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Provinces illyriennes

province du Premier Empire Français
(Redirigé depuis Provinces Illyriennes)
Provinces illyriennes

1809 – 1813 (1814)

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Les provinces illyriennes en 1813.
Informations générales
Statut Territoire annexé par l'Drapeau de l'Empire français Empire français
Capitale Laibach (actuelle Ljubljana en Slovénie)
Langue Français (officielle), kranje et italien ; après 1825 croate, italien et allemand
Histoire et événements
Traité de Schönbrunn et cession autrichienne
août 1813-déc. 1814 Invasion autrichienne
Congrès de Vienne et annexion formelle par l'Autriche

Les Provinces illyriennes étaient composées par les territoires occupés entre 1805 et 1806 puis annexés par le Premier Empire français en 1809 qui regroupait des zones de la Carinthie de L'Ouest et le Tyrol oriental, l'Istrie, Trieste et Gorizia, la Carniole, la Croatie au sud de la Save, la Dalmatie et Raguse. Elles furent reconquises par les forces de l'Empire d'Autriche en 1813.

HistoireModifier

Les Provinces illyriennes sont fondées par le décret du lorsque l'Empire d'Autriche, à la suite de la bataille de Wagram et du traité de Schönbrunn, cède la Haute Carinthie autour de Villach, le duché de Carniole, le littoral autrichien avec Gorizia, Trieste et l'ancienne marche d'Istrie, ainsi que la côte adriatique du royaume de Croatie à l'Empire français.

Ces territoires sont rassemblés dans les Provinces illyriennes. Leur capitale est placée à Laybach (de nos jours Ljubljana, capitale de Slovénie). Le territoire de la république de Raguse (de nos jours Dubrovnik), annexée par la France en 1808, et la Dalmatie, intégrée au royaume d'Italie depuis 1805, sont également intégrés dans les Provinces illyriennes.

La marine britannique impose un blocus de la mer Adriatique à partir du traité de Tilsit en juin 1807. Une tentative franco-italienne de prendre l'île de Vis (Lissa), détenue par les forces britanniques, échoue (Bataille de Lissa, ).

En août 1813, l'Empire d'Autriche déclare la guerre à l'Empire français. Les troupes autrichiennes conduites par le général Franjo Tomašić (hr) envahissent (du point de vue français) ou libèrent (du point de vue autrichien) les Provinces illyriennes. Des troupes croates locales enrôlées par l'armée française se rallient au camp autrichien. À Dubrovnik, une insurrection expulse les Français et une administration locale est mise en place, dans l'espoir de restaurer la République de Raguse, mais la ville est occupée par les troupes autrichiennes le . Zadar (Zara) se rend le après un siège de 34 jours. Kotor (Cattaro) et ses environs sont occupées en 1813 par des forces du Monténégro qui résistent jusqu'au , date à laquelle le prince du Monténégro cède le territoire à l'Empire d'Autriche après l'apparition d'une armée autrichienne. Les armées britanniques se retirent des îles de la côte dalmate en , après la bataille de Waterloo.

Le congrès de Vienne confirme la souveraineté autrichienne sur l'ensemble des Provinces illyriennes, quelle qu'ait pu être leur appartenance avant 1809. En 1816, un royaume d'Illyrie est instauré sur leur territoire (à l'exception de la Dalmatie). Ses districts croates sont transformés en comitats hongrois en 1822 et le royaume d'Illyrie est formellement aboli en 1849.

AdministrationModifier

Les gouverneurs-générauxModifier

Les Provinces illyriennes étaient administrées par un « gouverneur-général ». Le premier est Auguste de Marmont du jusqu'en . Le , Henri Gratien Bertrand lui succède jusqu'au , suivi de Jean-Andoche Junot. Mais en 1813, le duc d'Abrantès sombre dans la folie, ce qui pousse Napoléon à le faire remplacer. C'est Joseph Fouché, ex-ministre de la police générale, qui le remplace après une nouvelle disgrâce. Il est lui-même remplacé par Savary au quai Malaquais, siège du ministère[1].

Code civil et langueModifier

L'administration impériale impose le Code civil français dans les provinces, précédemment sous administration militaire autrichienne. Un décret émancipe les juifs et abolissant une loi qui leur interdisait de s'installer en Carniole. Les lois étaient promulguées en français, en italien, en allemand (en Carinthie) et en « kranje » : cette élévation d'une langue slave au rang de langue officielle, sur les instances du lettré Bartholomé Kopitar, a un impact certain sur le développement du slovène moderne.

DépartementalisationModifier

Les provinces illyriennes sont annexées par la France, puis organisées entre 1809 et 1811 en 11 départements, comme dans tout l'Empire français, mais cette départementalisation ne fut jamais achevée :

Nom Chef-lieu
Adelsberg Adelsberg (Postoïna)
Bouches-du-Cattaro Cattaro (Kotor)
Croatie Karlstadt (Karlovatz)
Dalmatie Zara (Zadar)
Fiume Fiume (Rieka)
Gorice Gorice (Goritz)
Laybach Laibach (Laybach)
Neustadt Neustadt (Novomeste)
Raguse Raguse (Doubrovnik)
Trieste Trieste
Willach Willach (Villach)

En 1811, les provinces illyriennes furent réorganisées et divisées en 4 (Laybach, Karlstadt, Trieste, Zara), puis sept intendances comprenant des subdélégations :

 
Carte de la péninsule italienne en 1810 ; les provinces illyriennes sont en bleu, sur la partie droite de la carte.
 
Carte en allemand de 1813 des provinces illyriennes.
Nom Chef-lieu Subdélégations
Carinthie Willach (Villach) Willach
Lienz
Carniole Laybach Adelsberg
Laybach
Kraimbourg
Neustadt (Novomeste)
Croatie civile Karlstadt (Karlovatz) Karlstadt
Fiume (Rieka)
Lussinpiccolo (Petit-Lussin)
Croatie militaire Segna (Segne)
Dalmatie Zara Zara
Spalato
Lesina
Sebenico
Maccarie
Istrie Trieste Trieste
Gorice (Goritz)
Capodistria (Cap d'Istrie)
Rovigne
Raguse Raguse (Doubrovnik) Raguse
Cattaro
Curzola (Corzola)

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Frank J. Bundy, The Administration of the Illyrian Provinces of the French Empire, 1809-1813, Taylor & Francis (1988) (ISBN 0824080327)
  • Alain Jejcic (dir.), Peter Vodopivec (collab.) et Josip Vrandečić (collab.), Napoléon dans l'Adriatique : dictionnaire biographique des Provinces illyriennes, Paris, SPM, coll. « Kronos » (no 98), , 737 p. (ISBN 9782917232590, OCLC 1055827406, notice BnF no FRBNF45540196)