Programme Living Planet

Le Programme Living Planet rassemble l'ensemble des missions spatiales de l'Agence spatiale européenne (ESA) destinées à l'observation de la Terre depuis l'espace.

Ces missions sont divisées en deux catégories[1] :

Les missions scientifiques Earth ExplorerModifier

Il y a actuellement onze missions Earth Explorer ; une est terminée, quatre sont opérationnelles, cinq sont en cours de développement et une doit encore être sélectionnée.

  • GOCE (Gravity Field and Steady-State Ocean Circulation Explorer) est une mission d'étude du champ gravitationnel terrestre. Le satellite a été lancé le et la mission s'est achevée le [2]. Cette mission a permis de déterminer de manière précise des changements locaux et globaux de gravité et d'améliorer notre modèle de la géoïde. Les applications scientifiques sont nombreuses : circulation océanique, physique de la structure interne de la Terre, géodésie, surveillance et détermination des changements du niveau des océans[1].
  • SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity satellite)[3],[4] mesure l’humidité superficielle des terres émergées et la salinité de la surface des océans. Le satellite a été lancé le et est toujours en activité[5],[6].
  • CryoSat étudie les glaces polaires et leur évolution. Après un premier échec au lancement en 2005 et la perte du satellite, un second exemplaire, CryoSat-2, est lancé le et est toujours opérationnel[7].
  • SWARM (essaim en anglais) est une constellation de trois satellites destinés à l'étude du champ magnétique terrestre. Les trois satellites ont été lancés ensemble le [8]. La mission est prolongée de 4 ans, jusqu'en 2021, en [9].
  • ADM-Aeolus (Atmospheric Dynamics Mission) est un satellite d'observation de la dynamique de l'atmosphère terrestre (vents). Son lancement a eu lieu le [10] et le satellite est toujours opérationnel[11].
  • EarthCARE (Earth Clouds Aerosols and Radiation Explorer) doit étudier la formation et l'influence des nuages. Il est développé en partenariat avec l'Agence spatiale japonaise (JAXA)[12]. Le lancement était planifié pour mais est reporté à 2021 à la suite de complications lors du développement de son lidar[13],[14],[15]. Il est désormais planifié pour [16].
  • Biomass est prévu pour l'étude de la biomasse tropicale en estimant les quantités de carbone stockées. Son lancement est prévu pour 2023[17],[18].
  • FLEX (Fluorescence Explorer) est un satellite destiné à la détection de la fluorescence des plantes pour la quantification de l'activité photosynthétique[19]. Son lancement est prévu pour 2023[20].
  • FORUM (Far-infrared Outgoing Radiation Understanding and Monitoring) est un satellite destiné à l'étude du rayonnement infrarouge de la Terre sur tout son spectre, de 15 à 100 microns[21]. Le lancement est prévu pour 2026[21].
  • Harmony est une mission composée de deux satellites qui volent en convoi avec Sentinel-1. Grâce à des mesures radars à synthèse d'ouverture, la topographie des terres sera déduite ainsi la déformation et l'écoulement en trois dimensions de glaciers pour une meilleure compréhension de la montée des eaux. Un instrument dans l'infrarouge thermique permet de mesurer le mouvement vertical des nuages ou la différence de température à la surface des océans[22]. Son lancement est prévu pour 2027/2028[23],[24].
  • 11e mission Earth Explorer : Quatre missions (Cairt, Nitrosat, Wivernk, Seastar) sont en compétition. La sélection finale aura lieu en 2023 et 2025[25]. La fenêtre de lancement est prévue pour 2031/2032[25],[26].

Sélection des missionsModifier

7e mission Earth ExplorerModifier

La 7e mission Earth Explorer a fait l'objet en d'une pré-sélection et trois candidats ont été retenus parmi six propositions :

  • Biomass doit mesurer le volume global de la biomasse de la planète pour permettre de mesurer les quantités de carbone stocké et les flux de celui-ci[24].
  • CoReH2O (COld REgions Hydrology High-resolution Observatory) doit mesurer la quantité d'eau contenue dans la neige présente sur des glaciers et sur la terre[24].
  • PREMIER (Process Exploration through Measurements of Infrared and millimetre-wave Emitted Radiation) a pour objectif de mieux comprendre les processus qui contrôlent les composants atmosphériques (gaz) dans la moyenne et haute troposphère ainsi que dans la stratosphère inférieure, soit entre 5 et 25 km d'altitude[24].

Biomass est sélectionnée le pour cette septième mission. Le satellite doit être lancé initialement vers 2021[27],[17]. La mission est toutefois repoussée en pour un lancement prévu en avec une fusée Vega[18].

8e mission Earth ExplorerModifier

Un appel à propositions est lancé en pour la 8e mission Earth Explorer. Deux projets sont sélectionnés en et entament une étude de faisabilité :

  • FLEX (Fluorescence Explorer) doit fournir une carte globale de la végétation permettant de quantifier la photosynthèse. L'objectif est d'améliorer nos connaissances relatives au carbone stocké dans les plantes et à son rôle dans les cycles du carbone et de l'eau[28].
  • CarbonSat doit mesurer et surveiller la distribution des deux principaux gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone et le méthane. Il doit permettre une meilleure maitrise des sources et des puits de stockage naturels de ces deux gaz ainsi que de leur influence sur le climat[28].

En , l'Agence spatiale européenne annonce la sélection de FLEX avec un début de mission planifié en 2022[29]. La mission est finalement repoussée à 2023 à la suite d'une demande de l'ESA pour une meilleure performance de l'instrument FLORIS (Fluorescence Imaging Spectrometer) du satellite[20].

9e mission Earth ExplorerModifier

L'appel à propositions de la 9e mission Earth Explorer est lancé par l'agence spatiale européenne le . Il est demandé que le projet, comme pour les missions précédentes, utilise de nouvelles techniques de mesure et contribue à la compréhension du fonctionnement du système terrestre mais qu'il réponde à des questions scientifiques ayant un impact direct sur certains des défis que l'humanité devra relever dans les prochaines décennies[30]. En , l'agence refait un appel à candidature. Aucun des candidats de la salve précédente ne pouvait garantir une mise en service d'ici 2024. La date de lancement est reportée logiquement d'un an[31]. En , des treize missions proposées deux sont sélectionnées :

  • FORUM (Far-infrared Outgoing Radiation Understanding and Monitoring) est destiné à l'étude du rayonnement infrarouge de la Terre sur tout son spectre, de 15 à 100 microns. Ces données permettraient de caractériser la température terrestre, un élément important dans la recherche sur le réchauffement climatique[32].
  • SKIM (Sea-surface Kinematics Multiscale monitoring) doit mesurer par effet Doppler les courants de surface des océans. Ces mesures seraient bien plus précises qu'avec les satellites actuels. Elles permettraient d'étudier la dynamique verticale et horizontale des courants de surface ainsi que les échanges gazeux (dioxyde de carbone) entre les océans et l'atmosphère[32].

En , l'Agence spatiale européenne sélectionne la mission FORUM. Le lancement, initialement prévu pour 2025, est repoussé à 2026[32],[21].

10e mission Earth ExplorerModifier

L'appel à propositions pour la 10e mission Earth Explorer est lancé en et se termine en décembre de la même année. Les candidats sélectionnés sont dévoilés le [24]. Il s'agit des trois concepts suivants :

  • Stereoid est un satellite destiné à la mesure topographique des terres, des océans et de la glace. Pour cela, un radar à synthèse d'ouverture sera utilisé. Particularité, il volera en formation avec un des satellites Sentinel-1 du programme Copernicus. Cette mission permettra d'améliorer notre connaissance de la circulation des courants océaniques à de très petites échelles, de mieux comprendre la dynamique des glaces et de mesurer les changements topographiques des terres[24].
  • Daedalus est une mission destinée à l'analyse de la frontière entre l'atmosphère haute et l'espace. Elle s'intéressera aux phénomènes qui sont directement liés à l'énergie déposée, transformée et transportée par le Soleil et les vents solaires. Un satellite principal sera lancé avec divers instruments ainsi que quatre satellites de plus petites tailles qui transporteront des instruments qui seront largués dans l'atmosphère[24].
  • G-Class est un satellite placé en orbite géostationnaire au-dessus de l'Afrique et de la Méditerranée. Avec son radar à synthèse d'ouverture, il a pour but de mesurer les processus autour du cycle diurne de l'eau pour une meilleure détection des averses, des disponibilités en eau, des inondations et des glissements de terrains[24].

En , l'Agence spatiale européenne sélectionne la mission Harmony, nommée précédemment Stereoid[22]. En automne 2022, l'agence donnera de plus amples détails sur le développement de la mission[22]. La mise en orbite de celle-ci est prévue pour 2027/2028[23],[24]. Le satellite Daedalus, bien que non sélectionné pour des raisons économiques, pourrait voir le jour à travers une coopération internationale[22].

11e mission Earth ExplorerModifier

L'appel à propositions pour la 11e mission Earth Explorer est lancé en et s'est terminé en décembre de la même année[26]. Les candidats sélectionnés sont dévoilés le [25]. Quatre missions sont retenues :

  • Cairt (changing-atmosphere infrared tomography) doit fournir des informations sur les liens entre le changement climatique, la chimie et la dynamique de l'atmosphère dans la gamme d'altitude 5-120 km. Cairt doit être le premier satellite à observer aux limbes avec une technologie d'imagerie infrarouge à transformée de Fourier[25].
  • Nitrosat doit mesurer la concentration de dioxyde d'azote (NO2) et d'ammoniac (NH3) dans l'atmosphère. Ces deux gaz sont liés au changement climatique, à travers le cycle du carbone et de l'azote. Cette mission a d'importantes applications sociétales et environnementales[25].
  • Wivern (wind velocity radar nephoscope) doit mesurer le vent directement dans les nuages et fournir des profils de la pluie, de la neige et de l'eau glacée. Elle peut donc prévoir, grâce à son radar Doppler à double polarisation et à balayage conique de 94 GHz, les conditions météorologiques et alerter en cas d'anomalies[25].
  • Seastar doit fournir, grâce à un radar interférométrique, les vecteurs des courants de surface océaniques et des vents de surface à une résolution de 1 km pour l'ensemble de l'océan côtier, des mers épicontinentales et des zones de glace marginale. Ces données doivent permettre de mieux comprendre la dynamique des océans et les processus océaniques à petite échelle. Une meilleure compréhension de la chaine alimentaire ou de la dynamique de la dispersion de la pollution pétrolière et plastique en découleront[25].

La sélection finale s'effectuera en 2023 et 2025[25]. La mise en orbite est prévue pour 2031/2032[26],[25].

Les missions Earth WatchModifier

L'Agence spatiale européenne a joué un rôle pionnier dans le domaine de la collecte de données météorologiques avec la première série de satellites météorologiques géostationnaires METEOSAT. Elle conçoit aujourd'hui la troisième génération de cette famille dont le premier exemplaire devrait être lancé vers 2015. Elle a développé par ailleurs une famille de satellites météorologiques placés sur orbite polaire MetOp dont le premier exemplaire a été lancé en 2006. Les autres paramètres environnementaux ont été collectés successivement par les satellites ERS-1 et ERS-2 auxquels a succédé en 2002 le satellite Envisat.

L'Agence spatiale européenne a décidé de créer en 1998 le programme GMES dont l'objectif est de garantir la continuité de la collecte des paramètres environnementaux et leur redistribution aux différents utilisateurs. Une nouvelle famille de satellite, Sentinelle doit prendre la suite d'Envisat et contribuer à alimenter GMES[33].

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « ESA's Living Planet Programme », sur esa.int (consulté le 17 novembre 2018)
  2. (en) « Introducing GOCE », sur esa.int (consulté le 23 août 2018)
  3. ESA's water mission SMOS European Space Agency
  4. (en) Mark Drinkwater, Yann Kerr, Jordi Font et Michael Berger, « Exploring the Water Cycle of the ‘Blue Planet’: The Soil Moisture and Ocean Salinity (SMOS) mission », ESA Bulletin, European Space Agency, no 137,‎ , p. 6–15 (lire en ligne)
  5. (en) Jonathan Amos, « European water mission lifts off », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 2 novembre 2009)
  6. (en) « Introducing SMOS », sur esa.int (consulté le 23 août 2018)
  7. (en) « Introducing CryoSat », sur esa.int (consulté le 23 août 2018)
  8. (en) « Introducing swarm », sur esa.int (consulté le 23 août 2018)
  9. « Swarm - Earth Online », sur earth.esa.int (consulté le 10 juin 2021)
  10. (en) « ESA's Aeolus wind satellite launched », sur esa.int, (consulté le 23 août 2018)
  11. « Aeolus - Earth Online », sur earth.esa.int (consulté le 10 juin 2021)
  12. (en) « EarthCARE overview », sur esa.int (consulté le 23 août 2018)
  13. (en) « Call for EarthCARE mission advisory group », sur esa.int, (consulté le 23 août 2018)
  14. (en-US) « 2 Lidar Missions' Cost, Schedule Woes Drive ESA Changes », sur SpaceNews.com, (consulté le 1er octobre 2019)
  15. « EarthCARE - Earth Online - ESA », sur earth.esa.int (consulté le 1er octobre 2019)
  16. (en-US) « Arianespace and ESA announce EarthCare launch contract », sur Arianespace (consulté le 28 octobre 2019)
  17. a et b (en) « biomass », sur earth.esa.int (consulté le 23 août 2018)
  18. a et b (en-US) « Arianespace and ESA announce the Earth Explorer Biomass launch contract », sur Arianespace (consulté le 28 octobre 2019)
  19. (en) « FLEX », sur earth.esa.int (consulté le 23 août 2018)
  20. a et b (en-US) « Thales Alenia Space to build ESA’s FLEX vegetation-monitoring satellite », sur SpaceNews.com, (consulté le 14 janvier 2019)
  21. a b et c (en-GB) esa, « A new satellite to understand how Earth is losing its cool », sur European Space Agency (consulté le 24 septembre 2019)
  22. a b c et d (en) « ESA moves forward with Harmony », sur www.esa.int (consulté le 23 février 2021)
  23. a et b (en) « Call for new Earth Explorer mission ideas », sur esa.int, (consulté le 23 août 2018)
  24. a b c d e f g h et i (en)« Three ESA_Earth science missions move to next _phase », Agence spatiale européenne,
  25. a b c d e f g h et i (en) « Four mission ideas to compete for Earth Explorer 11 », sur www.esa.int (consulté le 10 juin 2021)
  26. a b et c (en) « Calling for ideas for next Earth Explorer », sur www.esa.int (consulté le 25 mai 2020)
  27. (en)« ESA’s next Earth Explorer satellite », Agence spatiale européenne,
  28. a et b (en) « ESA calls for Earth Explorer-8 Mission Advisory Group members », sur esa.int, (consulté le 23 août 2018)
  29. (en) « New satellite to measure plant health », Agence spatiale européenne,
  30. (en) « ESA issues call for new Earth Explorer proposals », Agence spatiale européenne,
  31. (en) « Reissued call for Earth Explorer 9 proposals », sur esa.int, (consulté le 23 août 2018)
  32. a b et c (en) « Two new Earth Explorer concepts to understand our rapidly changing world », sur esa.int, (consulté le 23 août 2017)
  33. (en) « About GMES GMES overview », sur ttp://www.esa.int, ESA,

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier