Ouvrir le menu principal

Propriété de la Sablière

propriété à Caluire-et-Cuire en France
Propriété de la Sablière
La Sablière vers 1910.jpg
La Sablière vers 1910.
Présentation
Destination initiale
propriété de campagne, maison de plaisance
Destination actuelle
propriété privée
Construction
XVIIe siècle
Maison des années 1830
Localisation
Pays
Région
Division administrative
Commune
Rue de l'Orangerie
Caluire-et-Cuire
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon

(Voir situation sur carte : métropole de Lyon)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Caluire-et-Cuire

(Voir situation sur carte : Caluire-et-Cuire)
Point carte.svg

La Sablière est une propriété située à Caluire-et-Cuire (quartier du clos Bissardon), dans le département du Rhône, en France. L'architecture de la maison est typique des maisons bourgeoises que se faisaient construire les industriels lyonnais tout au long du XIXe siècle. Son histoire, quant à elle, est plus inhabituelle car elle a été construite pour Didier Petit de Meurville qui y tenait salon et elle est devenue un des points de rendez-vous des carlistes exilés en France dans les années 1840.

ToponymieModifier

Le nom la Sablière provient de la nature sableuse de la terre, le terrain étant touché régulièrement par la sécheresse en été.

HistoireModifier

XVIIe siècleModifier

Les premiers aménagements remontent aux XVIIe siècle avec les premières allées et une immense citerne voûtée située sous la maison de la Sablière. Avant la Révolution française, la veuve du comte Pierre du Soupat (chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis et capitaine au régiment de Piémont), Magdelaine Sorbière était la dernière de cette grande famille à en être propriétaire. L'historien Arthur Kleinclausz (tout comme Edmond Delaye) mentionne la propriété et affirme une origine aussi ancienne que celle de son quartier, le clos Bissardon :
Dès le XVIIème siècle, l'échevin Jean Carette avait transformé une ancienne métairie en maison de plaisance, créant la région de la Carette ; il y avait aussi le clos Bissardon, la propriété de la Sablière.

XVIIIe siècleModifier

Sous la Révolution, la propriété fut mêlée aux évènements de l'été 1793 pendant lesquels les troupes conventionnelles tenaient sous leur feu les Girondins disposés dans les marais de la Tête-d'Or[Note 1].

Dès 1796, la Sablière appartient à Monsieur Pierre Gayet, le célèbre brasseur qui tenait à agrandir ce qui sera l'Orangerie Gayet. Il apprit l'existence de la propriété par l'architecte Rater qui aménageait la nouvelle route de Bresse. Ces travaux obligeaient les propriétaires des balmes à les consolider par des murs de soutènement[1] : aussi peut-on supposer que le grand mur de terrasse de la Sablière et son majestueux perron datent de la fin du XVIIIe siècle. Gayet ne la possédera guère longtemps car il la vendra le 6 janvier 1798 à Madame Marie Humberte Dubreuil de Sainte-Croix, veuve Bataille de Mandelot (1753 -1822), comtesse de Hautepierre et de Neuville-en-Bresse et chanoinesse de cette commune.

XIXe siècleModifier

À partir de 1808, c'est la famille Petit de Meurville qui en sera propriétaire jusqu'en 1847, date à laquelle Didier Petit de Meurville en est exproprié à la suite de mauvaises affaires. Ce dernier est connu pour avoir été un des membres fondateurs et le premier secrétaire de l'Œuvre de la Propagation de la Foi en 1822. La partie en terrasse de la Sablière était le jardin de la propriété tandis que celle en balmes était plantée de vignes[2]. La partie en balmes ne sera aménagée en jardin d'agrément qu'à partir des années 1950. Didier Petit tenait salon à la Sablière et il y accueillait en 1845 Lacordaire dont il esquissa un portrait[3]. La Sablière devint aussi le lieu de passage des grands carlistes d'Espagne en exil dans les années 1840 dont on peut relever plusieurs hôtes prestigieux : le général Cabrera en 1840 et plusieurs autres généraux, le général et ministre d'Espagne Juan de Zavala y de la Puente en 1846. Bien que française, la marquise de Digoine du Palais y fut invitée en 1840, ayant soutenu les carlistes d'Espagne. Ces généraux n'avaient que très peu de liberté en France car ils étaient surveillés par les autorités comme en témoigne la presse lyonnaise du XIXe siècle, très sévères sur ces derniers. Seuls les légitimistes français accueillaient ces carlistes et la Sablière faisait partie de ces lieux d'accueil[Note 2].

En 1847, la Sablière est divisée en six lots, Didier Petit est exproprié : M. Bouchacourt fait l'acquisition du sixième lot. M. Antoine Jean Emmanuel Bouchacourt était un chirurgien interne de l'Antiquaille, premier professeur d'obstétrique et président de l'association des médecins du Rhône[4]. Il était aussi un ami intime d'Ozanam avec lequel il fit le collège royal de Lyon. À cause des dettes de Didier Petit, il vendit la Sablière en 1849 à monsieur Jean-Barthélémy Chazottier (1804-1891). Celui-ci était un négociant qui fit fortune dans la fabrication et le commerce du velours de soierie de Lyon .

Il réaménagea de manière importante la Sablière, les travaux étant supervisés pour la plupart par les architectes Farfouillon puis Girard : il construisit dans le jardin une grande tonnelle le long de l'ancienne impasse de la Sablière dans les années 1850, un pavillon en 1856, une serre en 1857, une orangerie en 1855, une volière en 1872 et il traça quelques allées supplémentaires. En 1857, il fit construire un bassin devant sa maison, lequel sera démantelé par sa fille, dans les années 1890. Il remanie aussi les intérieurs de sa maison qui datait de 1840 environ. À partir de 1852, il projeta d'agrandir sa propriété côté Sud : il profita de la vente de parcelles du Clos Bissardon pour faire l'acquisition d'une bande de terrain en pente pour y faire construire à son sommet en 1866 une maison surmontée d'un atelier de peinture (maison du 14 rue de l'orangerie)[Note 3] pour son gendre Jules Micol, peintre de l'école des Beaux Arts de Lyon. Le plus gros de ses apports fut la construction de canaux, de réservoirs d'eaux et de murs de soutènement considérables afin de contenir les eaux pluviales qui faisaient ébouler la balme sablonneuse lors de grandes pluies. Ce fut non sans peine avec les nombreux désaccords et procès qu'il eut avec ses voisins.

XXe siècleModifier

Des personnalités comme Charles Maurras, Marcel Gimond, Louis Pize, Charles Forot, Louis Jasseron, René Benjamin, Luc Barbier et tant d'autres furent reçus à la Sablière dans la première moitié du XXe siècle pour avoir été des amis intimes de cette famille fort active dans les milieux intellectuels lyonnais et dont un membre, Marcel Grognot (1890-1963) faisait partie de l'Action française[5].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les domaines voisins de l'Oratoire et de l'Orangerie furent eux aussi mêlés à ces évènements car, comme la Sablière, ils possèdent des terrasses qui permirent d'installer des batteries.
  2. Portraits de carlistes réalisés par Didier Petit de Meurville dans les années 1840.
  3. Actes répertoriant le détail des travaux effectués à la Sablière. L'architecte François-Jacques Farfouillon est un des grands architectes de la ville de Lyon à cette époque et il est à l'origine du chœur de l'église Saint-Polycarpe (1836).

RéférencesModifier

  1. Edmond Delaye, Une promenade lyonnaise célèbre sous la Restauration : le Cours d'Herbouville et la salle Gayet, Lyon, Éditeur Delaye, , 58 p..
  2. « Plans du cadastre de Caluire-et-Cuire en 1827 ; section E dite de Saint-Clair (1-563) », sur archives.rhone.fr, Archives départementales du Rhône et Atlas Lanyer (1759).
  3. Esquisse représentant Lacordaire ; dessinée en 1845 à la Sablière par Didier Petit de Meurville.
  4. Fiche biographique du Docteur Bouchacourt.
  5. Revue (ouvrage collectif), « Marcel Grognot », Cahiers Charles Maurras, nos 8 à 16,‎ (lire en ligne).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Articles connexesModifier