Principes élémentaires de philosophie

Principes élémentaires de philosophie est une œuvre posthume de Georges Politzer publiée en 1946[1]. Elle reproduit les notes prises par un de ses élèves aux cours professés par Georges Politzer à l'Université Ouvrière en l'année scolaire 1935-1936[2].

Étude du texteModifier

Le livre nous présente la métaphysique, l'idéalisme, le matérialisme, l'agnosticisme. La conception de la matière est différente selon le concept philosophique[Note 1], en termes philosophiques il y a d'un côté la réalité subjective et la réalité objective.

L'idéalisme défend ses idées grâce à la vision de l'évêque George Berkeley, tandis que le matérialisme défend ses idées d'après la science et l'expérience. Néanmoins, il existe un troisième concept, c'est l'agnosticisme.

L'idéalismeModifier

L'idéalisme s'oppose au matérialisme, l'un pense que la matière est créée par l'esprit et l'autre pense que la matière est issue de raisons scientifiques. On peut donc opposer deux camps, la vision de la religion (Dieu créa la matière) et la vision scientifique.

L'idéalisme peut être divisé en deux camps :

« Ou bien, Dieu a créé le monde, et celui-ci existe réellement, en dehors de nous. C'est l'idéalisme ordinaire des théologies. (La théologie est la « science » qui traite de Dieu et des choses divines.)

Ou bien, Dieu a créé l'illusion du monde en nous donnant des idées qui ne correspondent à aucune réalité matérielle. C'est l' « idéalisme immatérialiste » de Berkeley, qui veut nous prouver que l'esprit est la seule réalité, la matière étant un produit fabriqué par notre esprit. »

L'idéalisme philosophique
  • « L'idéalisme philosophique est une doctrine qui a pour base l'explication du monde par l'esprit. »
L'idéalisme moral

« L'idéalisme moral consiste à se dévouer à une cause, à un idéal. L'histoire du mouvement ouvrier international nous apprend qu'un nombre incalculable de révolutionnaires, de marxistes, se sont dévoués jusqu'au sacrifice de leur vie pour un idéal moral, et pourtant ils étaient les adversaires de cet autre idéalisme qu'on appelle idéalisme philosophique. »

L'idéalisme de Berkeley ou l'idéalisme immatérialiste
  • « Voici un coupon de tissu : vous me dites qu'il est rouge. Est-ce bien sûr ? Vous pensez que le rouge est dans le tissu lui-même. Est-ce certain ? Vous savez qu'il y a des animaux qui ont des yeux différents des nôtres et qui ne verront pas ce tissu rouge ; de même un homme ayant la jaunisse le verra jaune ! Alors de quelle couleur est-il ? Cela dépend, dites-vous ? Le rouge n'est donc pas dans le tissu, mais dans l'œil, en nous. »
  • « En enlevant toutes leurs propriétés aux objets, on en arrive ainsi à dire que ceux-ci n'existent que dans notre pensée, c'est-à-dire que la matière est une idée. »

Le matérialismeModifier

Le matérialisme considère que la pensée est le résultat de la science, autrement dit, car nous avons un cerveau.

  • « L'esprit n'est lui-même que le produit supérieur de la matière. »[3]

« Pour nous résumer, nous dirons donc que les matérialistes, devant le problème fondamental de la philosophie, affirment :

Que c'est la matière qui produit l'esprit et que, scientifiquement, on n'a jamais vu d'esprit sans matière. Que la matière existe en dehors de tout esprit et qu'elle n'a pas besoin de l'esprit pour exister, ayant une existence qui lui est particulière, et que, par conséquent, contrairement à ce que disent les idéalistes, ce ne sont pas nos idées qui créent les choses, mais, au contraire, ce sont les choses qui nous donnent nos idées. Que nous sommes capables de connaître le monde, que les idées que nous nous faisons de la matière et du monde sont de plus en plus justes, puisque, à l'aide des sciences, nous pouvons préciser ce que nous connaissons déjà et découvrir ce que nous ignorons. »

Néanmoins, Engels s'oppose à ce qu'on pense que la pensée est un produit du cerveau ; il est pour lui une fonction[4].

L'agnosticismeModifier

Albert Einstein est un agnostique[5],[6], c'est-à-dire, comme tous les agnostiques, la vision n'est pas tranchée entre l'idéalisme et le matérialisme, c'est une conception d'après laquelle le monde est inconnaissable. Donc d'après cette conception, Dieu peut exister et ne pas exister, tant qu'aucune réalité scientifique n'a été démontrée le doute sera méthode chez ces penseurs, il ne choisira donc pas d'être dans l'un des camps, ni celui de Dieu et ni celui de la science.

Selon Politzer, « nous voyons maintenant que les théories qui prétendent concilier ces deux philosophies ne peuvent, en fait, que soutenir l'idéalisme, qu'elles n'apportent pas une troisième réponse à la question fondamentale de la philosophie et que, par conséquent, il n'y a pas de troisième philosophie. »

Pour réfuter l'idée que l'Homme ne peut connaître la vérité, car il aura sa propre vérité[Note 2], les matérialistes se basent sur l'expérience[7].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Voir les sections L'idéalisme et Le matérialisme
  2. La propre vérité ou chose pour soi, désigne pour chacun une vision de la matière, un homme ayant la jaunisse ne pourra pas voir la matière comme un homme non atteint de cette maladie, tel est l'argument des agnostiques. Partie I, Chapitre V du livre.

RéférencesModifier

  1. Georges Politzer, Guy Besse et Maurice Caveing, Principes fondamentaux de philosophie, Éditions sociales, Paris, 1954, p. vii.
  2. Politzer, Georges / Le Goas, Maurice, Principes élémentaires de philosophie / Georges Politzer ; préf. de Maurice Le Goas - Notes de cours professés par l'auteur à l'Université ouvrière en 1935-1936, Paris : Éd. sociales,
  3. Friedrich Engels : Ludwig Feuerbach, p. 18.
  4. Quand Engels dit que la pensée est un « produit » du cerveau, il ne faut pas, en effet, imaginer que le cerveau secrète la pensée comme le foie secrète la bile. Au contraire, Engels a combattu ce point de vue. (Notamment dans Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande. Voir également Lénine: Matérialisme et empiriocriticisme, chap. I et II.)
  5. Richard Dawkins dans Pour en finir avec Dieu, Perrin, Paris, 2009, p. 24 qualifie Albert Einstein d'athée. L'intéressé déclara dans une lettre à M. Berkowitz datée du 25 octobre 1950: Ma position concernant Dieu est celle d’un agnostique. Lire en ligne. Toutefois quelques années plus tard, Einstein affirmera : Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler.(Albert Einstein -1879-1955 - "Albert Einstein : le côté humain" édité par Helen Dukas et Banesh Hoffmann, lettre du 24 mars 1954)
  6. Laurent Lemire, Le siècle d'Albert Einstein, Perrin, Paris, 2008, p. 37.
  7. « Reprenant la phrase d'Engels, nous dirons « la preuve du pudding, c'est qu'on le mange » (proverbe anglais). S'il n'existait pas, ou s'il n'était qu'une idée, après l'avoir mangé, notre faim ne serait nullement apaisée. Ainsi il nous est parfaitement possible de connaître les choses, de voir si nos idées correspondent à la réalité. Il nous est possible de contrôler les données de la science par l'expérience et l'industrie qui traduisent en applications pratiques les résultats théoriques des sciences. Si nous pouvons faire du caoutchouc synthétique, c'est que la science connaît la « chose en soi » qu'est le caoutchouc. Nous voyons donc qu'il n'est pas inutile de chercher à savoir qui a raison, puisqu'au travers des erreurs théoriques que la science peut commettre, l'expérience nous donne chaque fois la preuve que c'est bien la science qui a raison. »

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

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