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Premières Nations

peuples autochtones canadiens
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Premières Nations

Odanak First Nation (Abenaki).gifOuje Bougounou Cree.jpg
Flag of Haida.svgFlag of Eel Ground First Nation.svg
Bandera innu.PNGTemagama Ojibwa.png
Kawawachikamach Band of the Naskapi Nation.jpgBandera Red Earth Cree.PNG
Bandera Nis'ga Nation.pngBandera Sechelt.png
Flag of the Iroquois Confederacy.svgMikmaq State Flag.svg
Populations significatives par région
Population totale 1 673 785 (2016)[1]
Autres
Langues Langues des Premières Nations
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Carte de répartition

Les Premières Nations (anglais : First Nations) sont les peuples autochtones canadiens qui ne sont ni des Inuits ni des Métis. Les termes Indiens ou Amérindiens sont également utilisés, en dépit d'une connotation négative[2].

Sur plus d'un million de personnes qui se définissent comme autochtones au Canada, 64 % font partie des Premières Nations. Ils se répartissent en 50 nations ou groupes linguistiques et 617 communautés. La majorité (54 %) des membres des Premières Nations vivent en milieu urbain et non plus en réserve[3].

TerminologieModifier

Ensemble, les Premières Nations, les Inuits et les Métis forment les peuples autochtones canadiens.

L'expression « Premières Nations » s'est répandue à partir des années 1980 en remplacement du terme « Indiens »[4] considéré comme péjoratif et surtout inexact. (l'Indien étant l'habitant de l'Inde). Certains peuples autochtones utilisent le terme « Première Nation » à la place de « bande » pour désigner leur communauté[5].

Le mot « Indien » reste le terme légal même si son usage est en déclin[6],[7]. Le terme « Native Americans » s'appliquent aux peuples autochtones des États-Unis[8] et son équivalent « Native Canadians » est peu utilisé au Canada. La Proclamation royale de 1763 se référait aux Autochtones de l'Amérique du Nord britannique comme « tribus » ou « nations »[9].

HistoireModifier

Histoire ancienneModifier

Article détaillé : Premier peuplement de l'Amérique.

Les ancêtres des Premières Nations viennent d'Asie et particulièrement de la Sibérie. Ils franchissent le détroit de Béring, alors à sec, et parviennent en Alaska. Tandis que certains longent la côte jusqu'à l'endroit maintenant partie des États-Unis, les autres attendent -13 000 ans pour qu'un passage se forme entre les deux glaciers et qu'ils descendent vers le sud. Ces deux groupes sont à l'origine des actuels Amérindiens[10].

Assimilation des Premières NationsModifier

 
Guerrier amérindien Moennitarri.
Article détaillé : Guerres indiennes.

Ces conflits trouvent leur origine dans l'expansion des treize premières colonies américaines qui se traduisit aussi par la conquête de l'Ouest. Ces conflits feront l'objet de représailles de la part des deux camps, tels que des massacres et des pillages.

XIXe siècleModifier

Dès 1876, une loi interdit aux autochtones de devenir propriétaires ; « l’article 70 de l’Acte des Sauvages, 1876, interdisait aux Indiens d’exercer tout droit d’établissement dans les Prairies »[11]. Le premier Premier ministre du Canada, John A. Macdonald, organise une politique qualifiée d'« ethnocide » envers les autochtones des plaines du centre du pays afin de s'approprier leurs terres, provoquant intentionnellement des famines, des exécutions arbitraires et l'assimilation forcée des enfants dans des pensionnats spécialement construits à cet effet. Les autochtones chassés de leurs terres sont conduits dans des réserves où ils sont dépourvus de tout droit et de toute liberté ; ils ne pourront sortir de ces réserves qu'à partir des années 1950[12]. Encore aujourd'hui, « une réserve est régie par la loi sur les Indiens et est définie comme étant une "parcelle de terrains dont Sa Majesté est propriétaire et qu’elle a mise de côté pour l’usage et au profit d’une bande indienne, reconnue comme telle selon cette même loi" » ; ils sont ainsi privés de droit de propriété[13].

XXe siècleModifier

C'est en 1961 que l'article 112, traitant de l'émancipation obligatoire des Premières Nations fut aboli. Jusque là, le statut d’Indien était perdu dès qu'un autochtone recevait un « diplôme universitaire, qu’il devient ministre d’un culte chrétien ou qu’il obtient un titre professionnel de médecin ou d’avocat »[14]. Il leur était interdit même de danser ou de faire des rassemblements ou des potlachs ; « pendant près d’un siècle, les membres des Premières Nations enfreignent la loi s’ils manifestent leur identité de manière traditionnelle, et il leur est impossible d’interagir vraiment avec la société non autochtone sans perdre leur statut »[14]. En 1951, une nouvelle version de la loi paraît, mais elle reste fondamentalement discriminatoire : par exemple, une femme autochtone qui se marie à un non autochtone perd de fait son statut d'Indienne[14]. À ce sujet, « une Indienne qui épouse un Indien devient membre de la bande de son mari et perd du même coup toute appartenance à sa bande d’origine. De plus, elle perd complètement son statut d’Indienne si son mari meurt ou l’abandonne »[14]. « En novembre 2017, le gouvernement fédéral s’engage à éliminer le sexisme énoncé dans la Loi »[14].

Pour ce qui est des langues maternelles, elles ne jouissent d'aucune reconnaissance officielle dans la Constitution canadienne (ni même celle de 1982)[15]. Mais depuis 2002, en vertu de la Loi sur les eaux du Nunavut et le Tribunal des droits de surface du Nunavut, les Inuits ont le droit d'utiliser leur langue maternelle, l'inuktitut[16]. « Les séquelles de ces politiques assimilatrices persistent encore aujourd’hui. En effet, le Recensement du Canada de 2011 révèle que la plupart des 60 langues autochtones recensées sont menacées de disparition »[17].

Excuses du gouvernement en 2008Modifier

Le , le premier ministre Stephen Harper présente les excuses des autorités canadiennes aux 150 000 enfants autochtones qui subirent une tentative d'assimilation dans des pensionnats chrétiens financés par le gouvernement[18]. Harper déclare : « Le gouvernement du Canada est sincèrement désolé, et demande pardon aux populations autochtones de ce pays, pour avoir si profondément failli à leur égard. Nous sommes désolés »[19].

Ces excuses font écho à celles présentées quatre mois plus tôt par le premier ministre australien Kevin Rudd aux Générations volées aborigènes.

GouvernementModifier

CultureModifier

LanguesModifier

 
Familles de langues autochtones et isolats en Amérique du Nord.
Article détaillé : Langues amérindiennes.

Au Canada, les ethnolinguistes estiment le nombre de langues des Premières Nations, mortes et toujours existantes confondues, à 1 321. Bien que certaines comportent des différences majeures par rapport à d'autres les spécialistes ont pu cependant les regrouper en « familles » n'ayant parfois connu aucun contact.

Les langues européennes ont nommé, en utilisant leurs propres vocabulaires, des éléments de la culture indienne, ce qui introduit des confusions.

Sans écriture, les Premières Nations ont laissé peu de traces anciennes. Néanmoins, la culture des Premières Nations a influencé les toponymes : plusieurs provinces portent un nom d'origine indienne (Manitoba, Saskatchewan, Ontario, Québec, etc.). De nombreux fleuves (Arthabaska) et éléments de géographie physique ont été puisés dans la langue des Premières Nations.

SpiritualitéModifier

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On regroupe le plus souvent les cultures des Premières Nations en grands ensembles géographiques : Nord-Est, Nord-Ouest (région sub-arctique, Nord-Ouest), Grandes Plaines, Sud-Est, Sud-Ouest, forêts de l'Est. Les conditions de vie étaient donc très différentes selon le milieu de vie des Premières Nations. La diversité des peuples s'exprime également dans le domaine des croyances. On peut néanmoins dégager quelques points communs aux nombreuses tribus :

  • Un Dieu créateur et unique appelé « Le Grand Esprit » auquel les membres des Premières Nations donnent le nom de Wacondah.
  • Des dieux secondaires ou « Esprits Auxiliaires » (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka le dieu de la chasse).
  • Des dieux démoniaques ou créatures maléfiques tel le Wendigo.
  • Les Premières Nations étaient animistes. Offrandes à la terre-mère.
  • Le chamanisme : lecture des signes au moyen d'Enthéogènes ou d'artifices.
  • Le symbolisme : chaque animal et élément sacré doit être représenté sous forme de totem ou de signes (cercle, croix, triangle).

Les Premières Nations partageaient également des rites communs :

  • Rites de purification avant les prières et les cérémonies : utilisation du tabac et de la sauge des devins.
  • Prières et transes en cercles
  • Les Pow-wow
  • La Danse des Esprits (The Ghost Dance) : les participants répètent des couplets au son des tambours. Les incantations peuvent mener à la transe.
  • La Danse du Soleil (The Sun Dance) dans les Grandes Plaines pour vénérer le soleil, pendant la période du solstice d'été. Elle était accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe.

Notes et référencesModifier

  1. « Profil du recensement, Recensement de 2016 - Canada [Pays] et Canada [Pays] », sur www12.statcan.gc.ca (consulté le 28 octobre 2018).
  2. « Premières Nations », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 13 janvier 2019).
  3. « Premières Nations », sur aadnc-aandc.gc.ca (consulté le 7 avril 2014).
  4. (en) Gordon Gibson, A New Look at Canadian Indian Policy: Respect the Collective – Promote the Individual, (ISBN 978-0-88975-243-6)
  5. « Terminology », sur aadnc-aandc.gc.ca, .
  6. (en) « Words First An Evolving Terminology Relating to Aboriginal Peoples in Canada » [archive du ], sur Communications Branch of Indian and Northern Affairs Canada, (consulté le 26 juin 2010).
  7. (en) « Terminology of First Nations, Native, Aboriginal and Métis » [PDF], sur Aboriginal Infant Development Programs of BC, (consulté le 26 juin 2010).
  8. (en) Liz Hill, « National Museum of the American Indian », sur Smithsonian Institution, (consulté le 9 octobre 2009).
  9. (en) W.R. Wilson, « The Royal Proclamation of 1763 », (consulté le 9 octobre 2009).
  10. (en) Carl Zimmer, « Crossing From Asia, the First Americans Rushed Into the Unknown », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 22 décembre 2018).
  11. « LES AUTOCHTONES : HISTORIQUE DES LOIS DISCRIMINATOIRES À LEUR ENDROIT », sur publications.gc.ca (consulté le 18 janvier 2019).
  12. « John A. Macdonald, « un personnage complexe », dit l'historien James Daschuk », sur ici.radio-canada.ca, .
  13. « Chronique juridique : les réserves indiennes, ces terres de « Sa Majesté » », sur Radio-Canada.ca (consulté le 18 janvier 2019).
  14. a b c d et e « Loi sur les Indiens | l'Encyclopédie Canadienne », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 18 janvier 2019).
  15. « Les droits linguistiques des autochtones », sur www.axl.cefan.ulaval.ca (consulté le 18 janvier 2019).
  16. « Droits linguistiques des autochtones au Canada », sur www.axl.cefan.ulaval.ca (consulté le 18 janvier 2019).
  17. « Les langues autochtones dans l’édification d’un pacte de réconciliation », sur Notes de la Colline, (consulté le 18 janvier 2019).
  18. Débats de la Chambre des communes : Compte rendu officiel (Hansard) - 11 juin 2008
  19. (en) Canada apology for native schools - BBC News, 11 juin 2008

AnnexesModifier

FilmographieModifier

BibliographieModifier

  • Paul Coze, Wakanda, Paris, Alexis Redier,
  • Florence Delay et Jacques Roubaud, Partition rouge. Poèmes et chants des Indiens d'Amérique du Nord, Paris, Seuil, (ISBN 2-0202-3690-7)
  • Renée Dupuis, Quel Canada pour les Autochtones? La fin de l'exclusion, Montréal, Boréal, , 174 p.
  • M. Edmonds et E.-E. Clark, Légendes indiennes, t. 1 Les voix du vent, Éditions du Rocher, (ISBN 2-2680-2636-1)
  • Gilbert Legay, Dictionnaire des Indiens d'Amérique du Nord, Casterman, (ISBN 2-2031-3135-7)
  • Michel Piquemal, Les Indiens des plaines d'Amérique, Sorbier, (ISBN 2-7320-3699-4)
  • René Thévenin, Mœurs et histoire des indiens d'Amérique du Nord, Payot, (ISBN 2-2288-9858-9)
  • Claude Fohlen, Les Indiens d'Amérique du Nord, PUF, coll. « Que sais-je? », , 4e éd. (ISBN 2-1304-4214-5)
  • Larry-J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Librairie Gründ, (ISBN 2-7000-3114-8)
  • David W. Penney, Arts des Indiens d'Amérique du Nord, Pierre Terrail, (ISBN 2-8793-9118-0)
  • Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d'Amérique, Paris, Albin Michel,
  • M. Harner, Chamane. Les secrets d'un sorcier d'Amérique du Nord, Paris, Albin Michel,
  • Olive-Patricia Dickason, Les premières nations du Canada : Depuis les temps les plus lointains jusqu'à nos jours., Septentrion, (ISBN 9782894480526)

Articles connexesModifier

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NotionsModifier

Peuples autochtones canadiensModifier

HistoireModifier

Droit internationalModifier

Études théoriquesModifier

Liens externesModifier