Première guerre intercoloniale

La première guerre intercoloniale (1688-1697), appelée par l'historiographie anglaise « King William's War, Second Indian War, Father Baudoin's War, Castin's War », se rattachant en Europe à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, est un conflit qui a en Amérique des enjeux différents. Ici, les affrontements se produisent pour le contrôle de la pêche du golfe du Saint-Laurent et de la fourrure des Grands Lacs et de la baie d'Hudson. C'est la première des guerres coloniales entre les colons français de la Nouvelle-France et les colons anglais de la Nouvelle-Angleterre, série presque ininterrompue de conflits qui prennent fin avec la défaite définitive des premiers à l'issue de la guerre de la Conquête en 1763.

HistoireModifier

En 1689, certaines colonies anglaises, principalement celle de New York, incitent les Cinq-Nations iroquoises à attaquer la Nouvelle-France. En août, un fort groupe d'Iroquois se lance à l'attaque du village de Lachine sur l'Île de Montréal et le ravage complètement. En représailles, le gouverneur Frontenac envoie trois groupes composés d'Amérindiens, de soldats et miliciens français à l'assaut de trois villages de la Nouvelle-Angleterre. Jacques Testard de Montigny se porte volontaire dans les troupes canadiennes. Il participe à l'expédition militaire de Schenectady avec les alliés amérindiens des Français, les Algonquins, Mohawks et les Saults. Cette expédition militaire répond alors aux massacres de Lachine et de Lachenaie, un an plus tôt, au cours desquels les Iroquois, alliés des Anglais, ont massacré les colons français dans ces deux villages autour de Montréal. C'est le début des guerres franco-iroquoises et la première guerre intercoloniale pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg en Europe. Ces trois groupes font un raid sur Salmon Falls (aujourd'hui Berwick, Maine) et Casco (Fort Loyal, aujourd'hui Falmouth, près de Portland (Maine)) pendant l'hiver 1690. Les Colonies anglaises tentent alors le grand coup. Elles lancent, la même année, deux attaques qui devaient être simultanées sur Québec et Montréal. L'amiral William Phips dirige une flotte qui s'empare d'abord de Port-Royal en Acadie mais il échoue devant Québec[1].

Quant à Francis Nicholson qui dirige l'attaque sur Montréal par le couloir du Lac Champlain, il doit rebrousser chemin, ses troupes étant décimées par la maladie. Le reste de cette guerre en Amérique est l'affaire de Pierre LeMoyne d'Iberville. Entre 1692 et 1696, il chasse les Anglais de l'Acadie en détruisant le fort Pemaquid, il saccage les installations de pêche des Anglais à Terre Neuve et expulse à deux reprises les Anglais de la baie d'Hudson.

En 1697, le traité de Ryswick ne sert pas vraiment les intérêts de la Nouvelle-France. Comme en Europe, on revient plus ou moins à la situation d'avant la guerre, toutes les conquêtes d'Iberville sont en quelque sorte annulées. Cependant, la Nouvelle-France sort, elle aussi, intacte de ce conflit.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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