Ouvrir le menu principal

Prédicat (linguistique)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir prédicat.

En grammaire et en linguistique, le prédicat se dit quelquefois de l'attribut d'une proposition, d'un jugement. Le prédicat se joint au sujet par le verbe ou la copule[1]. Par exemple, dans la proposition « Socrate est gentil », le prédicat est « est gentil ».

Sommaire

DéfinitionModifier

Le prédicat est ce qui attribue quelque chose au sujet, et désigne une relation sur un ensemble d’individus prédéfini.

Sujet et prédicatModifier

Dans la grammaire traditionnelle issue d'Aristote, les mots sujet et prédicat s'opposent : le sujet étant « ce dont il s'agit » (ce qui est considéré comme connu), et le prédicat, « ce que l'on dit du sujet » (autrement dit, l'information nouvelle). Le prédicat est alors l'équivalent du syntagme verbal — c'est-à-dire du verbe, accompagné de tous ses satellites (à l'exclusion du sujet)[2]. Par exemple, dans la phrase (proposition) Paul m´a donné un livre, le sujet est Paul, et le prédicat, m'a donné un livre — ce dernier, lié par le groupe verbal (a donné), est composé d'un complément d'objet direct (un livre) et d'un complément d'attribution (m’).

Cependant, cette dualité (S-GV) ne tient pas compte de la réalité des phrases : ainsi, dans c'est Paul qui m'a donné ce livre, l'information nouvelle est portée par le sujet : c'est un exemple de rhématisation. Par conséquent, la grammaire moderne issue de Gottlob Frege et de Bertrand Russell a distingué les couples sujet/prédicat et thème/rhème (ou thème/propos). Le rhème est l'information sur le thème, chacun des deux pouvant être porté soit par le sujet, soit par le prédicat.

Prédicat logiqueModifier

Article détaillé : Prédicat (logique mathématique).

La philosophie scolastique médiévale nomme prédicat une qualité qui peut être attribuée à un sujet à l'aide d'une copule (verbe esse en latin, être en français).

  • Exemple : « La pomme est rouge » (pomme est le sujet logique, rouge le prédicat de cette affirmation logique).

Le prédicat logique se définit aussi comme un attribut d'un sujet que le logicien peut affirmer (ou nier) lorsqu'il énonce une proposition logique.

La linguistique analysant la phrase en groupes de mots et non en concepts isolés, la notion de prédicat en vint à concevoir l'attribut sous la forme d'un syntagme verbal.

Cinq universauxModifier

Les différents types de relations possibles entre le prédicat et son sujet sont traditionnellement regroupés sous l'intitulé des « cinq universaux ». Cette expression scolastique est utilisée en philosophie et remonte à Porphyre[3].

Les cinq universaux comprennent :

  1. le genre (genos) ;
  2. l'espèce (eidos, relevant de la théorie des Formes ou théorie des Idées) ;
  3. la différence (diaphora) ;
  4. le propre (idion) ;
  5. l'accident (sumbebekos).

Ils dérivent probablement des quatre universaux d'Aristote, ou plutôt des quatre sortes de propositions qu'il distingue dans les Topiques (I, 4) : genre, espèce, propre et accident[3]. Ce sont les différentes catégories par lesquelles on peut prédiquer quelque chose de quelque chose.

Notes et référencesModifier

  1. « prédicat : définition de prédicat, citations, exemples et usage pour prédicat dans le dictionnaire de français Littré adapté du grand dictionnaire de la langue française d'Émile Littré », sur littre.reverso.net (consulté le 4 février 2017)
  2. Aristote (trad. Jules Tricot), Catégories & De l'Interprétation : Organon I et II, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèques des Textes Philosophiques », , 168 p. (ISBN 978-2-71-160016-8), De l'Interprétation, 3 - pp. 92 sq.
  3. a et b Entrée « Attribut », notation de Jules Lachelier, in Vocabulaire technique et critique de la philosophie (dir. André Lalande), PUF, 1926 (5e ed., 1999)

Articles connexesModifier