Protectorat d'Aden

Protectorat d'Aden
محمية عدن Protectorat d'Aden

18861963

Drapeau
Description de cette image, également commentée ci-après
Le protectorat d'Aden (en rouge) en 1958
Informations générales
Statut Protectorat britannique
Capitale Non spécifiée
Langue Anglais, arabe
Superficie
Superficie 285 000 km²
Histoire et événements
1886 Création
11 février 1959 Sécession de six monarchies
18 janvier 1963 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Protectorat d'Aden (en anglais : Aden Protectorate ; en arabe : محمية عدن / maḤmiyahʿAdan), environ 285 000 km2, est un protectorat britannique en Arabie méridionale (partie sud du Yémen actuel) dans la première moitié du XXe siècle.

HistoireModifier

Initialement, seuls des arrangements informels sont conclus avec neuf tribus avoisinant le port d'Aden, colonie britannique et port important dépendant sur le plan colonial de l'Empire des Indes britanniques. Ce type d'arrangement existe depuis 1874 avec l'accord tacite de l'Empire ottoman, qui maintient sa suzeraineté sur le Yémen au Nord. Les entités tribales commencent à être appelées « les 9 tribus » ou « les 9 cantons », soit :

  • Abdali (Lahej)
  • Alawi
  • Amiri (Dhala)
  • Aqrabi
  • Aulaqi
  • Fadhli
  • Haushabi
  • Subeihi
  • Yafa

Le tracé de la frontière nord avec l'Empire ottoman, qui comprend la plus grande partie du Yémen, est opéré entre 1902 et 1904 par deux commissions, l'une britannique, basée à Aden, l'autre ottomane, basée au fort d'al-Turba. Cette opération donne lieu à une série d'accrochages avec les tribus locales, faisant 10 tués, 25 blessés et 35 morts par d'autres causes du côté britannique ; les pertes ottomanes ne sont pas connues[1].

En commençant par un traité formel de protection avec le Sultanat Mahri de Qishn et Socotra en 1886, le Royaume-Uni s'attelle à une lente formalisation des arrangements de protection, incluant plus de 30 principaux traités de protection, le dernier signé seulement en 1954. Ces traités, de même qu'un certain nombre d'accords mineurs, fondent le Protectorat d'Aden, qui s'étend très à l'est d'Aden, dans le Hadramaout, à l'exception d'Aden même, qui constitue la colonie d'Aden, puis l'établissement d'Aden, et enfin l'État d'Aden. En échange de la protection britannique, les dirigeants des composantes territoriales s'engagent à ne pas conclure d'accords avec une quelconque autre puissance étrangère, ni à lui céder une portion de territoire.

Ne sont pas nommément inclus dans le protectorat les îles suivantes : Périm, Kamaran (en mer Rouge), l'archipel des Khuriya Muriya (Oman).

La pression nationaliste poussa les dirigeants menacés des États du protectorat à relancer les efforts de formation d'une fédération et, le , six d'entre eux signèrent un accord formant la Fédération des émirats arabes du Sud :

En , et cinq autres monarchies quittent le protectorat et rejoignent la fédération :

  • Sultanat de Lahej
  • Sultanat du Bas Awlaki
  • État de Dhatina
  • Sheikhat d'Aqrabi
  • Sultanat Wahidi (dénomination avant 1962 : Sultanat Wahidi de Bal Haf et Azzan) et son vassal le Sultanat Wahidi de Haban

Le , la colonie d'Aden rejoint la fédération qui devient la Fédération d'Arabie du Sud. Dans le même temps, les États (principalement situés dans la partie orientale) constituent désormais le Protectorat d'Arabie du Sud.

L'ensemble de ces territoires sont fusionnés en 1967 pour former la République populaire du Yémen (ou Yémen du Sud). Elle sera ensuite intégrée en 1990 dans la République arabe du Yémen (ou Yémen du Nord).

AdministrationModifier

En 1937, le contrôle du Protectorat d'Aden est transféré de Bombay au Foreign Office à Londres. Pour des motifs administratifs, le protectorat est informellement divisé en protectorat oriental et protectorat occidental[2], chacun avec son propre conseiller politique et une certaine séparation sur le plan administratif.

États du Protectorat occidental d'Aden États du Protectorat oriental d'Aden
Scheikhat d'Alawi (en) Sultanat de Bahrut
Sheikrat d'Aqrabi (en) Sheikhat d'Al-Awra (aurait cessé d'exister vers 1950)
Sultanat d'Audhali (en) Sheikhat d'Al-Irqa (aurait cessé d'exister vers 1950)
Sultanat du Bas-Yafa Sultanat Mahri de Qishn et Socotra
Sheikhat du Haut-Aulaqi (en) Sultanat de Qasm
Sultanat du Haut-Aulaqi (en) État Kathiri de Sai'un
Émirat de Beihan Shabwa (incorporé dans les années 1950 à l'État Kathiri de Sai'un)
Émirat de Dhala Tarim (incorporé dans les années 1950 à l'État Kathiri de Sai'un)
Sheikhat de Dathina (en) État Quaiti de Shihr et Mukalla
Sheikhat d'Al-Dhubi (en) (du Haut-Yafa) Sultanat Wahidi de Bal'haf et Azzan
Sultanat de Fadhli Sultanat Wahidi de Bir Ali Amaqin
Sheikhat d'Hadrami (en) (du Haut-Yafa) Sultanat Wahidi de Habban
Sultanat de Haushabi (en)
Sultanat de Lahij
Sheikhat de Maflahi (en) (du Haut-Yafa)
État de Mawsata (en) (du Haut-Yafa, dirigé par un naqib)
Sheikhat de Shaib
Sultanat du Bas-Yafa
Sultanat du Haut-Yafa
Scheikhat de Qutaibi (en) (dépendance de Dhala)
Sheikhat d'Al-Busi (en) (du Haut-Yafa)

Les noms et le nombre de ces entités, ainsi que leurs frontières, fluctuent au fil du temps, certaines n'ayant quasiment aucune véritable administration. Plusieurs sont toutefois connues des philatélistes et des numismates. La liste ci-avant a été établie d'après celles de l'article de la Wikipedia anglophone et du site Web World Statesmen.org, qui diffèrent surtout pour la liste du protectorat oriental.

En 1938, les Britanniques signent un traité de conseil avec le sultan Quaiti, et d'autres du même type avec certaines des entités dans les années 1940–1950, par lesquels un résident britannique est placé dans chacune d'elles.


Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

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