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Quatrième circonscription de la Moselle

circonscription législative française

La 4e circonscription de Moselle, centrée autour de la ville de Sarrebourg, est la plus vaste du département.

DescriptionModifier

Géographie et démographieModifier

Elle reste marquée par sa division linguistique entre cantons historiquement francophones et dialectophones. Cette différence linguistique a souvent été considérée comme un facteur déterminant des attitudes électorales très clivées de la circonscription.

Quatre cantons sont majoritairement dialectophones (au moins jusqu'en 1962[1]) :

Six cantons, les moins peuplés, sont majoritairement francophones :

PolitiqueModifier

Circonscription la plus vaste et pourtant la moins peuplée de Moselle, la circonscription de Sarrebourg reste assez largement rurale. L'antagonisme linguistique entre cantons dialectophones-germanophones et cantons francophones a longtemps représenté ici le facteur déterminant d'élections des députés. Lors des élections du Landtag d'Alsace-Lorraine de 1911 on retrouvait déjà cette séparation, les cantons francophones choisissant un élu du Bloc Lorrain (droite francophile), alors que les cantons germanophones se prononçaient pour le candidat du Zentrum (Centre Catholique). Les élections de 1919 à 1939 n'atténuèrent pas cette division. Au contraire, l'émergence d'un mouvement autonomiste catholique mosellan, fort à Fénétrange et Sarreguemines, opposé à la domination de la droite lorraine cliva un peu plus la circonscription. Enfin les élections de 1946 à 1958 ont perpétué le vote pour une droite modérée des cantons francophones - qui choisissaient alors la liste CNIP de Raymond Mondon - alors même que les cantons germanophones continuaient à se prononcer pour la démocratie-chrétienne, en votant pour la liste MRP de Robert Schuman.

Depuis 1958 les évolutions récentes ont certes atténué cette division, mais celle-ci reste tout de même encore très prégnante. Largement orientée à droite depuis 1958, les duels ont ainsi longtemps continué d'opposer la droite gaulliste, héritière des mouvements de la droite lorraine, à la démocratie-chrétienne. De 1958 à 1968 la circonscription connut de ce fait une certaine instabilité, alternant entre le MRP et l'UNR aux élections législatives. Les notables locaux restaient cependant pour une large part MRP ou CNIP. À la suite du score impressionnant réalisé par le général de Gaulle en 1965 (86 % au 2e tour son meilleur score national) l'élection d'un candidat MRP en 1967 apparut à beaucoup d'observateurs comme un paradoxe incompréhensible. Les gaullistes choisirent donc de parachuter une personnalité influente du gouvernement, le ministre de la défense puis premier ministre Pierre Messmer. Celui-ci domina la circonscription très largement de 1968 à 1988, se montrant capable de fédérer les cantons francophones et germanophones sur son nom, étant réélu au 1er tour à chaque élection de 1968 à 1988. Les candidats démocrates-chrétiens réalisaient alors de faibles scores, sans doute affaiblis sur leurs bases traditionnelles par le réflexe légitimiste d'une partie des électeurs de la circonscription.

Au regard des scores africains réalisés jusqu'alors par Pierre Messmer dans la circonscription, les élections de 1988 furent ressentis par la plupart des observateurs comme un « tremblement de terre » attirant même l'attention des médias nationaux sur la région de Sarrebourg. Pierre Messmer fut en effet battu d'une courte tête (50,4 %) par un candidat démocrate-chrétien, conseiller général de Sarrebourg, Aloyse Wahrhouver dissident du CDS, qui se déclarait proche de Michel Rocard et Pierre Méhaignerie. L'usure du pouvoir, ainsi qu'une mauvaise campagne locale explique l'échec de Messmer, qui avait par ailleurs fort à faire face à un candidat très implanté localement. À cette occasion le clivage linguistique réapparut à nouveau, les cantons germanophones choisissant largement Wahrhouver alors que les cantons francophones votaient à nouveau Messmer. Les élections de 1993, 1997 et 2002 renouvelèrent l'affrontement entre la droite gaulliste et le député sortant centriste, proche de la gauche. Cet affrontement se doubla d'une rivalité personnelle entre le maire de Sarrebourg, successeur et ex dauphin de Messmer, Alain Marty et le conseiller général de Sarrebourg et prétendant malheureux à la mairie, Aloyse Wahrhouver. Wahrhouver fut facilement réélu en triangulaire en 1993 et 1997, avec le soutien de la gauche au deuxième tour. À sa troisième tentative, en 2002, Alain Marty s'imposa assez nettement avec plus de 52 % contre lui.

La circonscription reste donc largement acquise à la droite et au centre-droit, ici très bien implantés dans l'ensemble des cantons. Les candidats officiels du PS n'ont jamais réalisé de scores importants et n'ont jamais été présents au deuxième tour, ils y ont soutenu Wahrhouver en 1993, 1997 et 2002. On peut difficilement classé l'électorat de ce dernier à gauche, si l'on compare par ailleurs les votes nationaux de la circonscription. Par ailleurs, la division linguistique impose toujours une division entre droite patriote et démocratie-chrétienne. À l'exception du canton de Sarrebourg l'ensemble des cantons dialectophones sont détenus par des démocrates-chrétiens; à l'opposé des proches du RPR détiennent les cantons francophones. On note par ailleurs une poussée assez généralisée du FN dans la circonscription, particulièrement dans le canton de Fénétrange. Jean-Marie Le Pen avait provoqué une très forte surprise en devançant Jacques Chirac à Sarrebourg en 1988. Il est arrivée en tête de la circonscription en 1995 et 2002.

Lors de la dernière élection présidentielle, la circonscription a choisi largement les candidatures de droite. En 1988 elle votait pour J. Chirac au second tour (53,4 %). En 1995 elle plaçait J.M Le Pen (26 %) en tête devant Édouard Balladur, soutenu par P. Messmer, (24,6 %), J. Chirac (18,5 %) et Lionel Jospin (14 %). Elle votait à plus de 60 % pour J. Chirac au second tour. En 2002 J.M Le Pen renouvelait sa performance de 1995 (26 %), devant J. Chirac (22,5 %) et L. Jospin (9,7 %).

Les échéances présidentielle et législative de 2007 ont sensiblement renforcé l'ancrage à droite de la circonscription, en accordant un fort score à Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle, puis en confirmant le député sortant UMP A. Marty dès le premier tour des élections législatives. Le premier tour de l’élection présidentielle illustrait cette nette domination de la droite et du centre-droit. N. Sarkozy arrivait en tête avec 33,8 % des voix, dépassant de plus de 10 points le score de J. Chirac en 2002, et réalisant une performance d'une grande homogénéité géographique. Ses résultats variaient en effet de 32,8 % à Lorquin à 35,2 % à Sarrebourg, tant les cantons dialectophones que les cantons francophones s'étaient nettement prononcés pour lui. François Bayrou se plaçait en seconde position avec 19,7 % des voix, progressant nettement par rapport à son résultat de 2002. Il confirmait la bonne implantation de la démocratie chrétienne dans l'arrondissement, ses scores allant de 17,3 % à Réchicourt-le-Château à 21,9 % à Phalsbourg, réalisant de meilleures performances dans les cantons dialectophones.

J-M Le Pen, qui était arrivé en tête en 1995 et 2002, perdait plus de 10 points par rapport au résultat Le Pen+Mégret de 2002, n'obtenant plus que 17,5 %. Ses résultats variaient fortement, allant de 13,3 % à Vic-sur-Seille à 20 % à Albestroff, et ne dessinant pas une géographie précise. Enfin, Ségolène Royal arrivait en quatrième position, avec 15,4 %, elle améliorait légèrement le résultat de L. Jospin en 1995. La candidate PS réalisait de meilleures performances dans les cantons francophones que dans la partie dialectophone, ses résultats variant de 12,9 % à Fénétrange à 18,8 % à Château-Salins. Le second tour devait amplifier l'avance de N. Sarkozy, lui permettant de réaliser ici son meilleur résultat mosellan, avec près de 65 % des voix. Il dépassait 60 % dans l'ensemble des cantons de la circonscription, réalisant cependant de meilleures performances dans les cantons dialectophones, où il dépassait facilement 65 %, que dans les cantons francophones, où il obtenait en moyenne 62-63 % des voix, bénéficiant d'un très bon report des voix UDF et FN. L'avance du candidat UMP était très nette dans l'ensemble de la circonscription, et les points d'implantation de S. Royal restait très limités, voire inexistants dans certaines parties de la circonscription. La candidate PS reculait sensiblement par rapport à L. Jospin en 1995.

Les élections législatives de juin devaient confirmer cette large avance de la droite dans la circonscription, en permettant à A. Marty d'être réélu au premier tour avec 56,7 % des voix, alors même que la plupart des observateurs s'accordaient pour envisager un second tour. Le maire de Sarrebourg dépassait la majorité absolue dans l'ensemble des cantons, réalisant des scores homogènes allant de 54,2 % à Château-Salins à 60 % à Vic-sur-Seille, son avance étant aussi nette dans les cantons dialectophones que dans les cantons francophones. Il bénéficiait sans doute du retrait d'A. Wahrhouver et d'une implantation locale plus forte qu'en 2002. De fait, il retrouvait un score proche de ceux réalisés par P. Messmer dans les années 1980. Face au député sortant, c'est la candidate PS, O. Trompette, qui arrivait deuxième, avec 12,8 % des voix, un score en progression. Les performances de la candidate PS variaient fortement, elle ne dépassait pas 10 % à Fénétrange et Phalsbourg, 11 % dans les autres cantons dialectophones. À l'inverse, ses performances étaient meilleures dans les cantons francophones, allant jusqu'à 17,5 % à Château-Salins. Le grand perdant de ces élections restait cependant le maire de Phalsbourg, D. Kocher (Modem), qui ne réalisait que 10,1 % des voix. Ses résultats variant très fortement, de 7,3 % à Dieuze à 16 % à Phalsbourg. Globalement, il ne dépassait 10 % dans les cantons francophones, mais arrivait deuxième dans la partie dialectophone.

Au sortir des consultations de l'année 2007, l'ancrage à droite de la circonscription apparaît renforcé, Nicolas Sarkozy ayant réalisé la meilleure performance d'un candidat de droite depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1981. La géographie électorale apparaît cependant plus homogène, affirmant une nette domination de la droite dans l'ensemble des cantons. La partie dialectophone reste par ailleurs plus fortement ancrée à droite, cette domination dépassant 66 %, et nettement plus défavorable au PS, sa candidate n'arrivant que troisième aux législatives après la quatrième place obtenue par S. Royal le 22 avril. Le retour à un haut niveau du centre-droit, à travers la deuxième place de F. Bayrou le 22 avril, s'est surtout manifesté dans la partie dialectophone, retrouvant ici un électorat traditionnel, où il a dépassé 20 %. Cependant une large partie de l'électorat UDF n'a pas suivi ici la position de F. Bayrou, se reportant largement sur N. Sarkozy au second tour, s'inscrivant ainsi nettement au centre-droit, ce que devait confirmer la faible performance du candidat Modem aux législatives. L'extrême droite, qui avait ici représenté plus de 25 % des voix, a considérablement et homogènement chuté dans la circonscription, ne réalisant plus que 6 % des voix lors des législatives, une large partie de cet électorat s'étant porté vers A. Marty et l'abstention. Enfin, la gauche reste ici très faible, S. Royal n'ayant pas retrouvé le score de L. Jospin en 1995, elle ne dispose pas de véritables points d'appuis, elle n'a été majoritaire que dans quatre communes le 6 mai. La performance de la candidate PS le 10 juin a confirmé cette faiblesse, même si celle-ci a pu bénéficier une partie des anciens votes pour A. Wahrhouver.

Historique des électionsModifier

Députés de la circonscription élus à l'Assemblée nationale pour les législatures de la Ve République v · d · m )
Législature Début de mandat Fin de mandat Député Parti politique Observations

Ire Georges Thomas MRP Conseiller général de Phalsbourg, maire de Dannelbourg
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IIe Henri Karcher UDR
IIIe Georges Thomas CD-MRP Conseiller général de Phalsbourg, maire de Dannelbourg
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IVe Pierre Messmer UDR Ministre de la défense
Ve Pierre Messmer UDR Maire de Sarrebourg, Premier Ministre
VIe Pierre Messmer RPR Maire de Sarrebourg
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
VIIe Pierre Messmer RPR Maire de Sarrebourg
VIIIe Pierre Messmer RPR Maire de Sarrebourg
Proportionnelle par département, pas de député par circonscription.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
IXe Aloyse Warhouver UDF-CDS Conseiller général de Sarrebourg
Xe Aloyse Warhouver DVG Maire de Xouaxange
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Jacques Chirac.
XIe Aloyse Warhouver DVG Maire de Xouaxange
XIIe Alain Marty UMP Maire de Sarrebourg
XIIIe Alain Marty UMP Maire de Sarrebourg
XIVe Alain Marty UMP Maire de Sarrebourg
XVe Fabien Di Filippo LR

Élections de 2012Modifier

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 4e circonscription de la Moselle[2]
Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Alain Marty* UMP 18 362 39,80 19 273 41,39
Jean-Yves Schaff PS 13 471 29,20 15 940 34,23
Cassandre Fristot FN 11 180 24,23 11 356 24,39
Estelle Gallot FG (PCF) 1 446 3,13
Corinne Morgen MEI 697 1,51
Florence Thomas AEI 557 1,21
Annelyse Jacquel LO 424 0,92
Inscrits 81 179 100,00 100,00
Abstentions 34 232 42,17
Votants 46 947 57,83
Blancs et nuls 810 1,73
Exprimés 46 137 98,27 46 569
* député sortant

Élections de 2017Modifier

Les élections législatives françaises de 2017 ont eu lieu les dimanches 11 et 18 juin 2017.

Résultats des élections législatives des et de la 4e circonscription de la Moselle
Premier tour

Second tour

Nombre % des inscrits Nombre % des inscrits
Inscrits 81 481 100,00 81 477 100,00
Abstentions 43 049 52,83 47 774 58,63
Votants 38 432 47,17 33 703 41,37
% des votants % des votants
Bulletins blancs 793 2,06 2 533 7,52
Bulletins nuls 239 0,62 979 2,90
Suffrages exprimés 37 400 97,31 30 191 89,58
Candidat
Étiquette politique (partis et alliances)
Voix % des exprimés Voix % des exprimés
Mathilde Huchot
La République en marche
10 198 27,27 14 102 46,71
Fabien Di Filippo
Les Républicains (Union des démocrates et indépendants)
6 976 18,65 16 089 53,29
Amélie de La Rochère
Front national
6 853 18,32
Patrick Reichheld
Divers droite
3 544 9,48
Emmanuel Riehl
Divers
2 593 6,93
Catherine Grosse
La France insoumise
2 234 5,97
Rémy Hamant
Parti socialiste
1 229 3,29
Brigitte Albertus
Europe Écologie Les Verts
959 2,56
Didier Conte
Debout la France
742 1,98
Cédric Soualmia
Divers droite
691 1,85
Philippe Mouraux
Régionaliste (57-Le Parti des Mosellans)
417 1,11
Hélène Girardot
Parti communiste français
379 1,01
Simon Giessinger
Divers (Union populaire républicaine)
263 0,70
Pierre Nordemann
Lutte ouvrière
220 0,59
Norbert Degrelle
Extrême droite (Union des Patriotes)
102 0,27
Lise Gerdil
Divers droite
0 0,00
Source : Ministère de l'Intérieur - Quatrième circonscription de la Moselle

Notes et référencesModifier