PzH 2000

Canon automoteur allemand

Le Panzerhaubitze 2000 (Obusier blindé modèle 2000) est un canon automoteur fabriqué par Krauss-Maffei-Wegmann. Il est en service en 2020 dans la Bundeswehr et dans les armées croate, grecque, italienne, néerlandaise, qatarienne, hongroise et lituanienne. Le rapport entre la longueur du tube et son diamètre étant supérieur à 20, le mot obusier ne devrait pas être employé et devrait toujours être remplacé par le mot canon.

PanzerHaubitze 2000
Image illustrative de l’article PzH 2000
Vue latérale du PzH 2000
Caractéristiques de service
Service 1998 à présent
Utilisateurs Allemagne, Italie, Grèce, Pays-Bas, Qatar, Lituanie, Hongrie.
Conflits seconde guerre d'Afghanistan
Production
Concepteur Rheinmetall
Année de conception 1996
Constructeur Krauss-Maffei Wegmann
Production 360 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 5 hommes
(3 au minimum, en cas d'urgence)
Longueur 11,69 m (avec le canon)
Largeur 3,56 m[1]
Hauteur 3,46 m[1]
Masse au combat 55 tonnes (49 tonnes à vide)
57,86 tonnes avec blindage de toit supplémentaire
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage acier doublé d'un pare-éclat offrant une protection contre les balles perforantes de 14,5 mm

blindage modulaire AMAP sur le toit contre les sous-munitions

Armement
Armement principal canon d'artillerie Rheinmetall de 155 mm L/52 à chargement semi-automatique (60 obus et 288 gargousses)

Portée : 30 km (obus conventionnels), jusqu'à 56 km (obus roquette)

Armement secondaire mitrailleuses MG3 de 7,62 mm ou une FN MAG du même calibre (2 000 cartouches)
Mobilité
Moteur V8 diesel suralimenté MT 881 Ka-500
Puissance 986 ch (736 kW)
Transmission Renk HSWL 284C (4 AV/4 AR)
Suspension barre de torsion
Vitesse sur route 67 km/h sur route
65 km/h en tout-terrain
Puissance massique 17,9 ch/tonne
Réservoir 1000 ℓ
Autonomie 420 km (sur route)

HistoriqueModifier

 
Un PzH 2000 néerlandais fait feu en Afghanistan, en 2009.

En 1986, après la fin de la coopération germano-italo-britannique sur l’obusier FH70, deux consortiums : MaK + Wegmann et Rheinmetall + Kuka + KraussMaffei développent un obusier national. En 1988, l'Allemagne de l'Ouest signe deux contrats avec ces consortiums pour le développement et la réalisation d’un démonstrateur. Le développement et la réalisation de quatre prototypes par le MOE Wegmann intervient en 1991. Leur évaluation est réalisée de 1994 à 1996. Enfin, le est signé le contrat de construction du lot 1 (185 obusiers) avec MOE Wegmann. Les engins sont livrés de 1998 à 2002.

La première utilisation au combat a lieu durant la guerre d'Afghanistan sous les couleurs de l'armée de terre néerlandaise en . En , la Bundeswehr en déploie trois pour son contingent rattaché à la Force internationale d'assistance et de sécurité à Kunduz ; ils sont utilisés au combat le pour fournir une couverture pour la récupération d'un véhicule endommagé. C'était la première fois de son histoire que la Bundeswehr utilisait l'artillerie lourde au combat.

Un accord est signé en 2020 entre l'Allemagne et les Pays-Bas pour une mise à jour à mi-vie de leurs PzH 2000. Un prototype doit être disponible en 2025[2]. La mise à niveau concerne l'électronique de bord, la climatisation, l'alimentation en énergie, le système de vision notamment nocturne du conducteur, le blindage et le chargement des munitions[3].

ArmementModifier

Une mitrailleuse MG3 de 7,62 mm et un canon de 52 calibres (longueur du tube : 8 m, frein de bouche compris) tirant des obus de 155 mm à une distance maximale de 56 km avec une cadence de tir de neuf à dix coups en une minute dont les trois premiers en dix secondes ou 20 coups en 2 minutes et demie.

Le plancher sous la tourelle renferme un système de chargement automatique sous la forme d'un carrousel en étoile d'une capacité de 48 obus. Douze autres sont rangés verticalement entre le plancher rotatif de la tourelle et la paroi du compartiment moteur. Le carrousel peut être recomplété en munitions par deux soldats en douze minutes. Les 288 charges, de type modulaire, sont façonnées et chargées manuellement par les pourvoyeurs. Elles sont entreposées dans trois compartiments blindés occupant la nuque de la tourelle, le toit, à cet endroit, étant recouvert de panneaux anti-explosion. Il est qualifié depuis pour tirer le M982 Excalibur guidé par GPS[4].

Un périscope de visée RTNL-80 est utilisé pour le pointage et l'identification des cibles[1].

ÉquipageModifier

Ce canon automoteur est servi par un chef de batterie, un conducteur, un canonnier et deux pourvoyeurs.

BlindageModifier

La tourelle et le châssis du véhicule sont en acier à blindage mécano-soudé dont l'épaisseur est suffisante pour stopper des balles perforantes-incendiaires de 14,5 mm et les éclats d’obus d’artillerie de 152 mm. Éventuellement, le toit de la tourelle peut être recouvert par un blindage composite AMAP-R recouvert d'une multitude de pointes en caoutchouc d'une hauteur de 60 mm pour contrer les attaques verticales type bombelettes.

Principales caractéristiquesModifier

 
Pzh 2000
 
Vue frontale du même canon automoteur.

Ordinateur de tir et de contrôle d'objectif.

caractéristiques techniquesModifier

Panzerhaubitze 2000
Type Obusier blindé
Équipage 3–5
Moteur MTU 881 Ka-500, moteur diesel à 8 cylindres turbocompressé
Performance 735 kW (1 000 ch)
Engrenage Hydromécanique, Renk HSWL 284-C avec 4 vitesses avant et 2 vitesses inversées
Châssis suspension; barre de torsion
Longueur 11 669 mm
Largeur 3 500 mm
Hauteur 3 460 mm
Garde au sol 440 mm
Capacité de patauger 1 500 mm
Dépassement de fossé 3 000 mm
Capacité d’escalade 1 000 mm
Pente 60 %
Pente transversale 30 %
Masse au combat 55 800 kg

57 660 kg (avec blindage de toit supplémentaire)

Vitesse sur route 60 km/h
Vitesse en tout-terrain 45 km/h
Réservoir 1 000 l
Autonomie 420 km
Obusier 155-mm-Haubitze L/52, + Mitrailleuses MG3 de 7,62 mm (2 000 cartouches)
Munition 60 obus
Vitesse d'obusier ~1 000 m/s

Mission de combat de la BundeswehrModifier

En , la Bundeswehr en déploie trois pour son contingent rattaché à la Force internationale d'assistance et de sécurité à Kunduz ; ils sont utilisés au combat le pour fournir une couverture pour la récupération d'un véhicule endommagé. C'était la première fois de son histoire que la Bundeswehr utilisait l'artillerie lourde au combat. Cinq coups de feu ont été tirés. Deux autres obusiers ont suivi au début de 2011.

OpérateursModifier

  •   Allemagne : En date de 2016, sur 185 perçus au total, 123 en parc, dont 61 à disposition et 41 en service[5] (15 livrés à la Croatie et 21 à la Lituanie).
  •   Croatie : douze exemplaires d'occasion (ex-allemands) sont perçus à partir d'[6], trois autres servent de pièces de rechange.
  •   Grèce : 24 perçus au total.
  •   Hongrie : 24 commandés en [7].
  •   Italie : 70 perçus au total.
  •   Lituanie : vingt et un exemplaires d'occasion (ex-allemands) sont commandés le pour livraison entre 2016 et 2019 pour 58,3 millions d'euros. Seize seront opérationnels, deux sont réservés pour l'entraînement, trois pour pièces de rechange[8].
  •   Pays-Bas : 64 perçus.
  •   Qatar : vingt quatre sont commandés en 2013. Les premières livraisons interviennent en .
  •   Ukraine : 5 fournis par les Pays-Bas en lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et 7 annoncés par l'Allemagne début mai 2022[9].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (de) « Die Panzerhaubitze 2000 », sur bundeswehr.de.
  2. (en) « Germany, the Netherlands launch joint PzH 200 howitzer upgrade project », sur defbrief.com, .
  3. (nl) « Pantserhouwitser 2000NL », sur defensie.nl.
  4. Nicholas Fiorenza, « Netherlands qualifies Excalibur precision-guided round » [archive du ], sur IHS Jane's 360, London, (consulté le )
  5. « BUNDESWEHR : DES ARMEMENTS PEU OPÉRATIONNELS », sur http://www.ttu.fr/, (consulté le ).
  6. http://www.doppeladler.com/forum/viewtopic.php?f=7&t=4103
  7. Laurent Lagneau, « La Hongrie commande 44 chars Leopard 2A7+ et 24 obusiers PzH 2000 auprès de Krauss-Maffei Wegmann », sur http://www.opex360.com/, (consulté le ).
  8. Nathan Gain, « La Lituanie signe pour 21 canons automoteur PzH 2000 », sur Forces Opérations Blog, (consulté le ).
  9. (en) Michael Nienaber, « Germany to Help Ukraine With Artillery Ammunition, Training », sur bloomberg.com,

AnnexesModifier

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