le monastère de Shide, signifiant paix en tibétain, lié à celui de Réting, et domicile du Hutuktu de Réting[6], fut brûlé et pillé par les Chinois quand il combattirent les Tibétains en 1911-1912[7]. Il fut détruit durant la révolution culturelle. A l'écart des circuits pour touristes, il n'a pas été reconstruit. Une nonne en a gardé les ruines pendant plus de 20 ans[8]. Des travaux de rénovations ont débuté en , le gouvernement central chinois a pour cela engagé 15 millions de yuans (2,28 millions de dollars). Les murs fissurés sont réparés, mais ceux risquant de faire effondrer la structure sont détruits et reconstruits dans le style original, en se basant sur des documents d'archive. Des spécialistes sont sur place durant les travaux pour protéger les fresques[6].

GalerieModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, coll. « Les guides du voyageur », Éditions Olizane, 1998, 1211 p., pp. 615-616 (« Monastère de Reting »)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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RéférencesModifier

  1. Dowman, Keith. (1988). The Power-Places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide, p. 94. Routledge & Kegan Paul, London. (ISBN 0-7102-1370-0)
  2. a et b (en) Gyeten Namgyal, A Tailor's Tale. As Recounted by Gyeten Namgyal to Kim Yeshi, extrait dans The Fifth Reting Hutuktu Thubden Jampal Yeshe Tenpai Gyaltsen (1912-1947), sur le site HH RETING HUTUKTU : « Soldiers were sent in, Reting was looted and all the buildings destroyed, just the way Tengyeling had been thirty years before. I was appalled when I heard what had happened. Statues were smashed, thankas torn from their brocades and precious volumes pulled out of their cloth bindings and strewn everywhere. »
  3. Stephen Batchelor, The Tibet Guide. Foreword by the Dalai Lama. Wisdom Publications, 1987. (ISBN 0861710460), p. 208 : « Reting Monastery in its former splendour, 1950. », « Photographic acknowledgements ... Hugh Richardson ... 208 ... »
  4. Bradley Mayhew and Michael Kohn, Tibet, 6th edition, Lonely Planet Publications, 2005, p. 142, (ISBN 1-74059-523-8).
  5. Stephen Batchelor, op. cit., p. 207
  6. a et b Xinhua, « Un ancien monastère tibétain sera rénové », sur french.people.cn,
  7. Charles Alfred Bell, The People of Tibet, p. 126
  8. Pierre-Yves Ginet, Marie-José Chombart de Lauwe, Femmes en résistance, Verlhac, 2009, (ISBN 2916954449 et 9782916954448), p. 51