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Les provinces de l'Empire ottoman étaient des divisions territoriales fondées sur l'administration militaire et civile ainsi que les fonctions exécutives. Leur nombre, leur hiérarchie et leurs limites varièrent plusieurs fois au cours des six siècles de l'histoire de cet empire disparu en 1923.

Les provinces de l'Empire ottoman (en jaune). En Vert : états vassaux musulmans (Régence d'Alger, Khanat de Crimée, Sharifat de La Mecque). Rose : états vassaux chrétiens (Raguse, Transylvanie, Moldavie, Valachie, Abkhazie, Kakhétie-Imérétie).

Sommaire

HistoriqueModifier

L'organisation de l'Empire ottoman a évolué au cours de l'histoire[1]: les premières provinces ont été créées à partir du XIVe siècle, leur nombre s'accroissant progressivement au fur et à mesure de l'extension de l'empire.

Leur étendue géographique, variable au cours du temps, est appelée eyalet, mais on parle plus souvent de paşalık lorsque leur gouverneur est un paşa, parfois de beylerbelık lorsque c'est un beylerbey ou encore de sharifat lorsqu'il est dirigé selon un sharif (édit du Sultan) lui confèrent des privilèges particuliers. Traditionnellement, un eyalet ou paşalık (province) est divisé en sancaklar ou sandjaks (arrondissements), en bucaklar ou boudjaks (marches dévolues à des vassaux musulmans, par exemple les Tatars) ou en raya ou raïas (marches militaires gouvernées par le commandant d'une forteresse)[2].

La structure administrative a été refondée au cours des vastes réformes (Tanzimat) de 1864, visant à la modernisation de l'Empire et à faire de l'administration des provinces un relais de l'État plutôt que le cadre des féodalités locales. Les anciennes provinces ont alors été remplacées par des vilayets, préfigurant l'actuelle organisation de la république turque en sept bölge (grandes régions, remplaçant les vilayets) et 81 il (provinces ou départements, remplaçant les sandjaks).

Hétérogénéité du systèmeModifier

Contrairement à ce que montrent par erreur beaucoup de cartes historiques (y compris anciennes), les états vassaux, musulmans ou chrétiens, payaient un tribut au Sultan ottoman mais ne faisaient pas partie de l'Empire, n'étaient pas des provinces ottomanes et disposaient de leurs propres dynasties, conseils, lois, administrations, armées, flottes, drapeaux et diplomaties (attributs de la souveraineté).

Ces états vassaux étaient soit musulmans comme la régence d'Alger (Tlemcen, Alger, Qacentine), le Khanat de Crimée ou le Sharifat de La Mecque (dévolu au Sultan en tant que Calife et « Commandeur des croyants »), soit chrétiens comme Raguse, la Transylvanie, la Moldavie, la Valachie, l'Abkhazie, la Kakhétie et l'Imérétie.

En Crimée, le Khanat, qui s'étendait loin à l'intérieur de ce qui est aujourd'hui l'Ukraine et la Russie méridionale, ne possédait en revanche pas l'extrémité méridionale montagneuse de la péninsule, qui, elle, était bien province ottomane (ancienne principauté greco-arménienne conquise, dont les dynastes, passés à l'islam, ont conservé quelque temps leur statut héréditaire).

Les principautés chrétiennes tributaires de l’Empire ottoman, étaient, selon le droit musulman, situées dans le Dar el Ahd (« maison du pacte », en arabe : دار العهد), qui définit leur statut d’États chrétiens orthodoxes tributaires des Ottomans. Dans ces États, les sujets ottomans ne pouvaient pas construire des mosquées ni posséder de la terre mais étaient des « protégés du Sultan », des étrangers au statut symétrique à celui de certains chrétiens ou juifs de l'Empire ottoman vivant sous le « régime des Capitulations », qui étaient, pour leur part, des « protégés » des souverains chrétiens.

Période post-TanzimatModifier

Au début de l'année 1865, l'Empire ottoman comptait une cinquantaine de provinces en Europe, Asie et Afrique, qui s'étendaient des Balkans à l'Afrique du Nord en passant par le Moyen-Orient et l'Égypte. Les noms également ont souvent varié : ceux en français figurent sur les cartes françaises de l'époque ; les noms ottomans sont donnés en italique entre parenthèses :

En EuropeModifier

En AsieModifier

 
Structure administrative de l'Empire ottoman en 1789.
 
Structure administrative de l'Empire ottoman en 1900.

En Asie mineureModifier

Au Proche-OrientModifier

Article connexe : Syrie sous l'Empire ottoman.
Article connexe : Irak sous l'Empire ottoman.
Article connexe : Histoire de Chypre.
  • Mont-Liban (Lubnan Dağlari mutasarrıflığı, Cebeli-Lubnan ou Djebel-i Lubnan, capitale Beirut ou Béryte), mutasarrifat et non vilayet
  • Beyrouth (Beirut-eli ou vilayet de Beyrouth)
Article connexe : Histoire du Liban.
  • Palestine (Kudus-i Şerif mutasarrıflığı, capitale Kudüs), mutasarrifat et non vilayet
Article connexe : Histoire de la Palestine.
  • La Mecque (Mekke şeriflığı), sharifat personnellement dévolu au Sultan et non vilayet
  • Hedjaz (Hicaz-eli, capitale Medîne)
  • Yémen (Yemen-eli, capitale Sana).

En AfriqueModifier

Avant 1830, l'empire comptait aussi en Afrique du Nord :

Article connexeModifier

SourcesModifier

  1. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, Fayard, 1989 ; Jean-Paul Roux, Histoire des Turcs, Fayard, 1984 ; André et Jean Sellier : Atlas des peuples d'Orient, la Découverte, 2000 ; Alphonse Lamartine, Voyage en Orient, Arléa 2008 ; Taner Akçam, De l'Empire à la République, l'Aventurine, 2005 et Revue L'Histoire n° spécial 45 : Les Turcs.
  2. Mihnea Berindei, L’Empire ottoman et les pays roumains, 1544 –1545 : études et documents, éd. de l’EHESS - Cambridge Mass., Harvard Ukrainian Research Institute, Paris, 1987, 368 p. (avec Gilles Veinstein).