Prieuré de Saint-Paul-en-Chablais

abbaye située en Haute-Savoie, en France

Prieuré de Saint-Paul en Chablais
Le site prieural vu depuis l'ouest.
Le site prieural vu depuis l'ouest.

Fondation vers 1200
Diocèse Annecy
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Haute-Savoie
Commune Saint-Paul-en-Chablais
Coordonnées 46° 22′ 47″ nord, 6° 37′ 42″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Prieuré de Saint-Paul en Chablais
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Prieuré de Saint-Paul en Chablais

Le prieuré de Saint-Paul en Chablais est un ancien prieuré bénédictin du XIIIe siècle situé sur la commune de Saint-Paul-en-Chablais en Haute-Savoie dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Fondé vers 1200 par Isabelle de Bex, il est sécularisé à la suite de l'invasion française de la Savoie en 1792. Depuis 2015, le prieuré fait l'objet de recherches historiques et archéologiques. En , une fresque médiévale a été découverte sous des enduits contemporains.

GéographieModifier

Au centre de la commune de Saint-Paul-en-Chablais, l’église et la « maison des Sœurs » délimitent l'emprise des anciens bâtiments conventuels dont on ignore le plan originel.

HistoireModifier

Période médiévaleModifier

Un prieuré de moines bénédictins dépendant du prieuré de Lutry est fondé vers 1200 par Isabelle de Bex, probablement avec son époux Guillaume de Blonay ou juste après son décès prématuré[1]. En 1210, le premier prieur connu se nomme Pierre[2] ; il apparaît dans l’entourage d’Isabelle de Bex, dite Belon, de Saint-Paul, probablement apparentée à la Maison de Faucigny[3]. Aymon II de Faucigny en est d'ailleurs l'avoué durant la première moitié du XIIIe siècle[4].

Le prieuré était constitué d'une église prieurale au sud et de bâtiments conventuels au nord.

Un fragment d'un cartulaire de la seconde moitié du XIIIe siècle a été publié par le comte Amédée de Foras[5].

Époque moderneModifier

En 1536, le prieuré de Saint-Paul survit à l'occupation du Pays de Vaud par les Bernois qui entraîne la disparition du prieuré de Lutry. Après l'invasion française de la Savoie à la Révolution, le prieuré est supprimé et ses biens sont vendus et dispersés entre divers propriétaires.

Époque contemporaineModifier

Les vestiges de peintures de la chapelle extérieure sont connus et inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1979. En 2015, la commune a chargé Sidonie Bochaton d’un diagnostic archivistique et archéologique. Si les archives du prieuré ont disparu, celles des familles nobles de Blonay et Dupas, conservées à Lausanne et à Turin, permettent d’en restituer l’aspect général. Ce travail mené en 2015 a permis de mettre en évidence la fonction funéraire du prieuré grâce à l’étude des testaments de la famille de Blonay et des vestiges de deux chapelles funéraires aménagées dos à dos dans le mur nord du sanctuaire[6].

Architecture et descriptionModifier

Église prieuraleModifier

L'église prieuriale construite au XIIIe siècle[7] se composait d'une nef unique à trois travées et d'un chœur à chevet plat de style gothique. La nef était composée d’un seul vaisseau, probablement séparé en deux par un jubé[8]. Le clocher s'élevait au-dessus du chœur. L'église abritait les tombeaux des membres de la famille de Blonay[1]. Elle est agrandie au XVIIIe siècle de nefs latérales et le clocher est reconstruit contre le chevet, là où il est encore au XXe siècle. La porte principale, ainsi que les retables du chœur et les chapelles latérales datent de la restauration sarde, après 1816. En 1906, le clocher à bulbe disparaît dans un incendie causé par la foudre. La commune a reconstruit le clocher en [9].

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Bâtiments conventuelsModifier

Un inventaire des bâtiments conventuels daté de 1771 mentionne un certain nombre de pièces dont des caves, une cuisine, un poêle et des chambres. L’actuelle « maison des Sœurs » semble en être un vestige[1].

Dépendances domestiquesModifier

Au nombre des dépendances du prieuré on relève sur la mappe sarde de la commune un grenier et des écuries occupées par l'actuelle mairie[10][1].

Liste des prieurs de Saint-PaulModifier

En 2017, Sidonie Bochaton présente une liste des prieurs connus[1] :

  • 1210 : Pierre ;
  • 1227 : Guillaume de Fabricis ;
  • 1235, 1238 : Guillaume (le même?) ;
  • 1246 : Etienne ;
  • 1298-1337 : Jean de Lully ;
  • 1363 : Jacques de Vuillens ;
  • 1399 : Amédée Cullin ;
  • 1424-1428 : Jean Ducrêt ;
  • 1441-1462 : Rodolphe ;
  • 1466 : François Ducrêt ;
  • 1516-1589 (?) : Gabriel-Germain de Blonay ;
  • avant 1596 : Jacques de Châtillon ;
  • 1607-1642 : Jean-François de Blonay ;
  • 1642-1657 : Josué de Blonay ;
  • 1659-1661 : Guillaume-François de Castagnéry ;
  • ....-1668 : Jean-Baptiste de Castagnéry ;
  • 1668-1709 (?) : François-Maurice de Castagnéry ;
  • ....-1750 : Jean-Bapstiste de Lescheraine ;
  • 1754-1788 : Jean-Baptiste la Tour de Cordon.

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Sidonie Bochaton 2017.
  2. Paul Lullin et Charles Le Fort 1866.
  3. Maxime Reymond 1950, p. 37.
  4. Amédée de Foras 1899, p. 166.
  5. Amédée de Foras 1899, p. 165-179.
  6. Sidonie Bochaton, « Une fresque du début du XVe siècle découverte en l'église de Saint-Paul-en-Chablais (Haute-Savoie) », sur hypotheses.org, Le Fil d'Arar, (consulté le ).
  7. Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 399.
  8. Binz 2006.
  9. « Clocher remarquable : Histoire du clocher », sur saintpaulenchablais.fr (consulté le )
  10. « Les plans cadastraux de Haute-Savoie (1728-1738) », sur le site Archives départementales de la Haute-Savoie - archives.hautesavoie.fr

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexesModifier