Psautier de Corbie

psautier enluminé carolingien

Le Psautier de Corbie est un livre manuscrit et enluminé réalisé au début du IXe siècle à l'abbaye de Corbie. Ce psautier est décoré de lettrines ornées et historiées dans le style de l'enluminure carolingienne. Le manuscrit est conservé à la Bibliothèque Louis Aragon d'Amiens (Ms.18).

Psautier de Corbie
Psautier de Corbie - BM Amiens Ms18 f1v - Beatus.jpg
Incipit du Beatus, f.1v
Artiste
Scriptorium de l'abbaye de Corbie
Date
début du IXe siècle
Technique
enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L)
27,5 × 16,8 cm
Format
144 folios reliés
Collection
N° d’inventaire
Ms.18
Localisation

HistoriqueModifier

Le manuscrit a été exécuté au début du IXe siècle au sein du scriptorium de l'abbaye de Corbie, l'un des plus influents et des plus productifs de la Renaissance carolingienne. Il est mentionné dans l'inventaire de la bibliothèque de l'abbaye au XIe siècle. À la Révolution française, cette bibliothèque est dispersée et la majeure partie est transférée à Amiens où elle constitue depuis une partie du fonds patrimonial de la bibliothèque[1].

DescriptionModifier

Le livre contient le recueil en latin des 150 psaumes dans leur version gallicane, le psaume surnuméraire 151, ainsi que des cantiques, le symbole d'Athanase et enfin des litanies[2].

Le manuscrit est l'un des plus densément illustrés avec 156 lettrines ornées ou historiées situées à chaque début de psaume et cantique du livre. Ces lettrines représentent aussi bien des animaux que des figures humaines tirées de la bible mais aussi des religieux. Les premières lettrines sont peintes de couleurs vert, violet ou jaune. À partir du folio 108, elles sont simplement dessinées au trait, sans couleur[3].

L'ouvrage n'était pas destiné à la liturgie mais à la lecture personnelle et notamment la Lectio divina. Chaque lettrine doit représenter l'état d'esprit de la personne lisant le psaume. À plusieurs reprises, l'illustrateur a personnifié le lecteur dans sa relation au texte. La lettrine se devait d'aider le lecteur à visualiser Dieu comme l'auteur du texte[2].

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Marie-Pierre Laffitte et Charlotte Denoël, Trésors carolingiens : Livres manuscrits de Charlemagne à Charles le Chauve, Paris, Bibliothèque nationale de France / Seuil / Volumen, , 240 p. (ISBN 978-2-7177-2377-9), p. 128-130 (notice 22
  • (en) Melanie Holcomb (dir.), Pen and Parchment : Drawing in the Middle Ages, New York, Metropolitan Museum of Art, , 188 p. (ISBN 978-1-58839-318-0, lire en ligne), p. 36-38 (notice 1)
  • Jean Porcher, Les manuscrits à peintures en France du VIIe au XIIe siècle, Paris, Bibliothèque nationale, , 138 p. (lire en ligne), p. 37-38 (notice 84)
  • Jean Porcher, « L’Evangéliaire de Charlemagne et le psautier d’Amiens », Revue de l’art, 7 ,1957, pp. 51–8
  • (en) Bernard Meehan, « The Book of Kells and the Corbie Psalter (with a Note on Harley 2788) », in B. Cassidy and R. Wright, Studies in the Illustration of the Psalter, Stamford, 2000
  • (en) Heather Pulliam, « Exaltation and Humiliation: The Decorated Initials of the Corbie Psalter (Amiens, Bibliothèque municipale, MS 18) », Gesta, 49, 2, 2010, p. 97-115.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Holcomb 2009, p. 36.
  2. a et b Holcomb 2009, p. 36-38.
  3. Porcher 1954, p. 37-38.