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Présidence de Thomas Jefferson

3e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Thomas Jefferson, en 1800.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1800
1804
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 8 ans
Présidence
Nom Thomas Jefferson
Date de naissance
Date de décès (à 83 ans)
Appartenance politique Parti républicain-démocrate

La présidence de Thomas Jefferson débuta le 4 mars 1801, date de l'investiture de Thomas Jefferson en tant que 3e président des États-Unis, et prit fin le 4 mars 1809. Membre du Parti républicain-démocrate, Jefferson entra en fonction après avoir battu le président en exercice John Adams à l'élection présidentielle de 1800. Cette élection fut l'occasion d'un réalignement politique puisque le Parti fédéraliste fut balayé du pouvoir par les républicains-démocrates qui dominèrent la vie politique américaine durant toute une génération. Après avoir accompli deux mandats, Jefferson se retira de la sphère publique et fut remplacé par son secrétaire d'État James Madison, issu du même parti que lui.

À son arrivée au pouvoir, Jefferson était déterminé à démanteler le programme fédéraliste des années 1790. Son administration réduisit les impôts, les dépenses budgétaires ainsi que la dette nationale et annula les lois sur les étrangers et la sédition. Dans le domaine de la politique étrangère, les réussites les plus importantes de Jefferson furent l'achat de l'immense territoire de la Louisiane à la France en 1803, l'application d'un embargo commercial à l'encontre des Britanniques et des Français et le refroidissement des relations avec Londres, les États-Unis s'efforçant de faire respecter leur neutralité dans un contexte troublé par les guerres napoléoniennes en Europe. Jefferson ordonna la fondation d'une académie militaire et il utilisa la marine pour protéger les navires marchands américains des pirates barbaresques en Afrique du Nord. Il élabora également un plan visant à mettre les ports américains à l'abri d'une invasion étrangère par l'utilisation de petites canonnières — une précaution qui s'avéra inutile lors du déclenchement de la guerre de 1812. Il autorisa enfin l'expédition Lewis et Clark afin d'explorer le territoire de Louisiane et le Nord-Ouest Pacifique.

Au cours de son second mandat, l'attention de Jefferson fut en grande partie monopolisée par le procès de son ancien vice-président Aaron Burr, accusé de trahison mais qui fut en définitive acquitté, et par la question de l'esclavage, notamment en ce qui concernait l'importation d'esclaves depuis l'étranger. En 1806, il dénonça la traite négrière comme une « violation des droits de l'homme » et encouragea le Congrès à criminaliser cette pratique. Le Congrès répondit par l'adoption d'une loi interdisant l'importation des esclaves l'année suivante. L'accroissement des tensions entre les États-Unis et le Royaume-Uni domina la fin de son second mandat, la Royal Navy n'hésitant pas à enrôler de force des matelots américains et à attaquer des navires battant pavillon des États-Unis. Jefferson rejeta cependant le recours à la guerre et riposta par des sanctions économiques et des embargos qui finirent cependant par nuire davantage aux États-Unis qu'à la Grande-Bretagne. Les querelles avec la monarchie britannique se poursuivirent après le départ de Jefferson de la Maison-Blanche et débouchèrent sur la guerre anglo-américaine de 1812.

Jefferson, dont l'héritage a été diversement apprécié au cours des siècles, a laissé une forte empreinte dans la mémoire collective des Américains. En raison de sa contribution majeure à l'émergence de la philosophie politique républicaine de la nation, il est systématiquement évalué par les historiens universitaires, les politologues et l'opinion publique comme l'un des plus grands présidents de l'histoire américaine.

Sommaire

Élection présidentielle de 1800Modifier

 
Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1800. Les chiffres indiquent le nombre de votes obtenus par les deux principaux candidats dans chaque État.

Jefferson s'était déjà présenté à l'élection présidentielle de 1796 sous l'étiquette du Parti républicain-démocrate, mais avait terminé deuxième derrière John Adams, candidat du Parti fédéraliste. Selon les règles en vigueur à l'époque, Jefferson devint donc vice-président des États-Unis[1]. Cela posa un certain nombre de problèmes car Jefferson était farouchement opposé au programme des fédéralistes, notamment les lois sur les étrangers et la sédition, ce qui contribua à accroître les tensions à travers le pays[2]. Jefferson et Adams furent de nouveau désignés pour représenter leurs partis respectifs à l'élection présidentielle de 1800 ; chez les républicains-démocrates, Aaron Burr fut choisi pour briguer la vice-présidence[3]. La campagne d'Adams fut fragilisée par l'impopularité des mesures fiscales mises en place sous son mandat et par la controverse qui entourait son attitude au cours de la quasi-guerre au sein même du Parti fédéraliste[4]. De leur côté, les républicains-démocrates accusèrent les fédéralistes d'être secrètement partisans de la monarchie, alors que les fédéralistes firent circuler la rumeur selon laquelle Jefferson était un libertin impie complètement sous l'emprise des Français[5].

En vertu du système électoral en place à cette période, chaque membre du collège électoral avait la possibilité de voter pour deux candidats ; en cas d'égalité, ces derniers devaient être départagés par la Chambre des représentants. Jefferson et Burr obtinrent chacun 73 votes de grands électeurs, Adams finissant troisième avec 65 votes. Ce fut donc la Chambre des représentants, contrôlée par les fédéralistes, qui dut déterminer qui, de Jefferson ou de Burr, devait accéder à la présidence. Certains fédéralistes étaient prêts à voter pour Burr mais la principale figure du parti, Alexander Hamilton, s'exprima franchement en faveur de Jefferson. Au 36e tour de scrutin, grâce à l'abstention d'un nombre suffisant de délégués fédéralistes, Jefferson fut élu président des États-Unis[6]. Ce dernier qualifia sa victoire de « seconde révolution de l'Amérique » et afficha son intention de transformer le pays en limitant l'action du gouvernement et en affaiblissant le pouvoir des élites[7].

Cérémonie d'investitureModifier

En juillet 1801, Jefferson arrêta définitivement la composition de son cabinet, qui finit par rassembler le secrétaire d'État James Madison, le secrétaire du Trésor Albert Gallatin, le secrétaire à la Guerre Henry Dearborn, le procureur général Levi Lincoln et le secrétaire à la Marine Robert Smith. Quant à Burr, qui avait décidé de maintenir sa candidature face à Jefferson à la Chambre des représentants, il n'obtint aucun poste au sein de la nouvelle administration. Sous son mandat, Jefferson travailla en collaboration étroite avec son cabinet et il prenait soin d'écouter les avis de tous les membres du gouvernement avant de prendre sa décision[8]. Gallatin et Madison, à la tête des deux principaux ministères, s'affirmèrent rapidement comme les figures les plus influentes de l'administration et comme de proches conseillers du président[9].

 
Le président Thomas Jefferson.
Cabinet Jefferson
Fonction Nom Dates
Président Thomas Jefferson 1801-1809
Vice-président Aaron Burr 1801-1805
George Clinton 1805-1809
Secrétaire d'État Levi Lincoln 1801
James Madison 1801-1809
Secrétaire au Trésor Samuel Dexter 1801
Albert Gallatin 1801-1809
Secrétaire à la Guerre Henry Dearborn 1801-1809
Procureur général Levi Lincoln 1801-1804
John Breckinridge 1805-1806
Caesar A. Rodney 1807-1809
Secrétaire à la Marine Benjamin Stoddert 1801
Robert Smith (homme politique) 1801-1809

Aspects judiciairesModifier

Politique intérieureModifier

Démocratie jeffersonienneModifier

FiscalitéModifier

Controverse de YazooModifier

Expéditions continentalesModifier

 
Rencontre entre la tribu des Chinook et l'expédition de Lewis et Clark sur le fleuve Columbia, en octobre 1805. Peinture de Charles Marion Russell, 1905.

Avant même l'achat de la Louisiane à la France en 1803, Jefferson avait planifié une expédition dans les terres situées à l'ouest du fleuve Mississippi[10]. Le président considérait qu'il était important pour les États-Unis de s'attribuer la « découverte » du territoire de l'Oregon en documentant et en établissant une présence américaine effective avant que les Européens ne le fassent[11]. Jefferson espérait également que l'expédition arriverait à découvrir un passage au nord-ouest vers l'océan Pacifique et contribuer ainsi à l'expansion du commerce américain[12]. En 1804, il désigna Meriwether Lewis, son secrétaire particulier, et William Clark pour commander l'expédition et baptisa cette dernière le « corps de la découverte » (Corps of Discovery)[13],[14]. Le choix de Lewis plutôt qu'une personnalité scientifique pour diriger la mission s'était imposé à Jefferson en raison de l'expérience militaire de Lewis en forêt et de sa « familiarité avec les mœurs et le caractère indiens ». Avant le départ, Jefferson, qui possédait la plus grande collection de livres au monde en matière de géographie et d'histoire naturelle du continent nord-américain, enseigna à Lewis les rudiments de la cartographie, de la botanique, de l'histoire naturelle, de la minéralogie, de l'astronomie et de la navigation[15].

En mai 1804, l'expédition, composée d'une quarantaine de personnes, quitta Saint-Louis et remonta le cours du Missouri[16]. Sur les indications de Sacagawea, une jeune guide shoshone, et de plusieurs tribus amérindiennes rencontrées en chemin, Lewis et Clark atteignirent l'océan Pacifique en novembre 1805. Après la fin de l'hiver, l'expédition entama le voyage de retour le 22 mars 1806 et rentra à Saint-Louis le 23 septembre de la même année. Son principal apport fut de faire considérablement progresser la connaissance géographique et scientifique de l'Ouest nord-américain ainsi que des tribus amérindiennes peuplant ce territoire[17]. Deux mois après la fin de l'expédition, Jefferson fit sa première déclaration publique au Congrès dans laquelle il mentionnait en une phrase le succès de la mission avant de justifier les dépenses engagées[12]. La plupart des découvertes de l'expédition — graines, fossiles, plantes et autres spécimens — furent déposées à la Société américaine de philosophie[18]. Une entreprise de commerce de fourrure transcontinentale vit le jour dès 1808 sous l'impulsion de l'homme d'affaires John Jacob Astor, et en 1811 fut bâti Fort Astoria, le premier établissement américain de la côte Ouest[19].

Admission de l'Ohio au sein de l'UnionModifier

Autres mesuresModifier

Politique étrangèreModifier

Échéances électoralesModifier

HéritageModifier

BibliographieModifier

  • (en) Stephen E. Ambrose, Undaunted Courage: Meriwether Lewis, Thomas Jefferson, and the Opening of the American West, Simon and Schuster, (ISBN 978-0684811079).
  • (en) Joyce O. Appleby, Thomas Jefferson: The American Presidents Series: The 3rd President, 1801–1809, Henry Holt and Company, (ISBN 978-0805069242).
  • (en) Richard B. Bernstein, Thomas Jefferson, Oxford University Press, (ISBN 978-0195181302).
  • (en) David McCullough, John Adams, New York, Simon & Schuster, .
  • (en) Forrest McDonald, The Presidency of Thomas Jefferson, University Press of Kansas, (ISBN 978-0700603305).
  • (en) Junius Rodriguez, The Louisiana Purchase: A Historical and Geographical Encyclopedia, ABC-CLIO, (ISBN 978-1576071885).
  • (en) Gordon S. Wood, Empire of Liberty: A History of the Early Republic, Oxford University Press, (ISBN 978-0-199-83246-0).

Notes et référencesModifier

  1. Wood 2009, p. 211 et 212.
  2. Wood 2009, p. 267 et 268.
  3. Wood 2009, p. 277 et 278.
  4. Bernstein 2003, p. 126 à 128 ; McCullough 2001, p. 556.
  5. McCullough 2001, p. 543 et 544.
  6. Wood 2009, p. 278 et 279 ; 283 à 285.
  7. Appleby 2003, p. 4 et 5.
  8. Appleby 2003, p. 37 à 41.
  9. McDonald 1976, p. 36 à 38.
  10. Wood 2009, p. 376 et 377.
  11. Ambrose 1996, p. 154 et 450.
  12. a et b Ambrose 1996, p. 418.
  13. Ambrose 1996, p. 76.
  14. Rodriguez 2002, p. 112 et 186.
  15. Ambrose 1996, p. 54, 76 et 80.
  16. Wood 2009, p. 378 et 379.
  17. (en) Harry W. Fritz, The Lewis and Clark Expedition, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-31661-6), p. 3.
  18. Ambrose 1996, p. 126.
  19. Wood 2009, p. 381 et 382.