Préfixes du Système international d'unités

préfixes désignent des multiples ou des fractions de 10 ou de 1 000

Les préfixes du Système international d'unités simplifient la manipulation des valeurs numériques de grandeurs physiques qui sont beaucoup plus petites ou beaucoup plus grandes que l'unité du Système international. Ces préfixes représentent des puissances de 1 000 (103), sauf déca- et déci- (10 et 1/10, soit 101 et 10−1) et hecto- et centi- (100 et 1/100, soit 102 et 10−2).

Ces préfixes sont établis par le Bureau international des poids et mesures sous la forme de résolutions de ses conférences générales, qui se tiennent en général tous les quatre ans. Ces résolutions officialisent des préfixes préexistants ou en créent de nouveaux (pour les puissances d'exposants les plus élevés en valeur absolue).

ListeModifier

Préfixes du Système international d'unités et noms des nombres correspondants
10n 1 000m
m = n/3
Préfixe[a] Symbole Date
[b]
Nombre représenté Nom du nombre
Échelle longue[c] Échelle courte
1030 1 00010 quetta Q 2022 1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 Quintillion Nonillion
1027 1 0009 ronna R 2022 1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 Quadrilliard Octillion
1024 1 0008 yotta Y 1991 1 000 000 000 000 000 000 000 000 Quadrillion Septillion
1021 1 0007 zetta Z 1991 1 000 000 000 000 000 000 000 Trilliard Sextillion
1018 1 0006 exa E 1975 1 000 000 000 000 000 000 Trillion[d] Quintillion
1015 1 0005 péta P 1975 1 000 000 000 000 000 Billiard Quadrillion
1012 1 0004 téra T 1960 1 000 000 000 000 Billion[d] Trillion
109 1 0003 giga G 1960 1 000 000 000 Milliard Billion
106 1 0002 méga M 1960 1 000 000 Million
103 1 0001 kilo k 1795 1 000 Millier
102 1 0002/3 hecto h 1795 100 Centaine
101 1 0001/3 déca da 1795 10 Dizaine
100 1 0000 (aucun) 1 Unité
10−1 1 000−1/3 déci d 1795 0,1 Dixième
10−2 1 000−2/3 centi c 1795 0,01 Centième
10−3 1 000−1 milli m 1795 0,001 Millième
10−6 1 000−2 micro µ 1960[e] 0,000 001 Millionième
10−9 1 000−3 nano n 1960 0,000 000 001 Milliardième[d] Billionième
10−12 1 000−4 pico p 1960 0,000 000 000 001 Billionième Trillionième
10−15 1 000−5 femto f 1964 0,000 000 000 000 001 Billiardième Quadrillionième
10−18 1 000−6 atto a 1964 0,000 000 000 000 000 001 Trillionième Quintillionième
10−21 1 000−7 zepto z 1991 0,000 000 000 000 000 000 001 Trilliardième Sextillionième
10−24 1 000−8 yocto y 1991 0,000 000 000 000 000 000 000 001 Quadrillionième Septillionième
10−27 1 000−9 ronto r 2022 0,000 000 000 000 000 000 000 000 001 Quadrilliardième Octillionième
10−30 1 000−10 quecto q 2022 0,000 000 000 000 000 000 000 000 000 001 Quintillionième Nonillionième

ExemplesModifier

  • cm = 5 e–2 m = 5 × 0,01 m = 0,05 m
  • MW = 3 × 106 W = 3 × 1 000 000 W = 3 000 000 W
  • La masse de la Terre est d'environ 5,97 Rg (5,97 × 1027 g, soit 5,97 × 1024 kg)
  • la masse de Jupiter est d'environ 1,90 Qg (1,90 × 1030 g, soit 1,90 × 1027 kg)

ÉtymologieModifier

Les résolutions des conférences générales du Bureau international des poids et mesures (BIPM) ne précisant pas l'origine des noms choisis, on ne connaît celle des préfixes nouvellement créés que par les écrits ou déclarations de membres de la Conférence. Par exemple, pour les préfixes représentant 10±27 et 10±30, Richard Brown explique en 2019 (en substance, s'agissant de propos rapportés par la revue Science)[1] :

« The new prefixes should relate etymologically to nine and 10, to represent the ninth and 10th powers of 103. It is also wanted to continue the reverse alphabetical trend set by zetta and yotta, but avoiding letters such as X, W, and V that could be confused with other terms. And so, drawing from the Latin and Greek words for nine (novem, ennea) and 10 (decem, deka), with some poetic license to make the terms more easily pronounced, the names I propose are ronna, quecca, ronto, and quecto. »

« Les nouveaux préfixes devraient se rapporter étymologiquement à neuf et 10, pour représenter les neuvième et 10e puissances de 103. Il est également souhaitable de poursuivre la tendance alphabétique inversée établie par zetta et yotta, mais en évitant les lettres telles que X, W et V qui pourraient être confondues avec d'autres termes. Donc, puisant dans les mots latins et grecs pour neuf (novem, ennea) et 10 (decem, deka), avec une certaine licence poétique pour rendre les termes plus faciles à prononcer, les noms que je propose sont ronna, quecca, ronto et quecto. »

  • quetta- : les mots quetta (1030) et quecto (10−30) ont été choisis pour leur (relative) ressemblance avec le grec δέκα / déka (« dix ») — 1030 = 1 00010 et 10−30 = 1 000−10 —, et parce que la lettre « Q » ou « q » était encore inemployée parmi les préfixes[1].
  • ronna- : les mots ronna (1027) et ronto (10−27) ont été choisis pour leur (relative) ressemblance avec le grec ἐννέα / ennéa (« neuf ») — 1027 = 1 0009 et 10−27 = 1 000−9 —, et parce que la lettre « R » ou « r » était encore inemployée parmi les préfixes[1].
  • yotta- : du grec ὀκτώ, okto « huit », et par déformation, car 1024 = 1 0008.
  • zetta- : de la lettre grecque ζ zeta (du grec ζῆτα, sept[f]), car 1021 = 1 0007. Un préfixe de même valeur (hepta-) avait été introduit de façon non officielle avant l'adoption de zetta-. Formé sur le grec ἑπτά (hepta « sept »), il est maintenant désuet.
  • exa- : du grec ἕξ, hex, « six » (avec omission du h initial), car 1018 = 1 0006.
  • péta- : du grec πέντε, pente, « cinq » et par déformation, car 1015 = 1 0005.
  • téra- : du grec τέρας, teras, « monstre ».
  • giga- : du grec γίγας, gigas, « géant ».
  • méga- : du grec μέγας, megas, « grand ».
  • kilo- : du grec χίλιοι, chilioi, « mille ».
  • hecto- : du grec ἑκατόν, hekaton, « cent ».
  • déca- : du grec δέκα, deka, « dix ».
  • déci- : du latin decimus, « dixième ».
  • centi- : du latin centum, « cent ».
  • milli- : du latin mille, « millier ».
  • micro- : du grec μικρός, mikros, « petit ».
  • nano- : du grec νάνος, nanos, « nain ».
  • pico- : de l'italien piccolo, « petit ».
  • femto- : du danois femten, « quinze », car 10−15.
  • atto- : du danois atten, « dix-huit », car 10−18.
  • zepto- : du latin septem, « sept » et par déformation, car 10−21 = 1 000−7.
  • yocto- : du grec ὀκτώ, okto, « huit » et par déformation, car 10−24 = 1 000−8.
  • ronto- : voir ronna-, ci-dessus.
  • quecto- : voir quetta-, ci-dessus.

Cas de l'informatiqueModifier

En informatique, les capacités mémoires sont en général des multiples de puissances de 2. Pour cette raison, les informaticiens de la première heure avaient l'habitude d'utiliser les préfixes kilo, mégaetc., comme des puissances de 210, soit 1 024. Toutefois la Commission électrotechnique internationale préconise, dans sa norme 60027-2, qui date de 1998, l'usage de préfixes binaires, afin d'éviter tout malentendu, même entre informaticiens[g]. Il est donc préférable d'utiliser ces préfixes (kibi = Ki = 1 024, mébi = Mi = 1 0242, gibi = Gi = 1 0243etc., et de laisser aux préfixes SI leur sens recommandé (kilo = k = 1 000, méga = M = 1 0002, giga = G = 1 0003etc.).

Les fabricants et vendeurs de supports informatiques ne s'y sont pas trompés : ils préfèrent l'usage des préfixes SI, ce qui leur permet d'afficher des capacités apparemment plus importantes. Ainsi un disque dur d'une capacité d'un téraoctet correspondrait, avec les préfixes binaires, à une capacité de 931 gibioctets, ce qui serait moins impressionnant pour le profane (contrairement aux mémoires RAM, les capacités des disques durs ou flash ne présentent pas d'intérêt électronique à être des puissances de 2).

Anciens préfixesModifier

Certains préfixes ont été utilisés dans d'anciennes versions du système métrique, mais ne font plus partie du Système international officiel.

Les préfixes myria (ma et alternativement myrio, pour 10 000, mo) viennent du grec μύριοι (mýrioi) dix-mille[2],[3],[4],[5].

Ces préfixes, adoptés en 1793, n'ont pas été retenus lorsque les préfixes furent fixés une première fois par la 11e CGPM de 1960.

Anciens multiples et sous-multiples
10n Préfixe Symbole Multiplicateur
104 myria[2] ma dix-mille
10−4 décimilli[6] dm dix-millième

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il s'agit ici des préfixes en français. Dans les autres langues ils ne diffèrent généralement que par les diacritiques (par exemple, « e »au lieu de « é » en anglais).
  2. Le système métrique fut introduit en 1793 avec huit préfixes (deux n'ont pas été conservés). La date inscrite dans la colonne est celle à laquelle l'unité a été reconnue par une résolution de la Conférence générale des poids et mesures.
  3. L'échelle longue utilisée ici est la référence dans les pays francophones, notamment en France, au Canada, ainsi que généralement en Europe (sauf en Grande-Bretagne). L'échelle courte est utilisée avant tout par les États-Unis d'Amérique, le Brésil, la Grande-Bretagne et les autres pays de langue anglaise (sauf le Canada).
  4. a b et c L'anglais trillion est parfois transcrit en « trillion » au lieu d'être traduit en « billion », et de même billion en « billion » au lieu de « milliard ». Quant au symbole « ppb » (part per billion), il signifie bien en français « partie par milliard ».
  5. La reconnaissance en 1948 du micron par la CGPM a été abrogée en 1967. Les anglophones utilisent souvent le u minuscule au lieu du µ, par exemple dans les schémas électroniques (où l'on trouve uF et uH au lieu de µF et µH pour microfarad et microhenry), le clavier QWERTY ne comportant pas toujours ce caractère.
  6. Dans la numération grecque, la lettre Z valait 7, même si c'est la sixième lettre de l'alphabet. En effet la valeur 6 était représentée soit par le stigma (ϛ), soit par le digamma (ϝ).
  7. Confusion entre le Mo des informaticiens (1 024 × 1 024 octets) et le Mo/MByte des spécialistes réseau (1 000 × 1 000 octets/bytes).

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) David Adam, « You know kilo, mega, and giga. Is the metric system ready for ronna and quecca? », Science,‎ (DOI 10.1126/science.aax0020  ).
  2. a et b Décret no 14608 du 26 juillet 1919, portant règlement d'administration publique pour l'exécution de la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure.
  3. Décret no 48-389 du 28 février 1948, portant règlement d'administration publique pour l'exécution de la loi du 14 janvier 1948 modifiant la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure.
  4. Trésor de la langue française à l'article myria-, avec les exemples : myriamètre (mam), myriagauss (maGs), myriagramme (mag), myrialitre (mal), myriapièze (mapz).
  5. myriamètre, sur littre.org (consulté le 22 janvier 2017).
  6. Louis François Thomassin, Instruction sur les nouvelles mesures publiée par ordre du ministre de l'intérieur : en exécution de l'arrêté des Consuls du 13 brumaire an 9, Liège, Latour, an x, 88 p. (présentation en ligne).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier