Prise d'Oran et de Mers el-Kébir (1732)

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Reconquête d'Oran (1732)
Description de cette image, également commentée ci-après
Prise de la ville par les Espagnols en 1732
Informations générales
Date
Lieu Oran (Régence d'Alger)
Issue Victoire espagnole
Changements territoriaux Reprise du préside d'Oran et de Mers el-Kébir par les Espagnols au détriment des Algériens
Belligérants
Flag of Cross of Burgundy.svg Empire espagnolFlag of Ottoman Algiers.svg Régence d'Alger
Soutien:
Drapeau du Maroc pré-1915.svg Empire chérifien
Commandants
Flag of Cross of Burgundy.svg Comte de MontémarFlag of Ottoman Algiers.svg Bey Bouchelaghem
Drapeau du Maroc pré-1915.svg Juan Guillermo Ripperdá
Forces en présence
30 000 hommes
30 navires de guerre
Inconnues
Pertes
InconnuesInconnues

Raids espagnols sur le littoral d'Afrique du Nord

La prise d'Oran de 1732 est la bataille grâce à laquelle l'Espagne de Philippe V reprend le préside d'Oran et de Mers el-Kébir à la régence d'Alger. Le bey de l'ouest, Bouchelaghem, a repris ces places aux Espagnols quelques années auparavant, en 1708. Pour sa défense des deux places il est soutenu par une armée marocaine commandée par le renégat hollandais Juan Guillermo Ripperdá. L'expédition espagnole est commandée par le comte de Montémar[1]. Oran et Mers el-Kébir resteront ensuite possessions espagnoles jusqu'à la reconquête algérienne de 1792 ce qui mettra un terme définitif au contentieux algéro-hispanique à propos des deux places.

Contexte et préparatifsModifier

Oran a été conquise par l'Espagne en 1509, mais le dey d'Alger l'a reprise en 1708.

L'expédition de 1732 résulte de la volonté de Philippe V, de la maison des Bourbons d'Espagne, de mener une nouvelle politique nord-africaine.[réf. souhaitée]

Elle est longuement préparée à Carthagène. Le corps expéditionnaire se compose de 30 000 hommes et 30 navires de guerre[1]. De son côté, le Bey Bouchelaghem rassemble ses forces, et fait appel à de nombreux contingents des tribus. Il obtient également le soutient d'une armée marocaine de plus de 20 000 hommes, commandée par le renégat d'origine hollandaise Juan Guillermo Ripperdá[2],[3].

DéroulementModifier

Le , l'armada jette l'ancre à Las Aguadas (Aïn el-Turk)[4]. Le lendemain, des premières escarmouches ont lieu entre les cavaliers maures et les soldats espagnols occupés à la construction d'un retranchement. Le , les Espagnols se mettent à l'offensive pour s'emparer des hauteurs qui dominent Mers el-Kébir. Une bataille s'y déclenche, et les Musulmans commandés par le Bey Bouchelaghem, qui se tient au premier rang, tentent de repousser les assaillants. Le corps marocain de Ripperdá inflige notamment des pertes sensibles aux Espagnols[2], en anéantissant notamment tout un bataillon espagnol qui s'était trop engagé[5]. Toutefois, la bataille tourne à l'avantage des Espagnols qui repoussent les Musulmans hors des hauteurs de Mers el-Kébir[2],[6].

Le , les Espagnols se prépare à mettre le siège devant la ville lorsqu'ils apprennent, que les auxiliaires maures ont fui jugeant impossible toute résistance, et se croyant poursuivis par les Chrétiens. Ils sont suivis par l'armée régulière, puis par les habitants eux-mêmes persuadés du succès espagnol. Le Bey Bouchlaghem abandonné de tous, se réfugie à Mostaganem[2]. Les Espagnols font alors leur entrée à Oran, vidée de sa population, et y saisissent 130 canons et de nombreux approvisionnements[1].

ConséquencesModifier

La nouvelle de cette défaite plonge les autorités de la Régence d'Alger dans la consternation et entraîne une crise politique. En Espagne, elle donne lieu à des réjouissances populaires dans les principales villes[1].

Suite à la perte d'Oran et Mers el-Kébir, des renforts d'Alger sont également envoyés au Bey Bouchelaghem[2]. Les autorités d'Alger envoient également une ambassade au sultan marocain Moulay Abdallah, lui demandant un soutien pour reprendre Oran, ou du moins une diversion en attaquant Ceuta[7]. Dès septembre 1732, le Bey Bouchelaghem remet le siège devant Oran[2], en coordination avec une attaque marocaine sur Ceuta[7]. Les Espagnols finissent rapidement assiégés par l'armée algérienne dans les places d'Oran et Mers el-Kébir. La flotte d'Alger fait à cette occasion la saisie de navires anglais et français participant au ravitaillement en armes, soldats et munitions des places investies par les Espagnols. En 1733, la flotte d'Alger rentre avec de multiples prises espagnoles et de navires européens. Alors que l'Angleterre et la France sont en paix, un certains nombre de captifs fait pas les Algériens parmi les soldats ayant participé à la prise d'Oran se révèlent être Français[8].

Cette reconquête marque également une longue période de guerre d'usure qui ne s’achèvera qu'en 1785 à la veille de la reconquête algérienne de 1792 qui clôturera définitivement tout contentieux algéro-hispanique autour de ces deux places[9].

RéférencesModifier

  1. a b c et d Terki Hassaine 2004, p. 197-222.
  2. a b c d e et f Hamet 1923, p. 359-360.
  3. The Gentleman's Magazine 1967, p. 439.
  4. Abadie 2002, p. 42.
  5. Société historique algérienne 1872, p. 95.
  6. Claude de Rarécourt 1903, p. 17.
  7. a et b Mercure français 1733, p. 297
  8. Lemnouar Merouche, Recherches sur l'Algérie à l'époque ottomane II.: La course, mythes et réalité, Editions Bouchène, (ISBN 978-2-35676-055-5, lire en ligne), p.  291-292
  9. Ismet Terki Hassaine, « Oran au xviiie siècle : du désarroi à la clairvoyance politique de l’Espagne », Insaniyat / إنسانيات. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, nos 23-24,‎ , p. 197–222 (ISSN 1111-2050, DOI 10.4000/insaniyat.5625, lire en ligne, consulté le )

BibliographieModifier

  • Louis Abadie, Oran et Mers el Kebir : vestiges du passé espagnol, Serre Éditeur, , 128 p. (ISBN 978-2-906431-53-9, lire en ligne) et [1]
  • Ismaël Hamet, Histoire du Maghreb : cours professé à l'Institut des hautes études marocaines, E. Leroux (Paris), , 501 p. (lire en ligne)  
  • Mercure français : Volume 93, Au bureau du Mercure, , 412 p. (lire en ligne)  
  • The Gentleman's Magazine : Volumes 292-293, (lire en ligne)  
  • Claude de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, Oran, Tlemcen, Sud-Oranais (1899-1900), Honoré Champion, (lire en ligne)  
  • Société historique algérienne, Revue africaine : journal des travaux de la Société historique algérienne, Alger, Adolphe Jourdan et Jules Carbonel, , 400 p. (lire en ligne)