Préfecture du prétoire d'Afrique

Préfecture du prétoire d'Afrique

534–c.585

Description de cette image, également commentée ci-après
En orange, les territoires conquis par Justinien, dont une large part du littoral de l'Afrique du nord, constituant la nouvelle préfecture du prétoire d'Afrique.
Informations générales
Statut Préfecture du prétoire
Capitale Carthage
Langue Latin vulgaire
Histoire et événements
533-534 Guerre des Vandales
548 Bataille des champs de Caton

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La préfecture du prétoire d'Afrique est une importante division administrative de l'Empire romain d'Orient, créée après la reconquête de l'Afrique du Nord en 533-536 par l'empereur Justinien. Elle subsiste jusqu'à la fin des années 580, date de son remplacement par l'exarchat d'Afrique.

HistoireModifier

CréationModifier

En 533, l'armée byzantine menée par Bélisaire envahit le royaume vandale, établi sur les terres de l'ancienne Afrique romaine. En , peu après cette conquête, Justinien promulgue une loi à propos de l'organisation administrative de cette nouvelle région. Les vieilles provinces romaines du diocèse d'Afrique n'ont globalement pas été remises en cause par les Vandales. Toutefois, de larges portions de certaines d'entre elles, notamment la quasi-totalité de la Maurétanie tingitane, la plupart de la Maurétanie césarienne et de la Maurétanie sitifienne et d'importantes zones de l'intérieur de la Numidie et de la Byzacène sont aux mains de tribus berbères, autrement appelées Maures[1]. Ainsi, en ce qui concerne la Maurétanie, généralement, seules quelques forteresses côtières sont occupées comme Septem[2]. Néanmoins, Justinien ne renonce pas à ces anciennes divisions administratives mais il élève le gouverneur de Carthage au rang de préfet du prétoire, le plus haut poste de l'administration civile régionale. De ce fait, le diocèse d'Afrique n'est plus subordonné à la préfecture du prétoire d'Italie, alors sous le contrôle du royaume ostrogoth. Au sein de cette nouvelle préfecture, sept provinces, dont quatre consulaires, coexistent :

« Avec l'aide de Dieu, sept provinces seront contrôlées. Celles de Tingis, Carthage, Byzacium et Tripoli, anciennement dirigées par des proconsuls, conservent des dirigeants consulaires. Quant aux autres, c'est-à-dire celles de Numidie, Maurétanie et Sardaigne, sont, avec l'aide de Dieu, dirigées par des gouverneurs. » (Code Justinien, I.XXVII).

En ce qui concerne la Maurétanie Tingitane, traditionnellement rattachée au diocèse d'Espagne (désormais contrôlée par le royaume wisigoth), elle disparaît en tant que province indépendante et est incorporée à la Maurétanie Césarienne pour former une province dirigée depuis Tingis. Quant à la province de Maurétanie, elle est identique à la Maurétanie Sitifienne. Enfin, la Sardaigne est détachée de l'Italie et rattachée à la préfecture du prétoire d'Afrique.

Selon John B. Bury, l'intention de Justinien est d'effacer toutes traces de l'occupation vandale et de faire comme si rien n'était arrivé[3]. Les églises sont rendues au clergé fidèle au concile de Chalcédoine et les Ariens sont persécutés. Justinien va même jusqu'à annuler les évolutions intervenues dans la propriété des terres mais après un siècle de domination vandale, il est très difficile de revenir à la situation antérieure.

Contrairement à d'autres régions de l'Empire, Justinien conserve la division entre l'administration civile et l'administration militaire. En Afrique, cette dernière est subordonnée à un maître des milices pour l'Afrique. Celui-ci a autorité sur cinq duchés (la Sardaigne, la Tripolitaine, la Byzacène, la Numidie et la Maurétanie). Cette organisation se met en place progressivement, au fur et à mesure des guerres contre les Maures.

Notes et référencesModifier

  1. Diehl 1896, p. 35-36.
  2. Diehl 1896, p. 36.
  3. Bury 1923, p. 139.

Liste des préfets du prétoire d'AfriqueModifier

  • Archelaus (534)
  • Solomon (534-536)
  • Symmachus (536-539)
  • Solomon (539-544)
  • Serge (544-545)
  • Athanase (545-548, peut-être jusqu'à 550)
  • Paul (vers 552)
  • Jean (vers 558)
  • Jean Rogathinos (vers 563)
  • Thomas (563-565)
  • Théodore (vers 570)
  • Thomas (574-578)
  • Théodore (vers 582)

SourcesModifier

  • (en) John Bagnell Bury, History of the Later Roman Empire Vols. I & II, Macmillan & Co., Ltd., (lire en ligne)
  • Charles Diehl, L'Afrique byzantine. Histoire de la domination byzantine en Afrique (533– 709), Paris, Ernest Leroux, (lire en ligne)
  • Yves Modéran, Les Maures et l'Afrique romaine (IVe et VIIe siècles), École française de Rome, coll. « Befar »,