Répulsif

Un répulsif est une substance ou un appareil destiné à repousser, par action au niveau du goût ou de l'odeur, certains animaux considérés comme nuisibles comme les moustiques et les mouches, ou les insectes herbivores consommant les végétaux. Il s'agit dans ce dernier cas d'un métabolite secondaire impliqué dans la défense des plantes contre les herbivores et qui s'exerce par action répulsive.

Un moustique sur un aérosol anti-moustiques

Répulsif d'insectes et arthropodesModifier

Produits naturelsModifier

 
Test de l'activité répulsive de l'huile essentielle de citronnelle[1]. Image de poursuite vidéo d'une mouche charbonneuse.

* Certains répulsifs à base d'huile essentielle de citronnelle ont démontré leur efficacité depuis longtemps à travers le monde. Utilisée dans des préparations pour la peau (homologuée avec un numéro d'approbation gouvernemental), son action répulsive est confirmée par de nombreuses évaluations scientifiques sanctionnées entre autres par le ministère canadien de la santé depuis 1942. Aussi la FDA américain en a confirmé l'action protectrice pour les humains. Son innocuité a été réitérée par un important rapport en 1999[2]. Des bougies à la citronnelle peuvent aussi être efficaces. L'huile essentielle de citronnelle a aussi été testée pour éloigner les mouches charbonneuses qui piquent les animaux domestiques[1].

Produits chimiques de synthèseModifier

Formes des produits vendusModifier

Méthodes d'utilisationModifier

Idéalement, on imprègne les vêtements et les moustiquaires d'un répulsif à insecte, le traitement étant à renouveler tous les deux lavages.

Répulsif d'animauxModifier

Animaux familiersModifier

Il existe des répulsifs à pulvériser sur le mobilier tel les canapés et fauteuils pour empêcher les animaux domestiques de s'y installer, d'y laisser leurs poils ou d'y faire leurs griffes.

Animaux sauvagesModifier

  • Certains animaux sont naturellement repoussés par la lumière (espèces lucifuges), mais elle en attire d'autres.
  • Certaines fréquences de sons sont insupportables pour l'ouïe de certaines espèces. Ce phénomène est exploité par les pingers qui doivent éloigner les cétacés des filets de pêche.
  • Divers répulsifs chimiques sont destinés à éloigner les herbivores des plants forestiers ; La législation européennes a exclu du marché, au moins provisoirement, une série de pesticides incluant des produits phytosanitaires et répulsifs qui n'avaient pas prouvé leur innocuité sur la santé humaine ou l'environnement. Une liste des produits autorisée est publiée par les ministères de chaque pays européen, à l'instar de celle de la France[3].
    Des produits alternatifs[4] sont disponibles pour les sylviculteurs, agriculteurs et jardiniers depuis la fin des années 1990, par exemple constitués de sang de porc[5], huiles végétales, adhésifs naturels…). Ce serait dans ce cas l'odeur du sang qui éloignerait les déprédateurs herbivores. Certains[6] proposent de vaporiser de la farine de sang sur les feuilles et tiges, ce qui éloigne les chevreuils et nourrit la plante, mais qui en contexte humide pourrait aussi être source de risque de colonisation des feuilles par un biofilm bactérien et fongique, éventuellement pathogène.
  • L'urine de certains prédateurs est parfois aussi utilisée pour éloigner les animaux sauvages, notamment aux États-Unis[7] mais peut aussi attirer d'autres prédateurs qui cherchent à marquer leur territoire.
    En outre il n'est pas exclu via les urines (et/ou le sang) utilisés par certains répulsifs de pouvoir accidentellement introduire dans le milieu des microbes, parasites ou biocontaminants de type prion pathogène. Les produits homologués offrent des garanties face à ces risques.
  • parmi les solutions ne faisant pas appel à des produits toxiques, et contre les attaques de l'hylobe sur les écorces de jeunes résineux une société suédoise enduit les plants avant leur mise en terre d'une colle puis de sable[8].

Perspectives, prospective et rechercheModifier

Pour mieux étudier et comprendre le mode d'action des répulsifs et de certains pesticides utilisés dans la lutte vectorielle pour le contrôle de maladies véhiculées et transmises par des moustiques, poux, puces tiques de nouvelles méthodes pourraient être bientôt disponibles :

  • la modélisation moléculaire et la modélisation des interactions moléculaires ;
  • l'utilisation de cultures cellulaires : on a réussi à cultiver des neurones isolés de moustiques Anopheles gambiae adultes, qui semblent pouvoir aider à mesurer l'efficacité plus ou moins répulsive ou insecticide de certaines molécules[9].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Frédéric Baldacchino, Coline Tramut, Ali Salem, Emmanuel Liénard, Emilie Delétré, Michel Franc, Thibaud Martin, Gérard Duvallet et Pierre Jay-Robert, « The repellency of lemongrass oil against stable flies, tested using video tracking », Parasite, vol. 20,‎ , p. 21 (ISSN 1776-1042, PMID 23759542, DOI 10.1051/parasite/2013021, lire en ligne)
  2. Citronella (Oil of Citronella) (021901) Fact Sheet
  3. Liste officielle de répulsifs gibiers homologués en France contre les cervidés
  4. Anonyme [2011] « Répulsif gibier à base de sang de porc » La Forêt Privée 320 : 13 (1 p.).
  5. Liste des produits homologués en France à base de Farine de sang
  6. Fiche Conseil pépinière de Villeneuve (Canada)
  7. Exemple à titre de source (et en aucun cas de publicité)
  8. Anonyme [2011] « Protection contre l'hylobe à l'aide de sable » La Forêt Privée 320 : 13 (1 p.).
  9. (en) Céline Lavialle-Defaix et al. « Anopheles gambiae mosquito isolated neurons: A new biological model for optimizing insecticide/repellent efficacy » Journal of Neuroscience Methods 200 (2011) 68– 73.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier