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Réservoir de Montsouris

Vue du réservoir le long de l'avenue Reille.

Le réservoir de Montsouris, nommé parfois réservoir de la Vanne[1], est l'un des cinq principaux réservoirs d'eau de la ville de Paris. Situé dans le 14e arrondissement de la capitale et dans un quadrilatère formé par l'avenue Reille, la rue de la Tombe-Issoire et la rue Saint-Yves, l'ouvrage a été achevé en 1873, pour l'alimentation en eau de toute la partie sud de la ville. En 2010, il est géré par la société Eau de Paris.

HistoireModifier

 
Photographie du chantier de construction, 1869.

ConstructionModifier

Le réservoir de Montsouris est construit, entre 1868 et 1873, par l'ingénieur Eugène Belgrand. Il fait partie d'un ensemble de nouveaux réservoirs qui ont pour but d'améliorer progressivement l'alimentation en eau des Parisiens. Les eaux de la Seine deviennent de plus en plus impropres à la consommation à la fin du XIXe siècle, en raison de leur variation de température saisonnière et du développement industriel et urbain en amont de la capitale. Le réservoir de Montsouris est situé sur un des points élevés du sud de Paris, près du parc Montsouris. Le quartier des Champs-Élysées a été le premier à bénéficier de ses eaux en 1875[2].

ConsolidationsModifier

Bâti sur d'anciennes carrières, le réservoir a suscité le plus grand chantier de consolidations souterraines jusqu'alors réalisé au moment de sa construction. Les travaux ont été supervisés par Octave Keller, futur Inspecteur général des carrières de la Seine. Près de 1 800 piliers maçonnés sont construits afin de soutenir le poids du réservoir et de ses 203 000 m3 d'eau, et cinq cloches de fontis consolidées[3],[2],[4].

Alimentation et capacitéModifier

 
Arrivée d'eau d'une source dans un des bassins du réservoir.
 
Détail de la lanterne principale.

Le réservoir de Montsouris recueille et stocke l'eau venant de la Vanne à Fontvannes dans l'Aube et des rivières Voulzie et Lunain dans les régions de Provins et de Fontainebleau en Seine-et-Marne. Elles transitent respectivement par les aqueducs d'Arcueil et de Cachan et les aqueducs de la Vanne et du Loing au sud de Paris. Alors que les eaux des aqueducs venaient directement des sources, depuis les années 2000, elles sont préalablement traitées par l'usine de L'Haÿ-les-Roses avant leur stockage à Montsouris pour respecter les normes européennes. Les eaux sont acheminées uniquement par la force gravitaire (sans électricité et pompage) due à la déclivité de la pente des aqueducs sur les 130 km maximum de leurs parcours[2].

Construit sous le couvert d'une butte plantée de gazon (trois hectares de pelouse), pour maintenir fraicheur et humidité – l'eau est ainsi maintenue à température constante de 12 °C –, s'étendent deux séries de deux réservoirs superposés et de capacités différentes. Les deux réservoirs supérieurs, qui reçoivent et distribuent l'eau, ont une profondeur de 3,30 m (avec 4 m sous voûte) pour plus de 5 m (avec 7 m sous voûte) pour les réservoirs inférieurs destinés au stockage. D'une longueur de 265 m pour une largeur de 135 m (pour une surface totale des quatre bassins de deux réservoirs de 60 000 m2), il a en 2014 une capacité de stockage de 202 000 m3, ce qui représente un peu plus du tiers théorique de la consommation quotidienne des habitants de Paris (qui est d'environ 550 000 m3 pour 1,1 million de m3 de capacité de stockage total)[2]. Il approvisionne en eau 20 % des Parisiens.

Notes et référencesModifier

  1. Louis Figuier, « Le réservoir de la Vanne, à Montsouris », dans L'Année scientifique et industrielle, vol. 20 (1876), 1877, Hachette, Paris (ISSN 1774-2358), section « Art des constructions », §1, pp. 213–216 [lire en ligne sur Wikisource].
  2. a b c et d Sabine Audrerie, « Les secrets du réservoir Montsouris, « cathédrale » de l’eau » , La Croix, 19 septembre 2014.
  3. Eau potable / Eau non potable, Ville de Paris, consulté le 18 avril 2019.
  4. Réservoir de Montsouris, sur l'Encyclopédie minimale des catacombes.

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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