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Présidence de James Madison

Présidence de James Madison

4e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de James Madison, en 1809.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1808
1812
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 8 ans
Présidence
Nom James Madison
Date de naissance
Date de décès (à 85 ans)
Appartenance politique Parti républicain-démocrate

La présidence de James Madison dura du 4 mars 1809, date de son entrée en fonction en tant que 4e président des États-Unis, jusqu'au 4 mars 1817. Membre du Parti républicain-démocrate, Madison accéda à la présidence après avoir remporté l'élection présidentielle de 1808 par une confortable avance sur son adversaire fédéraliste Charles Cotesworth Pinckney. Quatre ans plus tard, il fut réélu face à DeWitt Clinton lors de l'élection de 1812. Son mandat fut essentiellement marqué par la guerre de 1812 contre la Grande-Bretagne. Son secrétaire d'État James Monroe lui succéda à la Maison-Blanche.

La présidence de Madison fut en grande partie conditionnée par le déroulement des guerres napoléoniennes sur le continent européen. Les marchands américains avaient initialement profité de ce conflit en intensifiant leurs activités maritimes mais les Anglais et les Français commencèrent à s'en prendre aux navires américains afin de mettre un coup d'arrêt aux échanges commerciaux. En réponse aux attaques perpétrées par la marine anglaise sur la navigation américaine et à la méthode de la « presse » utilisée par la Grande-Bretagne dans le recrutement de ses équipages, les États-Unis déclarèrent la guerre au Royaume-Uni en 1812. La préparation américaine dans ce conflit fut désastreuse car le pays ne disposait pas des moyens militaires ou financiers suffisants et ses troupes échouèrent à conquérir le Canada. En 1814, les Britanniques s'emparèrent de Washington et incendièrent la Maison-Blanche ainsi que le Capitole. Les États-Unis remportèrent toutefois plusieurs combats navals et écrasèrent la révolte des tribus amérindiennes alliées aux Anglais. Peu après la bataille de la Nouvelle-Orléans qui se solda par une victoire décisive de l'armée américaine, les hostilités prirent fin avec la ratification du traité de Gand, même si aucun des deux partis n'y fit de concessions réellement importantes. Malgré l'absence de gains sérieux pour les États-Unis, le contexte dans lequel se déroula la signature du traité persuada de nombreux Américains que leur pays était le grand vainqueur de la guerre et la popularité de Madison monta en flèche. Le Parti fédéraliste déclina fortement sur la scène politique nationale après l'issue victorieuse de la guerre de 1812, à laquelle il s'était opposé.

Madison était entré en fonction avec l'intention de préserver l'héritage politique de son prédécesseur, Thomas Jefferson, qui prônait un interventionnisme limité du gouvernement fédéral. Néanmoins, en raison de la guerre, Madison se montra de plus en plus partisan d'une augmentation des droits de douane et des dépenses militaires et soutint la création de la deuxième banque des États-Unis. Malgré l'opposition des constitutionnalistes radicaux comme John Randolph, une grande partie du programme d'après-guerre défendu par Madison fut adoptée. Madison termina son mandat avec une forte popularité et son successeur désigné, James Monroe, fut élu sans véritable opposition. Les historiens portent généralement un regard critique sur la présidence de Madison, notamment sur sa gestion de la guerre de 1812.

Sommaire

Élection présidentielle de 1808Modifier

 
Résultats de l'élection présidentielle de 1808.

Le deuxième mandat de Thomas Jefferson en tant que président des États-Unis touchant à sa fin, et sitôt connue la décision de Jefferson de se retirer des affaires politiques, James Madison émergea comme le principal candidat du Parti démocrate-républicain en vue de l'élection présidentielle de 1808. La candidature de Madison fut cependant contestée en interne par le représentant John Randolph, chef d'un groupe démocrate-républicain appelé les tertium quids qui s'opposait régulièrement aux politiques mises en œuvre par Jefferson. Une autre faction du parti soutint la candidature du vice-président sortant George Clinton[1].

Lors du caucus du nomination au Congrès, Madison battit Clinton et le candidat présenté par les tertium quids, James Monroe[2]. Le Parti fédéraliste avait vu son influence décliner partout en dehors de la Nouvelle-Angleterre et Madison remporta facilement l'élection générale face à son candidat Charles Cotesworth Pinckney[3]. Madison récolta 122 voix contre 47 à Pinckney et 6 à Clinton. Ce dernier fut aisément réélu à la vice-présidence contre son adversaire fédéraliste Rufus King[4]. Les débats tournèrent essentiellement autour de l’Embargo Act of 1807 qui avait décrété un embargo sur tous les navires allant ou venant dans les ports américains. L'interdiction des exportations mit à mal l'économie du pays et raviva l'opposition fédéraliste, particulièrement en Nouvelle-Angleterre qui était fortement tributaire du commerce[4].

Composition du gouvernementModifier

Lors de son arrivée au pouvoir en 1809, Madison déclencha de fortes protestations en annonçant qu'il avait l'intention de nommer le secrétaire du Trésor Albert Gallatin au poste de secrétaire d'État. Madison décida de ne pas se disputer avec le Congrès au sujet de cette nomination mais il conserva tout de même Gallatin, qui avait servi sous la précédente administration Jefferson, à la tête du département du Trésor. Homme politique talentueux originaire de Suisse, Gallatin fut à la fois le confident et le principal conseiller de Madison et joua un rôle essentiel dans la mise en oeuvre de son programme politique. Les autres membres du gouvernement furent choisis davantage sur la base de leur loyauté et de la nécessité d'équilibrer géographiquement le cabinet qu'en raison de leurs compétences réelles et ils ne jouèrent qu'un rôle réduit au sein de l'administration[5]. La seule expérience militaire du secrétaire à la Guerre William Eustis était d'avoir servi comme chirurgien pendant la guerre d'indépendance américaine tandis que le secrétaire à la Marine Paul Hamilton était un alcoolique. Madison se résigna à nommer Robert Smith en tant que secrétaire d'État sur la demande du frère de ce dernier, l'influent sénateur Samuel Smith, bien que le président n'eût aucune affection pour les deux frères. De son côté, le vice-président Clinton s'employa activement à saper le travail de l'administration. Très méfiant à l'égard des individus qui composaient son gouvernement, Madison réunissait rarement son cabinet et préférait s'entretenir seul-à-seul avec Gallatin[6].

En mauvais termes avec Gallatin, Smith fut renvoyé en 1811 au profit de James Monroe, qui s'affirma comme une figure majeure de l'administration présidentielle[7]. Après sa réélection, Madison fit entrer de nouvelles personnalités au sein du cabinet : Hamilton fut remplacé par William Jones et Eustis par John Armstrong, Jr., à la consternation de Monroe qui détestait Armstrong[8]. Pendant la guerre de 1812, Gallatin fut envoyé comme ambassadeur de la paix en Europe et fut provisoirement remplacé au Trésor par Jones, puis par George W. Campbell et enfin par Alexander J. Dallas[9]. Madison, exaspéré par les erreurs répétées d'Armstrong, le congédia et confia ses responsabilités à Monroe. Richard Rush, Benjamin Crowninshield et Dallas rejoignirent à leur tour le cabinet en 1814 et celui-ci put fonctionner pour la première fois de manière efficace et harmonieuse[10].

 
Le président Madison dans son cabinet de travail.
Cabinet Madison
Fonction Nom Dates
Président James Madison 1809-1817
Vice-président George Clinton 1809-1812
Elbridge Gerry 1813-1814
Secrétaire d'État Robert Smith 1809-1811
James Monroe 1811-1817
Secrétaire au Trésor Albert Gallatin 1809-1814
George W. Campbell 1814
Alexander J. Dallas 1814-1816
William H. Crawford 1816-1817
Secrétaire à la Guerre William Eustis 1809-1813
John Armstrong, Jr. 1813-1814
James Monroe 1814-1815
William H. Crawford 1815-1816
George Graham 1816-1817
Procureur général Caesar A. Rodney 1809-1811
William Pinkney 1811-1814
Richard Rush 1814-1817
Secrétaire à la Marine Paul Hamilton 1809-1813
William Jones 1813-1814
Benjamin W. Crowninshield 1814-1817

Nominations judiciairesModifier

Politiques économiques d'avant-guerreModifier

Floride occidentaleModifier

Affaire WilkinsonModifier

Guerre anglo-américaine de 1812Modifier

Prélude à la guerreModifier

Déroulement des opérationsModifier

Après-guerreModifier

Effondrement du Parti fédéralisteModifier

Politique économiqueModifier

Deuxième guerre barbaresqueModifier

Politique indienneModifier

Autres événements et réformes intérieuresModifier

ÉlectionsModifier

Élection de 1812Modifier

Élection de 1816Modifier

Perception historiqueModifier

Notes et référencesModifier

  1. Rutland 1990, p. 3 et 4.
  2. (en) David A. Carson, « Quiddism and the Reluctant Candidacy of James Monroe in the Election of 1808 », Mid-America, vol. 70, no 2,‎ , p. 79 à 89.
  3. Rutland 1990, p. 5.
  4. a et b (en) John M. Cunningham, « United States presidential election of 1808 », sur britannica.com, Encyclopædia Britannica (consulté le 7 juin 2018).
  5. Rutland 1990, p. 32 et 33.
  6. Wills 2002, p. 63 à 65.
  7. Wills 2002, p. 90.
  8. Wills 2002, p. 116 à 118.
  9. Rutland 1990, p. 143 et 144.
  10. Wills 2002, p. 153 et 154.

BibliographieModifier