Quettehou (commune déléguée)

ancienne commune française du département de la Manche

Quettehou
commune historique
Quettehou (commune déléguée)
L'église Saint-Vigor.
Blason de Quettehou commune historique
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité CA du Cotentin
Code postal 50630
Code commune 50417
Démographie
Gentilé Quettehouais
Population 1 584 hab. (2018)
Densité 98 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 35′ 33″ nord, 1° 18′ 13″ ouest
Altitude Min. 3 m
Max. 104 m
Superficie 16,17 km2
Élections
Départementales Val-de-Saire
Historique
Date de fusion
Commune(s) d'intégration Quettehou
Localisation
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Quettehou
commune historique

Quettehou (prononcé [ketu] ou [kɛtu][1]) est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie.

Le , elle fusionne avec sa voisine Morsalines au sein de la commune nouvelle de Quettehou. L'ancien territoire, peuplé de 1 584 habitants[Note 1], prend alors le statut administratif de commune déléguée[2] qu'il perd le .

GéographieModifier

Quettehou est une bourgade située à la pointe nord-est de la péninsule du Cotentin au cœur du Val de Saire entre la baie de Morsalines ou le "Cul de loup" et le bois du Rabey. Elle est bordée à l'est par Saint-Vaast-la-Hougue et la mer de la Manche, au sud par Morsalines et Crasville, au sud-ouest par Octeville-l'Avenel et Videcosville, à l'ouest par Teurthéville-Bocage et au nord par La Pernelle.

Quettehou est située en dehors des bassins hydrographiques de la Sinope et de la Saire et possède ses propres fleuves côtiers dont le principal est le Vaupreux[3].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous les formes Chetellehou en 1042[5],[6], Chetehol en 1080 et 1081[6], Chetehoil en 1080 et 1082[6], Chetehulmum en 1066 et 1083[6], Ketelhou en 1214[6], Kethehou en 1214[6].

Le gentilé est Quettehouais[7].

HistoireModifier

À l'origine, le village du Rivage était un petit groupe d'habitations sur la côte. À la suite des invasions germaniques, Ysemberville — le village d'Isambert — est établi à l'orée de la forêt. Par la suite, les Vikings s'installèrent sur la hauteur où se dresse maintenant l'église, donnèrent à leur village le nom de leur chef, Ketill.

En 1086, Mathilde, femme de Guillaume Le Conquérant, fait don à l'abbaye de la Trinité de Caen de la baronnie de Quettehou. Orderic Vital, nous raconte que quand Henri Ier Beauclerc, reçu la baronnie de Quettehou avec tout le Cotentin, il fit travailler au château qu'il destinait à ses soldats les paysans du domaine que possédait là l'abbaye Sainte-Trinité de Caen[8]. En 1214, Hugues de Morville confie le patronage de l'église, avec les deux tiers des dîmes, à l'abbaye de Fécamp, qui acquiert la haute justice à Quettehou, l'autre tiers est attribué au chapitre de la cathédrale de Coutances.

Le , Édouard III, roi d'Angleterre, débarqué le matin à Saint-Vaast-la-Hougue, arma chevalier dans l'église son fils aîné Édouard, prince de Galles dit « le Prince noir », en raison de son armure. Après ce sacre, il dévaste la ville ; c'est le début de la chevauchée d'Édouard III.

 
Carte de la commune nouvelle en 2019

Un projet de commune nouvelle a été étudié en 2015 avec les communes de Crasville, Morsalines et Videcosville mais refusé par ces trois dernières. Un nouveau projet est proposé avec seulement la commune de Morsalines en 2018. Après un vote défavorable à Morsalines le 6 septembre (six voix contre trois pour), la maire Sandrine Mouchel-Revert avait décider d'envoyer sa lettre de démission[9] mais le conseil de Morsalines s'est à nouveau réuni le 20 septembre avec l'approbation du projet (six voix pour, deux contre et une abstention)[10]. L'arrêté préfectoral de création de la commune nouvelle de Quettehou a été signé le 20 décembre 2018 pour une fusion effective au 1er janvier 2019, les anciennes communes de Morsalines et Quettehou deviennent des communes déléguées[11] du au .

HéraldiqueModifier

Quettehou
  Blason
Taillé : au 1er d'azur à l'église du lieu d'argent mouvant du trait de partition, au 2e de gueules au chaudron d'or[13].
Détails
Adopté en 1984
Alias D'argent à l'aigle de gueules becquée et armée d'or, à la bordure de sable chargée de douze besants aussi d'or[12].
Ce blason est emprunté aux armoiries de la famille de Mons (subsistante), seigneurs de Thybosville à Quettehou aux XVIe-XVIIe siècles.

Politique et administrationModifier

 
La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1805 1807 Charles Gilles Vigot   Notaire
1808 1840 Thomas Louis Viel    
1840 1840 Jean Quentin    
1840 1848 Louis Le Chevalier    
1848 1876 Eugène Duclouet   Notaire
1926 1945 Alexandre Lecarpentier    
1945 1945 Henri Tournaille   Menuisier-ébéniste
1945 1947 Raymond Lefèvre   Agriculteur
1947 1950 Henri Féquet    
1950 1977 René Mortain   Assureur
1977 1988 Georges Bonnemains   Retraité de l'armée de l'air
1988 1995 Jean-Baptiste Bouché   Commercial
1995 2008 Charles Poisson   Retraité de l'armée de l'air
2008[14] mai 2020 Jean-Pierre Lemyre[15]   Retraité de la défense
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

En 2018, la commune comptait 1 584 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Quettehou (commune déléguée)[16]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Quettehou a compté jusqu'à 1 814 habitants en 1821.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 5821 2911 6751 9141 8121 8071 7341 6401 700
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6001 5981 5311 4361 3801 3271 2971 2381 258
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1861 1701 1041 0391 0291 0421 0931 2021 091
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2018
1 0911 1341 1631 3361 3951 4751 5641 5861 584
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Graffiti marin dans l'église de Quettehou.
  • L'église Saint-Vigor, dédiée à l'évêque de Bayeux du même nom. Elle fut bâtie au XIIe siècle et terminée au XIIIe siècle. Le clocher fut construit de 1485 à 1498. À l'entrée du chœur se trouve une chapelle bâtie entre 1612 et 1616 en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Cette chapelle est maintenant dédiée à la « bienheureuse Mère Placide Viel » (1815-1877) qui a été béatifiée dans la basilique Saint-Pierre de Rome le . Sur les piliers du bas-côté se trouvent de nombreux graffitis datant de la bataille de la Hougue. L'église dépend aujourd'hui de la paroisse Sainte-Thérèse-du-Val-de-Saire qui fait partie du doyenné de Valognes-Val-de-Saire. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [19]. Un Christ en croix des environs de 1600 et une statue de sainte Anne du XVIIe siècle sont classées à titre d'objets[20],[21].
  • Chapelle Notre-Dame d'Isamberville.
  • Manoir de Thybosville : possession de la famille Herbert, un André Herbert, écuyer, est seigneur de Thybosville. Il passe à la famille de Mons, en 1581, à la suite du mariage de la fille unique et héritière d'André, Françoise Herbert avec Arthur de Mons, écuyer, fils de Jean de Mons, aussi écuyer, seigneur de Saint-Louet, Regnoufmesnil en Magneville, et de Guillemette de Sainte-Mère-Église. La famille de Mons conservera le manoir jusqu'en 1658. Marie-Thérèse de Mons avait épousé le frère d'Anne-Marie Davy d'Amfreville qui le fait passer à la famille d'Avice à la suite de son mariage avec Jacques Richard Avice. Les Avice le conserveront jusqu'à la Révolution[22].
  • Le Grand Manoir, à l'entrée du hameau du Tronquet : il est à partir de 1710 la possession de la famille Béatrix de Mesnilraine, famille anoblie en 1454, à la suite de l'acquisition du manoir par Robert-Henri de Béatrix de Mesnilraine, originaire de Saint-Côme-du-Mont et résidant à Valognes, écuyer, fils de Jean-Antoine de Béatrix de Mesnilraine et de Jeanne Noël, et époux de Jeanne Le Vallois, des mains de Floxel Cantel, écuyer, sieur de Vaugréard[23].
  • La Halle aux grains. Construite vers 1865, elle sert actuellement de salle des fêtes.

Activité et manifestationsModifier

JumelagesModifier

Quettehou est jumelée avec :

SportsModifier

Le Football Club du Val de Saire fait évoluer deux équipes de football en divisions de district[24].

Personnalités liées à la communeModifier

  • Placide Viel (1815-1877), bienheureuse catholique, née dans un hameau de la commune.
  • Alfred Mouchel né à Tamerville le 18 décembre 1905, décédé à Quettehou en 1989, éleveur et écrivain patoisant.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale 2018, légale en 2021.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

RéférencesModifier

  1. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 204
  2. « RAA SP 94 », sur manche.gouv.fr, (consulté le 27 décembre 2018)
  3. SANDRE, « Fiche cours d'eau le Vaupreux (I4--0200) »
  4. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  5. François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, , 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425), p. 180
  6. a b c d e et f Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2 : Formations non romanes ; formations dialectales, Genève, (lire en ligne), p. 1009
  7. « Présentation de la commune », sur quettehou.fr, site municipal de Quettehou (consulté le 11 janvier 2015)
  8. Bernard Beck, Châteaux forts de Normandie, Rennes, Ouest-France, , 158 p. (ISBN 2-85882-479-7), p. 38.
  9. [1].
  10. Mariage entre Morsalines et Quettehou : c’est oui
  11. « RAA SP 94 », sur manche.gouv.fr, (consulté le 27 décembre 2018).
  12. Attribué abusivement d'après l'ouvrage de l'Université Inter-âges de Basse-Normandie, antenne de Cherbourg, Blasons du Clos du Cotentin, Condé-Caen, Editions Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, 1996, (ISBN 2-85480-543-7), p. 119.
  13. « 50 417 - QUETTEHOU », sur Armorial de France (consulté le 11 janvier 2015)
  14. « J.-P. Lemyre élu maire du chef-lieu de canton », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 11 janvier 2015)
  15. Réélection 2014 : « Jean-Pierre Lemyre retrouve son fauteuil de maire », sur Ouest-france.fr (consulté le 7 avril 2014)
  16. Date du prochain recensement à Quettehou (commune déléguée), sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
  19. « Église Saint-Vigor », notice no PA00110552, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. « Statue : Christ en croix », notice no PM50000872, base Palissy, ministère français de la Culture.
  21. « Statue : Sainte Anne », notice no PM50000871, base Palissy, ministère français de la Culture.
  22. Collectif, Blasons armoriés du Clos du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 214 p. (ISBN 2-85480-543-7), p. 124-125.
  23. Blasons du Clos du Cotentin, 1996, p. 125.
  24. « F.C. Val de Saire », sur Site officiel de la Ligue de Basse-Normandie (consulté le 11 janvier 2015)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier