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Pujaut (Gard)

commune française du département du Gard

Pujaut
Pujaut (Gard)
Église Saint-Jacques.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Villeneuve-lès-Avignon
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Avignon
Maire
Mandat
Guy David
2014-2020
Code postal 30131
Code commune 30209
Démographie
Gentilé Pujaulains
Population
municipale
4 243 hab. (2016 en augmentation de 5,05 % par rapport à 2011)
Densité 181 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 00′ 20″ nord, 4° 46′ 31″ est
Altitude 110 m
Min. 20 m
Max. 168 m
Superficie 23,5 km2
Localisation

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Église Saint-Jacques.
Vue sur le village, avec le Mont Ventoux en fond.

Pujaut (Pueg Aut en occitan provençal selon la norme dite classique et Pijau(t) selon la norme mistralienne[1]) est une commune française située dans le département du Gard, en région Occitanie. C'est une petite localité située dans le couloir de la vallée du Rhône et construite sur le flanc d’une colline.

Sommaire

GéographieModifier

Bien qu'administrativement dans le Gard, Pujaut est située à seulement 8 km d'Avignon et de ce fait tournée de manière préférentielle vers le Vaucluse. Pujaut est un village du Languedoc de culture provençale.

HistoireModifier

Les premiers habitants de Pujaut étaient essentiellement des chasseurs et des pêcheurs. On découvrit en 1882 sur les bords de l'étang de Pujaut des instruments datant de l'âge de bronze (2200 av. J.-C.). Les terres hautes étaient recouvertes de forêts et offraient peu de terres cultivables. Au bas du village, les eaux d’un étang venaient mourir au pied des remparts de ce bourg. Autrefois, un château surplombait les habitations. Il fut ruiné pendant la guerre des Albigeois.

Du Xe au XIIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y est propriétaire de l’église paroissiale et d’un prieuré, et perçoit leurs revenus[2].

Vers l'an 1000 fut construite la chapelle Saint-Vérédème, de style roman. Au XIIe siècle, Pujaut fait partie des possessions de la dynastie des Raimond de Toulouse. Le Seigneur de Pujaut était alors un personnage important, accompagnant le Comte Alphonse II de Toulouse et signant comme témoin de nombreuses chartes, dont une charte latine en 1154. En 1340, le Cardinal Pierre Bertrandi ordonna la construction de l'église Saint-Jacques, où il se fit enterrer en 1349.

Pendant les Guerres de Religion, Pujaut est pris par les Protestants en 1567, d'où il se retirèrent trois ans plus tard (le 24 février 1570), après avoir incendié une partie du village. À l'époque, les habitants étaient regroupés dans la partie haute du village entouré de remparts et de valats (fossés). Un autre centre de population important était celui du quartier du Canon, autour de la chapelle Saint-Vérédème.

Au fil des siècles, l’homme dessina à la force de ses bras des parcelles de terres, défrichant la forêt créant un parcellaire qui put accueillir, progressivement, cultures, vignes, oliviers et arbres fruitiers. Les bois ne donnaient pas suffisamment de gibier, et l'étang pas suffisamment de poisson, ce qui entraîna une période de grande pauvreté à Pujaut. Ainsi, après, de nombreuses privations, protestations, pétitions et, maintes discussions, les habitants réclament, fermement, plus de terres afin de pouvoir cultiver des céréales, et élever leurs enfants dignement. Pour ce faire, la communauté décida d’assécher l’étang (appelé Stagnum de Privaderiis au XIVe siècle), car les eaux couvraient une très importante superficie. En vertu d’une délibération du 27 octobre 1585 «...le sieur PELLETIER est autorisé à oster et égoutter l’eau qui est dans le lac ou estang de Pujaut, et le rende sec pour pouvoir cultiver, y faire terres, preds, moulins et cauquieres...» Finalement, ce fut un Lyonnais, M. de Montconis, qui put initier l'assèchement de l'étang, en 1603. L’entreprise d’assèchement dura longtemps, jusqu'en 1630, mais grâce au travail, et à la patience des hommes, l’essor du village a pu être possible.

En 1863, la ville de Pujaut est le premier foyer européen d'infestation du phylloxéra, selon de nombreux ouvrages traitant des crises agricoles dans la seconde moitié du XIXe siècle et le rapport de M. Bruno Vérédème Soulier, maire en 1863. Cependant, cette version est contestée par certains documents officiels de l'époque, qui situeraient le foyer dans la Crau en 1862[3].

De nos jours, le résultat de l'assèchement de l'étang reste visible, car une vaste plaine fertile s’offre à l’agriculture et aux promeneurs. Au centre de ces terres, dès 1919, un aérodrome fut créé sur une trentaine d’hectares, en 1921 passait le décret d’utilité publique de la création d’un aérodrome de secours. En octobre 1935, le Capitaine Frédéric Geille ouvrait le Centre d'instruction au parachutisme (CIP) de l’Armée de l’air française. Tout premier centre de ce type en France, il fonctionne avec des Potez 62. Le premier Groupement d'infanterie de l'air (ou GIA) y voit le jour.

En 1965 la section Vol à voile de l’Aéroclub Vauclusien s’y implantait puis le Centre-école régional Languedoc-Méditerranée, classé actuellement 3e forme de sauts de France.

ToponymieModifier

Attestations anciennesModifier

Le nom du village de Pujaut est attesté sous les formes suivantes au cours de son histoire :

  • Castrum Podii Alti en 1175
  • Podium Altum en 1226
  • Mons Altus en 1287
  • Podio Alto en 1316
  • Beata Maria de Monte Alto en 1347
  • Podium Altum en 1384
  • Pujault en 1551
  • Le Prieuré de Pujaud en 1620
  • La Commune de Pujault en 1633
  • Pijaud en 1694
  • Pujault en 1737
  • Peujaut en 1789
  • Pujaut en 1790

ÉtymologieModifier

Il s'agit d'un composé basé sur l'occitan pueg [pwe] « puy » suivi de l'adjectif aut « haut »[6]. L'ancien français pui, puy signifie « colline, hauteur », mais est moins répandu que le mot de même étymologie et de même signification pueg/puèg (avec E ouvert en languedocien) écrit puech, pech, etc. du domaine occitan. L'un et l'autre remontent au gallo-roman PODIU (bas latin podium) « petite éminence », issu du latin classique podium « mur très épais formant autour de l'arène de l'amphithéâtre une plate-forme dotée de sièges »[7].

Le nom provençal du village, Pijaù[1] en norme mistralienne, est encore utilisé, comme en témoigne le nom du journal édité par la mairie Lou Pijoulen (Le Pujaulain). En graphie classique du provençal, le nom s'orthographie Pueg Aut[8]. Le nom du village espagnol de Pujalt, en Catalogne, provient de la même étymologie, la proximité entre langues catalane et occitane ayant produit des noms très similaires.

ArmoiriesModifier

En 1694, sous Louis XIV, Pujaut, nommé alors Pijaud, "bénéficia" de la campagne de dotation d'armoiries taxées par Charles René d'Hozier et reçut :
de gueules, à un puits d’argent, surmonté de trois fleurs de lis d'or rangées en chef.
Le "puits" du blason est une allusion à "puy", par le système très en vogue des armes parlantes fonctionnant par rébus/jeux de mots, "puy" étant la base étymologique du nom de la commune.

Cependant, ce blason n'est pas celui figurant sur les plaques de rue et utilisé dans tous les documents officiels de la commune. Le blason courant figure un trapèze couramment interprété comme étant un "puy", soutenu par une étendue d'eau, interprétable comme l'ancien étang de Pujaut.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 1790 janvier 1791 Jean Soulier    
janvier 1791 décembre 1792 Michel Anastay    
décembre 1792 novembre 1794 Joseph Laurent    
novembre 1794 novembre 1795 Antoine Anastay    
novembre 1795 septembre 1798 Jean Jouffret Père    
septembre 1798 août 1800 Esprit Vidal    
août 1800 juin 1803 Jean-Léon Soulier    
1803 1830 Antoine Sylvestre Anastay    
1831 1834 Martin-Vidal    
1834 1835 François Jouffret    
1835 1840 Antoine Laurent    
1840 juillet 1869 Jean-François Frédéric Soulier    
juillet 1869 mars 1874 Jean Spiridon Bouvet    
mars 1874 1877 Bruno Vérédème Soulier    
1876 1877 Calixte Jouffret    
1877 1878 Bruno Vérédème Soulier    
1878 1888 Calixte Jouffret    
mai 1888 mai 1896 François Jouffret    
mai 1896 mai 1900 Lubin Ricard    
mai 1900 mai 1904 Lucien Ricard    
mai 1904 mai 1908 Léopold Cassagnettes    
mai 1908 septembre 1909 Louis Guillaumont    
septembre 1909 décembre 1919 Léon Ricard    
décembre 1919 mai 1925 Jean-Louis Cambe    
mai 1925 juillet 1935 Louis David    
juillet 1935 mars 1965 Appolinaire Laurent    
mars 1965 mars 2001 Jacques Rouchette SE  
mars 2001 En cours Guy David SE  

EnseignementModifier

  • Ecole Maternelle Li Pequelet
  • Ecole Primaire Mixte

CantonModifier

Pujaut fait partie du Canton de Villeneuve-lès-Avignon, dont le conseiller général est Patrick Vacaris (UMP, maire de Rochefort-du-Gard).

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1790. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[10].

En 2016, la commune comptait 4 243 habitants[Note 1], en augmentation de 5,05 % par rapport à 2011 (Gard : +3,29 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1790 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
1 0009069981 0571 1781 2971 3621 3901 546
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
1 5331 6061 6241 6011 5461 4371 1521 0931 101
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
1 0661 0571 0901 0949919851 0611 0371 064
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009
1 0381 0831 2191 5332 4652 9113 2423 7233 960
2014 2016 - - - - - - -
4 1394 243-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

ViticultureModifier

L'économie du village est essentiellement dominée par la viticulture (Cellier des Chartreux) et les activités de l'aérodrome d'Avignon-Pujaut. Dernièrement, le village a connu un fort attrait touristique, surtout durant la période du Festival d'Avignon. Sa croissance démographique a aussi amené une augmentation de la part des services dans l'économie pujaulaine.

IndustriesModifier

Pujaut possède quelques industries sur le territoire communal comme KP1 ou ASHLAND Polyester.

Huile d'olive de Provence AOcModifier

 
Huile d'olive de Provence AOC

L'huile d'olive de Provence est protégée par une appellation d'origine contrôlée (AOC) à la suite d'une enquête diligentée par l'INAO, dont les conclusions ont été déposées auprès de la commission le , réunie à Arles. La signature du décret parut au Journal officiel le [13]

Pour pouvoir postuler à l'AOC, l'huile d'olive de Provence doit être élaborée à base des variétés aglandau, bouteillan, cayon, salonenque ainsi que celles dénommées localement brun, cayet, petit ribier et belgentiéroise. Il faut au moins deux de ces variétés principales présentes au sein de l'oliveraie[13],[14].

Lieux et monumentsModifier

 
Un des lavoirs du village

Pujaut possède un aérodrome reconnu pour son parachutisme, la base est la plus grande de France et une des plus grandes d'Europe avec un terrain d'1 km sur 1,2 km.

Les monuments principaux du village sont :

  • Ses lavoirs
  • Son église du XIVe siècle, dont la construction fut demandée par le cardinal Pierre de Bertrandi. L'une de ses cloches date de 1512, classée Monument Historique elle est l'une des plus anciennes du Gard.
  • Notre-Dame du Château, monument à la Vierge élevé en 1863 sur la colline nommée "Lou Mourre de Castèu" (la colline du château)
  • Les trois fermes de l’ordre des Chartreux : St Bruno - St Hugues - St Anthelme
  • La chapelle du Xe siècle de l’ordre des Bénédictins St Veredeme, ainsi que la ferme
  • Le site du moulin à vent, classé point géodésique de l'IGN qui permet d’avoir un panorama incomparable sur tous les alentours.
  • Le centre ancien et ses ruelles

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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SourcesModifier

  • Journal municipal Lou Pijoulen
  • Marcel JOUFFRET, Pujaut, Mon Village, Ed. Lacour, 1992

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a et b Armana Prouvençau de 1860
  2. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque inter-régional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p. 225
  3. José MARTINEZ et Valérie ROUGY, mémoire de maîtrise de Géographie "La Viticulture à PUJAUT, SAUVETERRE, VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON, du Phylloxéra à nos jours."
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 522b 2. Épithète
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  6. Ernest Nègre, op. it.
  7. Site du CNRTL : étymologie de puy 2
  8. Diccionari Provençau-Francés - L'Escomessa - C.R.E.O. Provença - Diffusion EDISUD
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  13. a et b (fr) « Décret du 14 mars 2007 relatif à l'huile d'olive de Provence AOC », INAO
  14. (fr) « Les variétés d'olives », sur terroirselect.info